Finance et Investissement : Quels éléments distinguent réellement deux fonds négociés en Bourse (FNB) qui suivent un même indice de référence et comment Mackenzie s’assure-t-elle que ses solutions se démarquent ?
Laurent Boukobza : Effectuer une diligence raisonnable avant d’acheter un FNB est primordial. La première étape consiste à vérifier si la stratégie de placement du FNB correspond à l’objectif de placement visé.
Donc, on analyse les titres en portefeuille et la façon dont l’exposition est obtenue : en détention directe, synthétique ou via un autre FNB. On évalue également les potentielles implications fiscales que ces structures peuvent entraîner.
Il est important de consulter la performance historique et de déterminer si cette performance reflète bien la stratégie de placement annoncée.
Dans le cas d’un FNB indiciel, on vérifie à quel point il réplique fidèlement le comportement et le rendement de son indice de référence.
Dans le cas d’une gestion active, on mesure la cohérence entre les rendements obtenus et la proposition de valeur, dans différentes conditions de marché.
Pour un FNB indiciel, il faut évaluer la minimisation de l’écart de suivi et de l’écart de performance. On porte aussi attention à la liquidité du FNB, à la liquidité de la classe d’actif sous-jacente, ainsi qu’aux écarts acheteur-vendeur. Tous ces éléments entrent dans le coût de détention total.
Concrètement pour un investisseur qui achète une exposition et la détient sur le long terme, l’écart acheteur-vendeur à l’achat et à la vente va être moins important que l’impact des coûts récurrents — comme le ratio de frais de gestion (RFG) — au fur et à mesure que la période de détention s’allonge. L’horizon de placement et la situation individuelle de l’investisseur doivent donc être pris en compte.
Avec l’arrivée du MRCC3 (divulgation complète des coûts — ou Total Cost Reporting en anglais), on va vouloir porter une attention toute particulière aux frais explicites, comme le RFG, mais aussi aux frais implicites, comme le ratio des frais d’opérations.
Enfin, un point dont on parle moins : certains FNB étrangers, particulièrement les FNB américains auxquels les investisseurs canadiens ont facilement accès, ne sont pas soumis aux mêmes processus réglementaires de protection que ceux encadrés au Canada par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM). Certains produits ne passeraient peut-être pas les exigences canadiennes, mais sont disponibles parce qu’ils respectent les règles américaines, qui sont différentes. Dans une démarche de diligence raisonnable, cet aspect doit aussi être pris en compte.
Les opinions exprimées sont celles de Laurent Boukobza, vice-président et stratège FNBs pour l’Est du Canada, Placements Mackenzie, en date du 5 décembre 2025, et elles peuvent changer selon la situation des marchés et d’autres conditions.