Selon Best's Review, une publication en ligne de la firme de notation A.M. Best, une «course à l'armement analytique» est en train de secouer l'industrie de l'assurance (http://tiny.cc/eoe3iy). Deux domaines sont particulièrement touchés : la souscription et le repérage des fraudes. Exemple récent d'analytique appliquée à la sélection de risque : la Financière Manuvie a mis au point un algorithme qui repère les fumeurs déclarant être des non-fumeurs. L'assureur indique que ces fumeurs qui cachent leur état représentent moins de 2 % de ses assurés. Cette analytique permet maintenant de découvrir les clients présentant des probabilités élevées d'être fumeurs. Cette démarche mène à la demande d'un profil sanguin et d'une analyse d'urine «si cela ne constitue pas une exigence habituelle relative à l'âge et au montant de couverture». Manuvie dit avoir, en conséquence, amélioré l'exactitude de sa tarification. Voilà un exemple de l'inexorable tendance à une récolte de plus en plus large d'informations afin de faire les recoupements qui enrichiront les processus des assureurs. Un sondage de Willis Towers Watson montre que les assureurs vie d'Amérique du Nord ont l'intention, au cours des prochaines années, de ratisser systématiquement les sites Web et les médias sociaux de façon à améliorer leurs processus de souscription (https://tinyurl.com/hduzqkr).
En 2007, le capital assuré moyen demandé pour une assurance Temporaire 10 de RBC Assurances était de 500 000 $. Et l'âge moyen de ces clients était alors de 52 ans. Partant de cette statistique, RBC Assurances annonce une réduction de 5 % aux clients de 56 ans et plus qui renouvelleront une police dont le capital assuré s'établit entre 500 000 $ et 999 999 $. Cette réduction s'applique également aux renouvellements de polices d'au moins 1 M$, peu importe l'âge du client. RBC Assurances a produit une illustration de LifeGuide concernant une femme de 60 ans, non fumeuse, pour une T10 avec couverture de 1 M$. La prime de RBC Assurances arrive alors au premier rang parmi 10 assureurs. Signalons par ailleurs que RBC Assurances a majoré de 5 % certaines commissions de première année. Les produits touchés sont les propositions, avenants, renouvellements de PourVous RBC, ainsi que les échanges de T10 contre un produit PourVous RBC. La hausse s'appliquait jusqu'au 21 avril.
L'Association canadienne des compagnies d'assurances de personnes a mis à jour son document de référence sur l'approche de l'industrie en matière de pratiques commerciales axées sur les besoins des clients. La mise à jour comprend une nouvelle recommandation à l'intention des conseillers. Ces derniers sont priés de fournir aux clients une lettre explicative après la souscription d'un produit. La lettre doit résumer de façon intelligible les visées formulées par le client, les conseils fournis par le conseiller et la raison pour laquelle le produit répond aux besoins du client. La lettre a pour but de justifier la pertinence de la souscription, d'expliquer l'option retenue en matière de frais si le produit en comporte plus d'une, et de confirmer que le conseiller agit dans l'intérêt supérieur du client. Le document de référence sur l'approche de l'industrie rappelle trois principes de base : les intérêts du consommateur ont priorité sur ceux du conseiller ; les consommateurs doivent être informés de tout conflit d'intérêts ou risque de conflit d'intérêts ; le produit recommandé doit convenir aux besoins du consommateur (https://tinyurl.com/zbjvl8b).
Méfions-nous des gestionnaires de fonds de couverture (hedge funds) qui conduisent des autos de type Lamborghini, Ferrari et Aston Martin ! En effet, ces amateurs de sensations fortes auraient tendance à piloter leurs sociétés d'investissement de façon trop audacieuse. D'après une récente recherche, ces gestionnaires propriétaires de bolides alliant le luxe à la grande vitesse affichent des résultats beaucoup plus volatils - d'environ 16 % - que les gestionnaires qui conduisent des véhicules «ordinaires». Inversement, les gestionnaires de fonds de couverture qui conduisent des fourgonnettes montrent des résultats beaucoup moins volatils - soit environ 11,7 % - que leurs collègues ayant des voitures aux noms à faire rêver. Le risque de se fier à ces derniers en vaut-il la chandelle ? Non, affirment ces chercheurs. Ils rapportent que les amateurs de Ferrari affichent de moins bons ratios de Sharpe, et qu'il est plus probable qu'ils fassent l'objet d'infractions pouvant mener à des poursuites et qu'ils doivent fermer leurs fonds (http://tiny.cc/fdzuiy). Les conseillers amateurs de Ferrari devraient-ils donc laisser ces belles voitures au chalet ? L'histoire ne le dit pas...
Les négociateurs sur séance, les day-traders, peuvent gagner de l'argent en lisant des gazouillis de 140 caractères. Selon une enquête réalisée à l'Université John Hopkins, de Baltimore, une lecture avisée de tweets portant sur les marchés boursiers peut susciter des gains annuels de 10 à 20 % ! La clé consiste à négocier avant ou après l'annonce des résultats, tout en évitant le consensus de Wall Street, car les prévisions des analystes professionnels sont trop prudentes. En revanche, les tweets d'amateurs éclairés ont un plus grand pouvoir prédictif. Cette conclusion découle de l'examen des gazouillis de 140 caractères rassemblés dans Estimize et iSentium, des sites de prévisions boursières qui comprennent les prévisions de milliers d'individus. D'après les chercheurs, la «sagesse des foules» se révélerait plus efficace que le consensus de Wall Street en raison d'une plus grande objectivité des participants de Estimize et iSentium. En effet, les analystes de Wall Street chercheraient à susciter une surprise positive chez les épargnants. Leurs employeurs, banques d'affaires et maisons de courtage, rendraient service aux dirigeants des entreprises inscrites en Bourse en leur donnant le très beau rôle de «battre» les prévisions de leurs propres analystes (http://tinyurl.com/guw4osh).
