Perspectives 2019 | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Fri, 03 Apr 2020 16:57:54 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Perspectives 2019 | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/ 32 32 L’abandon des FAR propulsera la segmentation https://www.finance-investissement.com/edition-papier/pointage-des-regulateurs/labandon-des-far-propulsera-la-segmentation/ Wed, 01 Apr 2020 04:47:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=65429 POINTAGE DES RÉGULATEURS 2020 - Conseillers et courtiers repenseront leur modèle d'affaires.

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Après s’être battus pour trouver des solutions de rechange à l’abolition des frais d’acquisition reportés (FAR) pour les fonds communs, les conseillers et les courtiers qui ont perdu cette bataille se préparent à se priver de cette option d’ici juin 2022.

«C’est une décision surprenante de la part des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM), car elles semblaient être à la recherche de solutions de remplacement», commente François Bruneau, vice-président administration au Groupe Cloutier. Il estime cette décision mal avisée, d’autant plus que les FAR sont abolis partout au Canada, sauf en Ontario.

«Les entreprises ontariennes vont être en bonne position pour acheter leurs concurrentes québécoises. Elles vont disposer de plus de liquidités. La compétitivité ne sera plus égale entre le Québec et l’Ontario», déplore-t-il.

L’abandon des FAR risque aussi de nuire aux activités des courtiers, montre le Pointage des régulateurs 2020. À cette occasion, Finance et Investissement a demandé aux responsables de la conformité de désigner, parmi une liste d’énoncés prédéterminés, l’ensemble des effets les plus susceptibles de se produire dans leur firme de courtage.

À l’aube d’une grande segmentation

Une majorité (51 %) de personnes interrogées envisagent de mettre en place davantage de mesures de segmentation de clientèle, comme se départir de clients moins rentables ou réduire le nombre de clients en réponse à l’abolition des FAR. Ce n’est pas étonnant, considérant que 58 % des répondants jugent probable une diminution du chiffre d’affaires de leur firme ou aucun changement.

«On s’attend à une diminution du chiffre d’affaires puisqu’on va laisser tomber un segment de la population : les petits épargnants», résume un répondant.

«Ça va entraîner une baisse de revenus, donc on va vouloir servir des clients qui ont des actifs plus élevés pour compenser les pertes», déclare un deuxième.

Selon un sondé, la diminution des revenus et l’ajout de mesures de segmentation toucheront le secteur de l’épargne collective, mais pas les courtiers de plein exercice. En effet, ces derniers s’orientent déjà depuis des années vers les clients fortunés, notamment en cessant de rémunérer les conseillers pour les ménages ayant moins de 100 000 $ à investir. Pour certains, ce seuil est de 250 000 $ à investir.

«La strate de clientèle qui a moins d’actif à gérer va disparaître en grande partie», souligne ainsi un des répondants. «On va délaisser les clients moins rentables», confirme un autre.

C’était justement l’une des craintes de Gino-Sébastian Savard, président de MICA Cabinets de services financiers. «Pour servir les clients avec des comptes en bas de 50 000 $, un représentant va devoir payer. Ça n’a pas de sens pour un entrepreneur, déplore-t-il. Avant, les conseillers ne se posaient pas de questions, ils servaient tout le monde et étaient payés convenablement à la fin de l’année. Maintenant, ils pensent à la pièce, ce que je n’avais jamais vu en 28 ans de carrière.»

François Bruneau s’attendait à un tel résultat. Le Groupe Cloutier avait ainsi fait un sondage auprès de ses conseillers pour savoir ce qu’ils feraient dans l’éventualité de l’abolition des FAR : nombre d’entre eux envisageaient de mettre un seuil d’actifs sous administration minimal afin d’accepter de conserver ou de servir un client, par exemple 50 000 $ ou 100 000 $.

«Cela veut dire que beaucoup de familles ne seront plus conseillées par un conseiller et devront se tourner vers les banques ou les robots-conseillers. Et même si les banques offrent un bon service, elles n’ont pas la prétention d’offrir le même niveau de service personnalisé pour des clients plus modestes. Je ne pense pas que le conseiller de la banque va se déplacer pour rencontrer le client chez lui», commente François Bruneau.

Certains sondés soulignent un paradoxe entre cette décision des ACVM et les dernières réformes qui ont touché le domaine, notamment les réformes axées sur le client. Celles-ci requerront que le conseiller passe davantage de temps avec ses clients, ce qui sera encore moins rentable pour lui.

«On devra réduire nos dépenses et en demander plus à nos clients, parce que les frais continuent à augmenter, mais pas nos revenus», dit un répondant.

«Pour un investissement de 5 000 $, par exemple, le représentant recevra environ 15 $ par année, ce qui est bien peu. Le représentant doit faire deux ou trois rencontres avec le client pour constituer son dossier. Trois déplacements pour 15 $, plus personne n’aura le goût de faire ça», illustre un des sondés.

«On va vers un service qui sera beaucoup plus en surface, alors que ce sont souvent ces gens-là qui ont le plus besoin de conseils et d’accompagnement», ajoute François Bruneau.

Un mur infranchissable pour la relève ?

À part les petits épargnants, les plus touchés par cette réforme seront les jeunes conseillers qui veulent s’établir en carrière.

«Les nouveaux représentants ne feront pas d’argent avant plusieurs années», note ainsi un des sondés. «Ça va être très difficile pour les nouveaux conseillers d’entrer dans le domaine», confirme un autre.

À moins d’imposer une tarification très élevée, les conseillers qui commencent sans aucun actif sous gestion risquent de voir leur rémunération des premières années fondre avec l’abolition des FAR, a calculé François Bruneau.

