obligations | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/obligations/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Fri, 26 Jun 2026 12:08:17 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png obligations | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/obligations/ 32 32 Les investisseurs étrangers se ruent sur les obligations canadiennes https://www.finance-investissement.com/nouvelles/les-investisseurs-etrangers-se-ruent-sur-les-obligations-canadiennes/ Fri, 26 Jun 2026 12:08:17 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114543 Les investissements mensuels atteignent un niveau record.

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Les investisseurs étrangers ont acheté des obligations gouvernementales canadiennes à un niveau record en avril, ce qui a porté leurs acquisitions totales de titres canadiens à 46,9 milliards de dollars (G$) au cours du mois, selon de nouvelles données publiées par Statistique Canada.

Les achats d’obligations du gouvernement canadien dans son ensemble, et plus particulièrement d’obligations du gouvernement fédéral, ont atteint des sommets historiques en avril. Les investisseurs étrangers ont accru leurs avoirs dans ces catégories d’actifs de 38,5 G$ et de 27,7 G$, respectivement.

« Bien que les investisseurs américains aient été les principaux contributeurs à l’activité d’investissement dans les obligations fédérales en avril, les achats accrus d’investisseurs asiatiques et européens ont également soutenu cette tendance », indique Statistique Canada.

Outre la forte demande pour les obligations fédérales, les investisseurs étrangers ont également acquis pour 10,6 G$ d’obligations provinciales et pour 10,2 G$ d’obligations de sociétés au cours du mois.

Ils ont aussi acheté pour 5,6 G$ d’actions canadiennes, mais ont retiré 7,4 G$ des instruments du marché monétaire.

« Les désinvestissements observés en avril ont principalement touché les effets à court terme du secteur privé, mais ils ont été compensés par des achats de titres du gouvernement fédéral », souligne Statistique Canada.

Du côté des actions, les investisseurs étrangers ont surtout ciblé les secteurs de l’énergie et des mines, où ils ont investi 5,3 G$.

Depuis le début de l’année, les investisseurs étrangers ont ajouté un total de 104 G$ de titres canadiens à leurs portefeuilles au cours des quatre premiers mois, rapporte Statistique Canada.

Alors que les investisseurs étrangers accroissaient leurs avoirs en titres canadiens en avril, les investisseurs canadiens réduisaient leurs placements à l’étranger, diminuant leur exposition aux titres étrangers de 11,4 G$ pendant le mois.

Les investisseurs ont vendu pour 8,4 G$ d’obligations étrangères et pour 3 G$ d’actions étrangères. Ces désinvestissements ont été menés par des ventes de 1,6 G$ d’actions américaines, principalement des titres technologiques à grande capitalisation.

La combinaison des achats soutenus des investisseurs étrangers et de la vente d’actifs étrangers par les investisseurs canadiens s’est traduite par une entrée nette de capitaux de 58,3 G$ dans l’économie canadienne en avril, selon Statistique Canada.

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L’IA redessine déjà le marché du revenu fixe https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/hadiza-djataou/lia-redessine-deja-le-marche-du-revenu-fixe/ Fri, 08 May 2026 10:02:35 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113527 ZONE EXPERTS — En transformant la compétitivité des entreprises, elle influence directement leur profil de crédit et l’évaluation du risque obligataire.

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Quand on parle d’intelligence artificielle (IA), les investisseurs pensent d’abord aux grandes sociétés technologiques et au marché boursier. Pourtant, l’un des effets les plus importants de l’IA pourrait se jouer ailleurs : dans le marché du revenu fixe, et plus particulièrement dans le crédit.

Pourquoi ? Parce que l’IA ne change pas seulement la productivité. Elle change la vitesse à laquelle les écarts se creusent entre les entreprises gagnantes et les entreprises perdantes.

Concrètement, les sociétés qui adoptent bien l’IA peuvent réduire leurs coûts, accélérer certaines tâches, améliorer leur service et prendre de l’avance sur leurs concurrents. À l’inverse, celles qui tardent à s’adapter risquent de perdre rapidement des parts de marché, de voir leurs marges se détériorer et, dans certains cas, de fragiliser leur profil de crédit.

C’est là que le sujet devient particulièrement important pour les investisseurs obligataires.

Pourquoi l’IA compte-t-elle davantage pour le crédit

En actions, une plus grande dispersion entre gagnants et perdants peut être positive. Les grands gagnants peuvent compenser largement les perdants.

En crédit, la logique est différente. Le potentiel de hausse d’une obligation demeure limité : l’investisseur reçoit son coupon et, idéalement, le remboursement du capital à l’échéance. En revanche, le potentiel de baisse peut être important lorsqu’un émetteur se détériore ou fait défaut.

Autrement dit, dans un monde où l’IA crée plus de gagnants… mais aussi plus de perdants, le bilan est souvent moins favorable pour le crédit que pour les actions.

