Mauvais comportements
Certains dirigeants de la Fed craignent que le QE3 incite les investisseurs à adopter des comportements qui pourraient nuire à la stabilité financière, observent les économistes François Dupuis et Mathieu D’Anjou.
Selon eux, il y a un risque qu’en maintenant les taux d’intérêt anormalement bas et qu’en gonflant les liquidités disponibles, la Fed incite les investisseurs à prendre trop de risques.
« La forte demande pour les obligations corporatives de faible qualité semble refléter une telle situation de course au rendement. Ce type de comportement a été une des principales causes de la crise financière de 2007-2008. Jeremy C. Stein, un gouverneur de la Fed, identifiait récemment plusieurs signes d’un début de surchauffe sur le marché du crédit et il envisageait certaines situations où la politique monétaire pourrait devoir être ajustée pour assurer la stabilité financière », lit-on dans un bulletin.
Hausse de l’inflation
Le maintien d’une politique monétaire trop expansionniste pourrait entraîner une hausse des anticipations d’inflation, estiment les économistes François Dupuis et Mathieu D’Anjou.
Pour que la politique monétaire soit efficace, il importe que ces anticipations soient près du niveau ciblé par les banques centrales, selon eux. Un retour de l’inflation semble toutefois préoccuper peu de dirigeants de la Réserve fédérale, pour le moment.
Pertes importantes
En outre, l’accumulation de titres obligataires de longues échéances expose la Fed à des pertes importantes lorsque les taux d’intérêt augmenteront, estiment les économistes François Dupuis et Mathieu D’Anjou.
« Même si la Fed conserve les titres obligataires qu’elle détient, elle pourrait se retrouver dans une situation où elle devrait rémunérer les réserves bancaires à un taux significativement plus élevé que ce qu’elle reçoit sur ses actifs. En plus de cesser d’être une source de revenus pour le gouvernement, la Fed pourrait se retrouver avec un important défi de relations publiques, alors qu’elle verserait des sommes considérables aux banques pour les inciter à maintenir leurs réserves à la Fed », lit-on dans le bulletin.
Cet enjeu est toutefois mineur pour l’économie américaine, selon les économistes.
Le Mouvement Desjardins prévoit que le QE3 se poursuivra tout au long de 2013. « Cependant, les discussions récentes à la Fed ouvrent la porte à une réduction graduelle des achats à mesure que les perspectives économiques s’amélioreront. Dans ce contexte, il faut s’attendre à ce que les marchés boursiers et obligataires continuent de réagir fortement à la publication de données économiques américaines ainsi qu’aux discours des dirigeants de la Fed », concluent les auteurs du document.