L’économie canadienne ne compterait plus que sur un nombre restreint de sources de croissance. Citant le ralentissement du marché immobilier résidentiel causé par l’entrée en vigueur de nouvelles règles hypothécaires et l’endettement élevé des ménages, Jimmy Jean croit avoir affaire à davantage que de simples mauvais jours économiques.
Pour faire face à ce ralentissement, la Banque du Canada n’abaissera toutefois pas ses taux, selon l’économiste qui juge que seul unévénement aussi dramatique qu’une nouvelle récession aux États-Unis pourrait la pousser à prendre une décision semblable.
Prise entre l’arbre et l’écorce, la Banque du Canada ne voudrait pas favoriser un endettement supplémentaire des Canadiens en abaissant ses taux. Bien que le ralentissement du marché immobilier ait des conséquences sur la croissance, il est tout de même rassurant de voir que les Canadiens achètent moins de maisons et s’endettent donc moins.
« Même si les prix ont commencé à se stabiliser, il faudra plusieurs trimestres de croissance des revenus supérieure à celle des prix pour voir le ratio d’endettement baisser de façon convaincante. Or, force est d’admettre que la Banque du Canada, qui s’est montrée satisfaite de certains changements de comportement des emprunteurs, enverrait un message incohérent en abaissant le coût du crédit », écrit Jimmy Jean.
De plus, la politique monétaire actuelle est très loin d’être restrictive, le taux directeur est demeuré fixé à 1,00 % au cours des 30 derniers mois, et un assouplissement monétaire de plus ne ferait pas de miracles, prévient l’économiste. En effet, le taux de propriété au Canada est déjà parmi les plus élevés au monde et le nombre de jeunes ménages n’augmentera que faiblement au courant des prochaines années.
« C’est donc dire qu’un des secteurs de l’économie les plus sensibles aux taux d’intérêt risque de moins réagir à un assouplissement monétaire que par le passé, surtout avec les règles plus rigides en présence, conçues tout particulièrement pour influencer le comportement des premiers acheteurs », souligne Jimmy Jean.
La Banque du Canada devrait plutôt opter pour une stratégie axée sur la communication si les conditions continuaient de se détériorer. Ainsi, sans annoncer un assouplissement prochain, la Banque du Canada pourrait néanmoins indiquer l’arrivée d’un premier resserrement plus lointain :« Elle a d’ailleurs déjà fait quelques pas en ce sens, en mentionnant que des hausses étaient moins imminentes et elle pourrait davantage insister sur ce point. »