Emblème de la province du Québec sur fond bleu.
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Face à l’insatisfaction qui gronde depuis des mois, le premier ministre du Québec, François Legault, a jeté l’éponge, mercredi, et a annoncé sa démission « pour le bien de mon parti et surtout pour le bien du Québec ».

Il a précisé qu’il resterait en poste jusqu’à ce qu’on lui choisisse un successeur à la tête de la Coalition avenir Québec (CAQ).

« Je vois bien qu’actuellement, beaucoup de Québécois souhaitent d’abord du changement, entre autres un changement de premier ministre », a déclaré François Legault, à son bureau de Québec, entouré de son épouse, Isabelle Brais, et de son bras droit, Martin Koskinen.

« Je souhaite vraiment que la prochaine élection porte sur les grands défis qu’on a au Québec, et non sur une simple volonté de changement », a-t-il expliqué, visiblement serein.

Il avait convoqué la presse à 9 h 45 pour une annonce à 11 h durant laquelle il n’a pris aucune question, préférant faire une longue liste de ses réalisations.

Il s’est notamment félicité d’avoir réduit l’écart de richesse avec l’Ontario et signé une entente avec Terre-Neuve-et-Labrador pour développer l’hydro-électricité, entente chambranlante en raison de l’élection d’un nouveau gouvernement terre-neuvien.

Les membres de sa garde rapprochée qui étaient présents à l’annonce avaient tous le visage long. Une attachée avait en main un mouchoir et pleurait.

« Je peux vous garantir que chaque jour, je me suis levé en me disant : “Je veux ce qu’il y a de mieux pour les Québécois”. Je n’ai pas toujours réussi, mais je peux vous garantir que j’ai essayé, j’ai essayé très fort avec toute l’énergie que j’avais », a déclaré François Legault.

Qui lui succédera ?

François Legault est le père fondateur de la CAQ ; les règles de la course à la chefferie qui élira son successeur doivent encore être écrites.

La directrice générale de la CAQ, Brigitte Legault, souhaite que les choses se fassent « rapidement ». « Je n’ai pas l’intention de traîner six mois », a-t-elle dit en mêlée de presse après l’annonce de François Legault.

Le gouvernement doit encore déclencher une élection partielle dans Chicoutimi et le scrutin général va avoir lieu en octobre 2026. La CAQ a donc besoin d’un chef rapidement.

Le Conseil exécutif national du parti va d’ailleurs se réunir ce mercredi en soirée pour commencer à échafauder les règles de la course.

« Donc suite à ça, si plusieurs candidats se qualifient, il y aura une course, il y aura des débats, il y aura un agenda et il y a aura un calendrier », a expliqué Brigitte Legault.

La constitution du parti devra vraisemblablement aussi être amendée, puisqu’il y est écrit que le « chef de la Coalition est monsieur François Legault, et ce, jusqu’au moment où la fonction de chef devient vacante ».

Plusieurs noms de ministres ont circulé pour potentiellement succéder à François Legault : Sonia LeBel, Simon Jolin-Barrette, Geneviève Guilbault, Bernard Drainville.

Le nom de l’ancien chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, revient aussi régulièrement dans la conversation, mais le principal intéressé a toujours fermé la porte.

Longue carrière politique

François Legault a été élu premier ministre en 2018 pour la première fois, mettant fin à l’alternance historique entre le Parti libéral du Québec et le Parti québécois.

Après avoir affronté la pandémie de coronavirus en 2020, il a été réélu avec les coudées franches, en 2022, avec 90 députés sur 125.

Le second mandat de François Legault aura toutefois été marqué par plusieurs controverses, notamment sur les dossiers Northvolt et SAAQclic et, plus récemment, sur la réforme de rémunération des médecins.

Dans la foulée de ces controverses, François Legault a été confronté à des intentions de vote faméliques.

Dans un sondage de Pallas Data pour l’agrégateur de sondages Qc125 et « L’Actualité » publié mardi, la CAQ figure au dernier rang des intentions de vote, à égalité avec Québec solidaire.

Selon la même enquête, 75 % des répondants avaient une impression défavorable du premier ministre.

La réforme de la rémunération des médecins a d’ailleurs coûté deux ministres importants au gouvernement caquiste : l’ex-ministre des Services sociaux, Lionel Carmant, et l’ex-ministre de la Santé, Christian Dubé.

Malgré ces nombreux revers, François Legault avait toutefois assuré plusieurs fois qu’il serait sur les rangs pour les prochaines élections québécoises, prévues en octobre.

François Legault a fait ses débuts en politique en 1998, année où il a été recruté par l’ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard pour faire partie de son cabinet.