C’est une idée simple, mais centrale : plus la dispersion des résultats d’entreprise augmente, plus le risque de sélection devient critique dans les portefeuilles obligataires.

Une transformation qui peut aller très vite

Ce qui rend l’IA différente des précédentes vagues technologiques, c’est la vitesse d’adoption potentielle. Le coût d’entrée est relativement faible, les outils sont accessibles, et les gains de productivité peuvent être visibles très rapidement.

Dans plusieurs secteurs de services ou de travail intellectuel, des tâches qui demandaient auparavant des jours, voire des semaines, peuvent maintenant être réalisées en quelques heures. Cela veut dire que l’écart entre les entreprises bien préparées et les autres peut se creuser beaucoup plus vite que dans les cycles technologiques passés. Pour les investisseurs en crédit, ce point est crucial. Les marchés obligataires réagissent souvent lorsque la détérioration financière devient visible dans les chiffres : baisse des revenus, compression des marges, hausse du levier, pression sur la liquidité.

Mais si l’IA accélère la perte de compétitivité d’une entreprise, la détérioration économique réelle peut commencer bien avant d’apparaître clairement dans les états financiers. En d’autres mots, les indicateurs traditionnels du crédit risquent parfois d’arriver trop tard.

Tous les segments ne sont pas exposés de la même façon

Certains segments du revenu fixe sont plus vulnérables que d’autres. Le haut rendement est probablement l’un des plus exposés. Ces entreprises ont souvent moins de marge d’erreur, moins de ressources pour investir rapidement et une plus grande sensibilité à la pression sur les flux de trésorerie. Les prêts à effet de levier méritent aussi une attention particulière, surtout lorsque la structure de protection des prêteurs est plus faible.

Dans un environnement où les modèles d’affaires peuvent être remis en question plus vite, les investisseurs ont intérêt à être très sélectifs. Le crédit privé n’est pas à l’abri non plus. Son illiquidité, souvent présentée comme un avantage de rendement, peut devenir un désavantage si la thèse d’investissement change rapidement et qu’il n’existe pas de marché secondaire efficace pour sortir d’une position.

À l’autre extrémité, les obligations de catégorie investissement paraissent mieux placées en moyenne. Les grandes entreprises disposent généralement de plus de capital, de meilleures équipes de gestion et d’une plus grande capacité à intégrer l’IA dans leurs opérations.

Les obligations gouvernementales, elles, ne sont pas directement exposées à ce risque de la même manière. Elles pourraient même retrouver un rôle plus défensif si l’IA accentuait la fragilité de certains segments corporatifs et poussait les banques centrales à soutenir davantage l’économie.

Ce que les conseillers et investisseurs devraient surveiller

L’enjeu n’est pas de devenir des spécialistes de l’IA. L’enjeu est plutôt d’intégrer une nouvelle grille de lecture du risque de crédit. Il ne suffit plus d’analyser seulement le levier financier, la couverture des intérêts ou les échéances de dette. Il faut aussi se demander si le modèle d’affaires de l’émetteur est vulnérable à une vague d’automatisation ou à une baisse rapide des barrières à l’entrée.

Quelques questions simples peuvent aider :

  • L’entreprise repose-t-elle fortement sur des processus manuels ?
  • Son avantage concurrentiel dépend-il surtout de l’information, de l’intermédiation ou d’une main-d’œuvre intellectuelle coûteuse ?
  • A-t-elle la taille, les données et la culture pour intégrer l’IA efficacement ?
  • Son secteur risque-t-il de voir les prix baisser rapidement à mesure que l’IA réduit les coûts ?

Cette réflexion ne mène pas nécessairement à sortir du crédit. Elle mène plutôt à être plus sélectif, à privilégier la qualité, la liquidité et les émetteurs les mieux positionnés pour s’adapter.

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L’OCRI conclut son projet de mise à jour des orientations https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/locri-conclut-son-projet-de-mise-a-jour-des-orientations/ Wed, 01 Apr 2026 12:03:22 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113250 L’organisme a révisé les obligations de contrôle et de supervision des opérations.

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Avec la publication de deux nouvelles mises à jour, l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) met fin à son projet de modernisation de ses orientations relatives aux règles de négociation.

Le 27 octobre dernier, l’organisme d’autoréglementation a publié des versions révisées de ses orientations sur les obligations de contrôle (gatekeeper obligations) et les obligations de supervision des opérations, dans le cadre de ses efforts continus visant à actualiser ses lignes directrices dans ce domaine.

Ce projet, amorcé en août 2025, visait à apporter des modifications non substantielles aux orientations existantes afin d’« en améliorer la clarté et la précision », ainsi qu’à en mettre à jour certains contenus.

Les révisions « contribueront à rendre les orientations plus faciles à repérer et à comprendre pour les courtiers en placement, et à faciliter la conformité » aux règles de négociation, a indiqué l’organisme.

