Statue de la déesse Thémis tenant la balance de la justice, devant un homme en costume écrivant.
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Une fraude de 113 millions de dollars (M$), plus de 9200 victimes, quelque 200 accusations et une peine de 18 ans de prison : ces chiffres résument l’affaire ayant mené à la chute de l’ex-président de Norbourg, Vincent Lacroix. Cette page est désormais tournée, puisque l’homme aujourd’hui âgé de 59 ans a purgé l’ensemble de sa peine qui a pris fin le 26 janvier, rapporte Radio Canada.

Bien que Vincent Lacroix ne soit plus incarcéré depuis des années, il demeurait en maison de transition. À ce titre, il était surveillé dans la société et relevait encore de la Commission des libérations conditionnelles du Canada. Sa « liberté » était assortie de plusieurs conditions, dont l’interdiction de travailler dans le domaine de la finance.

Cette période est désormais révolue et Vincent Lacroix est officiellement libre de réintégrer la société. Bien qu’il pourrait théoriquement retourner travailler dans le domaine financier, un tel scénario semble hautement improbable. En effet, son nom sera toujours associé à l’un des plus importants scandales financiers de l’histoire du Québec et les autorités réglementaires pourraient encore lui refuser les autorisations nécessaires pour exercer, souligne Céline Bilodeau, ex-procureure de la couronne, expertes en fraudes au micro d’Isabelle Richer à Radio Canada.

Une peine exceptionnelle…

La peine de 18 ans de prison infligée à Vincent Lacroix demeure « exceptionnelle », commente Céline Bilodeau. Elle résulte de l’addition de deux condamnations distinctes :

  • une peine de cinq ans moins un jour imposée en vertu de la législation sur les valeurs mobilières,
  • à laquelle s’ajoutait une peine de 13 ans prononcée par le juge Richard Wagner, alors à la Cour supérieure du Québec.

Au moment du prononcé de la sentence, le tribunal avait insisté sur l’ampleur du préjudice moral subi par les victimes et leurs familles, en raison du stress, de l’insécurité et de l’incertitude vécus par celles et ceux ayant perdu le capital qu’ils avaient accumulé en vue de leur retraite.

Les faits reprochés n’en demeurent pas moins d’une ampleur exceptionnelle. Entre 2002 et 2005, avec l’aide de complices, Vincent Lacroix avait détourné à son profit les économies de quelque 9200 investisseurs. Les sommes ainsi soustraites ont notamment servi à financer un train de vie fastueux.

La fraude a été évaluée à environ 113 M$. Depuis, environ 55 M$ ont été remboursés à 900 victimes, tandis que 55 M$ se sont ajoutés aux indemnités versées dans le cadre d’un recours collectif, rapporte le Journal de Québec.