Une flèche qui va vers le bas avec pleins de bonds et rebonds
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Comme l’un des principaux risques menaçant la stabilité du système financier canadien relevés dans la Revue du système financier  est la hausse rapide des taux d’intérêt et que ceux-ci ont une grande influence sur les ventes de fonds obligataires, la Banque du Canada a décidé d’évaluer l’incidence potentielle d’une hausse de 100 points de base en l’espace d’un trimestre en utilisant son nouveau modèle d’analyse de tests de résistance pour les fonds d’investissement Ceto.

Les fonds obligataires sont des fonds communs de placement (FCP) regroupant un grand nombre d’investisseurs. Les gestionnaires de ces fonds investissent essentiellement dans des titres à revenu fixe, donc dans des actifs relativement moins liquides, mais les investisseurs peuvent tout de même rétrocéder leurs parts à tout moment. Afin de répondre aux demandes de rachats, les gestionnaires de fonds utilisent les liquidités apportées par de nouveaux investisseurs.

Les titres à revenu fixe ne sont plus aussi rentables qu’avant

Vu la complexité des marchés à revenu fixe à l’heure actuelle, la production de rendement de revenu et la gestion du risque nécessitent une gestion active comme celle qu’offrent les FNB de titres à revenu fixe de Placements Franklin Templeton.

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Cependant, cela implique qu’il y a autant de rachat que de ventes. Dans un scénario où tous les investisseurs décideraient de se départir de leurs placements en même temps, cela pourrait avoir un gros impact sur la liquidité des marchés.

Amplification des risques

Si les taux d’intérêt augmentaient de 100 points de base, les pertes dans les portefeuilles des investisseurs s’élèveraient en moyenne à 6,2 %, évalue la Banque du Canada. Dans cette hypothèse, un plus grand nombre d’investisseurs voudraient potentiellement vendre leurs parts de fonds par rapport aux nombres de nouveaux investisseurs intéressés. Ceto évalue alors que de telles pertes entraîneraient des demandes de rachat de parts représentant 68,5 milliards de dollars canadiens (G$).

 Dans le cas où trop d’investisseurs exigent de vendre leurs parts de fonds obligataire, les gestionnaires de fonds doivent puiser dans leur trésorerie et vendre des obligations pour respecter leur engagement et verser l’argent dû aux investisseurs. Ils sont obligés de rééquilibrer les portefeuilles afin de répondre aux demandes de rachat.

Évidemment, les acheteurs désirent des rendements plus élevés ou des baisses de prix avant d’acheter ces obligations de sociétés que tout le monde délaisse, donc le coût pour assurer la liquidité de ce marché augmente.

Selon le scénario de la Banque du Canada, les rendements exigés sont plus élevés en 2018 qu’en 2007. Cela reflète la croissance rapide des risques ainsi que la taille bien plus importante des portefeuilles gérés par les fonds obligataires depuis 2007.

Les résultats dépendent également du type d’acheteur. L’estimation de la hausse des rendements exigés pour 2018 varie de 63 à 137 points de base selon le cas où les obligations sont vendues à des courtiers en valeurs mobilières ou à des investisseurs à long terme. À noter qu’en 2007, cette hausse variait entre 44 et 93 points de base.

Ainsi, il semble évident que les actions communes aux fonds obligataires ont une plus grande incidence qu’auparavant sur la liquidité du marché des titres à revenu fixe. La Banque du Canada explique cela par l’expansion de ce type de fonds au cours de la dernière décennie. Les fonds obligataires détiennent aujourd’hui 23 % de l’ensemble des obligations de sociétés canadiennes, soit une hausse de 12 % par rapport à 2007.

Rééquilibrer les portefeuilles

 Afin de rééquilibrer les portefeuilles, les gestionnaires peuvent recourir à deux types de stratégie de gestion : la « horizontale » ou la « verticale ».

La stratégie de gestion « horizontale » consiste à répondre aux demandes de rachat en utilisant les avoirs liquides du portefeuille, soit la trésorerie ou les obligations d’États. Selon certaines analyses, les gestionnaires utilisent leurs actifs liquides mais cèdent également des actifs moins liquides (obligations de sociétés) pour maintenir la liquidité de leur portefeuille s’ils craignent des demandes de rachat persistantes, ce qui est une stratégie de gestion de la liquidité dite « verticale ».

Si les gestionnaires adoptent une stratégie « verticale », ils devraient vendre environ 31,7 G$ en obligations de sociétés en l’espace d’un trimestre (en comparaison, ils auraient dû en vendre seulement 5 G$ en 2007). Cela va dans le sens de l’affirmation de la Banque du Canada à l’effet que les fonds obligataires pourraient jouer un rôle plus important qu’auparavant dans l’amplification des chocs subis par le système financier.

Selon Ceto, ce sont des courtiers en valeurs mobilières ou des investisseurs à long terme qui rachèteraient ces obligations. Dans le cas où ce sont des courtiers en valeurs mobilières et des investisseurs qui fournissent le financement, les rendements exigés augmenteraient de 93 points de base. Cependant, si les investisseurs n’ont pas la capacité ou la volonté d’accroître leurs avoirs en obligations de sociétés en période de tensions et que seuls des courtiers en valeurs mobilières seraient les acheteurs, ils exigeraient certainement un plus grand escompte sur le prix des titres, de manière à composer avec des coûts réglementaires plus élevés que ceux assumés par les investisseurs à long terme.

Ainsi, les rendements exigés augmenteraient pour s’établir à 137 points de base.

Ce résultat indique que de nombreux facteurs pourraient exercer de plus fortes pressions que prévu sur les prix du marché, mais une constante reste, les fonds obligataires ont le pouvoir d’empirer les chocs subis par le système financier.