L'adoption étendue des technologies numériques chez les conseillers indépendants accuse un retard, selon certains observateurs. Les assureurs de personnes feraient-ils partie de la solution ... ou du problème ?Selon trois agents généraux contactés par Finance et Investissement, la proportion des conseillers indépendants passés au numérique ne dépasserait pas 25 % à 30 %.
FI RELÈVE - Les apprentis conseillers des secteurs des valeurs mobilières et de l'épargne collective devraient suivre une démarche de stages supervisés semblable à celle qui prévaut en assurance de personnes, selon l'Association professionnelle des conseillers en services financiers (APCSF). En assurance de personnes, les recrues font des stages de trois mois au cours desquels les transactions doivent être approuvées par leurs superviseurs.
Les autorités de réglementation européennes s'intéressent de près aux fonds communs de placement qui se disent gérés de façon active, mais qui se contentent de coller aux indices. Selon l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), le pourcentage de ces fonds présentés faussement comme étant actifs (closet index funds, en anglais) s'établit entre 5 % et 15 % des fonds distribués en Europe. L'enquête de l'AEMF a porté sur un échantillon de 2 600 fonds entre 2012 et 2014. L'AEMF, qui coordonne les mesures prises par les autorités de surveillance des valeurs mobilières des membres de l'Union européenne, juge que cette pratique nuit aux épargnants, car ces produits ne correspondent pas aux prospectus. De plus, leurs frais sont plus élevés que ceux des fonds indiciels, eux aussi gérés de façon passive (http://tinyurl.com/hvxnyrz). Toutefois, ces faux fonds actifs en sont à leurs derniers milles, en raison de la publicité de plus en plus importante faite autour d'eux, selon le site britannique International Adviser (http://tinyurl.com/zt6khan). Le journal The Irish Times signale que les régulateurs de l'Irlande, du Royaume-Uni, du Danemark, de l'Allemagne, du Luxembourg et de la Suède sont en train d'étudier la question (http://tinyurl.com/go27424).
Plusieurs fonds communs de placement (FCP) soi-disant gérés activement ne seraient que des fonds indiciels déguisés. Ils sont surnommés en anglais closet index funds puisque la stratégie de leurs gestionnaires revient à reproduire, à un degré élevé, la composition des indices de référence. Selon une étude publiée en 2013, le tiers de l'actif des FCP aux États-Unis se trouverait dans ces fonds. Cependant, comme ils sont pilotés par des gestionnaires, leurs frais sont plus élevés que ceux des «vrais» fonds indiciels. Cette étude signale que les rendements des fonds indiciels déguisés sont inférieurs de 1 point de pourcentage environ à ceux des vrais fonds indiciels à cause des frais de gestion et d'administration (http://tinyurl.com/zvl6573). Et c'est là où le bât blesse. D'après une étude récente, les conseillers américains qui recommandent ces closet index funds pourraient en payer le prix. Ils s'exposeraient à des poursuites judiciaires pour des motifs d'affirmations mensongères, de pertes de revenus et d'infractions au devoir de responsabilité fiduciaire en vertu du Securities Act et du Investment Company Act (http://tinyurl.com/hdtjw94).
Peter Thiel est l'un des rarissimes entrepreneurs techno à avoir appuyé la candidature de Donald Trump aux présidentielles américaines. Ce cofondateur de PayPal, administrateur de Facebook et investisseur majeur dans Palentir (spécialiste des mégadonnées pour les services secrets américains) est devenu la voix de la Silicon Valley à Washington. Peter Thiel a écrit Zero to One, la «bible des affaires» de la Silicon Valley selon le Washington Post. Traduit en français sous le titre Zéro à un, ce livre développe la thèse que la stagnation technologique régnerait aux États-Unis. Les innovations actuelles se limiteraient aux ordinateurs personnels, et rien d'important ne se ferait dans les domaines vraiment importants comme la santé (pour combattre la mortalité) et les transports (pour rejoindre d'autres planètes). «On voulait des voitures volantes, on a eu 140 caractères», lance-t-il. Loin de se lamenter, Peter Thiel veut inspirer les innovateurs de demain. Il y réussit, et de façon dynamique, en préconisant l'audace, la créativité, le développement de produits uniques et la recherche d'une position monopolistique dans le marché. Il souligne l'importance stratégique des ventes. Car sans méthode de vente efficace, dit-il, un bon produit se retrouvera fatalement au cimetière des bonnes idées.
