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Top 25 - En juin dernier, denis Berthiaume devenait le numéro deux du Mouvement Desjardins et l'homme de confiance du nouveau chef de la direction, Guy Cormier. Cette ascension au poste de premier vice-président exécutif et chef de l'exploitation témoigne de l'influence de Denis Berthiaume au sein de cette institution financière qui l'a ramené dans son giron.

En 2010, après un passage de trois ans à la haute direction de Standard Life Canada, Denis Berthiaume revenait chez Desjardins. Là où l'actuaire de formation avait occupé, de 1997 à 2007, plusieurs fonctions stratégiques liées notamment à l'assurance de personnes.

«C'était l'un de nos dirigeants parmi les plus prometteurs quand il a quitté Desjardins», souligne l'ancienne présidente et chef de la direction Monique F. Leroux, qui souhaitait le ramener au sein de la coopérative après avoir pris la barre de Desjardins en 2008. «J'avais besoin d'une personne de confiance pour piloter certains dossiers. Il a été en mesure d'apporter, et d'incarner, les changements dans ce grand secteur d'activité», précise-t-elle.

Nommé premier vice-président Gestion de patrimoine et Assurance de personnes, Denis Berthiaume prenait alors la tête d'une nouvelle division. «Desjardins souhaitait mettre fin à une culture en silo pour que les équipes, qui étaient performantes, mais oeuvraient chacune de leur côté, travaillent davantage ensemble», explique-t-il.

À son arrivée, il constate en effet que diverses composantes, comme Valeurs mobilières Desjardins (VMD) et le réseau des caisses, avaient peu de contact entre elles. «Aujourd'hui, les gens ont le sentiment d'être une grande équipe qui peut s'appuyer sur tout le groupe Desjardins», affirme Denis Berthiaume, qui retire une grande fierté de cette nouvelle cohabitation.

Ce changement de culture a été bien réussi, confirme Vincent Hogue qui, à titre de vice-président Courtage et gestion privée, dirige VMD. «Il a réussi à briser les silos dans le secteur de la distribution et a mis en place des bases permanentes de développement. Aujourd'hui, il y a une très bonne entente et beaucoup de référencement entre les entités», constate Vincent Hogue, qui a aussi fait un retour chez Desjardins en 2012.

Or, en cours de route, des «décisions difficiles et courageuses ont été prises», reconnaît Denis Berthiaume, rencontré à ses bureaux du Complexe Desjardins, au centre-ville de Montréal. Aujourd'hui, l'équipe de gestion est composée à 90 % de dirigeants recrutés au cours des cinq dernières années. «Quand des leaders ne jouent pas sur la même patinoire, c'est difficile de gagner la partie. Il faut déployer le talent pour s'assurer que les personnes soient assises sur le bon siège et orientées vers un même objectif», illustre Denis Berthiaume.

Résultats record

Les résultats sont probants. De 2011 à 2015, les excédents avant ristournes aux membres de la division d'assurances de personnes et de gestion du patrimoine sont passés de 280 à 503 M$, soit une progression annuelle moyenne de 16 %.

Les profits de l'assureur Desjardins Sécurité financière (DSF) ont crû de 63 % en cinq ans pour atteindre des résultats record de 448,4 M$ en 2015. De plus, les revenus de primes nettes d'assurance et de rentes ont, pour la premiere fois de son histoire, depasse le seuil des 4 G$.

Or, «on peut encore faire mieux et 2016 le montrera», assure Denis Berthiaume, qui souligne qu'il s'agit avant tout du travail d'une équipe, et non d'un seul homme. Après les neuf premiers mois de 2016, les résultats nets de DSF atteignaient 353,2 M$ comparativement à 301,3 M$ pour la même période en 2015.

Au terme du troisième trimestre, les ventes brutes d'épargne ont connu un bond à 10,4 G$, soit 8,8 G$ de plus qu'à la fin de la même période l'an dernier. Cette forte hausse résulte de l'obtention d'un important contrat en épargne-retraite collective. Elle est aussi attribuable aux ventes générées par l'intégration au début de l'année 2016 des nouvelles filiales Desjardins Société de placement et Desjardins Gestion des opérations des produits de placement. «Ces acquisitions sont justement des exemples du fait qu'on travaille moins en silo», explique Denis Berthiaume.

Ces résultats proviennent principalement d'une croissance interne. «Contrairement à d'autres organisations, Desjardins n'est pas une machine à acquisitions», souligne-t-il.

DSF, aussi le gestionnaire des Fonds Desjardins, mise notamment sur différents produits lancés ces dernières années, dont les Portefeuilles Chorus qui sont destinés à une clientèle ayant au moins 100 000 $ à investir. Pour les membres qui ont un actif supérieur à 250 000 $, Desjardins offre depuis 2015 le Service Signature qui a déjà été déployé dans plusieurs régions du Québec.

Les placements garantis liés aux marchés (PGLM) ont aussi contribué à «conquérir des parts de marché dans des segments où Desjardins était moins reconnue», note Denis Berthiaume. L'encours en PGLM détenu par les sociétaires de Desjardins a d'ailleurs connu une croissance de 65 % entre 2010 et 2015. La coopérative affirme détenir 70 % des parts de ce marché au Québec et occupe le 2e rang au Canada.

L'acquisition en 2013 de Qtrade, une fintech de Vancouver reconnue pour sa plateforme de courtage en ligne, a aussi permis à Desjardins de renforcer sa présence non seulement en gestion de patrimoine, mais aussi ailleurs au pays.

«Dans le secteur des assurances, on a une force historique, mais on pouvait aller plus loin en gestion de patrimoine. On a unifié l'offre de produits, en faisant jouer toute la force du groupe coopératif», explique Denis Berthiaume, en rappelant que le réseau des caisses représente «une puissance de frappe et de vente exceptionnelle et très efficace».

Cette puissance a d'ailleurs bien servi les fonds communs de Desjardins. De 2010 à 2015, leur part de marché en terme d'actif au Canada est passé de 1,6 à 1,8 %, selon Investor Economics.

Durant la même période, celle de Placements NEI passait de 0,6 à 0,5 %, ne profitant pas du réseau des caisses. «Le moment venu, on va revenir avec un beau positionnement avec NEI», promet Denis Berthiaume.

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