Par exemple, en matière de supervision des opérations, l’OCRI précise que les mises à jour visent à clarifier les exigences imposées aux sociétés pour l’élaboration de politiques et de procédures destinées à prévenir et à détecter les manquements aux règles de négociation — en fonction de leur taille, de leur modèle d’affaires et de leurs activités — tout en offrant des indications supplémentaires sur les moyens de s’y conformer.

L’OCRI a également précisé qu’un petit nombre de notes d’orientation existantes n’ont pas été republiées dans le cadre du projet.

« Ces notes feront soit l’objet de projets réglementaires distincts, lorsqu’elles nécessitent des modifications importantes, soit elles ont été jugées non pertinentes et peu pratiques à mettre à jour », a indiqué l’organisme.

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BMO émet une obligation verte https://www.finance-investissement.com/nouvelles/bmo-emet-une-obligation-verte/ Tue, 24 Mar 2026 11:04:29 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113034 PRODUITS – Afin de financer des projets d’énergie renouvelable, de bâtiments écologiques et d’agriculture durable.

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BMO émet obligation verte d’une valeur de 500 millions d’euros dont le produit servira notamment à financer ou refinancer des projets liés à l’énergie renouvelable, à l’alimentation, à l’agriculture durables, ainsi qu’à la construction écologique.

« Le produit de l’émission obligataire soutient nos clients dans leurs initiatives écologiques, notamment dans des domaines critiques tels que l’alimentation et l’agriculture, et l’énergie renouvelable », explique John Uhren, chef, Finance durable, BMO.

Avec cette obligation qui s’inscrit dans le cadre d’un programme d’émission pluriannuel qui soutient les résultats environnementaux, la firme espère répondre à la demande des investisseurs.

Pour rappel, ce cadre vise un avenir durable, notamment en développant une économie prospère et en renforçant les collectivités. Un objectif qui s’aligne avec la raison d’être de BMO : Avoir le cran de faire une différence dans la vie, comme en affaires.

Le cadre, qui s’aligne sur les Principes applicables aux obligations vertes, les Principes applicables aux obligations sociales, les Lignes directrices applicables aux obligations durables et le Guide sur le financement de la transition de l’International Capital Market Association (ICMA), définit notamment les actifs admissibles dans onze catégories de projets verts, quatre catégories de projets sociaux et trois catégories de projets de transition.

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Lancement d’un fonds d’actif privés diversifiés https://www.finance-investissement.com/nouvelles/lancement-dun-fonds-dactif-prives-diversifies/ Thu, 19 Mar 2026 12:34:09 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112979 PRODUITS — Il s’agit d’une solution multi-actifs et multi-gestionnaires évolutive signée Dynamique.

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Dynamique lance le Fonds d’actifs privés diversifiés Dynamique, une solution multi-actifs et multi-gestionnaires évolutive conçue pour les investisseurs qualifiés canadiens.

En investissant au-delà des actions et des obligations traditionnelles, ce fonds permet de saisir des occasions difficilement accessibles sur les marchés, mais également d’accroître la diversification du portefeuille et son rendement ajusté au risque à long terme.

« Les marchés privés jouent un rôle de plus en plus important dans la construction des portefeuilles modernes, assure Mark Brisley, chef de Dynamique. Le Fonds d’actifs privés diversifiés Dynamique est une solution tout-en-un qui combine le savoir-faire des meilleurs gestionnaires d’actifs privés mondiaux et l’expérience de Dynamique en gestion multi-actifs pour offrir un placement soigneusement diversifié aux investisseurs qualifiés. Il représente l’évolution naturelle de notre gamme élargie de placements alternatifs. »

Géré par l’équipe Gestion multi-actifs de Dynamique, le fonds profite de l’expérience de l’équipe en matière de marchés privés et de son accès à des stratégies sur actifs privés d’envergure mondiale, tout en reposant sur un processus de contrôle diligent rigoureux.

Ce produit, structuré en fiducie à capital variable, a été pensé pour les investisseurs à la recherche d’un portefeuille diversifié d’actifs privés réels de qualité, avec un seuil de placement minimal relativement faible.

Il offre des distributions variables ; les souscriptions sont trimestrielles et les rachats limités, reflétant ainsi la nature à long terme et les caractéristiques de liquidité des marchés privés.

 

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Arrestation de Maduro : les marchés restent de marbre https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/arrestation-de-maduro-les-marches-restent-de-marbre/ Tue, 06 Jan 2026 11:03:33 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111759 Tensions géopolitiques en hausse, réaction financière limitée.

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La capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine a suscité de vives réactions à travers le monde, l’impact sur les marchés financiers semble toutefois nettement plus limité. Les investisseurs semblent détachés face à cet événement dont les conséquences économiques immédiates, notamment sur le pétrole, demeurent limitées.

Une nouvelle absorbée sans heurt

Les marchés mondiaux ont bien absorbé la montée des tensions géopolitiques suivant la nouvelle de l’attaque des États-Unis contre le Venezuela et l’arrestation du président Nicolas Maduro, selon les perspectives du marché de Corpay.

