Contexte du concept de crypto-monnaie et de portefeuilles numériques. Rendu 3D CGI
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Près de neuf gestionnaires de patrimoine sur dix ont déjà une exposition aux actifs numériques, et la majorité prévoit d’en augmenter la part dans les prochains mois. C’est ce que révèle une étude internationale menée par Brava Finance, une plateforme de gestion non dépositaire de stablecoins, auprès de 50 gestionnaires de patrimoine répartis dans 13 pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse, Singapour et le Luxembourg.

L’enquête montre que 92 % des répondants ont déjà mis en place une stratégie en actifs numériques ou sont en train de le faire. Pour la moitié d’entre eux, cette adoption est jugée « urgente et immédiate ».

Une allocation encore minime

Cette orientation se traduit déjà dans les portefeuilles. Quatre gestionnaires sur cinq (84 %) détiennent actuellement une allocation en actifs numériques, le plus souvent comprise entre 1 % et 3 % des actifs sous gestion. Plus précisément, 36 % des répondants indiquent une exposition de 2 % à 3 %, tandis qu’un autre tiers se situe entre 1 % et 2 %.

Cette tendance devrait s’accentuer. L’ensemble des gestionnaires interrogés prévoit d’augmenter ses allocations au cours des 12 prochains mois, et les projections à cinq ans font état d’un glissement progressif vers des niveaux d’exposition plus élevés, notamment dans la tranche de 2 % à 3 %, qui pourrait concerner près de la moitié des répondants.

Diversification et rendement 

Selon l’étude, 96 % des gestionnaires considèrent les actifs numériques comme un outil efficace de diversification des portefeuilles, un constat largement partagé malgré la volatilité historique du marché. Plus de la moitié évoquent le potentiel d’amélioration des rendements ajustés au risque, tandis que 36 % mettent de l’avant la recherche de nouvelles sources de rendement pour leurs clients.

Les valorisations record du bitcoin ont également joué un rôle de catalyseur. Près de tous les répondants (98 %) disent que ces sommets ont déclenché des discussions internes ou avec les clients, dont plus du quart qualifient ces échanges de « stratégiques ».

Le contexte politique et réglementaire entre aussi en ligne de compte. La performance de certains actifs numériques, un environnement perçu comme plus favorable aux États-Unis, ainsi que l’amélioration progressive des cadres réglementaires figurent parmi les principaux facteurs ayant accéléré l’intérêt du secteur.

Les stablecoins gagnent du terrain 

Si le bitcoin reste un point d’entrée symbolique, les stablecoins s’imposent de plus en plus comme une solution jugée plus stable et opérationnelle. Une large majorité des gestionnaires (88 %) se disent préoccupés par les replis du bitcoin après ses sommets, ce qui pousse 82 % d’entre eux à rechercher des alternatives moins volatiles.

« Les gestionnaires de patrimoine du monde entier ont reconnu que certains actifs numériques, comme les stablecoins, sont à la fois robustes et stables, observe Graham Cooke, chef de la direction et fondateur de Brava. Ils cherchent désormais à bâtir des stratégies en actifs numériques afin d’offrir à leurs clients des sources de rendement diversifiées et d’améliorer les rendements ajustés au risque. »

Des freins surtout internes 

Malgré cet engouement, plusieurs obstacles persistent. Les répondants citent en priorité l’incertitude réglementaire, les enjeux de conservation et de sécurité, le manque d’expertise interne et la volatilité, sans oublier les considérations ESG (Environnemental, Social et Gouvernance) et réputationnelles.

Toutefois, l’étude souligne que les principaux blocages sont d’ordre organisationnel. Les processus internes insuffisamment définis, les difficultés d’approbation et les enjeux de gouvernance freinent davantage l’adoption que la résistance des clients. À l’inverse, 98 % des gestionnaires affirment que leur clientèle et leurs fiduciaires les encouragent à intégrer les actifs numériques dans leurs stratégies.