Une tirelire posée sur un gros tas de billet.
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Chez financière banque Nationale, Nathalie Brunet est membre de l’équipe Brunet Chouinard Giard, qui compte un actif sous gestion de 300 M$. Cette gestionnaire de portefeuille et conseillère en placement n’hésite pas à recourir autant aux fonds négociés en Bourse (FNB) qu’aux fonds communs de placement, mais ces derniers ont nettement sa préférence, car «c’est avec eux que je peux générer plus d’alpha», dit-elle.

Sa clientèle se compose d’entrepreneurs et de professionnels âgés de plus de 40 ans. Fait notable, de 30 % à 40 % de ses clients sont des femmes, une proportion en hausse constante. «Beaucoup de femmes délèguent la gestion de leurs actifs à leur conjoint, constate-t-elle. C’est une chose que j’essaie de changer en éduquant mes clients.»

À ces clients, elle offre un service complet de planification financière en les intégrant dans un réseau de conseil complet qui inclut comptables, notaires, fiscalistes et avocats.

Selon Nathalie Brunet, les marchés sont nettement entrés en fin de cycle. «Beaucoup de rendement a déjà été réalisé depuis le début de l’année, dit-elle. Et, en fin de cycle, il faut être agile. La sélection de titres devient cruciale.»

Elle ne prévoit pas un ralentissement avant 2020, et celui-ci sera probablement léger. Pour l’instant, les États-Unis demeurent sa destination privilégiée, «parce que c’est là que l’argent se fait en ce moment». Toutefois, sa préférence pourrait se déplacer vers les actifs mondiaux d’ici un ou deux ans.

Certains traits communs caractérisent les trois fonds communs qu’elle a retenus dans le cadre de cet article : la capacité de croissance de la valeur du titre et du dividende ; un bilan financier satisfaisant ; un flux de trésorerie en croissance. C’est ce qu’elle appelle «créer de la valeur à long terme».

Le nombre d’années d’expérience du gestionnaire du fonds est un critère majeur. «C’est crucial ! A-t-il traversé au moins une crise dans son parcours ?»

FONDS MONDIAL DE DIVIDENDES – F

Manufacturier : Placements Dynamique

Offre initiale du fonds : mars 2006

Actif sous gestion (ASG) (30 avril 2019) : 2,61 G$

Ratio de frais de gestion (RFG) : 1,11 %

Rendement annualisé depuis la création : 9,3 %

Ce fonds bénéficie d’un mandat mondial avec un biais valeur, puisqu’il mise sur des sociétés sous-évaluées qui versent un dividende. Les titres américains obtiennent la part du lion (65 % du portefeuille), suivis par ceux de la Suisse (10 %) et d’Israël (7,3 %). Les quatre grands secteurs privilégiés sont représentatifs de l’économie américaine : technologies de l’information (29,9 %), consommation discrétionnaire (17 %), industries (15,9 %) et soins de santé (9,1 %).

Le gestionnaire principal, David Fingold, satisfait à une exigence prioritaire de Nathalie Brunet, puisqu’il est en poste depuis la création du fonds, il y a 13 ans. «Il a une gestion active très différente de son indice de référence par sa composition de secteurs et de titres», commente-t-elle.

Chose remarquable, le portefeuille est très concentré et ne compte qu’environ 25 titres, ce qui plaît tout particulièrement à la conseillère. «La sélection de titres, par une méthode ascendante et rigoureuse, et la préservation du capital font partie de mon ADN.»

Tout cela donne une feuille de route exemplaire. En 2018, alors que le S&P/TSX fléchissait de 7 %, et le S&P 500, de 6 %, le fonds de Dynamique affichait un rendement annuel de 6,14 %. Le fonds a d’ailleurs enregistré des rendements spectaculaires certaines années, comme en 2013 (30,3 %), en 2015 (23,7 %) et en 2017 (23,4 %). «Et la résistance à la baisse du fonds est très bonne, un facteur important en fin de cycle», fait ressortir Nathalie Brunet.

Ce fonds prend place au coeur de tous les portefeuilles de la gestionnaire. Seule la pondération change selon le profil du portefeuille.

FONDS D’ACTIONS AMÉRICAINES – F

Manufacturier : Banque Nationale Investissements (BNI)

Offre initiale du fonds : décembre 2013

ASG (5 juin 2019) : 177,5 M$

RFG : 1,12 % (0,7 % pour les clients de Nathalie Brunet)

Rendement annualisé depuis la création : 18,2 %

Nathalie Brunet peut sembler prêcher pour sa paroisse avec ce fonds. «Mais même si j’étais à l’extérieur de BNI, je l’achèterais quand même, se défend-elle. On a ici une offre vraiment concurrentielle.»

Nadim Rizk est un vétéran qui compte 20 ans d’expérience, dont 10 ans à titre de gestionnaire chez Fiera Capital, où il est responsable de ce fonds depuis sa création. Ici encore, Nathalie Brunet trouve une sélection de titres très disciplinée et une forte concentration, avec moins de 30 titres en portefeuille. «J’exerce ce métier depuis 20 ans, et je trouve que ce sont les portefeuilles les plus concentrés qui donnent la meilleure performance à long terme», souligne-t-elle.

Nadim Rizk «n’achète pas des titres en Bourse, mais des sociétés», juge la gestionnaire. Indifférent aux composantes macroéconomiques, il cherche des titres qui surperforment à long terme dans un environnement volatil.

De tels attributs valent à ce fonds une place privilégiée dans les portefeuilles de Nathalie Brunet. Le gestionnaire du fonds a non seulement résisté à tous les marchés baissiers depuis qu’il a pris en charge son mandat, mais sa performance à ce jour, soit 18,2 %, se distingue nettement.

TD NORD-AMÉRICAIN DE DIVIDENDES – F

Manufacturier : Gestion de placements TD

Offre initiale du fonds : janvier 2007

ASG (5 juin 2019) : 1,5 G$

RFG : 0,89 %

Rendement annualisé depuis la création : 6,84 %

«Je n’ai pas tendance à choisir mes fonds selon les cotes Morningstar, dit Nathalie Brunet, mais il vaut la peine de noter que ce fonds a remporté cinq étoiles pour son parcours sur 3, 5 et 10 années. C’est un fonds no-brainer, que j’ai dans tous mes portefeuilles. Tout le monde veut un fonds comme ça en fin de cycle, mais même en période de croissance, il performait.»

Avec ce produit, Gestion de placements TD dit avoir créé un des premiers fonds nord-américains de dividendes au Canada. TD souligne que les titres de dividendes de haute qualité ont historiquement surperformé le marché général, et avec une volatilité moindre. Et la sélection des titres est impeccable, juge Nathalie Brunet, puisque la croissance annualisée du dividende a été de 11 %.

Ici encore, des rendements intéressants se conjuguent à une résistance à la baisse exemplaire. Depuis 2010, le rendement du fonds n’est jamais tombé en territoire négatif et a atteint certains niveaux spectaculaires, notamment en 2013 (31,46 %) et en 2014 (18,42 %).