«Il va falloir être créatif. Ça sera bien plus compliqué d’amener des jeunes dans l’industrie du courtage indépendant, qui est déjà en perte de vitesse par rapport aux banques et aux grands réseaux intégrés», commente-t-il.

Pour Gino-Sébastian Savard, les jeunes conseillers devront faire une évaluation complète des besoins du client et lui offrir à la fois de l’assurance de personnes, des prêts hypothécaires, des certificats de placement garanti, etc., pour aspirer à un niveau de vie convenable après deux ou trois ans. «Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, ça pousse les conseillers à être multidisciplinaires», note-t-il.

Une autre façon pour la relève de se lancer dans le domaine serait de s’associer à un groupe ou à un conseiller expérimenté. Cependant, cette solution n’est pas toujours gagnante, surtout auprès de conseillers indépendants qui ont l’habitude de travailler seuls et ne veulent pas que quelqu’un joue dans leur bloc de clients, note François Bruneau.

Attrait des honoraires

En tout, 42 % des répondants prévoient des changements à la manière de rémunérer les conseillers. Certains s’attendent à une progression des honoraires basés sur une portion de l’actif sous administration.

«L’idéal, c’est sous forme d’honoraires ou de salaire, mais pas de commissions ou de bonus», note ainsi un des sondés.

Pour François Bruneau, le salaire n’est pas une option réaliste. Cela ne serait pas rentable pour le courtier et, selon lui, ne satisferait pas les conseillers.

«Ça n’a jamais été dans notre modèle d’affaires de verser un salaire, parce que nos conseillers ont la fibre entrepreneuriale, et ce n’est donc pas ce qu’ils recherchent. Les institutions sont là pour ce modèle, et on n’aura jamais la prétention de pouvoir offrir les mêmes conditions de travail qu’elles», explique-t-il.

Quant aux honoraires, pour qu’ils soient rentables pour les petits comptes, il faudra certainement facturer de 1,25 % à 1,50 % de l’actif sous administration, pense-t-il.

«Les conseillers vont de plus en plus baser leur rémunération sur les grilles d’honoraires, qui prévoient que plus tu es pauvre, plus tu payes», dit un répondant.

Le courtier pourrait également décider de ne plus rémunérer les conseillers pour les petits comptes, ce qui pourrait amener les conseillers à facturer des frais supplémentaires à leurs clients.

Gino-Sébastian Savard estime également que de nombreux conseillers se tourneront vers les fonds distincts, où les FAR n’ont pas encore été abolis, même si, selon lui, ce n’est qu’une question de temps avant que cela arrive.

«Il va rester les solutions à charge back [rétrofacturation] pour gagner sa vie en servant les petits épargnants, mais il y a un risque», ajoute-t-il.

Ce qui inquiète davantage l’industrie est l’impact à long terme de l’abolition des FAR. La pénurie attendue de relève risque de réduire le bassin d’acheteurs des blocs d’affaires des conseillers prêts pour la retraite.

Les ACVM viennent de réduire la compétitivité des réseaux indépendants.

– François Bruneau

L’abandon des FAR nuirait aux revenus

Parmi les choix suivants, les répondants ont déterminé le ou les effets les plus susceptibles de se produire chez leur courtier en raison de l’abolition des frais d’acquisition reportés (FAR) sur les fonds d’investissement.

Diminution ou aucun changement au chiffre d’affaires 58,3 %

Implantation de davantage de mesures de segmentation de la clientèle 51,4 %

Changement du mode de rémunération des conseillers 41,7 %

Augmentation des frais facturés aux clients ayant le moins d’actif à gérer 29,2 %

Augmentation du chiffre d’affaires 8,3 %

Source : Pointage des régulateurs 2020 Graphique : Finance et Investissement

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Les meilleures stratégies pour investir en 2019 peu importe le scénario – 3 de 4 https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/les-meilleures-strategies-pour-investir-en-2019-peu-importe-le-scenario-3-de-4/ Wed, 30 Jan 2019 20:14:34 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=55936 Dans le troisième de quatre textes, Luc Vallée se prononce.

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L’année 2019 risque d’être très mouvementée pour les investisseurs en raison de la fin prochaine du cycle économique, affirment quatre stratèges interviewés par Finance et Investissement.

Dans ce contexte, quelles sont les tendances à surveiller, et quelles sont surtout les meilleures stratégies pour les investisseurs ?

Les spécialistes ont déterminé une tendance macro-économique (pouvant influer sur l’économie) et une tendance micro-économique (pouvant influer sur les entreprises) ainsi que leur meilleure stratégie offensive et défensive pour chacune de ces tendances.

Luc Vallée

Stratège en chef

Valeurs mobilières Banque Laurentienne

Tendance macro-économique à surveiller : les hausses des taux d’intérêt

Malgré la faible inflation, la croissance dans plusieurs pays, dont le Canada, s’approche de son potentiel et du plein emploi. Selon lui, ces pressions se traduiront par une hausse des prix et des taux de court terme.

«Des taux d’intérêt de court terme inférieurs au taux neutre (ni stimulant ni restrictif) ne semblent plus justifiés.»

Stratégie offensive : hausser la pondération en actions

Il faut augmenter la pondération des actions dans les portefeuilles.

Les consommateurs, les entreprises et les gouvernements sont très endettés. Les banques centrales vont probablement tenter de ralentir les hausses de taux pour une récession en laissant aux différents acteurs économiques le temps de digérer les hausses des dernières années.

Stratégie défensive : éviter les obligations de sociétés et de pays émergents

Dans le secteur du revenu fixe, il faut éviter les obligations, en particulier les obligations de sociétés et les obligations souveraines des pays émergents.

«Les entreprises ont profité des bas taux d’intérêt pour s’endetter et le niveau des dettes d’entreprises est à un niveau record. Des hausses de taux pourraient mettre en péril leur santé financière», dit-il.

