Plusieurs statistiques économiques publiées aux États-Unis ont dépassé les attentes. Par exemple, la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 2,8 % à un rythme annualisé au troisième trimestre et il s’est créé, malgré le « shutdown » du gouvernement, 204 000 emplois en octobre aux États-Unis.

« Ces bonnes données ramènent à l’avant-plan la possibilité que la Fed réduise bientôt ses achats d’actifs. Comme cela s’est produit plus tôt printemps, cette situation favorise le dollar américain, écrit François Dupuis dans un récent rapport sur les devises. Le billet vert profite de la remontée des taux d’intérêt de plus long terme, mais aussi du fait qu’une réduction des achats d’actifs par la Fed est interprétée par plusieurs comme étant le premier pas du resserrement monétaire aux États-Unis.»

Il ne faut toutefois pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. En effet la hausse du PIB réel a été principalement causée par une hausse plus rapide des stocks des entreprises, ce qui n’est pas une valeur sûre pour propulser une croissance à long terme, selon Desjardins. Par ailleurs, la croissance de la consommation a ralenti au cours de l’été et les investissements des entreprises n’ont pas atteint les attentes.

Ces facteurs négatifs pourraient reporter le ralentissement des rachats d’actifs de la Fed, car elle devra faire preuve de prudence alors que les dernières ententes sur le budget et sur le plafond de la dette aux États Unis arriveront respectivement à échéance le 15 janvier et le 7 février prochain.

« Même si les données économiques devaient encore surprendre à la hausse, une certaine prudence demeurera requise au moins jusqu’en février. Notre scénario mise sur une annonce de la Fed en mars, pour un début de réduction des achats d’actifs en avril. La réduction devrait être très graduelle et s’échelonner jusqu’à la fin de l’année », écrit François Dupuis.

Une fois que la Fed aura commencé à ralentir son rachat d’actifs, les investisseurs devraient porter leur attention sur d’autres facteurs afin de prédire la direction que le marché prendra. Le dollar américain pourrait alors connaître un passage à vide, selon Desjardins.

« De plus, l’amélioration prévue de l’économie mondiale en 2014 réduira la demande pour les valeurs refuges, ce qui pourrait nuire au billet vert. L’euro et la livre pourraient faire quelques gains en l’absence de nouveaux soubresauts des tensions financières en Europe. Enfin, un léger rebond est aussi attendu du côté des devises liées aux matières premières », écrit François Dupuis.