Yan Barcelo est journaliste indépendant. Il collabore à Finance et Investissement depuis 1998.
Yan Barcelo est journaliste indépendant. Il collabore à Finance et Investissement depuis 1998.
Le déplacement est important, massif même. De 1995 à 2013, dans sept pays développés, la part des actifs alternatifs dans le portefeuille des caisses de retraite est passée de 5 à 19 %, selon le rapport Global Pension Assets Study 2013, de Towers Watson. Au Canada, la proportion actuelle est de 23 %, aux États-Unis, de 20 %.C'est en Suisse que le pourcentage est le plus élevé, soit 30 %, et au Japon qu'il est le moins élevé : 7 %.À la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui se classe parmi les 10 plus importantes caisses du monde, selon un classement de Towers Watson, l'alternatif occupait 27 % du portefeuille à la fin de 2011, et pourrait très bien augmenter jusqu'à 33 % au cours des prochaines années, selon Roland Lescure, premier vice-président et chef des placements de la Caisse.
Les produits financiers dérivés sont un élément essentiel de la crise de 2008. À peu près tous les observateurs leur reconnaissent un rôle important. Pour certains, ils sont la cause de la crise, pour d'autres, ils ne sont qu'un facteur périphérique parmi d'autres.Pour caractériser leur rôle, il faut peut-être inverser la question : y aurait-il eu crise sans les dérivés ? À peu près tout le monde s'entend pour répondre «non».
Le risque a toujours pesé sur le monde financier. À la Renaissance, à l'époque des banques Bardi et Medici par exemple, un grand risque pesait sur les lettres de crédit qui devaient faire le trajet de Florence à Amsterdam sans être volées, brûlées ou perdues.Pour gérer un tel risque, on avait recours au bon vieux principe de la diversification : on répartissait les lettres entre plusieurs coursiers !
On les a tous vus défiler au lendemain de la crise financière. Le plus présent : le risque de marché. Le plus fâcheux : le risque de solvabilité. Le plus original : le risque systémique. Et plusieurs autres : le risque de crédit, de change, de taux d'intérêt, etc. Et puis, le plus inattendu : le risque de pays.C'est un risque qu'on a vu surgir ici et là au cours des 30 dernières années, que ce soit en raison de l'endettement des pays d'Amérique latine en 1980 ou lors de la crise asiatique en 1997.
«Le secteur financier est un immense consommateur de technologies», constate Claude Séguin, vice-président principal, développement de l'entreprise et investissement stratégique, Groupe CGI.«Dans ce secteur, rien ne fonctionne sans être rattaché à de la technologie, poursuit-il. Et cela ne fait qu'augmenter avec la diffusion d'Internet et des applications mobiles. Pour leur survie, les institutions financières doivent constamment composer avec des plateformes technologiques.»
Rien n'est gagné encore pour l'économie américaine, mais celle-ci a souvent montré une surprenante capacité de surprendre et de rebondir. C'est ce que certains changements de tendances de fond laissent présager à nouveau.Deux de ces tendances sont de l'ordre de ce que plusieurs commentateurs appellent des game changers (renversement de jeu). La première tient à la remontée spectaculaire - et totalement imprévue - de la production énergétique aux États-Unis, tant en gaz, bien sûr, qu'en pétrole. «Cette abondance énergétique fait la manchette depuis un an, rapporte Carl Robert, vice-président et cochef des placements de Sigma Alpha Capital, à Montréal. On pense que les marchés commencent à en tenir compte, mais en sous-estiment encore la portée.»
Dans un ouvrage paru récemment, The Real Retirement, Fred Vettese, actuaire en chef chez Morneau Shepell, et Bill Morneau, président exécutif, ne souscrivent pas à l'idée qu'une crise secoue actuellement le monde de la retraite (voir l'article «Crise de la retraite ? Vraiment ?» dans notre édition de février).Au passage, les deux coauteurs déboulonnent quelques mythes sur la planification de cette étape de vie, dont la fameuse règle des 70 % des revenus de préretraite.
Au cours des dernières années, les investisseurs ont bénéficié d'une solide croissance des fonds de placement immobilier (FPI) du secteur des appartements multi-locatifs.Cependant, on voit émerger, notamment au Canada, un nouveau segment de FPI résidentiels qui acquièrent par milliers des résidences ayant fait l'objet d'une saisie immobilière (distressed properties ou foreclosures) au sud de la frontière. Tendance à long terme ou coup d'argent vite fait ?
Tant de spécialistes en gestion de risque, tant de modèles de valeur à risque, tant de mesures de conformité. Pourtant, le risque était tel que tout était au bord de l'effondrement en 2008, n'eût été le sauvetage in extremis des contribuables.Y a-t-il un défaut fondamental à toute cette structure bancaire qui s'est alors écroulée comme un château de cartes ? Une explication possible : au cours des 20 dernières années, les banques sont passées d'un modèle de crédit prédominant à un modèle fiduciaire, avance Robert Pouliot, chargé de cours à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM (ESG-UQAM) et responsable de FidRisk, un organisme qui se spécialise dans l'étude du risque fiduciaire.
«Nous sommes avant tout gestionnaire d'émotions», soutient Hélène Gagné, gestionnaire de portefeuille et planificatrice financière chez PWL Capital, à Montréal. «Il faut avoir de l'empathie, poursuit-elle, mais aussi avoir le leadership nécessaire pour aider les clients à surmonter leurs émotions.»Il ne faut pas oublier, ajoute-t-elle, que 2008 a été la pire période depuis la Grande Dépression. Aucun client, aucun conseiller non plus, n'avait vécu une telle crise.