Tendance micro-économique à surveiller : les tensions commerciales entre Washington et Pékin

La planète suit l’évolution des négociations entre les États-Unis et la Chine. Un dérapage qui inciterait les États-Unis à imposer des tarifs de 25 % sur l’ensemble des importations chinoises pourrait provoquer une récession mondiale.

«Dans un tel scénario, il y aurait une chute brutale des marchés boursiers et possiblement des baisses de taux d’intérêt», souligne-t-il. Par contre, une paix commerciale donnerait une nouvelle impulsion aux marchés financiers, entraînant aussi des hausses de taux d’intérêt.

Stratégie offensive : attendre le creux des négociations pour acheter

Il propose d’attendre pour acheter des actions dans les marchés émergents et dans les secteurs cycliques.

La ligne dure du président Donald Trump envers la Chine est populaire auprès de l’électorat, selon lui. C’est pourquoi il est fort probable que les pressions américaines sur la Chine s’intensifieront à court terme.

Stratégie défensive : investir dans les entreprises en bonne santé financière

Il faut investir dans des entreprises saines, car l’avenir s’annonce difficile pour les entreprises trop endettées. «Si l’économie ralentit ou, pis encore, s’il y a une récession, le poids de leur dette minera leur performance financière.»

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Les meilleures stratégies pour investir en 2019 peu importe le scénario – 4 de 4 https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/les-meilleures-strategies-pour-investir-en-2019-peu-importe-le-scenario-4-de-4/ Wed, 30 Jan 2019 20:13:10 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=55938 Dans le dernier de cette série de quatre textes, Michel Doucet se prononce.

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L’année 2019 risque d’être très mouvementée pour les investisseurs en raison de la fin prochaine du cycle économique, affirment quatre stratèges interviewés par Finance et Investissement.

Dans ce contexte, quelles sont les tendances à surveiller, et quelles sont surtout les meilleures stratégies pour les investisseurs ?

Les spécialistes ont déterminé une tendance macro-économique (pouvant influer sur l’économie) et une tendance micro-économique (pouvant influer sur les entreprises) ainsi que leur meilleure stratégie offensive et défensive pour chacune de ces tendances.

Michel Doucet

Vice-président et gestionnaire de portefeuille

Valeurs mobilières Desjardins

Tendance macro-économique à surveiller : un ralentissement de la croissance

À moins d’un événement fortuit, le contexte économique et financier favorise une poursuite du cycle de croissance aux États-Unis et dans le monde. «Une récession est improbable en 2019, mais un ralentissement est prévu», dit-il.

Desjardins prévoit que l’économie mondiale progressera de 3,8 % en 2018 et de 3,7 % en 2019. Dans les pays développés, le PIB augmentera respectivement de 2,2 % et 2,1 %, tandis qu’il augmentera de 4,7 % et 4,6 % dans les économies émergentes.

Stratégie offensive : être très sélectif dans tous ses investissements

Sur une période de 3 à 6 mois, Michel Doucet estime que les investisseurs doivent avoir un «optimisme sélectif», notamment à l’égard des actions, du marché américain ou du secteur technologique.

Par exemple, pour le portefeuille équilibré d’un investisseur ayant une tolérance moyenne au risque, il propose la répartition de l’actif suivante : 10 % d’encaisse, 20 % d’obligations, 60 % d’actions et 10 % de placements dits alternatifs (plus risqués).

Stratégie défensive : ajuster sa stratégie selon le risque

«Vu la difficulté à prévoir une récession, il faudra faire preuve d’une grande agilité dans l’exécution de la stratégie d’investissement», dit-il. Selon lui, l’encaisse est une «alternative intéressante», alors que le taux d’une obligation AB 3 mois se situe à 2,25 %, mais elle doit rimer avec qualité, liquidité et faible risque.

Tendance micro-économique à surveiller : gérer la volatilité

Une correction boursière est improbable en 2019. En revanche, les investisseurs feront face à une volatilité accrue, notamment en raison de la normalisation des taux d’intérêt et de l’inflation.

«Ils devront en tirer avantage en faisant preuve d’agilité dans la gestion de leur avoir», dit-il. Dans ce contexte, la gestion active devient plus importante pour l’investisseur afin d’optimiser son rendement, et ce, en actions comme en revenu fixe.

Stratégie offensive : miser sur les actions avec dividendes

Selon lui, un rendement de 4 % est envisageable d’ici la fin du cycle économique. Il proviendra surtout des actions, alors que le contexte est propice à une appréciation (incluant les dividendes) oscillant de 5 à 7 % des principales Bourses.

Stratégie défensive : bien gérer la volatilité sur les marchés

Il faut s’attendre à ce que la volatilité augmente encore en 2019. «Il est essentiel de baliser ses convictions, de rester à l’intérieur des balises minimum et maximum de sa politique de placement, et de faire preuve d’agilité dans l’exécution de la stratégie d’investissement», dit-il.

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Les meilleures stratégies pour investir en 2019 peu importe le scénario – 2 de 4 https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/les-meilleures-strategies-pour-investir-en-2019-peu-importe-le-scenario-2-de-4/ Wed, 30 Jan 2019 20:12:48 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=55934 Dans le deuxième de quatre textes, Richard Beaulieu se prononce.

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L’année 2019 risque d’être très mouvementée pour les investisseurs en raison de la fin prochaine du cycle économique, affirment quatre stratèges interviewés par Finance et Investissement.

Dans ce contexte, quelles sont les tendances à surveiller, et quelles sont surtout les meilleures stratégies pour les investisseurs ?

Les spécialistes ont déterminé une tendance macro-économique (pouvant influer sur l’économie) et une tendance micro-économique (pouvant influer sur les entreprises) ainsi que leur meilleure stratégie offensive et défensive pour chacune de ces tendances.

