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« Même si on a des connaissances en économie, il faut aussi être humble face à la force et à la puissance de l’économie », prévient le conseiller en sécurité financière et représentant en épargne collective, SFL Gestion de patrimoine.

Alors que cela fait plus de 30 ans qu’il baigne dans l’industrie, Bertrand Larocque se souvient encore bien de sa première récession ou plutôt du krach boursier qui l’a précédée. Le krach boursier mondial du 19 octobre 1987, aussi connu sous le nom de Lundi Noir, est survenu deux ans après le début de la carrière du conseiller.

Les titres à revenu fixe ne sont plus aussi rentables qu’avant

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Rappelons que, dans le milieu des années 1980, on parlait alors d’une période faste pour les marchés boursiers, explique-t-il. Les marchés affichaient de « très bons rendements ».

« Les gens s’étaient habitués à des rendements de 20 % et plus. Je me rappelle très bien que les fonds communs d’action affichaient des rendements composés sur dix ans de 20 % par année, se remémore Bertrand Larocque. Une des leçons que j’en retiens c’est que, quand on a de très bonnes années de rendement, il faut savoir être prudent. Il ne faut pas être trop gourmand. »

Les taux d’intérêt et les taux d’inflation étaient tout de même élevés, mais il n’y avait pas vraiment, selon lui, de signe avant-coureur d’un futur krach. Un autre élément important à souligner, c’est qu’à l’époque, particulièrement au Québec, les gens n’étaient pas encore très familiers avec les questions boursières. Ils connaissaient davantage les placements garantis.

« Les gens s’informaient, étaient curieux. Ils trempaient un peu les orteils dans les marchés, mais ils n’étaient pas aussi habitués et éduqués qu’aujourd’hui », soutient le conseiller.

Ainsi, en 1987, lorsque le marché boursier s’est effondré de 35 % en quelques jours, cela a été particulièrement violent. Ils ont récupéré dans les trois années qui ont suivi, puis il y a eu la récession de 1990 qui a replongé les marchés dans leur marasme.

« On commençait à peine à sortir la tête de l’eau, qu’on replongeait. C’était décourageant. J’ai connu pleins de collègues qui ont quitté le domaine surtout qu’à l’époque on n’était pas rémunéré pour le service [aux clients]. Si nos clients ne cotisaient pas au REER ou ne faisaient pas de nouveaux investissements, on n’avait rien pour vivre », se souvient le conseiller.

De ces événements alors difficiles, il a pu tirer d’excellentes leçons qu’il a gardées en mémoire pour la
suite de sa carrière.

Un krach n’implique pas forcément une récession

« J’ai appris deux choses : la première c’est qu’il fallait être très humble et ne pas penser qu’on sait tout et qu’on peut tout prévoir », affirme-t-il.

Bertrand larocque se rappelle effectivement que peu de temps après le krach de 1987 un chroniqueur d’un célèbre journal affirmait que la chute des marchés annonçait une récession dans les six à douze prochains mois. Selon le journaliste, les marchés réagissaient en fonction de ce qui allait arriver.

Cependant, ce n’est pas ce qu’il s’est produit, puisque la récession n’a eu lieu que trois ans plus tard. Selon lui, cela montre qu’une baisse de marché, même importante, n’est pas nécessairement précurseur de récession, une leçon que l’on devrait retenir particulièrement avec la baisse survenue en fin d’année.

Le conseiller cite le Prix Nobel d’économie Paul Samuelson qui affirme sarcastiquement que les indices de Wall Street ont prédit neuf des cinq dernières récessions. Bertrand Larocque souligne toutefois que les marchés, à défaut de prévoir les récessions, sont de bons indicateurs pour prédire les reprises.

Vers plus de diversification

Le krach de 1987 a également enseigné une autre bonne leçon à Bertrand Larocque : ne jamais recommander à un client d’investir uniquement dans les actions.

« J’étais trop jeune, j’avais un manque d’expérience et, il faut dire, que l’offre de produits, à ce moment-là, n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, raconte le conseiller. Les compagnies de fonds étaient beaucoup plus petites. Il y avait les fonds d’actions canadiens et américains ainsi que quelques fonds d’actions mondiales; le reste c’était des fonds d’obligations, des fonds d’hypothèques et de marché monétaire. Il y avait très peu de fonds équilibrés. »

Comme les rendements étaient alors au rendez-vous, la demande était focalisée sur les rendements élevés et les actions. Peu de gens se tournaient vers les fonds d’obligation et les produits de revenu fixe, car leurs rendements étaient bien modestes en comparaison des actions.

Évidemment ses clients investis majoritairement dans les actions ont été particulièrement touchés lors du krach boursier de 1987. L’émotion était au plus haut, exacerbées par les médias et l’inexpérience des investisseurs.

« On n’était pas habitués à vivre cela. Il y a eu un travail d’éducation à faire et des révisions de portefeuilles, se rappelle Bertrand Larocque. Il fallait alors dire aux gens de rester si possible dans les marchés, mais faire en sorte qu’ils soient moins éprouvés par les mauvaises nouvelles ou la volatilité. La solution pour y arriver, c’était la diversification! »

Encore aujourd’hui, il estime que les portefeuilles doivent toujours être bien diversifiés : « Depuis 1987, je ne recommande plus de portefeuilles qui n’auraient pas d’obligations à l’intérieur ». Il fuit également les fonds trop populaires.

Si ces années de récession en début de pratique ont été particulièrement pénibles, elles lui ont été également très bénéfiques. Le conseiller confirme qu’il a sûrement perdu quelques clients à l’époque, mais la grande majorité est restée et il a pu les aider à récupérer ce qui a permis de bâtir une relation de confiance et durable entre eux.

« Moi, je pars du principe que c’est dans les moments difficiles qu’il faut être présent. C’est là qu’on bâtit de vraies relations », affirme-t-il.