Profil | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/edition-papier/profil/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Fri, 13 Oct 2023 21:56:47 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Profil | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/edition-papier/profil/ 32 32 Fonds à multiples utilités https://www.finance-investissement.com/edition-papier/profil/fonds-a-multiples-utilites/ Mon, 16 Oct 2023 04:02:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=96654 GUIDE DES FNB - Ce conseiller s’en sert notamment de manière tactique et pour des stratégies fiscales.

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Travaillant depuis 26 ans à la ­Banque ­Nationale, ­Ian ­Provost a mené sa carrière au sein de la plus grande banque québécoise.

Il est conseiller principal en gestion de patrimoine et gestionnaire de portefeuille au ­Groupe ­Vo-Dignard ­Provost, gestion de fortune familiale à la ­Financière ­Banque ­Nationale.

Il a cofondé avec un associé, ­An-Lap ­Vo-Dignard, le groupe il y a 21 ans, « bientôt 22 », ­précise-t-il, fier du chemin parcouru. Son équipe gère aujourd’hui un actif de plus de 3 G$ et sert environ 700 familles.

« ­Des familles pour la plupart aisées, qui comptent sur le travail de notre équipe multidisciplinaire, notre soutien administratif, des conseillers en placement, des analystes, des gens de marketing. Nous avons aussi notre propre comité de gestion. » ­Au total, ce sont 15 employés qui permettent au groupe d’offrir à leurs clients des solutions pour l’ensemble de leurs besoins de gestion de patrimoine.

Dès leur tout début, au tournant des années 2000, les fonds négociés en ­Bourse (FNB) ont fait partie de leur arsenal d’outils.

« ­Nous avons toujours été à l’affût de nouveaux produits et de nouvelles stratégies pour répondre aux besoins de nos clients. C’est le travail de nos analystes de faire une vigie constante de ce qu’il se fait de novateur et de ce qui pourrait nous aider à mieux gérer le risque et mieux diversifier nos portefeuilles. C’est pourquoi les ­FNB ont fait partie très tôt de notre pratique », explique Ian Provost.

Ce type de produit leur offre davantage de latitude et de diversification, l’utilisation qu’ils en font cadre aussi avec leur philosophie d’investissement prudente. « ­Nous visons la préservation du capital, dans un premier temps, et la maximisation du rendement dans un deuxième temps. Et non l’inverse. Nos clients sont aisés et leur préoccupation première est de préserver leur actif. »

Leur emploi des ­FNB a passablement évolué avec le temps. « ­Nous les utilisions de manière plus passive au départ, tandis qu’aujourd’hui – bien appuyés par nos analystes –, nous avons élargi le spectre de leur usage. »

Le conseiller en placement mentionne leur côté liquide, qui leur permet plus d’agilité et de rapidité d’exécution. « L’arrivée d’une offre plus variée de ­FNB nous a donné cette agilité additionnelle, en plus de nous permettre de diversifier des styles de gestion de façon passive et ponctuelle en diminuant ou en augmentant l’exposition à un secteur d’activité donné ou à une région géographique. Cela représente en ce sens un outil drôlement intéressant. »

Pertinents, les ­FNB de titres à revenu fixe

Cette liberté d’action et cette flexibilité sont, par exemple, ce qui les a incités à utiliser les ­FNB pour se protéger des hausses de taux d’intérêt. « L’an dernier, on a utilisé ponctuellement des ­FNB d’indices obligataires de très courte durée, ce qui nous a permis de travailler sur la duration de notre [portefeuille de titres à] revenu fixe. Il existe des ­FNB avec des durées aussi courtes qu’un trimestre, cela permet de nous protéger et d’être moins touchés par les hausses de taux », dit Ian Provost.

Inversement, s’ils jugent qu’ils ont atteint un certain seuil et qu’ils veulent se déplacer sur la courbe des rendements obligataires, les conseillers pourront choisir d’autres types de ­FNB avec des durées plus longues.

Il évoque aussi leur utilisation dans la foulée de la banqueroute récente de la ­Silicon Valley Bank. Celle-ci avait ébranlé le secteur financier américain, lequel se négociait dans son ensemble à des valeurs historiquement basses.

« ­Sans sélectionner des titres en particulier, l’utilisation de FNB nous a permis d’être exposés rapidement au secteur des grandes banques américaines et de profiter de ce que nous jugions être une bonne occasion d’achat. Et lorsque notre comité de gestion trouve que ce n’est plus à propos, il est facile de défaire la transaction. »

Dans le même esprit, ­Ian ­Provost rappelle que la chute importante des marchés au commencement de la crise sanitaire en 2020 a représenté une occasion d’achat pour les actions. « ­Par l’intermédiaire des ­FNB, nous avons pu rapidement diminuer notre exposition aux titres à revenu fixe et augmenter notre exposition en actions, une catégorie d’actifs qui avait été en défaveur. »

Ian ­Provost se souvient d’ailleurs de cette période de turbulence et de l’ampleur de la charge de travail au plus fort de la période de confinement.