Richard Beaulieu

Vice-président et économiste principal

Addenda Capital

Tendance macro-économique à surveiller : l’évolution de l’inflation

«L’évolution de l’inflation est le thème le plus important», dit-il. Les pressions inflationnistes et, en particulier, l’inflation salariale détermineront le moment de la fin du cycle et de la prochaine récession.

Cela dit, comme les pressions inflationnistes sont faibles, l’amplitude et la fréquence des hausses des taux resteront modérées. Par contre, si l’inflation devient plus menaçante, la politique monétaire deviendra restrictive et les probabilités de récession augmenteront.

Stratégie offensive : miser sur les obligations à rendements réels

Les spécialistes prévoient une hausse graduelle et modérée des taux d’intérêt.

Si les pressions inflationnistes s’intensifient, les taux grimperont davantage et plus rapidement. Les obligations à rendement réel en profiteraient, tout comme l’or et les titres aurifères.

«Des pressions plus fortes sur les taux d’intérêt verraient aussi la volatilité des actions augmenter», dit-il. L’indice VIX de la volatilité du S&P 500 et les titres qui y sont reliés permettraient de profiter de cette tendance.

Stratégie défensive : limiter l’exposition aux actions et aux obligations à échéances longues

Il faut éviter d’être surexposé aux actions et aux obligations qui ont des échéances longues ainsi qu’aux obligations de sociétés qui ont des rendements élevés.

«Les fonds de revenu de court terme, comme les fonds de marché monétaire et les fonds de revenu fixe axés sur les titres comportant de plus courtes échéances, offrent un refuge dans un tel contexte», dit-il.

Tendance micro-économique à surveiller : le risque de crédit

Il y a une certaine incompréhension concernant les risques de crédit, selon Richard Beaulieu. «La longue période de faibles taux d’intérêt a poussé les investisseurs en quête de rendement à substituer les titres de crédit de sociétés aux obligations gouvernementales.»

Stratégie offensive : miser sur les titres plus ésotériques

Il faut miser sur des titres «plus ésotériques», comme les swaps sur défaillance de crédit, qui sont des options dont la valeur fluctue avec les probabilités de faillite d’un émetteur. Par contre, ces produits ne s’adressent «qu’aux investisseurs institutionnels les plus sophistiqués», selon lui.

Stratégie défensive : diversifier davantage et limiter l’exposition aux actions

Il faut limiter l’exposition aux titres de sociétés. «La pondération des catégories les plus risquées, comme celle des obligations à haut rendement, devrait être réduite, voire même éliminée», dit-il.

Les investisseurs qui désirent maintenir une exposition aux titres offrant des rendements bonifiés, tout en étant moins risqués, peuvent aussi miser sur des obligations provinciales.

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Les fonds alternatifs suscitent espoir et méfiance https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/les-fonds-alternatifs-suscitent-espoir-et-mefiance/ Tue, 01 Jan 2019 05:27:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=55619 Les conseillers devront faire leurs devoirs avant d'investir.

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Depuis le 3 janvier, les conseillers peuvent offrir des fonds d’investissement alternatifs aux clients de détail s’ils sont formés pour ce faire.

Les Autorités canadiennes en valeurs mobilières souhaitent faciliter la distribution de produits qui peuvent investir dans des marchandises physiques ou des dérivés, emprunter des fonds ou effectuer des ventes à découvert d’une manière généralement non permise aux autres fonds classiques.

Cet assouplissement règlementaire suscite à la fois de l’espoir et du scepticisme de la part d’analystes de fonds et de conseillers, alors que les émetteurs de fonds y voient une terre vierge à investir. L’offre de fonds alternatifs est encore restreinte au Canada, mais devrait s’intensifier, anticipent bon nombre de ceux qui observent l’évolution de ce marché aux États-Unis.

La poussée de croissance des fonds alternatifs liquides, qu’on appelle en anglais liquid alternatives, y a été intimement liée à la crise financière de 2008. Les émetteurs ont alors marié des stratégies alternatives avec une structure liquide comme un fonds commun de placement ou un fonds négocié en Bourse (FNB).

Ils ont présenté ces fonds comme une façon de diversifier un portefeuille traditionnel et de se protéger en cas de baisse des marchés. Ces fonds ont connu «une forte croissance des actifs», notait l’Autorité des marchés financiers (AMF) lors du Rendez-vous avec l’Autorité, en novembre dernier. Le régulateur, citant la firme de recherche Strategic Insights, indiquait que les actifs détenus dans les fonds alternatifs américains étaient passés de 44 G$ US en décembre 2008 à 201,6 G$ US en décembre 2017.

Des doutes s’installent

Le récent marché haussier des actions américaines n’a pas facilité les ventes de fonds alternatifs. «La plupart des produits ont échoué à ajouter de la valeur à un portefeuille traditionnel» composé à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations, d’après l’étude de Morningstar intitulée«Liquid Alternatives Have Yet to Prove They Belong in Portfolios».

Sur des périodes de trois ans et de cinq ans se terminant à la fin de 2017, peu de fonds alternatifs américains ont amélioré le rendement ajusté au risque de ce portefeuille traditionnel, mesuré par le ratio de Sharpe. Plus précisément, peu de fonds ont amélioré le ratio de Sharpe de plus de 10 %, bien que l’on retrouve davantage de fonds qui l’ont fait pour certains types de stratégies alternatives, comme des fonds alternatifs de titres à revenu fixe (non traditional bonds). Dans plusieurs cas, il n’aurait donc pas été pertinent d’ajouter un fonds alternatif à un portefeuille traditionnel.