On observe un léger regain d’intérêt pour les valeurs refuges comme le dollar américain, le yen japonais et le franc suisse au détriment des devises plus exposées au risque. Les rendements des bons du Trésor américain ont enregistré un léger recul, signifiant une plus grande demande pour les actifs sûrs.

Le peso mexicain a quant à lui enregistré une baisse d’environ 0,7 % alors que le président américain disait vouloir « faire quelque chose » face aux expéditions de drogue en provenance du Mexique.

Une nouvelle importante pour le marché du pétrole

Étant donné que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, comme le souligne Boursorama, la dernière manœuvre du président Trump a placé les sociétés énergétiques et le marché du pétrole au centre de l’attention.

Toutefois, malgré l’ampleur de ses ressources, la production vénézuélienne représente aujourd’hui moins de 1 % de l’offre mondiale, en raison notamment du vieillissement des infrastructures et d’années de sous-investissement. Et si le président américain promet d’investir pour remédier à la situation, cela prendrait au moins une décennie d’engagement des grandes sociétés pétrolières occidentales dans le pays, selon les dires de Peter McNally, responsable mondial de l’analyse sectorielle chez la firme de recherche Third Bridge, rapportés par Business Insider.

Sur le marché de l’énergie, les deux principales références du pétrole brut, le Brent et le WTI, évoluent en légère baisse. Le brut de référence américain, le West Texas Intermediate (WTI), a reculé jusqu’à 1,4 % en début de séance avant d’évoluer à l’horizontale. Le Brent, référence internationale, affichait également une baisse de 0,8 %, à 60,24 $ US le baril, après avoir cédé jusqu’à 1,2 % plus tôt.

En résumé, malgré l’importance symbolique du Venezuela, le marché pétrolier mondial reste dominé par un excès d’offre.

Pour rappel, le marché pétrolier connaît des pressions depuis déjà plusieurs mois, en raison d’une surabondance de l’offre mondiale.

À long terme, les analystes de Goldman Sachs prédisent un environnement politique plus favorable à l’investissement pétrolier. Toutefois, ces développements sont négatifs pour les prix du pétrole, car toute augmentation soutenue de la production vénézuélienne viendrait s’ajouter à une offre déjà abondante, précisent les experts.

Pour cette raison, le contexte macroéconomique mondial reste largement inchangé, selon Corpay.

Une bonne nouvelle pour les raffineurs américains

Les raffineries américaines spécialisées dans le brut lourd accueillent à bras ouvert la nouvelle de l’arrestation du président vénézuélien, car cela pourrait signifier un redémarrage des exportations vénézuéliennes vers les États-Unis, au détriment de la Chine.

En effet, si le Vénézuéla passait à un régime favorable aux États-Unis, cela devrait conduire à l’abrogation des sanctions imposées par Washington et offrir ainsi un répit au secteur pétrolier vénézuélien. Boursorama rappelle ainsi que les exportations de brut vénézuélien vers les États-Unis en 1997 représentaient 44 % de la production vénézuélienne, selon l’Administration de l’information sur l’énergie.

Entre 2020 et 2022, les exportations vénézuéliennes ont dégringolé à zéro en raison des sanctions pétrolières directes à l’entreprise énergétique publique Petróleos de Venezuela, S.A (PDVSA) imposées par Trump avant de se redresser légèrement par suite de la dérogation accordée à Chevron pour continuer à exploiter ses coentreprises au Venezuela.

Un changement dans les exportations du Venezuela se ferait en grande partie au détriment de la Chine, le principal importateur du pétrole vénézuélien après les sanctions imposées par le président Trump. Si ce dernier a promis que la Chine continuerait de recevoir du pétrole vénézuélien sous un gouvernement dirigé par les États-Unis à Caracas, il a toutefois précisé que cette quantité serait certainement limitée.

Sans compter que selon Reuters, la majorité des importations chinoises de pétrole en provenance du Venezuela sont destinées à des raffineries indépendantes qui acceptent d’ignorer les sanctions à condition d’acheter le pétrole à des prix réduits. Mais si les sanctions sont levées, le pétrole sera vendu aux prix internationaux, ce qui pourrait tarir l’intérêt de ces raffineries.

Envolée des obligations vénézuéliennes

La nouvelle de l’arrestation de Nicolas Maduro a eu un impact particulièrement fort sur les obligations souveraines du Venezuela, en défaut de paiement. Les investisseurs ont ainsi espoir que la dette souveraine du pays connaîtra une grande restructuration.

Les obligations de l’État vénézuélien ont gagné près de 30 %. Les investisseurs espèrent ainsi qu’un nouveau président soit synonyme d’un rétablissement de relations diplomatiques formelles et l’élargissement des licences, notamment pour engager des négociations autour d’une restructuration de la dette, selon les experts rapportés par Reuters.

