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Donald Trump (2018), Photo : Gage Skidmore - sous licence Creative Commons CC0 1.0 (domaine public).

Le président américain Donald Trump a relancé samedi ses menaces tarifaires en promettant d’augmenter les droits douaniers à 15 % à l’ensemble des pays au lendemain de la décision de la Cour suprême d’invalider son outil juridique préféré en la matière.

« Au cours des prochains mois, l’administration Trump déterminera et décrétera les nouveaux droits de douane légalement autorisés, qui permettront de poursuivre notre processus extrêmement fructueux visant à rendre à l’Amérique sa grandeur », a déclaré Donald Trump dans un message publié sur les réseaux sociaux.

Vendredi, Donald Trump avait signé un décret visant à instaurer un droit de douane mondial de 10 % à compter de mardi, en vertu de l’article 122 de la loi sur le commerce de 1974. Ce droit ne peut être augmenté qu’à 15 % et expirera après 150 jours, à moins que le Congrès ne vote sa prolongation.

Les menaces de modification des droits de douane devraient avoir peu d’impact sur l’économie canadienne, mais elles ajouteront à l’incertitude actuelle avant la révision obligatoire de l’Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM, qui aura lieu cette année.

Une fiche d’information de la Maison-Blanche a précisé que les nouveaux droits de douane n’affecteraient pas les produits conformes à l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM. Les droits de douane ne s’ajouteront pas non plus à certains secteurs, comme l’acier, l’aluminium et l’automobile, déjà soumis à des taux spécifiques.

Vendredi, la plus haute juridiction américaine a conclu qu’il n’était pas légal pour Donald Trump d’utiliser la loi sur les pouvoirs économiques de cas d’urgence internationale, mieux connue sous le nom d’IEEPA, pour ses droits de douane.

De nombreux républicains ont accueilli la décision judiciaire de vendredi par des déclarations mesurées, certains l’ont même saluée. Les dirigeants du Parti républicain ont mentionné qu’ils travailleraient avec Donald Trump sur les droits de douane à l’avenir.

Les droits de douane ont été l’un des seuls domaines dans lesquels le Congrès, contrôlé par les républicains, s’est opposé au président américain.

À plusieurs reprises, la Chambre des représentants et le Sénat ont adopté des résolutions visant à condamner les droits de douane imposés à des partenaires commerciaux comme le Canada.

Il s’agit également de l’un des rares sujets sur lesquels les législateurs républicains, qui ont grandi dans un parti largement favorable au libre-échange, ont critiqué les politiques économiques de Donald Trump.

« Les mérites vains des guerres commerciales généralisées avec les amis des États-Unis étaient évidents bien avant la décision d’aujourd’hui », a souligné le sénateur Mitch McConnell, ancien leader républicain de longue date au Sénat, dans un communiqué.

Au moins un membre républicain du Congrès qui a voté la semaine dernière contre les droits de douane imposés par Donald Trump au Canada doit désormais faire face à des conséquences politiques.

Donald Trump a écrit samedi sur sa plateforme Truth Social qu’il retirait son soutien au représentant du Colorado Jeff Hurd pour sa réélection en raison de son manque de soutien aux droits de douane et qu’il soutenait à la place sa principale rivale républicaine, Hope Scheppelman.

De leur côté, les démocrates ont demandé vendredi que les consommateurs américains soient remboursés pour les droits de douane annulés par la Cour suprême.

Samedi, Donald Trump a reproché au jugement de la Cour suprême d’être « mal rédigé et extrêmement anti-américain ».

La décision de la Cour suprême a empêché l’administration Trump d’imposer des droits de douane extrêmement élevés à n’importe quel pays à tout moment, mais elle ne devrait pas mettre un terme à ses projets de rééquilibrage du commerce mondial par ce moyen.

Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré vendredi à Fox News que l’administration Trump ouvrirait des enquêtes sur certains pays en vertu de l’article 301 de la loi sur le commerce de 1974.

Cela permet au président de prendre des mesures commerciales si l’enquête conclut que les politiques d’un partenaire commercial sont déraisonnables et discriminatoires, mais cela prendrait des mois et inclurait une période de consultation publique.