« ­Même si physiquement nous étions isolés comme tout le monde, nous avons été très présents pour nos clients afin de bien gérer le stress, leur éviter de faire des erreurs et de vendre au mauvais moment. »

Parler aux clients était crucial. « ­Il y avait un grand besoin de communiquer et toute notre équipe a été très présente. » C’est aussi le cas dans le contexte actuel de la hausse des taux d’intérêt, un phénomène qui a été moins connu au cours des dernières décennies. « ­Il faut faire un certain travail d’éducation. Expliquer ce qui peut se passer. Expliquer la pression que cela suscite sur la valeur marchande temporaire du portefeuille d’un particulier, etc. »

Utiles pour décaisser

Par ailleurs, dans une optique de gestion active, les ­FNB peuvent aussi être utiles pour faire des rééquilibrages, selon Ian Provost. « ­Si l’on fait de l’allocation sectorielle, il y a moyen de réduire rapidement l’exposition aux actions pour surpondérer les obligations sans avoir à vendre de titres [individuels]. »

Ian ­Provost constate aussi l’utilité des ­FNB pour les clients qui sont en période de décaissement.

Prenons le cas d’un client qui détient à la fois des parts de FNB d’actions américaines et des actions individuelles de certaines entreprises américaines. Pour différentes raisons, son conseiller juge préférable de conserver ­celles-ci à long terme, mais qu’il est temps de réduire l’exposition du portefeuille du client au marché américain. Le représentant pourrait alors privilégier la vente des FNB plutôt que des titres individuels, en raison de leur facilité de négociation.

Il estime aujourd’hui que la partie de l’actif dans leur portefeuille type qui se retrouve dans des FNB est de 5 à 15 %, mais précise que cette donnée est plutôt variable et dépend des périodes. Leur utilisation se fait en périphérie du portefeuille de type ­cœur-satellite.

Ian ­Provost mentionne, par exemple, que sur le plan international, les ­FNB peuvent être fort commodes. « ­Nous sommes excellents pour la gestion d’actions canadiennes et américaines, compte tenu notamment de notre géolocalisation. Mais en étant sur un autre fuseau horaire pour les marchés boursiers étrangers, les ­FNB qui détiennent des titres internationaux ou des gestionnaires institutionnels externes peuvent être des ressources utiles pour optimiser notre gestion de portefeuille. »

Le représentant note par ailleurs que les ­FNB peuvent aussi être avantageux pour mettre en œuvre la stratégie de vente à perte de titres à des fins fiscales dans les comptes non enregistrés. « ­Si, par exemple, dans une période comme l’année dernière, des titres bancaires de qualité que l’on voudrait conserver à long terme représentaient une perte fiscale temporaire, il est possible de vendre ces titres et d’acheter l’indice bancaire pendant trente jours afin de rester exposé au secteur, puis de déclencher la perte fiscale pour les clients à des fins d’impôt et de réintégrer ensuite les positions au terme du délai », ce qui permet d’éviter l’application des règles sur les pertes apparentes.

Le gestionnaire de portefeuille est d’avis que l’élan et la popularité des ­FNB sont appelés à se poursuivre. « ­Cela ne va pas arrêter et nous demeurons ouverts et disposés à [en tirer parti], car ce sont des outils utiles. » ­Il précise par ailleurs qu’outre les ­FNB de la ­BN, son équipe fait appel aussi aux produits d’autres manufacturiers, comme iShares (BlackRock) et ­Vanguard.

« ­Nous restons ouverts aux produits novateurs qui peuvent nous interpeller. Il existe, par exemple, des ­FNB à structure de revenu qui peuvent être des produits intéressants pour les gens en période de décaissement et qui méritent notre attention. »

À l’heure actuelle, son équipe et lui utilisent à la fois des FNB indiciels (à gestion passive) et des FNB à gestion active qui ciblent des secteurs particuliers.

Interrogé à savoir si les FNB répondaient à un besoin particulier de leurs clients, le conseiller a rappelé que certains avaient posé des questions par rapport à ce produit, mais que leur clientèle leur faisait confiance et que l’utilisation de ­FNB s’inscrivait dans une stratégie globale de gestion de portefeuille.

Quel conseil ­a-t-il pour un représentant qui commence à travailler avec les FNB ? « ­Qu’il se joigne à notre équipe », répond-il à la blague.

« ­Plus sérieusement, d’abord de s’assurer de bien comprendre la structure des fonds dans lesquels il songe investir. Il faut prendre le temps de bien décortiquer le produit et éviter de tomber dans le piège du ­FNB qui n’ajoute rien au portefeuille. »

Étant donné la croissance rapide de l’offre dans ce secteur, ­
Ian ­Provost soutient que la prudence reste de mise et qu’il faut rester vigilant à propos des produits dans lesquels on investit.
 

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Utiles à sa gestion active, les FNB https://www.finance-investissement.com/edition-papier/profil/utiles-a-sa-gestion-active-les-fnb/ Mon, 10 Oct 2022 04:07:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=89180 Ce conseiller s'en sert notamment pour diversifier ses portefeuilles.

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Avec son français impeccable et sa carrière québécoise, difficile de deviner que le conseiller en placement Nicolas Schulman est en réalité natif de Miami, en Floride. Ce dernier n’est arrivé au Québec que vers l’âge de 11 ans avec sa mère, qui en était originaire. Or, son intégration s’est révélée aussi rapide que le développement de sa carrière.

Nicolas Schulman est maintenant conseiller principal en gestion de patrimoine et gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale (FBN). Il a commencé sur le parquet de la Banque Laurentienne à tout juste 19 ans. « Mon oncle travaillait à la Banque Laurentienne avec Henri-Paul Rousseau [qui en a été chef de la direction de 1994 à 2002], ce qui m’a permis d’obtenir un stage à un jeune âge », explique-t-il.

Après un bref passage dans cette institution, il rejoint celle qui est encore la sienne aujourd’hui: la Banque Nationale (BN).