Pour la suite, l’attention des investisseurs se portera essentiellement sur les décisions de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) en matière de licences, la clarification d’un cadre juridique stable, le calendrier de transition politique au Venezuela et la capacité de PDVSA à améliorer sa gouvernance.

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BlackRock privilégie les actions américaines et les obligations canadiennes en 2026 https://www.finance-investissement.com/nouvelles/blackrock-privilegie-les-actions-americaines-et-les-obligations-canadiennes-en-2026/ Wed, 17 Dec 2025 12:59:34 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111451 La technologie devrait soutenir les actions américaines, tandis que la solidité des finances publiques canadiennes avantage sa dette.

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Les actions canadiennes ont surperformé cette année, en grande partie grâce à la vigueur de l’or, mais pour l’année à venir, le BlackRock Investment Institute recommande une surpondération des actions américaines, tout en maintenant une pondération neutre pour le Canada.

Dans un nouveau rapport, la firme a présenté ses perspectives de placement pour 2026, affirmant demeurer « pro-risque » et enthousiaste envers le secteur technologique, ce qui sous-tend sa recommandation de maintenir une surpondération en actions américaines.

« Nous voyons le thème de l’IA soutenu par de solides bénéfices, des marges résilientes et des bilans en bonne santé chez les grandes sociétés technologiques cotées », indique le rapport, ajoutant que l’assouplissement continu de la politique monétaire américaine et la réduction globale de l’incertitude des politiques publiques appuient également cette position.

Pour le Canada, bien que les rendements boursiers aient surpassé ceux des États-Unis et des marchés développés cette année, ces gains sont concentrés dans le secteur des matériaux, « où les sociétés aurifères représentent environ les trois quarts de l’industrie ».

À l’avenir, toutefois, cette surperformance portée par l’or ne devrait pas se maintenir durablement.

« L’or nous plaît comme diversificateur tactique, avec des moteurs de rendement uniques, mais nous ne considérons pas le métal précieux comme une couverture de portefeuille à long terme », dit BlackRock.

En conséquence, l’institut demeure neutre sur les actions canadiennes, « étant donné la plus faible présence du secteur technologique et les liens commerciaux étroits du Canada avec les États-Unis ».

Bien que l’incertitude liée au commerce « ait diminué par rapport à son sommet », BlackRock voit ce défi continuer de peser sur l’économie et les marchés canadiens, « alors que le pays s’adapte à un environnement commercial mondial en mutation ».

Parmi les facteurs macroéconomiques, la faiblesse du marché du travail, une inflation « persistante » et des tarifs douaniers plus élevés « assombrissent les perspectives », ajoute le rapport.

Les tarifs américains pourraient encore « constituer un frein important » à l’économie canadienne. « Beaucoup dépendra de l’évolution des négociations commerciales Canada–États-Unis, déjà nombreuses cette année, en 2026, particulièrement en vue de la révision de l’ACEUM (Accord Canada–États-Unis–Mexique) prévue d’ici juillet. »

Par ailleurs, même si la Banque du Canada a fourni un certain stimulus monétaire cette année, BlackRock s’attend à ce qu’elle maintienne ses taux inchangés en 2026, « alors qu’elle évalue l’effet des tarifs douaniers ».

Du côté budgétaire, le plus récent budget fédéral, « axé sur le commerce, les infrastructures, la défense et la productivité », pourrait stimuler la croissance et réduire les déficits, mais « dépendra de son exécution et de la capacité d’attirer suffisamment de capitaux privés pour investir 1 000 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années ».

Obligations : avantage au Canada

Malgré les incertitudes, en revenu fixe, BlackRock favorise les obligations du gouvernement du Canada plutôt que les obligations du Trésor américain, « surtout pour les échéances plus longues », notamment en raison de la préoccupation croissante concernant la soutenabilité des finances publiques américaines.

« Nous passons à une sous-pondération tactique des obligations du Trésor américain à long terme, car nous voyons les coûts élevés du service de la dette et les acheteurs domestiques sensibles aux prix inciter les investisseurs à exiger une compensation plus élevée pour le risque associé à la détention de titres à long terme », indique le rapport.

Au Canada, ces pressions structurelles « sont plus faibles », ajoute BlackRock soulignant que la « meilleure position budgétaire » du pays et des perspectives de croissance plus modestes devraient maintenir les rendements à long terme « relativement ancrés ».

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La transparence sur les frais laisse encore à désirer https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-transparence-sur-les-frais-laisse-encore-a-desirer/ Fri, 17 Oct 2025 11:49:58 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110360 Selon un sondage annuel, la clarté des relevés de frais a reculé.

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À l’approche de l’entrée en vigueur du MRCC3 en 2026, les conseillers gagneraient à approfondir leurs discussions sur les frais et à préparer leurs clients à examiner attentivement leurs futurs relevés annuels.

Selon le sondage annuel des investisseurs mené par l’Association des marchés de valeurs et des investissements (AMVI) et Pollara Strategic Insights, la clarté des frais présentés dans les relevés MRCC2 a diminué d’une année à l’autre.