Toutefois, note Morningstar, la barre était plus haute pour les fonds alternatifs durant ces périodes, car le ratio de Sharpe du portefeuille traditionnel a alors été significativement plus élevé qu’il ne l’était durant la période de 1997 à 2012. Le ratio de Sharpe des fonds alternatifs était alors supérieur à celui du portefeuille traditionnel.

Comble de malchance, de 2012 à 2017, la corrélation entre les rendements d’un portefeuille traditionnel et ceux des fonds alternatifs a été élevée (autour de 0,9), note Morningstar : «Ceci indique que les rendements des fonds de couverture découlent principalement des rendements des marchés des actions et des obligations.»

«La corrélation entre, par exemple, les fonds de fonds de couverture et les actions américaines a été historiquement entre 0,7 et 0,8 [raisonnablement élevée], indique Dan Hallett, vice-président, directeur et analyste de fonds chez HighView Financial Group. Ceux qui désirent une vraie diversification par rapport aux marchés financiers traditionnels devraient envisager d’investir à l’extérieur de ces marchés, par exemple dans des actifs immobiliers.»

Pas étonnant que certains aient des réserves par rapport aux risques et aux frais des fonds alternatifs, qui sont généralement plus élevés que ceux des fonds à gestion passive.

«Outre les nombreux risques que vous retrouverez dans les documents réglementaires, ces fonds ont des frais élevés, « grâce aux frais de performance et à un effet de levier », et peuvent entraîner des rendements très faibles. Les gestionnaires peuvent ne pas être aussi astucieux que prévus, ce qui se traduirait par des performances décevantes ou, pire encore, par de lourdes pertes», note Dan Hallett.

«Ce que le client paie n’a pas d’importance. Ce qu’il faut se demander, c’est combien d’argent de plus a-t-il mis dans ses poches. S’il a plus d’argent et que la performance est meilleure, vaut mieux payer plus cher», mentionne Geneviève Blouin, présidente et fondatrice d’Altervest.

Nouvelles conversations

La question de la sous-performance et des frais des fonds liquid alts aux États-Unis fait donc partir les émetteurs de fonds canadiens avec deux prises contre eux. Surtout que leurs arguments en faveur des fonds alternatifs résident dans leur potentiel de diversification et leur faible corrélation avec les catégories d’actifs traditionnelles.

«On croit beaucoup à la diversification et c’est là que les catégories d’actifs alternatifs peuvent ajouter de la valeur», indiquait Jonathan Durocher, président, Banque Nationale Investissements (BNI), lors du dernier Rendez-vous avec l’Autorité, en novembre.

Notons que le degré de diversification qu’une stratégie alternative peut apporter dépend du type de fonds et de la conjoncture du marché, laquelle peut varier selon les périodes.

L’étude de Morningstar expose notamment l’une des limites des fonds alternatifs liquides, découlant des contraintes imposées aux gestionnaires de portefeuilles, selon Geneviève Blouin : «Les produits alternatifs de marchés dispensés et en notice d’offre ont plus de potentiel d’être très différents, moins corrélés et peuvent offrir un meilleur pouvoir de diversification.»

De plus, l’étude aurait pu mieux décrire un trait important des fonds alternatifs, soit leur capacité à préserver leur capital, d’après Geneviève Blouin : «Un fonds qui arrive à éviter les fortes baisses a une grande valeur ajoutée, car récupérer du capital prend du temps.»

Selon elle, le ratio de Sharpe est un bon point de départ pour analyser ce risque. Cependant, ce ratio amalgame à la fois la volatilité haussière et la volatilité baissière. Une volatilité à la hausse peut être bien perçue par le client, mais elle est pénalisée par le ratio de Sharpe qui divise le rendement ajusté d’un portefeuille par l’écart-type de ce rendement.

«Ce qui est plus pertinent pour l’investisseur, c’est un ratio de rendement par rapport à la volatilité baissière, surtout pour un fonds très performant, car ce dernier pourrait sembler plus volatil et risqué en amalgamant la volatilité haussière. Si on veut bien évaluer le risque, on regarde le ratio de Sortino [rendement ajusté /volatilité ou écart-type des rendements négatifs]», note-t-elle.

Selon elle, des indicateurs qui mesurent le suivi des tendances baissières du marché devraient faire partie des conversations avec les clients.

Pas tous égaux

Il serait injuste de mettre toutes les stratégies alternatives dans un même panier, car leur variété est grande, tout comme leur degré de complexité. Certaines stratégies ont peu d’exposition au marché, comme celles d’arbitrages de titres dans le but d’en exploiter les anomalies. D’autres ont une grande exposition aux marchés, comme les macrofonds mondiaux, les marchés émergents et les titres en positions acheteur et vendeur.

Bon nombre de stratégies utilisent la vente à découvert de certains titres (position de vendeur ou short) en plus de miser sur l’appréciation d’autres titres (position d’acheteur ou long). C’est le cas, par exemple, de la stratégie 130-30, pour laquelle le gestionnaire vend à découvert des actions à hauteur de 30 % de la valeur du portefeuille, puis utilise ces fonds pour acquérir les titres qui devraient surperformer le marché, selon Investopedia.

Lorsqu’un gestionnaire combine des positions acheteur (long) et vendeur (short), il peut remporter gros s’il gagne avec ses positions, mais aussi essuyer des pertes importantes s’il perd avec ses positions. Un conseiller doit en être conscient, en informer son client et vérifier s’il est à l’aise avec cette situation, dit Vincent Cliche, conseiller en placement à la Financière Banque Nationale.

«Les chances que ça arrive sont très faibles, note Geneviève Blouin. Ensuite, pour les fonds liquid alts, l’exposition est limitée à cause des restrictions de levier et d’exposition. Ce qui est le pire, c’est de prendre un gestionnaire traditionnel et de lui demander de gérer un fonds long-short [à rendement absolu]. «Shorter» des titres est une expertise complètement différente de celle d’acheter.»