« J’avais de bons partenaires et amis qui y travaillaient et dès l’université, ils m’ont proposé de participer à un programme qui était l’équivalent d’une formule sport-études, mais dans l’univers bancaire », se souvient le détenteur d’un baccalauréat en sciences économiques de l’Université Concordia.

Ainsi, dès cette époque, il travaille à temps plein pour la BN tout en poursuivant ses études à temps partiel. Il se joint aux rangs de l’institution en 2003, comme planificateur financier dans le réseau des succursales. Il assume pendant cinq ans ce rôle, puis a « la chance »de faire le saut à la FBN.

« Il n’y avait jamais vraiment de bonnes synergies à l’époque entre la FBN, qui est plus axée sur le courtage, et le réseau des banques. Ils m’ont demandé d’essayer d’abattre les murs qui existaient entre les deux silos », raconte-t-il.

C’est à cette époque que Nicolas Schulman a commencé à créer les bases de ce qui allait devenir plus tard son bureau de gestion de patrimoine de type family office. Avec son expérience du réseau bancaire, où il parlait d’assurance, d’investissement et de planification financière et successorale, il lui semblait logique de maintenir cette offre de services auprès de sa clientèle.

Aujourd’hui, avec son équipe de 10 collaborateurs et employés, il se considère comme le chef de la direction financière des quelque 425 familles qu’il sert. Sa clientèle, qui représente environ 800 M$ d’actifs sous gestion, est composée essentiellement de médecins.

Dès son entrée à la FBN, Nicolas Schulman a commencé à s’intéresser de plus près aux fonds négociés en Bourse (FNB). Parmi les cinq modèles portefeuille que son équipe et lui proposent à leurs clients, l’un est composé à 100 % de ces fonds. Les autres en contiennent également, mais dans une moindre proportion, soit environ de 20% à 35 %.

Le gestionnaire discrétionnaire ne s’intéresse toutefois pas à tous les types de FNB. Il aime particulièrement les FNB à bêta intelligent (Smart Beta). C’est la version « 2.0 des FNB », comme il aime le dire.

Alors qu’il croit profondément à la gestion active, il n’est pas surprenant qu’il apprécie cette approche qui ne se limite pas à une réplication indicielle. Son équipe et lui pratiquent la gestion active dans tous leurs portefeuilles. Il leur semblait donc naturel d’opter pour des produits dont les règles de construction reflètent aussi ce type de gestion.

« Ça fait une couche supplémentaire. Ainsi, il y a déjà deux lignes de front pour surveiller le capital de nos clients et prendre de bonnes décisions. Des superpositions de protection comme ça, c’est magnifique ! » s’enthousiasme-t-il.

Avantages notables

Un avantage des FNB qui retient l’attention de Nicolas Schulman, outre le fait de pouvoir s’avérer fiscalement avantageux, c’est la diversification qu’ils offrent. « Avoir des FNB vient réduire la volatilité d’une concentration dans une seule position », expose le gestionnaire.

Ainsi, son équipe et lui utilisent les FNB dans leurs portefeuilles principalement pour cibler certains secteurs d’activité ou zones géographiques plus difficiles à reproduire sans prendre de risque inutile. Cela permet ainsi « d’améliorer »et de spécifier un secteur ou de diversifier le risque parmi les actions.

« Les zones géographiques le plus facilement réplicables sont asiatiques ou européennes. Tu n’es ainsi pas obligé de faire la recherche supplémentaire dans les sociétés spécifiques, disons en Asie », se réjouit-il.

De plus, comme les FNB sont inscrits à la cote sur une bourse nord-américaine, un conseiller qui les utilise peut les négocier « indépendamment »de l’heure d’ouverture des bourses locales et quand même avoir trouvé la liquidité qui lui permet de le faire, note-t-il. Or, on recommande généralement aux conseillers de négocier un FNB au moment où les actifs sous-jacents sont échangés sur les bourses locales afin de réduire le coût de l’écart cours acheteur-cours vendeur.

Un autre avantage que Nicolas Schulman attribue aux FNB est leur efficacité en matière de frais. « Des sociétés comme Fidelity et Dynamique n’ont pas eu d’autre choix, en raison des comptes à honoraires, que de trouver une solution de rechange aux fonds communs de placement à 2,4 % de ratio des frais de gestion. Elles les reproduisent avec des frais de 0,8 % à 0,9 % par l’intermédiaire d’un FNB. Si je veux intégrer des produits externes qui ne sont pas gérés à 100 % par moi, je dois trouver une efficacité de frais », souligne-t-il.

Ainsi, dans ses stratégies, il utilise les FNB essentiellement dans la partie diversification et exploratoire de ses portefeuilles, excepté pour celui qui est à 100 % en FNB, évidemment. Ces produits sont ainsi utilisés de façon plus tactique, notamment pour s’exposer temporairement à un segment de marché.

Par exemple, son équipe a utilisé le FNB JETS juste après le confinement pandémique pour profiter de la reprise des voyages en avion. Celui-ci lui permettait d’investir dans le secteur des lignes aériennes américaines sans devoir sélectionner une entreprise en particulier. « En utilisant JETS, on misait sur l’ensemble du secteur. Si on avait visé une compagnie, on aurait pu se tromper… »

Dans le même ordre d’idées, pendant la pandémie, ils ont investi dans le FNB HERO, qui regroupe des entreprises de jeux vidéos. Un bon pari.

Évidemment, le recours à ce type de FNB n’est pas toujours fait dans une perspective à long terme. « On peut garder ces produits plusieurs jours, semaines, mois ou années. Ça va dépendre du temps qu’il nous faudra pour avoir raison », dit-il.