Parmi les 60 % d’investisseurs qui lisent leurs relevés annuels de frais et de rendement, 76 % estiment que ces documents expliquent clairement les commissions de suivi, en baisse par rapport à 79 % l’an dernier et 75 % en 2023. À titre de comparaison, 89 % jugent que le rendement y est clairement présenté.

Tom Bradley, cofondateur de Steadyhand Investment Funds à Vancouver, estime que les frais devraient être placés directement à côté du rendement dans les relevés. « C’est là que les clients vont réellement les voir », soutient-il.

Les discussions sur les frais entre conseillers et investisseurs ont également reculé. Lors de leur dernier achat de fonds, seulement 58 % des répondants ont discuté des ratios de frais de gestion (RFG) et 56 % des commissions de suivi, contre respectivement 60 % et 64 % l’an dernier.

Environ un tiers des investisseurs en fonds communs et en fonds négociés en Bourse se disent peu confiants de bien comprendre combien ils paient en RFG et en commissions de suivi, un résultat que le rapport qualifie de « significatif ».

Tom Bradley souligne qu’il entend souvent : « Mon conseiller me charge 1 % », sans que le client réalise que cela n’inclut pas les frais propres au produit ni les taxes.

Avec le MRCC3, « le secteur franchit une nouvelle étape » vers la transparence totale, souligne-t-il. Les conseillers devraient connaître le coût total réel pour chaque client et pouvoir le communiquer « sans détour ».

Certains craignent que cette transparence fasse croire aux clients qu’ils paient trop, mais, selon Tom Bradley, c’est une erreur. « L’autre côté de la médaille, c’est la confiance. Si vous voulez une relation durable, la transparence sur les frais et la valeur reçue est essentielle », rappelle-t-il.

Il recommande aussi aux investisseurs de poser des questions de suivi à leurs conseillers. « Observez leur langage corporel : s’ils esquivent ou minimisent la question, c’est mauvais signe », prévient-il.

Le sondage de l’AMVI, qui mesure le sentiment des investisseurs depuis 2006, a élargi cette année son champ d’études pour inclure les détenteurs d’actions, d’obligations, de cryptomonnaies et d’autres placements.

Les produits les plus détenus par les ménages canadiens demeurent :

  • les fonds communs (41 %),
  • les actions (36 %)
  • et les CPG (29 %),
  • suivis des FNB (21 %),
  • des obligations (14 %)
  • et des cryptomonnaies (11 %).

L’enquête, réalisée du 8 au 29 juillet 2025, repose sur 5 400 répondants, dont 4 384 investisseurs et 1 016 non-investisseurs.

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Ma première récession : Francis Sabourin et la récession de 1995 https://www.finance-investissement.com/fi-releve/carriere/ma-premiere-recession-francis-sabourin-et-la-recession-de-1995/ Wed, 27 Aug 2025 11:12:42 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=109023 Une récession sur fond de souveraineté et d’incertitude.

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En 1992, Francis Sabourin, a fait son entrée dans l’industrie comme conseiller financier indépendant. Quelques années plus tard, le Québec traverse une période de ralentissement économique, alimentée par les débats sur la souveraineté et la tenue d’un référendum.

« En 1994-1995, c’était ma première vraie récession. J’avais 27 ans. J’ai vraiment vécu de l’incertitude. Je me demandais même si j’allais encore avoir un travail après le référendum. Si le Québec se sépare, est-ce que ce sera l’anarchie ? On n’en avait aucune idée », se remémore celui qui est aujourd’hui gestionnaire de portefeuille principal et conseiller en placement principal chez Patrimoine Richardson.

Si les médias sociaux n’existent pas encore et que les chaînes d’information continue sont alors à peine naissantes au Québec[1], tout le battage médiatique et publicitaire autour de la question de la souveraineté et de la campagne référendaire plombe l’économie de Montréal et de la province.

À l’époque, le développement des affaires est au point mort pour le jeune conseiller.

« Les taux d’intérêt avaient monté jusqu’à 10 %. Sur le marché obligataire, la Bourse avait crashé. Les clients qui avaient déjà investi n’étaient pas contents et ceux qui avaient des liquidités se retenaient parce qu’on ne savait pas ce qui allait se passer. »

Rétrospectivement, il considère avoir sous-estimé l’impact économique du référendum de 1995 au Québec.

« Bâtir une business dans ce genre d’économie-là, c’est difficile. Des gens perdaient leur emploi. Des entreprises fermaient ou transféraient leur siège social ailleurs. »

Néanmoins, il entame des démarches pour l’acquisition d’une maison à l’été 1995, accompagné de celle qui deviendra plus tard son épouse, convaincu que les choses vont s’améliorer.

Une reprise rapide

De fait, la situation se redresse rapidement après le référendum du 30 octobre 1995, qui n’a pas passé.

