Selon un rapport dévoilé lundi par la Banque TD, l’économie albertaine devrait se contracter de 6,5 % pendant 2015 et 2016. Cela surpasserait largement la retraite moyenne de 2,7 % observée lors des replis économiques précédents de la province, depuis le début des années 1980.

La banque a révisé à la baisse ses prévisions pour le produit intérieur brut (PIB) de la province et table maintenant sur une contraction de 3 %, soit trois fois plus importante que dans ses prévisions précédentes.

La TD dit avoir ajusté ses calculs pour tenir compte des incendies de Fort McMurray et de la plus forte chute que prévu de l’activité industrielle.

« En nous basant sur nos prévisions révisées, la récession de 2015-16 va vraisemblablement passer à l’histoire comme une des plus importantes, en ce qui a trait à l’évaluation par le PIB », a écrit la TD.

Le repli de 2008-09 s’approchait de la récession actuelle, avec un déclin du PIB de 5,5 %. Les prix des matières premières ont cependant rapidement rebondi au début 2009, ce qui a préparé le terrain pour une période de prospérité de cinq ans, a poursuivi la banque.

Cela ne devrait pas se produire cette fois, a cependant prévenu l’institution financière, qui mise sur un rebond plus faible que normalement. Lorsque l’économie de l’Alberta renouera avec la croissance, l’an prochain, les prix du pétrole et du gaz naturel ne devraient pas grimper assez haut pour justifier la mise en marche de nouveaux projets.

Même si le ralentissement actuel se traduit par le pire recul du PIB, la Banque TD croit tout de même que les récessions du début au milieu des années 1980 étaient pires, dans l’ensemble.

« Même si cela ne sera pas d’un grand réconfort pour plusieurs résidants qui ont des difficultés cette année, plusieurs des mesures importantes (notamment dans le marché de l’emploi) annoncent une issue relativement moins sévère que pour ceux qui ont traversé la période de récessions successives des années 1980 », a écrit la banque.

Lors des récessions de 1982-83 et 1986, alors que les taux d’intérêt étaient élevés, les taux de chômage avaient été beaucoup plus élevés et les corrections de prix du marché immobilier avaient été beaucoup plus prononcées, a précisé la TD.

Entre-temps, l’impact de la récession actuelle a été contrebalancé, en partie, par la faiblesse du dollar canadien, la nature à long terme des projets de sables bitumineux, le raffermissement de l’économie américaine et la faiblesse des taux d’intérêt.

Mais ces facteurs n’ont pas entraîné de reprise rapide et la Banque TD juge que la récession durera environ deux ans. Cela pourrait rivaliser avec le repli de 1982-83, qui a été le plus long depuis la Deuxième Guerre mondiale.