Selon Francis Généreux, économiste principal au Mouvement Desjardins, deux éléments sont nécessaires pour que les dépenses des consommateurs reprennent leur vitesse de croisière aux États-Unis: une meilleure croissance des revenus et une accalmie des crises budgétaires qui caractérisent la politique américaine depuis quelques années.
Depuis un an, les revenus des Américains progressent plus lentement que par le passé. En effet, entre 2002 et 2007, le revenu personnel disponible réel augmentait environ de 2,8 % par année. Durant la dernière année, le revenu personnel disponible a progressé de seulement 1,6 %.
Pourtant, la moyenne mensuelle de création de postes se situe à 194 000 postes par mois depuis les douze derniers mois. En comparaison, dans les quatre années qui ont précédées la récession, la moyenne de création de poste se situait autour de 167 000 nouveaux emplois par mois.
« La faiblesse des hausses de salaire contribue probablement plus à ralentir le revenu, soutient Francis Généreux. Depuis un an, le salaire horaire moyen n’a augmenté que de 2,2 % alors que la croissance moyenne au cours des dix années précédant la récession était de 3,4 %.
Toutefois, la faiblesse actuelle de l’inflation fait en sorte que la hausse des salaires réels se compare plus avantageusement avec les croissances passées.»
Le patrimoine des Américains serait toujours en reconstruction. Maintenant beaucoup moins endettés qu’avant, plusieurs Américains se retrouvent toutefois avec des historiques de crédits défavorables puisque leurs dettes hypothécaires ont été radiées et non pas remboursées.
« Il est évident qu’une accélération saine, mais convaincante du crédit serait une indication que la consommation est sur le point de s’accélérer, note Francis Généreux. On ne perçoit cependant que très peu de signes à cet effet.»
Un retour en force de la confiance des consommateurs serait aussi bienvenu pour les pousser à dépenser. Pour ce faire, les Américains auront besoin d’une accalmie dans leurs crises politiques entièrement fabriquées à Washington. Malheureusement, l’entente qui a résolu l’impasse d’octobre 2013 ne repousse le problème que de quelques mois et les négociations sur le financement de l’appareil gouvernemental et sur le plafond de la dette doivent normalement aboutir en janvier et février 2013.
« Ce sursis est trop court pour vraiment amener un regain notable de l’humeur des ménages, prévient Francis Généreux. Il faut donc surtout espérer que les solutions qui y seront trouvées se montreront plus durables.»