Adoption lente ?

Il est difficile de savoir comment l’arrivée des fonds alternatifs changera les portefeuilles des clients. «Est-ce que les conseillers vont inclure ces fonds à la pièce ? Ça reste à confirmer», dit Vincent Cliche. Toutefois, certains émetteurs de fonds pourraient inclure par défaut une pondération en liquid alts dans leur fonds de fonds ou leurs produits multistratégies, ce qui démocratiserait les fonds alternatifs.

Les fonds alternatifs ont l’avantage théorique de contribuer au rendement d’un portefeuille lorsque d’autres catégories d’actifs ne le font pas, selon Vincent Cliche : «Est-ce qu’un fonds liquid alt va forcément contribuer au rendement, alors que les autres catégories traditionnelles n’y contribuent pas ? Ça reste à voir.»

Un conseiller doit bien comprendre la stratégie alternative, ses risques, mais aussi ses incidences fiscales. «Dans un compte non enregistré, si on remplace une portion en revenu fixe par un fonds en position neutre face au marché qui a une performance et un risque similaires à ceux de l’indice obligataire DEX et pour lequel les distributions sont des gains en capital plutôt que de l’intérêt, il y a un avantage fiscal», dit Vincent Cliche.

Certains fonds alternatifs peuvent diversifier l’un des risques auxquels les fonds traditionnels ne peuvent souvent pas se soustraire, soit le risque systémique, que l’on appelle bêta, selon Caleb Jean, analyste aux investissements, Desjardins Gestion de patrimoine Valeurs mobilières : «Lorsque le bêta d’un fonds est à zéro, ça nous porte à croire que la corrélation face au marché est nulle.»

«Dans un marché baissier, si on a une stratégie de marché neutre et qu’on a des titres sur lesquels on a des positions vendeur, ça peut aider le portefeuille à aller chercher de l’alpha et à moins subir les impacts de la baisse du marché», ajoute-t-il.

Caleb Jean recommande de lire les prospectus ou la notice d’offre du produit, de s’assurer de les comprendre et que le client les comprenne, notamment les risques d’illiquidité, les coûts, l’effet de levier et les risques commerciaux du gestionnaire du fonds lui-même. Le conseiller doit aussi tenir compte de l’horizon de placement du client et s’assurer de la convenance du produit.

La démocratisation des fonds alternatifs liquides ne devrait pas nécessairement entraîner de changement dans les portefeuilles des clients, surtout si les objectifs de rendements du client sont déjà atteints, d’après Dan Hallett : «La complexité et les coûts ne doivent pas être ajoutés à un portefeuille, sauf si cela est absolument nécessaire.»

Quand on investit dans des produits alternatifs, il faut bien les analyser, souligne Geneviève Blouin : «[C’est] comme n’importe quel secteur. Il y a des bons joueurs, des joueurs médiocres et des joueurs excellents. Si on investit avec un excellent joueur, ça vaut la peine. Si on prend la moyenne et qu’on y va à tâtons, ça ne vaudra probablement pas la peine.»

D’après les modifications réglementaires prévues par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières, un fonds d’investissement alternatif peut notamment :

– investir jusqu’à 20 % de sa valeur liquidative dans les titres d’un seul émetteur, par rapport à la limite actuelle de 10 % pour tous les fonds ;

– investir jusqu’à 10 % de sa valeur liquidative dans les métaux physiques tels que l’or, l’argent, le platine et le palladium ;

– emprunter jusqu’à 50 % de sa valeur liquidative ;

– vendre des titres à découvert dont la valeur représente jusqu’à 50 % de sa valeur liquidative, par rapport à la limite actuelle de 20 % applicable à tous les fonds ;

– vendre à découvert des titres d’un seul émetteur jusqu’à 10 % de sa valeur liquidative ;

– emprunter des fonds et vendre des titres à découvert simultanément si le montant combiné n’excède pas 50 % de sa valeur liquidative ;

– avoir recours à l’effet de levier également avec des opérations sur dérivés ;

– avoir une exposition globale aux emprunts de fonds, aux ventes à découvert et aux opérations sur dérivés d’un maximum de 300 % de sa valeur liquidative.

Pour offrir des fonds alternatifs, les conseillers devront remplir l’une des conditions suivantes :

– avoir obtenu la note de passage au Cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada ;

– avoir obtenu la note de passage au Cours d’initiation aux produits dérivés ;

– avoir réussi le Chartered Financial Analyst Program ;

– répondre à toute autre norme de formation applicable imposée par un organisme d’autoréglementation.

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Des occasions à l’horizon https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/des-occasions-a-lhorizon/ Tue, 01 Jan 2019 05:26:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=55597 Le ralentissement des marchés créé des possibilités d'investissement.

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Les signes ne trompent pas. Malgré l’optimisme affiché en fin d’année par le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) à l’égard de l’économie américaine, tout porte à croire qu’un ralentissement se pointe à l’horizon, voire même une récession en 2020 ou 2021.

Le fort endettement des ménages, les hausses des taux d’intérêt, la baisse des mises en chantier et les différends commerciaux sont autant d’indicateurs qui annoncent la fin d’un cycle de croissance qui s’est avéré très robuste depuis bon nombre d’années déjà.

Les marchés boursiers, ces derniers mois, ont d’ailleurs été le reflet de ce ralentissement. Le mois d’octobre a été particulièrement dur à encaisser pour les investisseurs qui ont vu l’indice canadien S&P/TSX subir une perte de 6,27 %. Les secteurs importants de l’énergie (- 9,2 %) et des sociétés financières (- 8,1 %) ont particulièrement été touchés au cours de ce mois d’octobre, le pire à survenir depuis la crise économique et financière de 2008.

