Un homme d'affaires montrant un graphique en transparence sur une ville. Autour on voit pleins de petits virus de COVID-19.
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Pour le moment, les perturbations économiques liées au variant Omicron ne devraient pas avoir un impact trop grand sur la Banque Nationale, croit Laurent Ferreira, son président et chef de la direction.

« Quand vous regardez les secteurs les plus touchés, c’est davantage la consommation discrétionnaire et les loisirs, souligne le dirigeant lors d’une présentation virtuelle organisée par RBC Marchés des capitaux. Ce sont des domaines où nous avons une très faible exposition. »

Il a précisé que la situation financière de la majorité de ses clients était bonne. Il a ajouté que l’épargne des ménages est robuste et que le portefeuille de prêts aux entreprises était « bien diversifié ».

Laurent Ferreira a dit qu’il était encore trop tôt pour connaître l’impact financier d’Omicron sur l’économie et les dépenses des ménages. Il prévoit que la ronde de restrictions annoncées par le gouvernement du Québec devrait être levée dans « les prochaines semaines ».

La Banque Nationale devra également composer avec la montée de l’inflation en 2022. L’augmentation des salaires exerce une pression sur la masse salariale de l’institution financière montréalaise. Par contre, une augmentation des taux d’intérêt est généralement favorable pour les marges des banques.

À moins que l’économie ne se retrouve dans une situation de stagflation où les perturbations de la chaîne d’approvisionnement viendraient exacerber l’inflation tout en plombant l’économie, Laurent Ferreira pense que l’inflation sera dans l’ensemble favorable pour la banque. Son équipe anticipe trois hausses des taux d’intérêt d’ici la fin de l’exercice 2022 (31 octobre 2022).

Stratégie

Il s’agissait de la première allocution publique du nouveau grand patron de la Banque Nationale, depuis son entrée en fonction en novembre.

La direction continuera d’investir dans sa « transformation numérique ». Laurent Ferreira a noté que la stratégie numérique de la Nationale, déployée en 2016, a permis d’améliorer son efficacité. « Il y a encore des améliorations à aller chercher. »

Le banquier a dit qu’il comptait multiplier les occasions de ventes croisées entre les divisions de gestion de patrimoine, de banque privée et de services aux entreprises. « Nous voyons une tonne de synergie potentielle et notre intention est de permettre à ces lignes d’activités de travailler davantage ensemble. »

Au cours de l’entretien, l’analyste Darko Mihelic, de RBC Marchés des capitaux, a dit qu’il avait la perception que de croître à l’extérieur du Québec n’était plus un impératif pour la Banque Nationale.

Le dirigeant a réitéré qu’il voyait des occasions de croissance au Canada, tant au Québec que dans les autres provinces. Il a rappelé que les activités des marchés des capitaux tiraient la majorité de leurs revenus à l’extérieur de la province. Il a souligné que l’institution financière avait déjà une expertise dans certains segments d’affaires comme la santé, l’agriculture et les technologies à l’extérieur de la province. « Croître à l’extérieur du Québec est un objectif stratégique important pour nous et ce n’est pas un problème pour nous », a répondu le dirigeant.

Lors du dévoilement des plus récents résultats trimestriels en novembre, Laurent Ferreira avait dit qu’il ne comptait pas faire d’acquisitions dans les pays émergents, même si ABA Bank, la banque cambodgienne que détient la Nationale, enregistrait une forte croissance.