Une fille recroquevillée dans un coin, autour d'elle des ombres de mains et de bras semblent vouloir la happer.
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Le pessimisme des Canadiens et des entrepreneurs vis-à-vis de leurs placements et de l’économie en général grandit. Malgré la forte progression du marché boursier canadien en 2025, l’optimisme fléchit, révèlent deux sondages distincts.

Ainsi, 44 % des investisseurs s’inquiètent quant à l’avenir de leurs placements, une augmentation de huit points de pourcentage par rapport à l’an dernier, révèle le sondage annuel sur la confiance des investisseurs, publiés par Gestion mondiale d’actifs Scotia.

Dans le même temps, la confiance des PDG canadiens s’écarte désormais de l’optimisme mondial, inversant la tendance pour la première fois en plus de cinq ans, selon la 29e Enquête mondiale auprès des PDG de PwC Canada. Alors 61 % des dirigeants à l’échelle mondiale s’attendent à une amélioration de la croissance économique mondiale, cette proportion tombe à 47 % chez les PDG canadiens.

« Les résultats de l’enquête de cette année marquent un tournant pour les dirigeants d’entreprise canadiens, a déclaré Nicolas Marcoux, président et chef de la direction, PwC Canada. Pour la première fois en plus de cinq ans, le sentiment des PDG canadiens évolue à contre-courant de l’optimisme observé à l’échelle mondiale.

La confiance vis-à-vis de l’économie canadienne est également en recul, passant ainsi de 42 % l’an passé à 27 % cette année.

Le contexte géopolitique actuel et surtout les droits de douane ne sont pas étrangers aux inquiétudes partagées aussi bien par la population canadienne que par ses PDG.

Les droits de douane (46 %) figurent parmi les trois principaux risques cités par les répondants au sondage de la Banque Scotia, aux côtés du coût de la vie (49 %) et du risque d’une éventuelle récession (49 %).

Les PDG canadiens, de leur côté, expriment une préoccupation accrue à l’égard de la politique commerciale et des droits de douane des États-Unis : 53 % s’inquiètent de leur impact, tandis que 35 % s’attendent à une réduction des marges bénéficiaires au cours de la prochaine année.

PwC Canada avoue que les vents contraires, comme l’incertitude commerciale, pressions tarifaires, sont effectivement importants et bien réels. La firme souligne toutefois qu’ils agissent également comme catalyseur poussant les entreprises à se réinventer en s’ouvrant à de nouveaux secteurs ou en intégrant davantage l’intelligence artificielle dans leurs processus.

L’argent une source d’inquiétude importante

Dans son sondage, la Banque Scotia constate que l’argent demeure une source d’anxiété pour beaucoup de gens. Les Canadiens passeraient en moyenne 18 heures par semaine à s’en inquiéter.

« Il est compréhensible de s’en faire pour ses placements ; si les grands marchés boursiers se sont fortement appréciés en 2025, il n’en reste pas moins que leur trajectoire a été cahoteuse. Il s’agit de trouver un juste équilibre, en apprenant à gérer ses besoins à court terme sans sacrifier le potentiel de croissance nécessaire à l’atteinte des objectifs à long terme, comme l’épargne-retraite », assure Neal Kerr, chef, Gestion mondiale d’actifs Scotia.

Des pistes de solution

Pour tempérer ces inquiétudes, la Banque Scotia recommande aux Canadiens de consulter un conseiller. Parmi les personnes ayant rencontré un conseiller au cours des six derniers mois, 86 % affirment avoir confiance en leur situation financière, contre 68 % chez celles qui n’en ont consulté aucun durant cette période. Par ailleurs, plus de la moitié des investisseurs (57 %) souhaiteraient recevoir un accompagnement supplémentaire de leur conseiller afin de se sentir plus en confiance.

« Des rencontres régulières avec un conseiller financier permettent de répondre aux questions et de dissiper les inquiétudes », souligne Neal Kerr.

L’intelligence artificielle (IA) semble également pouvoir répondre à certaines inquiétudes aussi bien à celles de la population qu’à celles des PDG.

En effet, certains investisseurs se tournent vers l’IA générative pour obtenir des conseils en matière de placements, même si peu lui font encore totalement confiance. Ce sont ainsi 38 % des investisseurs qui auraient utilisé des outils d’IA pour prendre des décisions financières. À noter que selon le sondage, seulement 7 % des investisseurs sondés disent fonder leurs décisions uniquement sur les recommandations de l’IA.

Du côté des PDG, l’IA est également une avenue qui est toujours plus explorée. Du côté des PDG, l’IA s’impose comme une avenue de plus en plus explorée. Près de la totalité des PDG canadiens (94 %) disent y recourir d’une manière ou d’une autre, bien que seulement 29 % l’aient déployée à grande échelle, comparativement à 43 % à l’échelle mondiale.

PwC encourage les PDG à faire preuve de davantage d’audace afin de composer avec l’incertitude économique, notamment en accélérant leur adoption de l’IA, mais également en explorant de nouveaux secteurs et en envisageant des stratégies de fusions et acquisitions.