Pendant la pandémie, Nicolas Schulman et son équipe ont par exemple misé sur l’or, une prédiction qui s’est réalisée à l’été 2022. Cependant, une fois que l’inflation aura atteint un plafond, le conseiller estime que le FNB n’aura plus de valeur ajoutée pour lui et compte donc vendre sa position.

Leurs portefeuilles contiennent évidemment d’autres produits que des FNB, notamment des titres individuels, mais aussi des produits structurés. Son équipe et lui sont capables de créer des billets structurés sur mesure, dont les sous-jacents sont d’ailleurs souvent des FNB.

Malgré les avantages multiples liés aux FNB, Nicolas Schulman recommande aux investisseurs et gestionnaires de ne pas aller trop vite dans l’adoption de ces fonds. « Il y en a tellement sur le marché, c’est important de choisir le fournisseur et le produit qui non seulement correspond à son modèle, mais qui aussi aura de la liquidité en période de crise », avertit-il.

Lui-même se méfie ainsi des FNB synthétiques, lesquels utilisent souvent des produits dérivés pour obtenir une exposition à l’actif sous-jacent et présentent un risque additionnel que la contrepartie n’honore pas son contrat. Le conseiller les trouve trop opaques et estime qu’ils manquent souvent de liquidités en période de crise. Il se tient également sur ses gardes concernant des FNB trop « exotiques », liés à des produits alternatifs ou des fonds de couverture (hedge funds), souvent regroupés dans un indice, car il lui paraît parfois difficile de savoir exactement ce qu’il y a à l’intérieur.

Il s’éloigne également des modes et des FNB thématiques. Toutefois, il admet avoir déjà utilisé un FNB de cryptomonnaies pour un investisseur désirant participer à ce secteur. Il s’est cependant assuré qu’il s’agissait d’un produit authentique et non synthétique.

En bref, Nicolas Schulman estime que les FNB sont pratiques, à condition de faire les vérifications diligentes et de s’assurer de comprendre comment les négocier. Il recommande notamment de bien choisir ses FNB pour ne pas avoir de mauvaises surprises.

« Il y a tellement de FNB que c’est sûr qu’on peut y trouver son compte. La question est toujours de bien connaître ses produits! » souligne Nicolas Schulman.

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Utiles à son approche disciplinée, les FNB https://www.finance-investissement.com/edition-papier/profil/utiles-a-son-approche-disciplinee-les-fnb/ Wed, 13 Oct 2021 04:07:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=82357 Celle-ci est fondée sur la diversification et sur une gestion rigoureuse des risques.

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Laurent Wermenlinger est conseiller en placement chez Valeurs mobilières Desjardins (VMD) depuis 2006 et travaille dans le secteur financier depuis maintenant 40 ans. Egalement gestionnaire de portefeuille et planificateur financier, il est l’un des premiers conseillers en placement à avoir utilisé des fonds négociés en Bourse (FNB) au Québec, soit à partir de 1998.

Laurent Wermenlinger travaille alors chez PWL Capital, une firme qu’il a cofondée en 1996. Son approche d’investissement est basée sur la gestion du risque minimal et une construction de portefeuille à partir des différentes catégories d’actifs, « plutôt que les prévisions des prophètes du placement ».

Avant de se lancer, il fait ses recherches. Il se rend notamment aux Etats-Unis à des conférences pour connaître toutes les particularités du produit en question. « J’ai acquis une connaissance de base des produits disponibles. Il n’y en avait alors pas beaucoup », se rappelle-t-il.

Il tisse des liens avec Barclays Global Investors, alors chef de file des FNB à l’échelle mondiale. Au moment de son implantation au Canada, il développe des liens d’affaires avec cette firme afin que ses clients puissent bénéficier de ses stratégies.

Faibles coûts, transparence et efficacité fiscale étaient déjà alors les avantages phares des FNB. « Si vous prenez ces trois éléments, vous avez une combinaison gagnante pour la majorité des gens », remarque-t-il.

« Si le rendement moyen d’un portefeuille est de 4 % et que vous payez de 1,50 % à 2 % en frais de gestion, ça va être difficile. C’est encore plus vrai aujourd’hui. Il faut travailler le coût intrinsèque des placements de manière à donner le maximum de chances au client d’avoir un rendement qui est acceptable et qui rejoint l’objectif de placements. »

Aujourd’hui, le secteur des FNB est beaucoup plus diversifié et offre une multitude de stratégies aux conseillers. Laurent Wermenlinger crée encore des portefeuilles reposant principalement sur des FNB offerts notamment par iShares, Vanguard et State Street Global Advisors. On y retrouve aussi des fonds communs de placement quantitatifs à très bas frais de Dimensional Fund Advisors; cette dernière vise à générer un rendement additionnel grâce aux stratégies basées sur des recherches universitaires. Ses portefeuilles se composent également exceptionnellement de quelques titres individuels.

Laurent Wermenlinger gère l’actif de 170 familles dont l’avoir totalise 275 M$. Il travaille principalement avec des clients très nantis qui visent à préserver leur capital. Selon celui qui fait de la gestion discrétionnaire pour ses clients, les FNB sont des instruments de placement de choix.

Une autre force de bon nombre de FNB est qu’ils permettent de gérer le risque grâce à leur diversification. « La diversification est un des bénéfices qui est gratuit sur le marché », aime-t-il répéter à ses clients. Outre la diversification par titres et par régions géographiques, Laurent Wermenlinger s’est attelé à diversifier aussi les stratégies d’investissement de ses clients.

