Photo du bâtiment de la Réserve fédérale américaine
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Il y a exactement un an, la Réserve Fédérale des États-Unis (Fed) insistait sur l’aspect transitoire de l’inflation. Évidemment, compte tenu que l’inflation découle du débalancement de l’offre et de la demande d’une chaine d’approvisionnement mise à mal en cours de pandémie et la demande accrue de certains produits à la suite des fermetures de l’économie à travers le monde, cela semblait logique. L’inflation a aussi été nourrit par l’augmentation spectaculaire de la masse monétaire.

Ces deux facteurs auraient pu effectivement avoir un impact temporaire. Par contre, pendant la récession « assistée » de 2020 non seulement les emplois perdus ont rapidement été récupérés, mais le marché de l’emploi est redevenu tellement chaud que les salaires aux États-Unis ont augmenté au à un niveau jamais enregistré (14.79% en 2021), avant de s’établir à 8.57% en août 20221. On avait expliqué à plusieurs reprises que cette augmentation de salaires était permanente, puisqu’il est difficile de redescendre le salaire d’un individu une fois qu’il a été augmenté. La solidité du marché de l’emploi a donc modifié les habitudes de consommation et a contribué à propulser le niveau de l’inflation.

Lors de la rencontre de la Fed du mois de novembre de l’année dernière, on a immédiatement remarqué l’absence du mot « transitoire » de leur discours et en décembre, on a signalé un changement important de politique monétaire.

Ce changement a été drastique et les taux d’intérêts ont déjà augmenté de 3%2 aux États-Unis, soit le rythme le plus accéléré en plus de 40 ans. À cela s’ajoute une accélération de la réduction du bilan des banques centrales (QT) de l’ordre de 95 milliards de dollars américains à partir du mois de septembre, destinée à réduire la liquidité excessive qui a propulsé les actions à des multiples élevés, ainsi que la spéculation au cours de la pandémie. L’effet du QT a été remarquable à travers le monde en créant une pression aux taux obligataires américains à la hausse ainsi qu’une baisse des différentes devises vis-à-vis le dollar américain. Il est important de souligner que ces mouvements de devises exportent de l’inflation à l’extérieur des États-Unis mais font baisser les prix des produits importés aux États-Unis.

Dans ce contexte, l’économie américaine a ralenti de façon importante. La confiance des consommateurs, illustrée par l’indice de l’Université de Michigan est au plus bas niveau depuis 40 ans et ce, malgré la situation de plein emploi3. L’indice Leading Indicator est en baisse constante depuis un an signalant pour sa part une décélération importante de l’activité économique4.

En conséquence, l’économie devient vulnérable à des chocs extérieurs et des accidents peuvent survenir et faire dérailler le cours normal des choses.

Le prix des commodités qui ont baissé de façon considérable, la chaine d’approvisionnement qui a été réparée ou est en voie de l’être, l’augmentation des inventaires ainsi que le ralentissement économique feront en sorte que l’inflation baissera davantage dans les prochains mois. Par contre, la persistance de la Fed à vouloir augmenter les taux encore plus pendant cette période, nous paraît être  une erreur de politique monétaire. Nous croyons que tôt ou tard, la Fed sera obligée de modifier sa politique monétaire restrictive en allant jusqu’à renverser le QT. Il ne serait pas surprenant  de voir en début d’année prochaine un nouveau programme d’assouplissement quantitatif (QE) qui remplacera le QT, comme ce fut d’ailleurs le cas la semaine dernière au Royaume-Uni.

Tous les yeux sont maintenant tournés vers le moment où la Fed va mettre en pause sa politique monétaire restrictive. Selon nous, ce moment est pour bientôt, mais plus le temps passe, plus la récession risque de devenir une réalité.

Mise en garde :

Bien que ce document ait été rédigé avec le plus grand soin, rien n’en garantit ni l’exactitude ni l’applicabilité à tous les cas particuliers. Certains énoncés reflètent les opinions personnelles de l’auteur.

La situation économique et politique, tant domestique que mondiale, évoluent constamment.  Ceci implique que les commentaires, recommandations et suggestions contenues dans ce document pourraient devenir désuets suite à de tels changements. 

Il est important de se rappeler que le rendement passé d’un fonds n’est pas nécessairement indicatif du rendement futur. La valeur liquidative par part et le rendement du capital fluctuent.

Les opinions dans ce présent communiqué ne reflètent pas nécessairement les opinions de Planiprêt inc. et Valeurs Mobilières PEAK inc.

Les sources utilisées sont considérées fiables par l’auteur du communiqué mais ne sont pas garanties

1 Source : United States Wages and Salaries Growth – September 2022 Data – 1960-2021 Historical (tradingeconomics.com)

2 Source : Federal Reserve Board – Monetary Policy 

3 Source: Surveys of Consumers (umich.edu)

4 Source : Leading indicators – Composite leading indicator (CLI) – OECD Data