« Les taux d’intérêt se sont mis à baisser, les obligations ont pris de la valeur, les Bourses se sont mises à remonter du côté canadien. Les entreprises étaient plus à l’aise d’investir et d’engager du personnel. Il y a eu une reprise de l’économie dans son ensemble. »

Sur le plan professionnel, les années suivantes ont été particulièrement fructueuses pour le conseiller.

Les clients existants qui avaient investi, en 1995 ou avant, dans des obligations à long terme à un taux de 10 % sur 30 ans par exemple, ont obtenu des rendements élevés.

« Cela a instauré un climat de confiance, et le reste a suivi naturellement », souligne-t-il.

Sur le plan personnel, c’est aussi après le référendum que Francis Sabourin et sa femme ont finalement acquis leur résidence, « dans le creux du marché immobilier québécois », par pure coïncidence, explique-t-il, « parce qu’on voulait s’acheter une maison et parce que rester en appartement, ce n’était pas notre futur ».

En rétrospective, il admet que c’était une période creuse et stressante, mais qu’elle ne l’a pas poussé à quitter le métier. « Au pire, je me disais qu’il fallait simplement faire preuve de patience », confie-t-il.

« Mais bon, concède-t-il, quand tu es jeune, tu vois moins le risque. Si ça arrivait aujourd’hui, je n’aurais peut-être pas la même réaction. Financièrement, ce n’est pas pareil, je suis plus établi. »

Des leçons, de l’optimisme et de l’expérience

De cette période difficile de sa carrière, il retient plusieurs leçons. « Il faut être audacieux. Il faut persister. À un moment donné, il y a toujours une solution qui finit par apparaître. »

D’après lui, son tempérament optimiste a aussi joué en sa faveur.

« Quand on est un investisseur dans le marché boursier, on a tendance à être toujours plus positif que la moyenne. Quand on est un investisseur dans le marché obligataire, on a tendance à être plus négatif. Moi, j’étais plus un gars de croissance, d’action. Alors, j’ai un tempérament plus positif que la moyenne ou que le marché en général. »

Aujourd’hui, il partage sa vision des marchés avec sa fille Mélissa, 22 ans, qui rejoindra officiellement le cabinet en septembre prochain.

« Je lui ai dit : tu vas apprendre que les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. En moyenne, la tendance est qu’une année sur cinq, ça ne va pas bien, et que quatre années sur cinq, ça va bien. Nous, on a un historique de rendement depuis 17 ans, et on a seulement eu trois années négatives dans nos portefeuilles modèles. »

En terminant, Francis Sabourin estime qu’il est préférable de vivre une récession en début plutôt qu’en fin de carrière, parce que cela forge le caractère et affine aussi la vigilance.

« L’expérience, ça ne s’apprend pas dans les livres, à l’école. […] Les choses vont tellement vite. On le voit bien en 2025, avec les événements et les impondérables qu’on vit tous les jours. Cela dit, une chose demeure : l’économie mondiale grossit année après année. Mais tout fonctionne par cycles. Il faut juste savoir se propulser sans pour autant prendre des risques démesurés. »

[1] Par exemple, la chaîne RDI est entrée en ondes le 1er janvier 1995. La chaîne LCN sera lancée deux ans plus tard.

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Réalignement de l’ordre économique mondial https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/realignement-de-lordre-economique-mondial/ Wed, 18 Jun 2025 10:22:42 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108042 « On est dans une phase de réalignement historique », estime la nouvelle cheffe économiste du groupe BNP Paribas.

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De passage à Montréal (« sa petite enclave européenne » qu’elle connaît fort bien), Isabelle Mateos y Lago, nouvelle cheffe économiste du groupe BNP Paribas, s’est entretenue avec Finance et Investissement sur divers sujets, dont le basculement économique mondial provoqué par le retour de Donald Trump, la fragmentation des échanges commerciaux et l’éveil géopolitique et économique de l’Europe et d’autres régions du globe.

« On est dans une phase de réalignement historique », déclare-t-elle d’emblée. À mi-chemin de l’année 2025, la nouvelle cheffe économiste du groupe BNP Paribas depuis septembre dernier, constate un basculement profond de l’ordre économique mondial.

Alors que les investisseurs anticipaient que le retour de Donald Trump et la mise en application d’un programme America First ouvriraient une nouvelle phase d’exceptionnalisme américain, paradoxalement la réalité a vite déjoué les pronostics, selon Mateos y Lago. « Le dollar s’est affaibli face à la plupart des devises majeures (de 8 % par rapport à l’Euro), les indices boursiers américains sous-performent les indices mondiaux, et les perspectives de croissance des États-Unis ont été revues à la baisse par le FMI et l’OCDE. »

Les réactions aux initiatives de l’administration Trump ont même contribué à renforcer certaines économies. Elle cite en exemple l’Europe qui, sous l’impulsion de l’Allemagne, accélère ses investissements dans les infrastructures, la défense, l’innovation technologique et relance des réformes structurelles. Ces mesures marquent un tournant historique selon l’économiste. « L’Europe se renforce à une échelle qu’on n’avait pas vue depuis les années 1990, avec la réunification allemande et la création de l’euro. »