À la fin des années 1990, aux Etats-Unis, il a fait la connaissance des universitaires Eugene Fama et Kenneth French, pères du modèle à trois facteurs, une approche que Laurent Wermenlinger utilise encore de nos jours.

« On a rencontré ces gens régulièrement et ils nous ont communiqué l’essence de leurs recherches », souligne-t-il. À ce moment-là, ils ciblent trois facteurs importants :

  • Le facteur « marché », soit le rendement supérieur espéré lorsqu’on investit dans un portefeuille diversifié de titres de propriété;
  • Le facteur « valeur » d’actions d’entreprises ayant un ratio cours/valeur comptable élevé, par opposition aux titres de croissance;
  • La décision de privilégier les titres d’entreprises de petite capitalisation plutôt que de grande capitalisation.

Evidemment, depuis ce moment, d’autres styles sont venus se greffer aux théories des deux Américains et au portefeuille de Laurent Wermenlinger.

Et si certains facteurs semblent prendre leur temps pour dégager un rendement excédentaire, comme les titres du style valeur qui a sous-performé dans les 12 dernières années par rapport aux actions de croissance, Laurent Wermenlinger fait preuve de patience.

« Mon but n’est pas de deviner le style [qui va s’illustrer], mais plutôt de structurer un portefeuille avec un facteur valeur qui est présent tout le temps », précise-t-il.

Pour lui, l’investissement se pense à très long terme. Sa méthodologie ne s’étale pas sur un ou deux ans, mais sur « la vie utile de l’investisseur », soit aussi longtemps que ce dernier est prêt à prendre un certain risque.

Selon Laurent Wermenlinger, déjà à l’époque, la gestion de portefeuille était une démarche. Le but étant de prendre en compte la tolérance au risque du client, sa planification financière, puis de déterminer le rendement auquel il pourrait s’attendre.

« Comme gestionnaire de portefeuille, vous devez donner le plus de possibilités à votre client d’arriver à atteindre ses objectifs », résume-t-il.

Loin de la spéculation

Misant sur des investissements à conserver pendant des années, y compris pour améliorer l’efficacité fiscale de ses portefeuilles, Laurent Wermenlinger évite la spéculation avec les FNB ainsi que les FNB de cryptomonnaies. Il aime garder ses placements pendant plusieurs décennies et estime que les FNB de cryptomonnaies ne sont pas les produits les plus adaptés à sa philosophie.

« Je privilégie l’investissement stratégique à l’investissement tactique; il peut y avoir une ou deux occasions, mais ce n’est pas l’approche que j’utilise la plupart du temps », insiste-t-il.

Dans le même ordre d’idées, la pandémie n’a eu que peu d’influence sur la composition de ses portefeuilles. Il a vendu quelques titres en détention de devises américaines, car il y avait des gains de change importants à faire, mais a ensuite trouvé des équivalents au Canada. Il a aussi augmenté quelque peu la liquidité des portefeuilles afin de profiter des occasions qui se présentaient. Toutefois, il ne s’agissait que de petits mouvements.

« On ne peut pas prévoir l’avenir d’une façon systématique et prévisible, mais on peut structurer un portefeuille de manière à être présent, d’une façon organisée, structurée, réfléchie. On est présent sur différents marchés et selon différentes méthodologies, et moi j’entoure ça aujourd’hui de considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). »

Favorable aux facteurs ESG

Laurent Wermenlinger n’a pas hésité à intégrer les facteurs ESG. Il s’occupe également des enfants de ses clients et note que ces derniers avaient ces considérations très à coeur. « Ils avaient une conviction profonde, et il faut écouter ses clients. Il y a trois ans, j’ai parlé avec tous les manufacturiers avec qui je fais affaire pour leur dire que c’était la direction vers laquelle je m’en allais. Ces derniers ont fait preuve de beaucoup d’écoute », relate-t-il.

L’équipe de Laurent Wermenlinger a fait la transition vers l’investissement ESG pour la portion de son portefeuille ayant une approche quantitative. Elle s’attèle à faire de même pour ses approches régionales. Or, adopter une politique ESG n’est pas si évident que cela.

« Il faut bien regarder les fonds et les analyser. La recherche est continuelle à ce sujet. On ne peut pas tout changer d’un seul coup. C’est une évolution en finance », souligne-t-il.

Il est toutefois confiant vis-à-vis de l’avenir et espère avoir un biais ESG pour l’ensemble de ses catégories d’actifs. Laurent Wermenlinger s’attend à ce que les choses changent rapidement sur ce plan, notamment que les analyses des fonds soient davantage précises, ce qui permettra de mieux gérer les risques ESG.

Approche internationale originale

Dans sa construction de portefeuille, la répartition géographique de Laurent Wermenlinger se différencie de celle de la plupart des gestionnaires de portefeuille, qui ont souvent un biais favorable aux titres financiers domestiques. Avec son équipe, il sous-pondère les actions canadiennes et américaines par rapport aux portefeuilles canadiens et internationaux standards qu’on retrouve chez les gestionnaires de portefeuilles canadiens.

Le Canada a évidemment une part dans ses portefeuilles, particulièrement sur le plan du secteur financier. « On est très loin du 50 %, précise-t-il. Nos portefeuilles sont vraiment des portefeuilles internationaux où on va travailler les régions, les secteurs (les secteurs mondiaux) et la devise. »

Laurent Wermenlinger investit également en Europe et en Asie, mais affirme que l’élément auquel il prête particulièrement attention dans ses portefeuilles, c’est la composante factorielle.

