Les dessous du courtage hypothécaire

D’emblée, Robert Nadeau, président et chef de la direction de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier au Québec (OACIQ), tient à différencier le courtier hypothécaire du démarcheur hypothécaire.

« Lorsque je fais du courtage hypothécaire, je représente plus d’une institution financière. Les démarcheurs hypothécaires, pour leur part, sont les représentants d’une seule institution financière, explique-t-il. Dès qu’ils représentent plus d’une institution financière, ils doivent avoir un permis de courtage hypothécaire.»

Fait important, le courtier hypothécaire ne peut pas vendre d’immobilier, qu’il soit résidentiel ou commercial. Il peut seulement vendre des hypothèques provenant de diverses institutions financières.

Les candidats doivent suivre une formation accréditée au collégial, donné dans le secteur public et privé, et passer par la suite un examen à l’OACIQ. Si le candidat échoue, des droits de reprise sont prévus à la loi sur le courtage immobilier.
« C’est un examen qui suit une approche par compétence, nous vérifions la compréhension des candidats en leur présentant des cas réels. L’examen est basé sur des profils de compétence élaborés par l’Université de Sherbrooke et l’OACIQ », indique Robert Nadeau.

Par la suite, une fois l’examen réussi, le courtier hypothécaire doit suivre de la formation continue, rappelle Robert Nadeau : « Depuis 2010, il y a cinq formations obligatoires selon le conseil d’administration de l’OACIQ. Sur deux ans, les courtiers doivent cumuler 18 UFC.»

Pour les conseillers qui pratiquent dans les deux disciplines, ces exigences de formation ne sont pas irréalistes, et ce, même avec les UFC qui doivent déjà être complétés pour leurs autres permis.

« Ça s’insère bien et c’est vraiment complémentaire comme formation, note Jonathan Bouffard, courtier hypothécaire, conseiller en sécurité financière et représentant en épargne collective, Gilbert et associés. C’est le même type de réflexion et de connaissances dans les deux domaines.»

Niche

Sur les 16 000 courtiers immobiliers au Québec, on compte entre 1000 et 1200 courtiers hypothécaires. C’est donc une petite portion de la clientèle de l’OACIQ, mais l’organisme tente quand même de développer une formation particulière pour cette tranche de courtiers.

« Nous essayons de développer des produits plus spécifiques en formation pour les courtiers hypothécaires, souligne Robert Nadeau. Il y a un groupe de travail hypothécaire qui a été institué il y a quelques années afin de connaître les besoins précis des courtiers hypothécaires dans le domaine de la formation continue.»

Il est parfaitement légal pour un conseiller de détenir le permis de courtier hypothécaire, toutefois un bémol se pose. En effet, le professionnel qui a les deux permis ne peut pas occuper les deux rôles dans le cadre d’une même transaction. Par exemple, si un conseiller vend une assurance hypothécaire et l’hypothèque dans la même transaction, il y aura apparence de conflit d’intérêt, rappelle l’OACIQ.

C’est l’OACIQ qui est responsable de la réglementation et la surveillance du secteur, indique Philippe Béland, courtier hypothécaire chez Planipret et conseiller en sécurité financière chez 41 Services financiers : « Quand j’ai commencé, il y a dix ans, c’était un peu le Far West, mais présentement l’encadrement est en train de raffermir au niveau de l’OACIQ. C’est certain que ça ajoute une couche de conformité pour les conseillers.»

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Photo : Bloomberg