Marché canadien

Dans ce contexte, nombreux sont les gestionnaires de portefeuille à recommander à leurs clients d’augmenter le poids de leurs liquidités dans leur portefeuille. Certains suggèrent même une répartition allant jusqu’à 25 % en encaisse afin de profiter des aubaines qui se présenteront sur le marché, particulièrement au Canada.

«On garde un niveau de liquidité plus élevé qu’à la normale. Si le marché atteignait des niveaux encore plus bas dans les prochains mois et que certains titres de sociétés devenaient encore plus abordables, on envisagerait assurément d’accroître notre pondération dans le marché canadien qui devrait d’ailleurs bien tirer son épingle du jeu, soit en 2019, soit en 2020», indique Jean Duguay, premier vice-président et gestionnaire principal chez Gestion de placements Eterna.

François Bourdon, chef des placements global chez Fiera Capital, favorise d’ailleurs les actions canadiennes et celles des pays émergents qui performent généralement mieux en fin de cycle économique.

«Les fins de cycle sont caractérisées par des pressions inflationnistes plus fortes et des prix des commodités plus élevées. Une situation qui est positive pour le marché canadien, en particulier pour les secteurs de l’énergie et des services financiers» précise-t-il.

L’attrait pour les actions canadiennes est d’autant plus grand que ce marché est sous-évalué. «Le ratio cours-bénéfice du S&P/TSX, par rapport au S&P 500, est 2,5 points plus bas. C’est rare qu’on ait un multiple plus faible qu’aux États-Unis. La dernière fois remonte à 2009», fait valoir François Bourdon.

Pour Christine Décarie, vice-présidente principale et gestionnaire de portefeuille de la société de gestion Placements Mackenzie, la fin du cycle économique amène les investisseurs à être moins surpondérés en actions.

«Un portefeuille équilibré qui avait une surpondération de 60 % devrait aujourd’hui se situer davantage autour de 50 %», suggère-t-elle, en précisant avoir adopté une stratégie plus défensive en choisissant des sociétés qui réagissent mieux à un ralentissement économique.

Toutefois, compte tenu de la déroute qu’a connue le marché boursier canadien ces derniers mois, «il y a des titres ayant chuté dont le risque, par rapport au rendement, est devenu beaucoup plus intéressant», ajoute Christine Décarie, qui a aussi le secteur de l’énergie dans sa mire, malgré ses nombreux aléas. Le prix du baril de pétrole brut Western Canadian Select est en effet vendu à escompte, jusqu’à 30 $ de moins que celui de son homologue américain, et son transport reste un problème majeur.

Cependant, «les dépenses en capital par les acteurs du secteur seront moins importantes, l’offre et la demande devraient s’équilibrer en 2019, et les producteurs auront des marges plus élevées», estime Christine Décarie.

Steve Bélisle, directeur général et gestionnaire de portefeuille principal de Gestion d’actifs Manuvie, estime pour sa part que les prix du pétrole sont trop imprévisibles pour rendre le secteur attrayant. Il note néanmoins qu’une entreprise comme Suncor est «une société intégrée qui exploite des raffineries et qui est moins exposée au différentiel de prix».

Steve Bélisle s’intéresse davantage au secteur financier, en particulier les banques qui ne cessent d’intégrer les technologies pour améliorer leur productivité et de consacrer des ressources importantes en gestion de patrimoine, et ainsi «propulser à la hausse les profits».

Cela dit, ajoute-t-il, «le secteur n’est pas à l’abri des pertes sur prêts liés au secteur de l’énergie, comme on l’a vu en 2015, ou à une récession potentielle», prévient-il.

Jean Duguay fait écho à ses propos. «On a une ressource, le pétrole, qu’on ne peut pas vendre à un niveau de prix mondial et qu’on peine à transporter. Ce n’est pas très positif pour le secteur», souligne-t-il, en précisant que l’industrie bancaire est plus attrayante.

«Les titres bancaires ont baissé ces derniers mois. Pourtant, les bilans demeurent solides et il n’y a pas eu de changements dans les opérations, ni dans le management, ni dans leur capacité de payer des dividendes élevés qui tournent autour de 4 %. Tout ce qui a changé, c’est l’occasion d’acheter des actions moins chères et de réaliser des rendements intéressants à long terme», indique Jean Duguay.

Le secteur des produits de consommation de base s’avère aussi intéressant, note Christine Décarie. «C’est un secteur qui, en général, performe bien en période de ralentissement ou de récession», souligne-t-elle, en ajoutant que l’industrie de l’alimentation profite notamment des pressions inflationnistes et de l’augmentation des prix du panier d’épicerie.

Steve Bélisle estime d’ailleurs que le titre de Loblaw, dans le contexte actuel et depuis la vente de ses propriétés immobilières, est particulièrement attrayant. La société d’emballage et d’étiquetage CCL Industries est aussi à surveiller, note Steve Bélisle.

D’ailleurs, le mot d’ordre est le même pour tous : alors que les nuages s’accumulent sur l’économie, les placements doivent être faits dans des titres de qualité pour une perspective a plus long terme.

«Il faut investir dans des entreprises de grande qualité, qui ont peu de dettes et qui n’ont pas besoin d’une accélération économique pour bien performer», suggère Steve Bélisle.

«La sélection des titres devient de plus en plus importante et il faut avoir des attentes de rendement plus réalistes», ajoute Christine Décarie.

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La gestion active se défend https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/la-gestion-active-se-defend/ Tue, 01 Jan 2019 05:25:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=55625 Les stratégies d'investissement passif ont le vent dans les voiles.

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Selon Moody’s Investors Service, leurs parts de marché dépasseront, aux États-Unis, le cap symbolique des 50 % d’ici 2024.