« Au fur et à mesure que je les décline dans mes portefeuilles, les facteurs ont de moins en moins d’importance, mais ils sont là quand même. Le plus important revient encore à la proportion d’argent que j’investis dans les marchés : les titres de propriété par rapport aux titres de créances. Ça reste encore la décision numéro un. »

Quant à l’avenir, Laurent Wermenlinger ne compte pas abandonner les FNB, au contraire il espère que ces derniers vont continuer d’évoluer.

« C’est une structure fantastique, mais avec ses limites. Sur le plan des titres de propriété, l’Amérique du Nord est très bien couverte, mais l’Asie et l’Europe le sont seulement en partie », conclut le gestionnaire qui espère qu’avec le temps, ces autres régions du monde seront mieux couvertes par l’offre de FNB.

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Un jeune chef d’orchestre chez Mackenzie https://www.finance-investissement.com/edition-papier/focus-sur-lindustrie-des-fcp/un-jeune-chef-dorchestre-chez-mackenzie/ Sat, 01 Jun 2019 04:36:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=58816 GUIDE FCP 2019 - Il y a transposé les approches développées par les caisses de retraite.

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En septembre 2013, Placements Mackenzie nommait Alain Bergeron au poste de vice-président principal, gestion des placements, et chef de l’équipe de répartition de l’actif.

Fait inusité, le nouveau venu n’avait que 36 ans. «Mon âge était la question numéro un que me posaient les clients lors de mes premières années chez Mackenzie !» évoque-t-il.

Il provenait de l’univers des grandes caisses de retraite, plus précisément de l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (OIRPC). Il y avait passé dix ans, dont trois à titre de vice-président et chef de l’affectation tactique de l’ensemble de l’actif.

Les décideurs de Mackenzie savaient ce qu’ils faisaient. Ils avaient recruté un joueur de premier trio en gestion d’actif afin de contribuer à revitaliser leur marque, alors en difficulté.

Selon les rapports annuels de la maison-mère de Mackenzie, à savoir la Société financière IGM (propriété de Power Corporation), les rachats nets de fonds communs de placement (FCP) de Mackenzie avaient atteint en 2011 et 2012 un montant cumulatif de 4,5 G$.

Fructifier l’épargne de façon responsable

Portant maintenant le titre de vice-président principal, gestionnaire de portefeuille, et chef de l’équipe des stratégies multi-actifs, Alain Bergeron a pour tâches principales la répartition d’actif et la supervision du risque de plusieurs fonds de Mackenzie, y compris des fonds multi-gestionnaires, des solutions gérées et des stratégies alternatives.

Il pilote les décisions touchant environ 20 G$ d’actif sous gestion, ce qui représente environ 13 % de l’actif sous gestion de la Financière IGM (157,6 G$ en actif sous gestion le 28 février 2019). À son arrivée en 2013, il chapeautait environ 3 G$ en actif sous gestion.

Titulaire d’une maîtrise en finances de HEC Montréal (2000), Alain Bergeron a contribué à appliquer, à cet univers de fonds de détail, les principes d’investissement typiques des grandes caisses de retraite.

En gros, ces principes recouvrent la gestion de risques ; la définition et la séparation des décisions d’investissement en termes de facteurs communs ; la systématisation des décisions d’investissement ; la primauté du long terme ; l’optimisation de la gestion des devises sur le portefeuille entier et l’incorporation de stratégies alternatives.

Alain Bergeron résume ainsi sa vision de l’investissement. «Investir, c’est prendre des risques. On veut et on doit générer de bons rendements dans le temps, mais rien ne fonctionne toujours de façon uniforme et constante. De plus, faire fructifier les épargnes des gens de façon responsable constitue une responsabilité très sérieuse. La façon de faire la plus responsable possible consiste à utiliser l’approche des grandes caisses de retraite. Surtout dans le monde complexe et interrelié dans lequel on navigue», dit-il.

Selon le consultant Jean Morissette, l’arrivée d’Alain Bergeron chez Mackenzie s’inscrit dans une tendance de fond. «Les caisses de retraite ont atteint un haut niveau de sophistication et les grands manufacturiers de fonds grand public ont atteint la taille nécessaire pour appliquer leurs processus d’investissement», dit ce connaisseur de la gestion d’actif.

Les Mackenzie de ce monde, explique Jean Morissette, ont développé de larges gammes de produits, incluant des fonds alternatifs. Ils ont besoin de combiner au mieux les divers éléments composant les portefeuilles, en fonction notamment de la gestion de risques. En conséquence, «ils ont besoin de super-gestionnaires formés par de grandes caisses de retraite, de gens qu’on pourrait aussi appeler des chefs d’orchestre», ajoute-t-il.

Dans la potion magique

À l’instar d’Obélix, célèbre personnage d’une des bandes dessinées les plus vendues au monde, Alain Bergeron est tombé jeune dans une certaine potion magique. Un jour, il propose à son père de l’accompagner à un salon de l’investissement. Il n’avait que treize ans. «Je lui ai demandé de poser, à ma place, des questions précises à des exposants que j’avais préalablement choisis. Je ne pensais pas que ces exposants auraient pris au sérieux les questions d’un garçon de 13 ans !» dit-il.

À force d’assister à des conférences et à force de lectures spécialisées, Alain Bergeron en arrive à penser que le succès en investissement repose sur une méthode calculée, reproductible et en mesure de limiter les dégâts lors de conjonctures défavorables.

