iA Groupe financier a une mauvaise journée en Bourse après avoir dévoilé des résultats trimestriels inférieurs aux attentes. Les perspectives de croissance de l’assureur québécois restent intactes, assure son président et chef de la direction, Denis Ricard, en entrevue mercredi.
« On va laisser aller le temps, lance Denis Ricard. Notre modèle d’affaires : absolument inchangé. »
« À long terme, c’est bien clair que l’on va croître la valeur de l’organisation, affirme-t-il. Je ne suis pas inquiet. (La baisse boursière de mercredi), c’est juste un petit “blip” sur le graphique. »
La barre était haute pour la société, anciennement connue sous le nom de l’Industrielle Alliance, juge son patron.
L’entreprise, dont le siège social est établi à Québec, a surpassé les attentes au cours des sept trimestres précédents, selon les données de la firme LSEG. « C’est comme si tout le monde s’attend à ce que ça arrive tout le temps », réagit Denis Ricard.
Le marché semble surpris par un ajustement comptable pour tenir compte de bénéfices moins élevés que prévu dans un contrat d’assurance collective.
La provision est liée à des assurances maladie pour les étudiants étrangers au Canada. Le resserrement des politiques d’immigration a entraîné une baisse du nombre de clients. « On a moins de revenus parce qu’il y avait beaucoup moins d’étudiants qui ont embarqué dans le programme », explique-t-il.
En même temps, les réclamations pour ce contrat ont été plus élevées que prévu.
Il s’agit d’une situation temporaire, assure Denis Ricard. La provision fait en sorte qu’aucun ajustement ne serait nécessaire dans les prochains résultats trimestriels.
« On est en train de négocier avec ce partenaire-là, indique le dirigeant. Puis, on va augmenter les prix, c’est assez évident, ou s’il ne l’accepte pas, on va accepter de terminer le groupe. »
La hausse récente de la valeur de l’action a également entraîné une hausse des dépenses liées à la rémunération, en raison des programmes de primes incitatives versées en unités d’actions, explique Denis Ricard.
« Nos résultats étaient tellement bons que, durant l’année, on a dû provisionner pour une rémunération incitative supérieure aux attentes », précise le dirigeant.
Résultats « décevants »
iA Groupe financier a affiché un bénéfice ajusté par action de 3,10 $ au quatrième trimestre, dévoilé la veille après la fermeture des marchés. Il s’agit d’une hausse de 2 % par rapport à 3,04 $ à la même période l’an dernier.
Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 3,28 $, selon la firme de données financières LSEG.
L’analyste Mike Rizvanovic, de Banque Scotia, qualifie les résultats de « décevants » par rapport à l’industrie et aux prévisions du marché. Il révise d’ailleurs sa recommandation d’achat et reste désormais sur les lignes de côté.
« Bien que nous croyons qu’iA Groupe financier a un fort potentiel haussier à long terme, tandis qu’elle continue à se concentrer sur ses marchés ciblés, nous anticipons que l’action reste sous pression », écrit-il dans une note.
Avec 1,4 milliard $ dans ses coffres, iA Groupe financier est en bonne posture pour réaliser des acquisitions.
Denis Ricard réitère qu’il voit des occasions aux États-Unis, où le marché est moins consolidé qu’au Canada. « Le marché est assez favorable. Évidemment, pour en faire une, il faut que tu en regardes 20. »
Il affirme que l’intégration de la firme de gestion de patrimoine RF Capital, acquise au quatrième trimestre, « va beaucoup mieux que prévu ».
Le taux de rétention des conseillers après l’acquisition a été meilleur que prévu, souligne-t-il. La société a également été capable de réaliser des économies d’échelles plus rapidement.
L’action d’iA Groupe financier a terminé la séance en baisse de 18,72 $, ou 11,01 %, à 151,34 $ à la Bourse de Toronto.