Un homme d'affaire tient un micro et interviewe un autre homme d'affaire
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Patrick O’Connor, chef mondial des FNB, chez Franklin Templeton Investments, dont les bureaux sont situés à San Mateo, en Californie, nous livre des éléments de son plan de match dans un entretien réalisé à la fin de juin.

Finance et Investissement (FI) : Vous avez pénétré le marché canadien avec 10 FNB et vous avez maintenant 0,3 % de part de marché exprimée en termes d’actif sous gestion. Comment s’est passée votre arrivée sur le marché canadien?

Les titres à revenu fixe ne sont plus aussi rentables qu’avant

Vu la complexité des marchés à revenu fixe à l’heure actuelle, la production de rendement de revenu et la gestion du risque nécessitent une gestion active comme celle qu’offrent les FNB de titres à revenu fixe de Placements Franklin Templeton.

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Patrick O’Connor (PO) : Ça a été une très bonne année depuis le lancement de notre premier produit à bêta intelligent (smart beta). Nous avons maintenant 10 produits, des FNB smart beta et des FNB à gestion active. Nous connaissons une bonne croissance.

Par exemple, notre FINB d’actions américaines Franklin LibertyQT (FLUS) est arrivé au bon moment sur le marché. Dans sa construction, ce FNB à bêta intelligent mise sur les facteurs « qualité » et « valeur ». Alors nos clients utilisent ce produit afin de gérer leur risque dans leur portefeuille américain ce qui est utile dans ces périodes de temps volatile.

La littérature académique n’est pas suffisamment intelligente pour cibler un facteur qui est très souvent gagnant. C’est pourquoi nous avons créé des FNB multifactoriels qui misent sur les facteurs les plus prédictifs de rendement à long terme : « qualité » et « valeur ». Nous ne faisons pas de facteurs individuels.

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FI : Pourquoi avoir ciblé le secteur des FNB gérés activement?

PO : Nous voulons utiliser pleinement les capacités de Franklin Templeton en gestion active de titres à revenu fixe, en particulier celles de Franklin Bissett.

Nous croyons que la gestion active est de loin supérieure à la gestion passive et nous avons lancé des produits en ce sens. C’est particulièrement vrai pour les titres à revenu fixe.

Non seulement les indices de titres à revenu fixes ont des failles, mais ils sont tout simplement brisés. Les indices passifs sont bâtis sur la quantité de dettes qui est émise. Les émetteurs qui veulent le plus s’endetter sont les plus gros constituants de l’indice. Or, ce que les investisseurs veulent détenir dans leur portefeuille, ce ne sont pas nécessairement ceux qui ont le plus de dettes. Ils pourraient ne pas être de bonnes entreprises.

Les gestionnaires de portefeuille peuvent faire des choix, qui sont basés sur nos équipes de recherches. Ils peuvent miser sur des secteurs. On peut choisir la quantité de titres provenant d’une entreprise. Les gestionnaires peuvent aussi choisir la duration.

En titres à revenu fixes, notre philosophie chez Franklin Templeton est que le client a besoin de revenu. Alors nous choisissons des titres financiers qui sont de qualité et qui produisent du revenu. Un indice obligataire n’est pas nécessairement focalisé là-dessus.

FI : Expliquez votre stratégie de croissance dans le marché canadien?

PO : Travailler avec les conseillers et aider les conseillers. Nous allons aussi travailler avec les institutions pour qui ça fait du sens.

Nous voulons savoir comment les conseillers utilisent les FNB. La bonne nouvelle est que Franklin Templeton est au Canada depuis des décennies. On a déjà une relation forte avec nos clients et les conseillers. Notre distribution fonctionne bien.

Nous allons faire du marketing. Notre force de vente est déjà très au courant et formée sur la manière d’utiliser nos produits. Et je suis très impressionné parce ce que j’ai vu. Je suis d’ailleurs impressionné par les ventes provenant du Québec.