Les boursicoteurs et les épargnants ayant des positions «acheteurs» peuvent avoir une grande influence sur les nombreux lecteurs du site Seeking Alpha. Dès qu'ils écrivent un article sur un titre boursier pour en recommander l'achat, sa valeur peut grimper jusqu'à 0,5 % en 24 heures. Selon une recherche portant sur 114 000 articles publiés entre 2006 et 2015, l'impact de ces doués de la Bourse ne s'arrête pas là, puisque la valeur d'une action peut aussi chuter de 1,5 % 48 heures après une recommandation de vente à découvert. Les conséquences sont significatives lorsque l'auteur a une position longue. Plus les collaborateurs sont impliqués financièrement dans les titres analysés, plus fort est l'impact de leurs écrits. Les chercheurs jugent que le public aime le fait que les collaborateurs partagent le risque (http://tiny.cc/mauviy). Seeking Alpha exige que ses collaborateurs dévoilent leurs positions par rapport aux titres analysés. Ceux-ci reçoivent au moins 35 $ US par mois. Cette rémunération augmente avec le nombre d'abonnés (followers). Cinq collaborateurs sont en voie de générer des gains de près de 100 000 $ US cette année (http://tiny.cc/f7uviy).
Option consommateurs souhaite l'élimination de la règle de «la plus haute bonne foi» en matière de souscription de produits d'assurance de personnes, et ce, pour tous les canaux de distribution. Ce voeu apparemment anodin pourrait, selon un observateur de l'industrie, se retourner contre les intérêts des clients et des assureurs.Dans une étude publiée en novembre dernier sur la distribution en ligne de produits d'assurance, Option consommateurs constate que le consommateur doit déclarer à l'assureur «toute circonstance susceptible d'influencer de façon importante l'appréciation du risque, sa décision de l'accepter et l'établissement de la prime». Concrètement, le consommateur doit «spontanément déclarer tout autre élément pertinent non abordé» dans un questionnaire de l'assureur. Toutefois, estime cet organisme, les consommateurs pourraient tomber dans un piège en omettant de communiquer ces informations en raison de leur «manque de connaissances» (http://tiny.cc/6e9aiy).
Selon un récent classement de GMP Securities, Fidelity affiche une des meilleures performances de l'industrie canadienne des fonds communs de placement, alors que Dynamique est à la traîne. Mesure-t-on adéquatement la performance des manufacturiers de fonds ?En mars dernier, GMP Securities publiait une intéressante étude intitulée «Canadian Asset Managers». Un tableau basé sur des indicateurs de Morningstar (voir le tableau) résumait les performances de 14 manufacturiers de fonds, y compris les 6 grandes banques du pays.
Remplie de tableaux statistiques, cette impressionnante brique de 762 pages ne deviendra probablement pas un livre de chevet. Par contre, elle vaut le coup d'oeil. Économiste à l'Université Northwestern, en Illinois, Robert J. Gordon entend prouver que l'époque où les enfants vivaient mieux que leurs parents est révolue, car l'industrialisation a fait son oeuvre. Entre 1870 et 1970, les «grandes inventions» ont bondi à un rythme soutenu (moteur à combustion interne, téléphone, électrification, etc.). Entre 1920 et 1970, la productivité a augmenté de 3 % par an aux États-Unis. Cependant, depuis 50 ans, la population a vieilli, le niveau d'éducation a plafonné, la productivité a chuté (0,5 % par an au cours des années 2010), et le revenu moyen des hommes américains a diminué. Les inventions futures ne pourraient pas faire redémarrer la machine à emplois ni augmenter les revenus. La raison : elles s'appuient sur la robotique et l'intelligence artificielle, qui provoqueront l'«obsolescence» d'une bonne partie de la population des pays avancés, dont les États-Unis.
Ce best-seller européen nous tient en haleine de la première à la dernière page. Journaliste d'enquête au quotidien londonien The Guardian, Joris Luyendijk s'est donné la mission de comprendre la pensée et les actes des professionnels de la finance de Londres, capitale mondiale de ce domaine. Après 200 entrevues - y compris avec des spécialistes de la conformité et du back-office - l'auteur s'est ouvert bien des portes. Sans grande surprise, il constate que l'univers de la finance est implacablement concurrentiel. Les mises à pied sont fréquentes, et les conditions d'emploi, très difficiles, au point de briser la vie familiale et les liens d'amitié. Toutefois, les récompenses monétaires sont grandes. Plusieurs expriment de profondes inquiétudes sur la solidité du système financier, avouant ne pas comprendre les produits complexes qu'ils distribuent. L'auteur estime que trop souvent, la main gauche, ou la conformité, ignore ce que fait la main droite, ou le front office. Certains gèrent le stress en se retranchant dans l'ignorance : mieux vaut ne pas poser de questions. Fourmillant d'anecdotes et de faits vécus, ce livre se lit comme un roman... trouble et inquiétant.