Les marchés financiers s’attendent actuellement à ce que la Banque du Canada (BdC) recommence à relever ses taux d’intérêt à un moment donné cette année. Toutefois, selon Marchés des capitaux CIBC, les signes de relâchement sur le marché du travail indiquent qu’il faudra probablement attendre jusqu’à la mi-2027 avant que la banque centrale ait besoin de resserrer sa politique monétaire.
Dans un rapport, les économistes de la Banque CIBC estiment que les conditions actuelles du marché du travail — notamment un taux de chômage désormais supérieur d’un point de pourcentage à son niveau prépandémique — indiquent qu’il subsiste une marge de croissance économique avant le retour de pressions inflationnistes.
« Des mesures du relâchement du marché du travail, plus larges que le seul taux de chômage, suggèrent qu’il reste encore de la place pour des gains d’emploi non inflationnistes, et le ralentissement des données sur la rémunération va également dans ce sens », indique le rapport.
Par exemple, le taux de participation au marché du travail demeure faible chez les jeunes, note CIBC, car la hausse du chômage dans ce groupe a découragé certains travailleurs potentiels de chercher un emploi. Cela représente, en retour, une réserve de main-d’œuvre inexploitée.
« Si davantage de jeunes réintègrent le marché du travail à mesure que l’économie se redresse, il sera plus facile de pourvoir les postes vacants sans déclencher une accélération de l’inflation salariale, indique le rapport. Cela ralentirait également le retour du taux de chômage vers des niveaux que nous jugeons compatibles avec une cible d’inflation de 2 %. »
Par ailleurs, certains indicateurs suggèrent que le taux de chômage à partir duquel une baisse du chômage commence à exercer des pressions salariales — le taux de chômage n’accélérant pas l’inflation (NAIRU) — a reculé au cours des derniers mois, après avoir augmenté à la suite de la pandémie.
« Il est d’ailleurs notable que la légère baisse du taux de chômage par rapport à son sommet de la mi-2025 ne s’est pas accompagnée d’une hausse de la demande globale de main-d’œuvre. En fait, les postes vacants ont, au contraire, continué à diminuer légèrement », précise le rapport.
La récente baisse du chômage refléterait plutôt « une amélioration structurelle de l’appariement emploi-travailleur, plutôt qu’une simple reprise cyclique de la demande de main-d’œuvre ». Cela inclurait notamment des changements dans la politique d’immigration favorisant une meilleure adéquation entre les immigrants et les postes disponibles, ainsi que des facteurs démographiques et sectoriels qui réduisent le chômage de courte durée.
« En réalité, nous ne saurons véritablement où se situe le NAIRU que lorsque nous l’observerons ; c’est-à-dire lorsque l’inflation salariale généralisée recommencera à s’accélérer », indique le rapport.
Pour l’instant, toutefois, les pressions sur la croissance des salaires ne sont pas visibles, et il semble y avoir « une marge importante pour des gains d’emploi non inflationnistes », conclut CIBC.
Dans ce contexte, le rapport estime que la Banque du Canada n’aura probablement pas besoin de resserrer sa politique monétaire avant la mi-2027, plutôt que d’ici la fin de cette année.