«Une mauvaise expérience au cégep m’a enlevé mes dernières illusions. Un moment donné, j’avais suivi un soi-disant « tuyau » d’un camarade de cégep et j’y ai perdu mes économies ! Cette erreur m’a convaincu à jamais de l’importance de la gestion de risque et de la protection du capital», dit-il.

«Tu vas rebondir !»

Alain Bergeron a lancé sa carrière en se joignant au noyau des bâtisseurs de l’OIRPC.

«En 2003, j’étais à Toronto pour apprendre l’anglais. Un de mes mentors, Donald Raymond, était le chef des investissements de l’Office. Il m’a proposé de faire partie de son équipe. Donald était à la fine pointe du savoir en investissement. Rien qu’à lui parler, j’apprenais beaucoup. Je n’ai pas hésité longtemps !» dit-il.

Lors de son embauche, tout était à bâtir. «J’étais le vingt-cinquième employé de l’organisation», dit-il.

Il participe de près à la structuration de trois équipes d’investissement qui deviendront responsables de l’affectation tactique de l’ensemble de l’actif ; de la gestion interne des actions canadiennes et du choix des gestionnaires externes de fonds alternatifs.

En 2003, faire carrière à l’OIRPC comportait un certain risque en raison de l’état embryonnaire de l’organisation. Par exemple, l’OIRPC n’avait pas la capacité de négocier des actions. «On me disait alors que j’allais rebondir !» évoque Alain Bergeron.

Quelques années plus tard, la réputation de l’OIRPC n’était plus à faire. «J’entendais plutôt des propositions du genre « Pourrais-tu m’aider à obtenir une entrevue ? »» se rappelle-t-il.

Dans le monde du détail

Pour bien des gens, être vice-président d’une caisse de retraite affichant près de 190 G$ en actif sous gestion aurait constitué le point d’orgue d’une brillante carrière. Pourquoi avoir pris le chemin de la gestion de fonds d’investissement destinés au grand public ?

«Au bout de dix ans, je n’avais plus l’impact de mes débuts. La boîte de 25 employés avait fait place à une organisation de plus de 1 300 personnes. Le cycle de construction était terminé», dit Alain Bergeron en ajoutant avoir la «passion de créer des équipes d’investissement et ultimement, de susciter quelque chose d’extraordinaire en investissement».

Aux yeux d’Alain Bergeron, Placements Mackenzie offrait les conditions souhaitées. «La formation de nouvelles équipes et l’implantation de systèmes informatiques de pointe ont des coûts. Il fallait un actionnaire ayant une perspective à long terme. Power Corporation a cette réputation de patience et de respect du long terme», dit cet analyste financier agréé.

Par ailleurs, Tony Elavia et Jeff Carney venaient de se joindre à la société, respectivement à titre de chef des investissements et de chef de la direction. «Leur embauche m’a convaincu que Mackenzie avait l’ambition d’être une organisation de premier plan», ajoute-t-il.

À son arrivée en 2013, Alain Bergeron s’est notamment inspiré de son expérience antérieure afin de développer une approche de gestion des rendements ajustés selon le risque.

«Investir, c’est prendre des risques. L’idée de base consiste à définir un budget de risque. Quel est le budget de risque approprié ? Comment s’assure-t-on qu’un portefeuille a le niveau de risque souhaité ? C’est après cette étape seulement qu’on allouera les divers éléments d’actifs aux portefeuilles», dit-il.

En revanche, cette approche requiert énormément de temps. «Ça prend des années à bâtir. Il faut choisir les bonnes personnes et parfois les former. Il faut des outils informatiques de pointe qu’on ne peut pas toujours acheter tout faits et qu’on doit construire une ligne de code à la fois», explique Alain Bergeron.

«Les marchés sont complexes et dynamiques. Les risques sont interreliés. Afin de naviguer dans cette complexité, une bonne équipe pouvant agir avec des outils sophistiqués laisse moins de choses au hasard», précise-t-il.

S’il contribue à bâtir des programmes informatiques ligne de code par ligne de code, Alain Bergeron entend également garder les yeux sur l’ensemble du champ de bataille.

«On se bat avec acharnement pour chaque point de base de rendement. Par exemple, une idée pourrait permettre de gagner cinq points de base par trimestre. Ça peut avoir l’air minuscule, mais ça correspond à 20 points de base par année. Sur dix ans, cela constituera un gain de 2 points de pourcentage et de 4 points sur 20 ans ! Voilà pourquoi on doit être extrêmement attentif à tout ce qui peut influencer les résultats de gestion de portefeuilles, y compris les plus petits détails qui ne paraissent pas importants», dit-il.

Résultats stabilisés

Après quelques années successives de rachats nets chez Mackenzie, un tournant a eu lieu en 2017 avec des ventes nettes de 965 M$. En 2018, les ventes nettes ont atteint 113 M$.

Ce redressement s’explique de bien des façons, incluant le renouvellement de la haute direction, la refonte de la gamme de produits, la restructuration des équipes de vente, diverses percées dans des réseaux de distribution comme celui de la Banque Laurentienne, et l’augmentation à plus de 30 000 du nombre de conseillers externes servis.

Chose certaine, explique Jean Morissette, «aujourd’hui, les grands manufacturiers de fonds comme Mackenzie ne peuvent plus passer à côté des approches d’investissement développées par les grandes caisses de retraite».

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Meilleurs et pires coups de gestionnaires d’expérience https://www.finance-investissement.com/edition-papier/focus-sur-lindustrie-des-fcp/meilleurs-et-pires-coups-de-gestionnaires-dexperience/ Sat, 01 Jun 2019 04:35:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=58829 GUIDE FCP 2019 - L'endettement d'une entreprise peut devenir une faille.