Toutefois, les stratégies d’investissement actif peuvent encore tirer leur épingle du jeu, notamment en réduisant leurs frais de gestion.

Cependant, il y a plus. Les consultants d’Inalytics affirment que les meilleurs gestionnaires d’actions ont la capacité de repérer et de garder en portefeuille les titres qui donnent des performances supérieures à la moyenne.

Selon ces consultants établis à Londres, de tels résultats ne s’obtiennent pas par hasard. Une autre recherche d’Inalytics a porté sur un échantillon de 488 fonds ayant battu leurs indices de référence de 2,9 % par année avant frais.

En 10 ans, le nombre moyen de titres boursiers détenus dans un échantillon de portefeuilles d’actions internationales était passé de 140 à moins de 70. La capacité à reconnaître des titres gagnants et à limiter ses choix de façon plus concentrée serait ainsi l’une des caractéristiques des stratégies victorieuses d’investissement actif.

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Rachat d’actions, un risque https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/rachat-dactions-un-risque/ Tue, 01 Jan 2019 05:24:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=55622 Le rachat massif d'actions équivaut à un «suicide d'entreprise», affirment des chercheurs de la prestigieuse école de gestion INSEAD.

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Portant sur la période comprise entre 2010 et 2015, la recherche a examiné les rendements boursiers de 1 840 entreprises américaines ayant effectué des rachats d’actions.

Celles qui y ont consacré le plus de ressources en auraient payé le gros prix avec une baisse moyenne de 22 % de leur valeur boursière. Inversement, celles qui en ont racheté relativement peu, soit moins de 5 % de leur valeur en Bourse, auraient bénéficié d’une progression moyenne de 248 % de leurs titres. Parmi les premières se trouvent Hewlett-Packard, J.C. Penney, Macy’s, Sears et Xerox.

Parmi les secondes figurent Amazon, Facebook, Google et Netflix. Les chercheurs de l’INSEAD soulignent à quel point les J.C. Penney, Macy’s et Sears de ce monde se sont affaiblis en empruntant, sous la pression des fonds alternatifs activistes, afin de racheter de grands blocs d’actions pour en augmenter le prix… à court terme.

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Les meilleures stratégies pour investir en 2019 peu importe le scénario – 1 de 4 https://www.finance-investissement.com/edition-papier/perspectives-2019/les-meilleures-strategies-pour-investir-en-2019-peu-importe-le-scenario/ Tue, 01 Jan 2019 05:23:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=55615 Dans le premier de quatre textes, Sophie Paquet se prononce.

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L’année 2019 risque d’être très mouvementée pour les investisseurs en raison de la fin prochaine du cycle économique, affirment quatre stratèges interviewés par Finance et Investissement.

Dans ce contexte, quelles sont les tendances à surveiller, et quelles sont surtout les meilleures stratégies pour les investisseurs ?

Les spécialistes ont déterminé une tendance macro-économique (pouvant influer sur l’économie) et une tendance micro-économique (pouvant influer sur les entreprises) ainsi que leur meilleure stratégie offensive et défensive pour chacune de ces tendances.

Sophie Paquet

Conseillère en placement et vice-présidente

Financière Banque Nationale

Tendance macro-économique à surveiller : l’évolution de l’économie mondiale

«Nous arrivons à la fin d’un cycle économique et la croissance mondiale pourrait être menacée par plusieurs facteurs de risque, comme la hausse des taux d’intérêt, les tensions commerciales ou bien les pressions inflationnistes, notamment en ce qui a trait aux salaires», dit-elle.

Si le risque de récession semble encore faible pour 2019, il faut en revanche s’attendre à une plus grande volatilité des marchés.

Stratégie offensive : acheter les bons bilans

Selon elle, la récente baisse des marchés a contribué à normaliser les évaluations. «Un investisseur pourrait réinvestir dans des entreprises de qualité qui s’échangent maintenant à des multiples raisonnables.»

Par contre, il est «primordial» de bien sélectionner les entreprises qui peuvent accroître leurs bénéfices. Il faut aussi s’assurer que leurs dividendes soient en croissance et soutenus par un bilan de grande qualité.

Stratégie défensive : rééquilibrer son portefeuille

Il faut rééquilibrer son portefeuille. «La meilleure stratégie serait de prendre des profits sur des titres ayant fortement progressé afin d’augmenter la portion de son portefeuille allouée au revenu fixe.»

Par rapport aux dernières années, la hausse des taux d’intérêt en 2018 permettrait d’effectuer des placements à des taux relativement attrayants dans cette catégorie d’actifs.

Tendance micro-économique à surveiller : la faiblesse du taux d’épargne

Le taux d’épargne des ménages canadiens sera à surveiller. Statistique Canada révélait récemment qu’il se situe à son plus bas niveau depuis deux ans.

«Alors que les taux d’intérêt augmentent et que les statistiques sur l’endettement des ménages sont relativement élevées, les Canadiens auront possiblement moins d’argent disponible pour l’épargne ou la consommation», dit-elle.

Stratégie offensive : augmenter son exposition à l’international

Selon elle, il faut s’exposer davantage à l’international, là où les perspectives de croissance sont meilleures. «Les évaluations des pays émergents sont actuellement très attrayantes par rapport aux évaluations des marchés nord-américains, surtout pour un investisseur un peu plus offensif.»

Stratégie défensive : favoriser la consommation de base

Il faut privilégier les titres de consommation de base, surtout ceux dont la performance est directement liée aux produits essentiels ou aux services incontournables.

«Les entreprises dans le domaine de l’alimentation, des services publics et des télécommunications tendent généralement à bien se comporter, même dans les périodes économiques plus difficiles, l’investisseur plus défensif pourrait y trouver son compte», dit-elle.

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