Ce ne sont pas toutes les bulles qui tournent mal
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« La rareté des bulles dans l’histoire rend l’échantillon possiblement étudiable petit. Restreindre son attention aux chutes qui ont suivies d’importantes hausses sur les marchés met en lumière plus particulièrement leurs conséquences historiques négatives », écrit-il dans les premières pages de l’étude publiée par le National Bureau of Economic Research.

Selon lui, utiliser les crashs passés pour expliquer des périodes de hausse présentes « induit les investisseurs en erreur »: « Concentrer l’attention sur quelques rares crashs dans l’histoire financière, c’est ignorer la fréquence réelle à laquelle les bulles se produisent. En termes simples: les bulles sont des explosions de croissance qui se sont mal terminées, mais ce ne sont pas toutes les explosions de croissance qui tournent mal.»

Il indique que la fréquence des bulles est assez petite et calcule que leur « fréquence dans les données étudiées est de 0,3 % à 1,4 % ». Pour en arriver à ces chiffres, William N. Goetzmann a notamment étudié les données collectées par les chercheurs Dimson, Marsh et Staunton qui avaient regroupé les rendements sur action de 21 bourses dans le monde entre 1900 et 2014.

« Une énorme majorité des hausses de marché dans les marchés mondiaux n’ont pas été suivies de baisses importantes, soutient William N. Goetzmann. Les bulles qui n’ont pas éclatées sont aussi importantes à étudier pour les investisseurs que celles qui l’ont fait.»

Selon lui, mal comprendre la fréquence réelle probable d’un crash suivant une croissance importante sur les marchés est dangereux pour l’investisseur à long terme puisque ces derniers risquent de perdre des occasions de gains. Il suggère d’étendre l’étude des bulles à un échantillon beaucoup plus large.

« Alors que les économistes se concentrent souvent sur quelques bulles mémorables, l’analyse actuelle suggère qu’ils devraient en considérer des douzaines d’autres. Apprendre quelque chose sur les fondements qui supportaient ces bulles pourrait notre aider à les évaluer, ainsi que leurs conséquences, plus rationnellement.»