Ce train de mesures pour compenser la perte des débouchées sur le marché étasunien ne passe pas inaperçu. « Les investisseurs internationaux sont secoués dans leur confiance envers l’exceptionnalisme américain », observe-t-elle. En Asie du Sud-Est, les pays renforcent leurs alliances régionales et cherchent de nouvelles solutions commerciales. L’Inde est courtisée et la Chine, longtemps centrée sur les exportations, accélère sa transition vers une croissance fondée sur la demande intérieure. « Ce n’est pas un retour en arrière, mais une mondialisation redessinée, dopée par le retrait relatif des États-Unis. »

Concernant la guerre tarifaire qui sévit depuis le « Liberation Day » claironné par l’administration américaine, l’économiste estime qu’il ne faut pas surestimer les récentes décisions judiciaires au sujet des droits de douane. « Même si les tribunaux invalident les bases actuelles, l’administration pourra en invoquer d’autres. » Le scénario de dénouement qu’elle anticipe : une stabilisation autour de 12 %, avec une distribution un peu différente d’un pays ou d’un secteur à l’autre, soit un niveau bien supérieur aux 2,5 % d’avant crise. « Ces droits de douane sont un impôt sur les consommateurs et les importateurs américains. Ils freinent la croissance, déplacent les ressources vers des secteurs moins productifs et engendrent des distorsions inefficaces. » L’un des principaux motifs de la mise en place de ces tarifs est de générer des revenus pour financer des baisses d’impôts. « C’est comme prendre dans la poche de Jean pour prêter à Paul, tout ça n’augure rien de bon pour l’économie américaine. »

Garder le cap dans la tempête

Pour les conseillers en services financiers, l’heure est selon elle à la pédagogie, spécialement pour le très court terme et le court terme. « Il y a énormément d’incertitude et de volatilité, aggravées par le fait que depuis avril dernier, le dollar et les obligations du Trésor américain (US Treasuries) ne jouent par leur rôle d’amortisseur dans les portefeuilles avec couverture. » Mais, suggère-t-elle, sur un horizon d’un an et plus le paysage devient plus clair, « dans le contexte d’un scénario d’exceptionnalisme réduit de l’économie américaine, de la remontée en poupe de l’économie européenne et des autres économies qui arrivent à rester intégrées dans l’économie mondiale avec des mesures structurelles qui renforcent leur attractivité. »

Insistant sur son rôle d’économiste (et non d’experte en investissement), elle est d’avis qu’il est néanmoins sage de maintenir une certaine exposition à l’économie américaine, quitte à mieux la répartir. « Ce serait absurde de l’éliminer, mais il faut chercher d’autres moteurs de croissance. » Elle mentionne l’Europe, mais aussi l’Inde perçue comme une alternative crédible à la Chine, et les pays du Golfe qui investissent dans la transition énergétique et les technologies émergentes. « Les grands investisseurs sont encore trop concentrés sur l’Amérique. Il faut commencer à rediversifier. »

En termes de secteurs d’activité, elle juge les services et la technologie moins vulnérables à la guerre commerciale. « Les entreprises actives dans les infrastructures et la défense bénéficieront aussi des plans de dépenses publiques, notamment en Europe. »

Elle rappelle que la patience est de mise malgré la volatilité et que les investisseurs individuels ne doivent pas s’alarmer. « Sur le long terme, il vaut mieux être dans le marché qu’en dehors. » Elle fait remarquer que, dans les circonstances, l’économie mondiale a fait preuve de beaucoup de résilience. Elle observe aussi que les investisseurs institutionnels demeurent calmes, malgré les secousses. « Ils augmentent leurs couvertures contre le risque, mais déplacent peu de capital. Ils restent investis, et ils sont patients. »

Sur le plan des politiques monétaires, elle note une divergence entre la Réserve fédérale américaine (FED) et les autres banques centrales. Tandis que la BCE a abaissé ses taux à huit reprises, la Fed reste sur pause. « Elle est dans une position inconfortable : victime d’un choc inflationniste à venir (dans les prochains mois, voire trimestres), mais aussi sous pression politique constante. » Elle évoque même une perte de crédibilité de la Fed, contrainte de montrer son indépendance avant de pouvoir bouger. « Elle est obligée d’attendre qu’il y ait une détérioration visible des indicateurs, notamment du taux de chômage, avant de pouvoir commencer à abaisser les taux. »

L’économiste a par ailleurs souligné la montée de l’endettement public dans les grandes économies, notamment au pays de l’Oncle Sam. Selon elle, les rendements des obligations américaines à long terme subissent une forte pression en raison de l’augmentation marquée des émissions de dette. « Cette dynamique pourrait engendrer une volatilité accrue à court terme, surtout dans le contexte incertain des négociations budgétaires et de la question de la nomination du futur président de la Fed. »

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