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Deux gestionnaires de portefeuille ont accepté de nous parler des meilleurs et des pires investissements de leur carrière. Les voici.

Impossible de ne jamais faire d’erreur dans un domaine aussi difficile à prévoir que l’investissement. Même Warren Buffett, le célèbre investisseur américain, a récemment admis avoir acquis Kraft à un prix trop élevé. L’important est d’en tirer les leçons adéquates.

«Dans les placements, on ne peut pas toujours avoir de bonnes idées», dit Christine Décarie, vice-présidente principale et gestionnaire de portefeuille chez Placements Mackenzie. Après avoir analysé les placements qui l’avaient le plus déçue, elle s’est rendu compte que c’était souvent une question d’endettement.

«Les entreprises veulent réaliser une transaction pour amener leur société à un autre niveau, mais, pour ce faire, elles prennent beaucoup plus sur le bilan que ce qui serait acceptable», explique-t-elle.

C’est ainsi le cas de PanGeo Pharma, une société de produits pharmaceutiques dans laquelle elle avait pris une participation en 2003. La pharmaceutique a endetté son bilan pour procéder à des acquisitions, mais tout ne s’est pas passé comme prévu et finalement, elle a fait faillite.

Steve Belisle, directeur général et gestionnaire de portefeuille principal au sein de l’équipe Gestion des actions fondamentales canadiennes de Gestion d’actifs Manuvie, a également eu quelques mauvaises surprises avec des entreprises trop endettées. En 2015-2016, il a fait l’acquisition de Newell Brands aux États-Unis, une société qui fournit divers produits de consommation.

«Cette entreprise a fait beaucoup d’acquisitions et a eu des difficultés avec certaines. Elle avait beaucoup de dettes et a subi les contrecoups du commerce en ligne, ainsi que ceux des tarifs douaniers imposés par l’administration américaine et la faillite de Toys « R » Us», confie-t-il.

Même si les événements étaient imprévisibles, le portefeuilliste estime qu’il aurait dû faire preuve de davantage de prudence face au niveau élevé de dettes de l’entreprise.

Un autre de ses mauvais investissements était également difficile à prévoir. À l’époque où il était encore analyste, il avait conseillé d’investir dans une compagnie d’assurance canadienne spécialisée dans les personnes difficilement assurables. À nouveau, l’entreprise a fait plusieurs acquisitions, mais les risques étant élevés par rapport aux réserves de l’entreprise, il y a eu une certaine perte de confiance du marché.

«Cela m’a appris que quand il y a une perte de confiance, peu importe qu’il y ait une explication rationnelle ou non, le titre va être décoté rapidement», déclare-t-il.

Bons apprentissages

Pour ne plus faire les mêmes erreurs, les deux gestionnaires ont décidé de tenir compte d’autres critères dans leur sélection de titres.

«Si je n’ai pas confiance dans l’équipe de direction, je n’envisage même plus d’investir. Je suis également plus méfiante quand une société décide de changer ses logiciels d’opération, car c’est souvent un signe de problèmes. Ça ne veut pas dire que la migration vers un autre logiciel ne se fera pas bien, mais il risque d’y avoir des obstacles et certaines entreprises ne s’en remettent jamais», témoigne Christine Décarie.

Lorsqu’une entreprise la déçoit trimestre après trimestre, elle se questionne aussi sur la raison qui l’a poussée à la choisir. «J’essaie de répondre à la question : « Est-ce que l’entreprise tiendra la route ou ne pourra-t-elle jamais remplir les objectifs qui font que je l’ai choisie au départ ? »» déclare-t-elle.

Steve Belisle et son équipe se focalisent sur les entreprises de bonne qualité, ils analysent donc le rendement du capital investi. Ainsi, dans chaque industrie, ils essaient de détenir les entreprises de meilleure qualité. Ils se montrent également très prudents sur l’évaluation de la dette. «Quand on voit une entreprise avec un niveau de dettes qui n’est pas approprié à la nature de ses affaires, on va être très frileux envers son titre», explique-t-il.

D’excellents coups

Si ces gestionnaires ont fait quelques erreurs de parcours, ils ont aussi fait de très bons coups.

«Ce qui peut être un bon coup est différent pour chaque personne. Pour moi, c’est de découvrir une entreprise qui est au début de son cycle de croissance», résume Christine Décarie.

Dans les années 1990, elle a investi dans de jeunes entreprises qui sont aujourd’hui reconnues, comme Métro, Alimentation Couche-Tard, Quincaillerie Richelieu, ou plus récemment, Groupe CGI.

Plusieurs éléments l’avaient alors attirée, mais ce qui l’a décidée, c’est l’équipe de direction. «C’est souvent des gens qui sont de très bons opérateurs et connaissent bien leur industrie et leur entreprise, et qui sont capables d’amorcer de bonnes transactions», explique-t-elle.

Pour Steve Belisle, la poule aux oeufs d’or a été Microsoft. Anticipant la transformation de l’entreprise vers les souscriptions plutôt que les ventes uniques, il avait acheté le titre en juillet 2014.

«Depuis qu’on a ce titre, on a un rendement annualisé de presque 34 %. Pendant ce temps-là, le S&P 500 a eu un rendement de près de 16 %», déclare-t-il.

Il s’agit encore d’une de leurs plus importantes positions dans leur portefeuille aujourd’hui, car ils estiment que le titre pourrait encore monter.

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