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Les fonds négociés en Bourse (FNB) ne sont plus les instruments d’investissement nouveaux ou non éprouvés qu’ils étaient autrefois. Plus de 35 ans après leur lancement à l’échelle mondiale, plus d’un Canadien sur cinq en détient. Pour de nombreux conseillers, ils sont désormais devenus des blocs de construction essentiels des portefeuilles de leurs clients.

Et pourtant, malgré près de trois décennies d’évolution, d’innovation et de preuves concrètes quant à leur utilité, certains mythes tenaces continuent de circuler, tant chez les conseillers que chez les investisseurs. Ces idées reçues faussent le discours entourant les FNB et peuvent mener à des décisions de portefeuille sous-optimales. Il est temps de mettre fin à trois des mythes les plus répandus sur les FNB.

Mythe no1 : « Les FNB sont uniquement destinés aux investisseurs passifs à long terme. »

Ce constat pouvait peut-être s’appliquer il y a 20 ans, mais il ne reflète plus la réalité.

L’écosystème moderne des FNB couvre désormais toute la gamme, allant des produits indiciels de base aux stratégies actives, en passant par les placements alternatifs, ceux utilisant l’effet de levier et les stratégies avec options. Au Canada, les FNB à gestion active représentent une part croissante des nouveaux lancements et des créations nettes de FNB. Les conseillers utilisent les FNB non seulement pour obtenir une exposition à des indices de référence, mais aussi comme outils de précision pour l’allocation sectorielle, la gestion de la liquidité, l’efficacité fiscale et les transitions de portefeuille.

La réalité est simple : le FNB est une structure, pas une stratégie. Il s’agit d’un outil de placement qui peut accueillir des stratégies passives ou actives, simples ou sophistiquées. La question n’est donc plus « Les FNB conviennent-ils à ce portefeuille ? », mais plutôt « Quelles structures et stratégies de FNB répondent le mieux au besoin de ce client ? »

Mythe no2 : « Les FNB sont moins chers parce qu’ils coupent dans la qualité. »

Il s’agit de l’un des mythes les plus persistants et les plus préjudiciables à l’industrie.

Les FNB ne sont pas moins chers parce qu’ils sont de moindre qualité. Ils sont moins chers parce que leur structure est plus efficiente sur le plan opérationnel. Le mécanisme de création et de rachat de parts de FNB, les transferts de titres en nature et la réduction des transactions forcées contribuent à des coûts plus bas et à une meilleure efficacité fiscale, sans compromettre la gouvernance, la rigueur de gestion de portefeuille ou la transparence.

Dans bien des cas, les FNB offrent même davantage de transparence que les fonds communs de placement traditionnels, notamment grâce à la divulgation quotidienne des titres détenus et à la tarification en temps réel. Pour ce genre de FNB, les conseillers peuvent ainsi savoir précisément ce qu’ils détiennent, comprendre la mécanique de négociation du produit et analyser son comportement dans différents contextes de marché. Un coût inférieur ne constitue pas un compromis, mais le résultat d’une ingénierie financière plus efficace.

Mythe no3 : « Les FNB sont réservés aux investisseurs autonomes. »

Ce mythe est de plus en plus déconnecté de la réalité canadienne.

Une part importante des actifs en FNB au Canada est détenue par des clients qui sont conseillés par des représentants et gestionnaires de portefeuilles. Les conseillers utilisent les FNB dans des comptes à honoraires, des portefeuilles modèles et des solutions gérées. Loin d’éliminer le rôle des conseillers, les FNB sont devenus l’un de leurs outils les plus essentiels pour offrir une meilleure diversification, un meilleur contrôle des coûts et de meilleurs résultats aux clients.

Dans un contexte où les clients sont plus sensibles aux coûts, davantage axés sur les résultats et plus engagés, les FNB permettent aux conseillers de consacrer moins de temps aux contraintes des produits et plus de temps à la planification, au comportement financier et au succès à long terme de leurs clients.

Une évolution déterminante pour les conseillers

Les conseillers ne se demandent plus s’ils doivent utiliser des FNB. Ce débat est clos. La véritable question est maintenant comment les utiliser intelligemment et stratégiquement afin d’améliorer les résultats pour les clients.

À l’Association canadienne des fonds négociés en Bourse (ACFNB), notre mandat consiste à promouvoir l’adoption et la pérennité des FNB canadiens, convaincus que cette structure contribue à rendre les marchés des capitaux plus efficients, plus concurrentiels et plus favorables aux investisseurs. Or, la construction de portefeuilles solides repose d’abord sur une réflexion rigoureuse, ce qui suppose de laisser de côté certains mythes désormais dépassés.

Les FNB ont mûri. Il est temps que le discours à leur sujet fasse de même.

Par Eli Yufest, directeur général, Association canadienne des FNB (ACFNB)