Un changement de structure chez Desjardins Gestion de patrimoine entraîne le départ de Vincent Hogue.

Vincent Hogue était premier vice-président et chef des services aux particuliers de Gestion Placements Desjardins jusqu’au 4 avril dernier, jour où a pris fin son emploi. Il avait la responsabilité de diriger les activités de courtage à escompte, de courtage de plein exercice et de gestion privée.

Ces fonctions sont transférées à Luc Papineau, actuellement vice-président et directeur général, Courtage de plein exercice, chez Desjardins Gestion de patrimoine. Il assurera donc, par intérim, la vice-présidence des activités qui relevaient des fonctions de Vincent Hogue, confirme Jacques Bouchard, conseiller principal, relations publiques au Mouvement Desjardins.

«Il y a eu un changement de structure qui a amené le départ de Vincent Hogue. On n’émettra pas de commentaires sur les dossiers de régie interne», a-t-il indiqué. Il a refusé d’expliquer les raisons qui ont mené à ce départ.

Il reste que le Mouvement Desjardins n’en est pas à sa première réorganisation ayant pour objectif d’alléger sa structure de direction. Depuis son entrée en fonction comme président et chef de la direction de la coopérative financière, Guy Cormier en a revu les activités, et plus d’une centaine de postes de cadres (directeurs, directeurs principaux et vice-présidents) ont été abolis.

Joint par Finance et Investissement, Vincent Hogue a indiqué qu’il ne s’attendait pas à devoir quitter si rapidement son poste.

«Ça arrive comme une surprise. Je suis content que Desjardins soit entre de bonnes mains avec l’équipe qui va prendre la relève. Je leur souhaite la meilleure des chances», a-t-il dit à Finance et Investissement.

Vincent Hogue se dit en paix avec la décision de ses patrons et comprend les raisons de cette rationalisation. «Je reste avec Desjardins dans mon coeur, même si je suis peiné de ce qui m’arrive», a-t-il signalé.

«La peine que je peux avoir est peut-être de ne pas avoir pu saluer mes collègues comme je l’aurais souhaité», a-t-il ajouté.

Le départ de Vincent Hogue en a surpris beaucoup dans l’industrie financière, d’autant plus que les activités sous sa responsabilité se portaient bien. «Je suis extrêmement fier de mes réalisations. Ces réalisations ne se font jamais seules, mais en équipe», a-t-il dit.

Parmi celles-ci, il note la «belle profitabilité» et la croissance élevée des activités de gestion privée chez Desjardins, «qui a la plus grande croissance au cours de la dernière année, toutes catégories confondues, selon Investor Economics».

«Valeurs mobilières Desjardins a connu une belle croissance et une profitabilité au rendez-vous, ce qui n’a pas toujours été le cas avant mon arrivée, il y a cinq ans, a expliqué Vincent Hogue. De plus, avec le courtage à escompte, on a fait un beau virage. On a eu un magnifique début d’année. Sur le plan des résultats, ça allait très bien. Mais une restructuration se continuait [chez Desjardins] et une décision a été prise selon laquelle je n’étais peut-être pas l’homme de la situation.»

En bon gentleman, Vincent Hogue a souligné qu’il s’est réalisé à travers son travail chez Desjardins, qu’il «a donné beaucoup, mais a aussi reçu beaucoup».

L’homme de 55 ans n’entrevoit pas la retraite. «Si je peux aider le milieu de la finance québécois à continuer de croître, à avoir les meilleures pratiques et à veiller à ce qu’on pense toujours au client et qu’on le mette au centre de nos préoccupations, c’est quelque chose que je veux continuer de faire. J’ai encore l’énergie, la volonté d’éduquer financièrement la population québécoise et j’espère pouvoir encore donner du service.»

Le plus gentil

Luc Paiement, conseiller à la direction de la Banque Nationale, a été surpris d’apprendre le départ de Vincent Hogue : «C’est le plus gentil gars de la finance à Montréal. Il est très humain, gentil et aimable.»

Selon lui, la nouvelle de son départ de Desjardins risque d’interpeller la haute direction de plusieurs organisations du milieu financier du Québec.