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Dans un contexte de préoccupations croissantes quant aux risques latents dans le secteur du crédit privé, les autorités mondiales en valeurs mobilières entreprennent des travaux visant à répondre à certains enjeux liés à la croissance rapide et à la participation accrue des investisseurs de détail dans les marchés privés illiquides.

S’exprimant lors de la conférence annuelle sur les politiques de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario à Toronto, Rodrigo Buenaventura, secrétaire général de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), a souligné que, même si les segments du capital-investissement et du crédit privé demeurent relativement modestes à l’échelle des marchés financiers mondiaux, leur évolution en fait un enjeu majeur pour les régulateurs.

« Il ne s’agit pas de dire que les marchés privés sont soudainement plus importants que tous les autres ; ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt de la rapidité de leur croissance, de leur interconnexion avec le reste du système financier et de l’évolution de la base d’investisseurs », a-t-il déclaré.

En particulier, les investisseurs de détail participent de plus en plus à ces marchés, ce qui accentue le besoin de transparence accrue et, potentiellement, de conseils.

« De nombreuses juridictions reconnaissent qu’empêcher les investisseurs de détail d’avoir accès aux actifs privés n’est pas une solution judicieuse, a-t-il partagé. Mais la plupart reconnaissent également qu’il faut mettre en place certains outils pour éviter les malentendus concernant le profil de liquidité de ces produits et pour s’assurer que les investisseurs disposent d’une capacité d’absorption des pertes suffisante et d’une bonne compréhension des risques. »

Parmi les mesures envisagées, il a mentionné la possibilité de définir un rôle pour les conseillers professionnels afin de mieux protéger les investisseurs. « Nous lançons actuellement des travaux sur ce sujet », a-t-il précisé, ajoutant qu’une consultation publique serait organisée.

L’OICV travaille également à l’élaboration d’un ensemble de recommandations de haut niveau portant sur les pratiques d’évaluation des fonds d’investissement et des fonds spéculatifs. Le groupe a publié un document de consultation sur ces pratiques à la fin de l’an dernier et prévoit publier ses recommandations finales dans les mois à venir.

« Les fonds ouverts détiennent de plus en plus d’actifs moins liquides, voire illiquides, y compris des expositions aux marchés privés, et un nombre croissant d’investisseurs de détail détiennent désormais ces expositions par l’intermédiaire de structures de fonds. En période de volatilité, les évaluations deviennent plus difficiles… et plus importantes », a-t-il rappelé.

Bien que les préoccupations récentes concernant les risques présents dans les marchés privés attirent de nouveau l’attention des décideurs, il s’agit d’un domaine où les régulateurs ont déjà agi, comme en témoigne l’utilisation récente de mécanismes de limitation des rachats (redemption gates) par des fonds de crédit privé.

« Nous avons observé des tensions se manifester par l’activation de ces mécanismes, qui — je tiens à le rappeler — constituent une caractéristique et non un défaut, a-t-il affirmé. L’OICV a, depuis longtemps, encouragé les gestionnaires d’actifs à mettre en place de tels mécanismes afin d’ajuster le profil de liquidité des actifs aux retraits auxquels un fonds peut être confronté. »