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Des pays manipulateurs de devises ?

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Contrairement à la croyance populaire américaine, et aux accusations portées par le président Trump, aucun pays ne manipule sa devise pour favoriser ses exportations.

Aucun grand partenaire commercial des États-Unis ne remplit les critères qui permettent d'établir une manipulation des taux de change, indique en effet un récent rapport du Trésor américain. Le département américain a toutefois mis six pays sur sa liste noire des possibles manipulateurs de devises : la Chine, particulièrement visée par le président américain durant sa campagne électorale et depuis son élection, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l'Allemagne et la Suisse.

Le Trésor estime en effet que ces pays, qui accumulent d'importants excédents commerciaux avec les États-Unis, montrent néanmoins des signes de manipulation dans les cours des devises. Mais aucun d'entre eux ne remplit les trois critères susceptibles d'entraîner des représailles, conclut le rapport.

Pour appartenir à cette liste de pays soupçonnés de mener une guerre des changes, ces derniers doivent satisfaire deux des trois critères établis par le Trésor américain : un excédent commercial avec les États-Unis d'au moins 20  milliards de dollars américains (G$US), un excédent des comptes courants global représentant plus de 3 % du produit intérieur brut (PIB) et des achats continus des devises étrangères sur les marchés des changes pour un montant supérieur à 2 % du PIB dans les 12 derniers mois.

Le Trésor américain a pris en considération le changement de cap de la Chine qui, au cours des dernières années, a décidé de laisser sa monnaie flotter plus librement au gré des demandes du marché. Le président américain a constamment accusé le gouvernement chinois de sous-évaluer artificiellement le yuan. Il s'était même engagé à prendre les mesures nécessaires pour mettre ce pays au pas, avivant les risques de guerre commerciale entre les deux pays.

L'an dernier, la Chine a enregistré un surplus commercial de 347 G$US avec les États-Unis, de loin le plus important parmi les partenaires commerciaux américains. L'ancien président Obama accusait aussi la Chine de manipuler sa devise pour doper ses exportations.

Dans son rapport, publié deux fois par année, le Trésor américain met aussi en garde l'Allemagne en faisant part de sa préoccupation face à son surplus commercial de 65 G$US avec les États-Unis et son imposant excédent des comptes courants qui équivaut à 8,3 % de son PIB.

Le rapport semestriel du Trésor américain sert principalement de base au gouvernement américain dans sa politique commerciale internationale et peut servir d'avertissement à d'éventuelles sanctions.