Escargot avançant sur des piles de pièces, symbole d’une croissance financière lente mais stable.
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Le plus récent budget fédéral promet un soutien budgétaire qui devrait générer une croissance additionnelle modeste à court terme, mais qui pourrait, s’il est bien mis en œuvre, accroître le potentiel de l’économie à long terme, selon CIBC marchés mondiaux.

Dans un nouveau rapport, les économistes de la CIBC estiment que les mesures de relance annoncées dans le budget « ajouteront quelques dixièmes de point à la croissance annualisée du PIB réel du Canada au cours des prochains trimestres, pour atteindre environ un demi-point de pourcentage d’ici la fin de 2027, à mesure que les dépenses en immobilisations se matérialiseront ».

« Pour certains, cela paraîtra décevant, mais dans une économie qui, par ailleurs, avance à un rythme de croissance d’environ 1,5 %, chaque dixième de point compte », souligne le rapport.

Le fait que les retombées économiques ne devraient être ni rapides ni importantes s’explique par plusieurs facteurs, note le rapport.

D’une part, le lancement de grands projets de dépenses prend du temps. D’autre part, les provinces jouent un rôle déterminant dans la façon dont la relance fédérale se traduit concrètement sur le terrain.

En effet, le rapport rappelle que, collectivement, les gouvernements provinciaux disposent d’un poids budgétaire supérieur à celui du gouvernement fédéral, de sorte que leurs efforts visant à freiner les déficits pourraient atténuer l’impact des ambitions fédérales.

De plus, ce sont les provinces qui déterminent où une grande partie des dépenses publiques est effectivement engagée, étant donné qu’environ 20 % des dépenses fédérales prennent la forme de transferts aux provinces, souligne le rapport.

« La combinaison d’une politique budgétaire expansionniste l’an dernier et d’un engagement à maîtriser les dépenses de fonctionnement se traduit par une impulsion budgétaire atténuée en 2026, indique le rapport. Le ralentissement des dépenses provinciales se reflète déjà dans les données du PIB et fait en sorte que l’impulsion budgétaire globale constitue un frein au début de l’année en cours. »

Cela dit, l’effet à long terme de l’augmentation des investissements fédéraux pourrait se faire sentir bien au-delà des deux prochaines années.

« Nous estimons que la croissance du potentiel de production à long terme du Canada pourrait être supérieure d’un quart de point de pourcentage », indique le rapport.

Un tel scénario pourrait se concrétiser si les dépenses publiques servent également de catalyseur à un accroissement de l’investissement privé. Une telle dynamique peut se produire « lorsque les infrastructures publiques rendent les investissements privés plus rentables, lorsqu’il existe suffisamment de capacités inutilisées pour mener de front les deux types de projets, et lorsque le mode de financement des déficits et la politique monétaire évitent une compression du coût du capital pour le secteur privé ».

Toutefois, cela dépendra largement de la manière dont les fonds publics seront déployés.

« Les résultats dépendront des projets d’immobilisations financés, de l’efficacité de leur mise en œuvre et de leur contribution précise à la productivité et à la capacité économique. Au-delà des considérations budgétaires, il faudra un cadre adéquat sur les plans réglementaire, commercial et des autres politiques publiques afin de maximiser l’amélioration à long terme des perspectives économiques du Canada », ajoute le rapport.

« Ceux qui espèrent un choc de relance budgétaire seront déçus. Mais ce programme budgétaire s’apparente davantage à une stratégie du type “lentement mais sûrement”, susceptible d’offrir des avantages importants à long terme, plutôt qu’à une flambée de dépenses de courte durée qui s’estompe rapidement une fois les robinets gouvernementaux refermés », conclut-il.