Selon l’économiste, certains facteurs fondamentaux qui ont poussé le dollar canadien à parité, comme le boom du prix des matières premières, commencent à s’effriter.

D’abord, le Canada vit le début d’une correction immobilière avec une baisse du prix de certains types de propriétés, comme les condominiums. « Selon le prestigieux magazine The Economist, le Canada est présentement l’un des marchés de l’habitation où les prix s’éloignent le plus de leur valeur d’équilibre », indique Clément Gignac, dans une récente perspective économique. Une baisse des prix de l’immobilier risque d’être synonyme de diminution des dépenses en consommation.

De plus, l’endettement excessif des ménages constitue un risque pour la croissance de l’économie canadienne, soit « un ralentissement inévitable des dépenses de consommation et à une reconstitution du niveau d’épargne… surtout si les prix dans le secteur de l’immobilier enregistrent un recul ».

En outre, l’économie américaine devrait s’accélérer tout au long de 2013 pour afficher une croissance du PIB devant dépasser 3,5 % en 2014, comparativement à moins de 2,0 % au Canada, prévoit Clément Gignac. Cette divergence sur le plan de la croissance de la demande domestique entre le Canada et les États-Unis devrait également nuire au dollar canadien.

Ces vents contraires pourraient ramener la devise canadienne aux environs de 0,90 à 0,92 $ US d’ici 18 à 24 mois ou même plus tôt, mentionne Clément Gignac.

Position vendeur sur le huard

Par ailleurs, les gestionnaires de portefeuille du fonds de couverture montréalais Sigma Alpha ont adopté récemment une position vendeur sur le dollar canadien.

« Le dollar canadien s’est quelque peu déprécié depuis, mais il y a clairement un risque plus important de baisse à venir, surtout si une certaine faiblesse au niveau du prix du pétrole se manifeste ou si la Banque du Canada abandonne définitivement son biais vers le resserrement, ce qu’elle a fait du bout des lèvres le mois dernier. Le statut AAA du Canada permet à ce pays de profiter d’une devise forte, mais surévaluée », lit-on dans une note de Sigma Alpha envoyée à des clients.

Comme il y a une corrélation entre le dollar canadien et le prix du baril de pétrole, la devise canadienne pourrait perdre du tonus, surtout si les marchés financiers tiennent compte du fait que le prix du baril de pétrole canadien est inférieur aux autres prix de références, notamment le WTI et le Brent.