Un petit personnage épuisé qui lève un drapeau blanc.
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Le nombre de personnes souffrant d’épuisement professionnel est plus élevé que jamais et touche des travailleurs de plus en plus jeunes, rapporte Kandi Wiens, chercheuse à l’université de Pennsylvanie et autrice de plusieurs ouvrages sur le burn-out, dans un article de Harvard Business Review.

Selon la dernière enquête « Stress in America » de l’Association américaine de psychologie, 67 % des adultes âgés de 18 à 34 ans déclarent que le stress les empêche de se concentrer, 58 % décrivent leur stress quotidien comme « complètement accablant » et près de la moitié déclarent que, la plupart du temps, leur stress est tel qu’ils sont incapables de fonctionner correctement.

L’épuisement professionnel est insidieux et peut s’installer progressivement avant même que vous ne réalisiez que vous êtes entré dans une zone dangereuse, prévient Kandi Wiens, dans son livre Burnout Immunity.

L’experte signale que chaque individu possède une fenêtre de tolérance dans laquelle il peut répondre au mieux aux exigences de la vie quotidienne, selon un concept développé par Dan Siegel, neurobiologiste et professeur de psychiatrie clinique. Lorsque nous nous trouvons dans cette zone de tolérance, nous ne sommes ni anxieux ni apathiques. Nous sommes en pleine capacité de planifier et d’organiser notre travail, de réguler nos émotions et de gérer notre temps et nos priorités. C’est le juste milieu qu’il faut viser, indique la spécialiste, car il engendre juste assez de stress pour nous sentir énergisés et attentifs, mais pas trop pour ne pas nous sentir dépassés et inefficaces.

Voici quelques conseils pour rester dans votre zone de confort personnelle :

  • Repérez vos facteurs de stress

 

Kandi Wiens suggère de repenser à la dernière fois où vous vous êtes senti calme, équilibré et pleinement engagé dans votre travail. Pensez aux conditions qui vous ont permis d’atteindre et de maintenir cet état. Était-ce un bon sommeil, une alimentation saine et nutritive, la pratique d’une activité physique ?

Ensuite, dressez une liste des soutiens ou des ressources dont vous auriez besoin pour rester dans cette zone de confort. Réfléchissez aux éléments déclencheurs qui pourraient vous faire basculer dans la zone de détresse et essayer de les éviter.

  • Régulez vos émotions

 

Pour gérer vos émotions afin de rester efficace et de garder le contrôle, même dans des situations très stressantes, vous pouvez utiliser la méditation de pleine conscience, qui consiste à noter vos pensées et vos sentiments sans les juger au fur et à mesure qu’ils apparaissent.

Pratiquer la respiration profonde peut vous aider à vous calmer rapidement. Prenez un temps d’arrêt pour exprimer vos émotions afin de diminuer leur intensité et leur durée.

  • Aménagez des pauses régulières

Au lieu de vous absenter du boulot seulement en dernier recours, lorsque vous êtes archi débordé et complètement épuisé, accordez-vous des doses régulières de récupération au travail. Ces pauses vous permettent de vous détacher complètement des exigences du travail et de vous détendre, de vous ressourcer et de récupérer du stress professionnel.

Si vous pensez manquer de temps pour une longue pause, prenez des micropauses de cinq ou dix minutes tout au long de la journée. Profitez-en pour vous promener, discuter avec des collègues ou vous étirer. C’est souverain pour réduire le stress.

  • Agissez sur ce que vous pouvez changer

Le manque de contrôle au travail, qu’il s’agisse de votre emploi du temps, de votre charge de travail ou de votre influence sur les décisions qui vous concernent, constitue un facteur important d’épuisement professionnel. De plus, le stress prolongé a pour effet d’éroder votre sentiment de contrôle et d’autonomie au travail.

Afin de retrouver le sentiment de responsabilité et d’autonomie, ne vous attardez pas sur ce que vous ne pouvez pas contrôler. Dressez plutôt une liste de ce que vous pouvez changer et passez à l’action. Vous pouvez par exemple redistribuer les tâches entre les membres de l’équipe, demander des délais plus longs ou du soutien pour accomplir certaines tâches, ou encore adapter votre emploi du temps de manière à concilier bien-être et performances.

  • Sollicitez l’aide de vos relations

 Les relations sociales contribuent à réduire les effets de l’épuisement au travail sur la santé physique et mentale. Elles augmentent la résistance au stress et fournissent du soutien pour surmonter des situations difficiles.

Contactez des collègues de confiance afin de renforcer vos relations et d’échanger des points de vue et des stratégies sur la manière dont vous gérez le stress. Ils ont peut-être des tactiques auxquelles vous n’avez pas pensé.

  • Renouez avec vos valeurs

 Les conflits de valeurs minent le moral parce qu’ils touchent au cœur de votre identité et de vos convictions. Si votre travail vous amène à agir d’une manière qui vous met en conflit avec votre moi authentique, vous risquez de ressentir un stress important.

Demandez-vous quels sont les sacrifices auxquels vous consentez au détriment de vos valeurs et combien de temps vous êtes encore prêt à les accepter. Repérez la source de ces conflits et tâchez de les éliminer pour vous reconnecter à vos valeurs fondamentales.

  • Demandez l’aide d’un professionnel

 L’aide professionnelle d’un thérapeute ou d’un coach expérimenté peut vous aider à prévenir l’épuisement professionnel. Outre le soutien social permanent qu’il apporte, le coaching peut vous aider à devenir plus efficace, à améliorer votre intelligence émotionnelle et à renforcer votre capacité à résoudre les problèmes liés aux facteurs de stress.