Cela dit, les conseillers en placements réglementés par l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) représentent un segment de marché que Franklin Templeton n’avait pas beaucoup exploité parce que nous misions davantage sur l’épargne collective et la distribution de fonds commun auprès de membres de l’Association canadienne des courtiers de fonds mutuels. Ces conseillers qui distribuent des titres individuels ou des FNB ne travaillaient peut-être pas avec Franklin Templeton parce que nous n’avions pas les produits qu’ils cherchaient. Maintenant, nous le faisons et nous avons ces produits.

Nous sommes déjà dans le top 15 des manufacturiers canadiens de FNB en termes d’actif et je m’attends à être dans les 10 premiers d’ici un an.

FI : Que répondez-vous aux conseillers qui se demandent s’ils devraient payer plus cher pour avoir des FNB à gestion active ou des FNB à bêta intelligent par rapport à des FNB à gestion passive?

PO : Cela revient à la valeur que vous recevez pour ce que vous payez. Pour les conseillers qui comprennent la valeur de la gestion active, nous aimons dire que ce sont des fonds dont la tarification est au niveau indiciel, mais pour de la gestion active. Nos frais sont de 35 à 45 points de base. C’est extraordinairement faible pour avoir la qualité de la gestion active que nous avons. C’est très concurrentiel.

Pour les FNB à bêta intelligent, nos frais sont de 25 à 55 points de base. Si vous comparez un FNB à bêta intelligent avec un FNB à gestion passive pure, l’écart de frais peut être compensé par le fait que vous ayez une volatilité moindre avec le FNB à bêta intelligent. Les conseillers peuvent mieux gérer la volatilité et c’est une valeur ajoutée pour eux et pour leurs clients.

FI : Quelles tendances vont toucher le marché canadien des FNB?

Le Canada est à l’avant-garde des États-Unis par rapport à certaines tendances. Le marché canadien mène la tendance quant à l’adoption de la gestion active en FNB, la gestion active en FNB de titres à revenu fixe et les FNB à bêta intelligent. La tendance en provenance des États-Unis qui va arriver au Canada est la baisse continuelle des frais de gestion.

FI : Pensez-vous qu’il risque d’y avoir beaucoup de fermetures de fonds, sachant que certains trouvent qu’il y a trop de FNB canadiens?

Il y a actuellement une trentaine de manufacturiers. On va voir une consolidation parmi les manufacturiers de FNB. Par exemple, des firmes nichées qui ont des produits intéressants ont été achetées par des firmes plus importantes aux États-Unis.

C’est très important pour les clients d’aller vers des firmes qui sont dédiées, qui ont une gamme étendue de produits et qui pensent au portefeuille des clients. Par exemple, l’exposition « core » d’un portefeuille et non seulement des produits nichés. Nous sommes ici à long terme et non dans les produits très nichés qui vont avoir du succès seulement à court terme.

FI : De quoi aura l’air le marché canadien des FNB dans cinq ans?

PO : Il y aura plus d’actif sous gestion. La tarte va croître. Il y aura plus de produits. D’ailleurs, nous allons en lancer d’autres. Nous allons lancer plus de FNB de titres à revenu fixe et de FNB gérés activement. Nous croyons à la gestion active dans le revenu fixe.

Le marché canadien est très innovant. Il va y avoir beaucoup d’innovation qui va utiliser les FNB comme emballage (wrapper). Nous aller contribuer à cela. Nous pensons constamment à l’innovation de produits.

L’actif en FNB à gestion active de titres à revenu fixe vont être encore plus important, ce qui fait du sens. Les équipes de gestionnaire ont de bonnes feuilles de route lorsqu’on les compare aux indices de référence.

Aussi, les plus grosses banques vont pénétrer dans le marché ou continuer de le faire. Elles sont ainsi en train de valider ce que nous faisons. Et je crois que vous allez voir plus de partenariats [entre les manufacturiers et les distributeurs].