Homme d’affaires courant sur un pont en forme de flèche vers la lumière.
Eoneren / iStock

Malgré des remous géopolitiques en début d’année, le marché canadien des fonds négociés en Bourse (FNB) commence 2026 en lion. En janvier, les FNB canadiens enregistrent des créations nettes de 22,3 milliards de dollars (G$), battant le record mensuel établi en décembre, et ce malgré une activité habituellement au ralenti en début d’année, selon un rapport de Banque Nationale Marchés financiers (BNMF).

Les FNB de toutes les catégories d’actifs ont enregistré des entrées nettes importantes le mois dernier, à l’exception des FNB de cryptoactifs. L’actif total sous gestion des FNB canadiens s’élève désormais à 744 G$, selon des données de BNMF et de Bloomberg.

Les FNB d’actions dominent

Les FNB canadiens d’actions affichent des créations nettes de 14,6 G$ en janvier, comparativement à 10 G$ en décembre. Les fonds d’actions internationales continuent à mener le bal dans cette catégorie, avec des entrées nettes combinées de 7 G$ dans les marchés mondiaux, développés et émergents.

Les fonds d’actions canadiennes enregistrent 4 G$ d’entrées nettes, tandis que les fonds d’actions américaines attirent 3,4 G$, soit un peu plus qu’en décembre.

Du côté des stratégies, les FNB d’actions pondérés selon la capitalisation boursière dominent les créations nettes (7 G$), suivis par les FNB sectoriels (1,7 G$) et les FNB de dividende (1,5 G$). L’actif sous gestion dans les FNB canadiens d’actions atteint désormais près de 480 G$.

Les matières premières en vedette

« Les FNB canadiens et mondiaux axés sur les matières premières, incluant les métaux de base et le cuivre, ont profité de la solide performance du secteur, qui s’est hissé au premier rang de l’indice composé depuis le début de l’année, devançant le secteur de l’énergie de près de 10 % », signalent les analystes de BNMF Daniel Straus, Tiffany Zhang et Linda Ma.

Les FNB liés aux matières premières ont enregistré 872 M$ d’entrées nettes en janvier, en particulier dans l’or. Parmi les FNB d’actions sectorielles, les fonds qui couvrent les secteurs des technologies (398 M$) et des services publics (317 M$) ont également enregistré des entrées nettes pour le premier mois de l’année.

L’énergie à contre-courant

Les FNB d’actions du secteur de l’énergie — l’un des seuls secteurs à afficher des sorties nettes, avec celui de l’immobilier en janvier — ont subi des rachats nets de près de 200 M$. BNMF attribue ce recul à la chute des prix du pétrole liée aux événements géopolitiques au Venezuela en début d’année, marqués par l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier par les États-Unis.

« Certains investisseurs semblent adhérer à l’idée que le pétrole lourd vénézuélien concurrence les exportations énergétiques canadiennes », indique le rapport de BNMF.

Les FNB d’actions multifactoriels enregistrent des entrées nettes de 377 M$ en janvier. Les investisseurs se sont également tournés vers les FNB mondiaux à gestion active et les FNB de sociétés à petite capitalisation, selon le rapport.

Les FNB ESG en progression

Les FNB ciblant les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) enregistrent 218 M$ de créations nettes en janvier, comparativement à 135 M$ en décembre.

Le fonds XSEM a enregistré à lui seul près de 200 M$ d’entrées nettes, en lien avec la forte performance des marchés émergents, signale BNMF. Les FNB ESG des marchés émergents dominent d’ailleurs cette catégorie en janvier (223 M$), suivis de ceux axés sur l’environnement.

Les FNB ESG axés sur les actions canadiennes sont les seuls de cette catégorie à enregistrer des rachats nets (284 M$).

Appétit pour les FNB de titres à revenu fixe

Les FNB de titres à revenu fixe enregistrent 4 G$ de créations nettes en janvier, soit un peu moins qu’en décembre, ce qui porte l’actif sous gestion dans cette catégorie à 186,5 G$.

La part du lion sur le plan des entrées nettes est allé aux FNB de titres à revenu fixe avec échéances mixtes (broad) avec 2,5 G$ en janvier.

À l’exception des FNB à échéance à très court terme, qui ont enregistré des sorties nettes (77 M$), tous les autres segments affichent des créations nettes, menées par les FNB de titres à rendement réel (578 M$), les FNB à moyen terme (477 M$) et à court terme (403 M$).

Les FNB de titres à revenu fixe qui détiennent des titres canadiens ont dominé les entrées nettes en janvier (1,8 G$), suivis par les FNB de titres à revenu fixe américains et d’Amérique du Nord (1,3 G$). Les FNB obligataires étrangers ont attiré 743 M$, dominés par des fonds à gestion active, précise BNMF.

Les FNB à effet de levier et inverse affichent le deuxième plus fort taux de croissance relative parmi toutes les catégories. Les FNB multiactifs récoltent 1,9 G$ d’entrées nettes, tandis que les FNB de répartition d’actifs engrangent 1,7 G$ de création nette.

Les FNB de cryptoactifs affichent des entrées nettes de 10 M$, comparativement à 121 M$ en décembre, essentiellement dans les FNB Bitcoin à faible ratio de frais de gestion.

Principaux acteurs et produits

En janvier, RBC iShares arrive en tête des fournisseurs pour les créations nettes, avec 7,8 G$, suivi par Vanguard (3,1 G$), BMO (2,1 G$), Fidelity (1,9 G$) et TD (1,7 G$).

Les fonds ayant attiré le plus de créations nettes en janvier sont XEQT, XIU, VEQT, XIC et XSTH. NSCE, XEG et ZCS enregistrent quant à eux les plus importants rachats nets.

Le rythme des lancements de nouveaux FNB canadiens s’est accéléré en janvier 2026 par rapport à décembre 2025, avec 23 nouveaux produits lancés sur le marché. Harvest, CI, Fidelity et AGF ont élargi leurs gammes avec des FNB de répartition d’actifs, de rendement bonifié, de stratégies à options et de fonds thématiques. D’autres fournisseurs ont par ailleurs lancé des FNB à gestion active, des stratégies acheteur/vendeurs (long/short) et des fonds obligataires en devises américaines.