Dans un contexte marqué par plusieurs vents contraires, notamment le ralentissement de la croissance des salaires et la persistance des turbulences commerciales, Fitch Ratings s’attend à un ralentissement de la croissance économique du Canada cette année.
Dans un rapport récent, l’agence de notation prévoit une croissance de 1,1 % en 2026, en baisse par rapport à une estimation de 1,6 % en 2025.
Ces perspectives plus modestes s’expliquent par l’anticipation d’une faible croissance des dépenses de consommation cette année, lesquelles devraient progresser de seulement 0,9 %, contre 2,1 % en 2025. Cette faiblesse s’inscrit dans un contexte d’incertitude commerciale persistante, d’un ralentissement de la croissance démographique et de salaires au point mort.
Fitch Ratings indique que, bien qu’elle estime que le taux de chômage ait atteint un sommet, cette évolution s’explique principalement par la réduction de l’immigration plutôt que par une hausse de la demande de main-d’œuvre.
En effet, « le nombre de travailleurs potentiels dépasse largement la demande totale d’emplois », précise l’agence, qui estime le surplus de main-d’œuvre à environ un million de personnes.
Dans ce contexte, Fitch Ratings s’attend à un ralentissement de la croissance des salaires, « ce qui exercera une pression accrue sur les emprunteurs les plus endettés et à plus faible revenu ».
Sur le plan commercial, Fitch Ratings souligne que « les exportateurs canadiens se sont jusqu’ici bien adaptés aux changements de la politique commerciale américaine ».
Toutefois, même si l’agence s’attend globalement à une moindre volatilité des politiques commerciales cette année, « l’examen à venir de l’ACEUM en juillet constitue une source majeure d’incertitude pour l’économie canadienne, susceptible de peser sur la confiance des entreprises et l’investissement, tout en freinant les plans d’embauche », indique le rapport.
La baisse des taux d’intérêt contribue à réduire les coûts d’emprunt, « ce qui sera bénéfique pour les ménages canadiens fortement endettés », note Fitch Ratings. Malgré cela, les coûts liés à l’endettement devraient demeurer supérieurs à leurs niveaux d’avant la pandémie.
Par conséquent, Fitch Ratings s’attend à ce que la performance des titres adossés à des créances sur cartes de crédit canadiennes « se détériore à court terme en raison du ralentissement économique, de l’incertitude entourant l’examen de l’ACEUM et du niveau élevé d’endettement des ménages ».