La croissance demeurera cependant faible pendant encore quelque temps, selon l’économiste : « Chaque fois que la croissance connaît un ralentissement prononcé, on doit s’inquiéter du fait qu’il suffirait de peu pour que l’économie ne bascule. Les indications disponibles sont certes peu nombreuses, mais il y a des raisons de croire que la croissance du T1 sera plus forte. »
En effet, malgré que l’emploi ait enregistré un recul en janvier, le nombre d’heures travaillées est en hausse et les ventes d’automobiles ont rebondi. De plus, en date de la mi-février, les exportations de pétrole vers les États-Unis ont repris du poil de la bête.
Cependant, Avery Shenfeld prévient que certains enjeux à l’échelle nationale et mondiale viendront limiter cette amélioration. Selon les prévisions de la Banque CIBC, l’économie ne devrait croître que de 1,7 % en 2013, un rythme qui sera associé à une hausse du taux de chômage.
Selon l’économiste, les gouvernements auraient de la difficulté à faire passer le relai de la croissance économique aux ménages et aux entreprises : « L’immobilier a ralenti, tout comme les emprunts des consommateurs, et les gouvernements sont forcés de se serrer la ceinture. Malheureusement, les entreprises gardent leurs portefeuilles bien fermés. »
Les liquidités imaginaires des entreprises
Benjamin Tal et Peter Buchanan, deux économistes de la Banque CIBC, remettent quant à eux en question l’existence des prétendues liquidités des entreprises : « D’un point de vue macroéconomique, rien ne prouve de façon concrète que les sociétés disposent bel et bien de liquidités excédentaires. Les niveaux des liquidités détenues par les sociétés sont conformes à la tendance que nous observons depuis plus de deux décennies ».
Les sociétés non financières détiendraient des liquidités de près de 600 G$. Cependant, leur augmentation, depuis le début de la récession, peut être entièrement attribuée à la croissance du PIB, selon Benjamin Tal et Peter Buchanan.
Selon eux, l’augmentation du niveau de liquidités ne s’est pas faite au détriment des dépenses en immobilisations, qui se situent à 20 % du PIB, soit seulement trois points de plus que leur proportion moyenne à long terme.
« Contrairement aux rumeurs, les sociétés ne disposent pas de liquidités excédentaires qu’elles attendent d’affecter à de nouveaux projets. De toute façon, ce n’est pas l’argent en caisse, mais la demande de produit, qui justifie l’exploitation d’une nouvelle mine, le forage d’un nouveau puits ou l’agrandissement d’une usine d’automobiles », conclut Avery Shenfeld.