Les techniques raffinées d'exploitation des mégadonnées (Big Data) sont en train de changer nos vies. Composé de 45 mini-études de cas de quelques pages chacune, ce livre donne une idée des résultats obtenus dans un domaine en pleine ébullition. Le vocabulaire est simple, l'auteur va droit au but. La plupart des cas portent sur des multinationales américaines, bon nombre en technologies de l'information (LinkedIn, Microsoft, etc.) On constate que Walmart suit avec succès les conversations sur les médias sociaux afin de détecter ce que les consommateurs pourraient acheter. Uber examine les conditions routières et les disponibilités des transports en commun en temps réel afin de déterminer le prix des courses et de maximiser le temps des conducteurs de leurs voitures. Les douaniers américains utilisent un système qui capte les mouvements des yeux et des pupilles (jusqu'à 250 mouvements par seconde) afin de repérer des indices de comportements illégaux. Puisque rien n'est parfait, regrettons l'absence d'études de cas en services financiers et en santé.
La Financière Sun Life a mis en marché sa «nouvelle génération» de produits d'assurance vie afin de tenir compte des nouvelles règles fiscales de 2017. Les produits avec participation comportent ainsi des périodes de paiement plus courtes. Les primes de la nouvelle Vie Accélération Sun Life avec participation sont payables en huit ans. Cette protection, qui s'adresse aux clients aisés ayant entre 30 et 50 ans, peut être souscrite jusqu'à 65 ans (http : //tiny.cc/7q6shy). Les nouvelles Vie Protection Sun Life avec participation II et Vie Capitalisation Sun Life avec participation II peuvent quant à elles être payées en 10 ans. Ces deux derniers produits disposent de trois options de paiement des primes et de cinq options de participation. La limite d'âge à l'établissement est de 85 ans (http : //tiny.cc/2c7shy). Par ailleurs, la nouvelle Vie universelle Sun Life II comporte une option inédite de capital-décès, «Montant d'assurance uniforme plus coût de base rajusté», qui permet aux clients de maximiser la valeur de leur entreprise. Ce produit inclut un nouveau portefeuille visant à mieux gérer la volatilité des marchés, le Compte diversifié Sun Life (http : //tiny.cc/hg7shy). La compagnie présente sa nouvelle option de coût de l'assurance basé sur les taux d'une Temporaire renouvelable annuellement (TRA) jusqu'à 70 ans comme une «première sur le marché». Elle vise à «sécuriser» les clients retraités qui bénéficieront du plafond de provisionnement avec contrat de base libéré à 70 ans.
RBC Assurances relance Quantum, une assurance invalidité dont les ventes avaient été suspendues en juin 2012 en raison du «contexte économique et réglementaire». Depuis, la distribution de Quantum était limitée au marché de l'assurance individuelle demandée par l'intermédiaire des régimes d'avantages sociaux des employeurs. Ce produit s'adresse notamment aux professionnels non salariés et aux personnes rémunérées à l'acte ayant entre 18 et 60 ans. Il est à renouvellement garanti jusqu'à l'âge de 65 ans. Les primes sont nivelées ou à taux progressif. Le «Guide du conseiller» de RBC précise que l'assureur peut changer les primes pourvu que la modification s'applique «à tout un groupe de titulaires présentant certaines qualités communes». La version à taux progressif s'adresse aux professionnels ayant au plus 35 ans : la prime initiale est payable pendant cinq ans ou jusqu'à l'âge de 30 ans, après quoi la prime atteint son niveau optimal (http : //tiny.cc/aruthy). Les périodes d'indemnisation sont de 2 ans, 5 ans ou jusqu'à l'âge de 65 ans. Les délais de carence sont de 30, 60, 90, 120, 180, 365 et 730 jours.
À quoi ressembleront les robots-conseillers de demain ? La Australian Securities and Investments Commission (ASIC) en donne une certaine idée dans un guide de réglementation qui s'adresse aux exploitants de ces robots (http://tinyurl.com/jrvcb6h). Ceux-ci auront l'obligation de surveiller et de tester les modèles algorithmiques. Ils devront avoir du personnel capable de les comprendre et de les expliquer. De plus, ces exploitants devront démontrer que les tests sont effectués de façon régulière. Des échantillons devront être produits afin d'évaluer la qualité des services fournis dans l'optique du «meilleur intérêt» des clients. Les tests auront également pour but de garantir que les robots-conseillers s'adressent uniquement aux clients «appropriés» pour leurs services. En effet, l'ASIC juge que les robots-conseillers ne conviennent pas à tous. Au moins un gestionnaire devra avoir les compétences et les certifications requises par l'exercice de la profession de conseiller. Voilà qui laisse de la place à l'imagination des avocats, mais qui montre en même temps une tendance de fond chez les autorités de réglementation du monde anglo-saxon : le champ d'action des robots-conseillers sera encadré et leurs promoteurs seront tenus pour responsables en cas d'erreurs.
Plus de 10 ans après avoir commencé à faire affaire avec des conseillers, les plus de 60 ans sont en meilleure situation financière que les têtes blanches et grises qui préfèrent se débrouiller seuls. Selon des chercheurs américains, cette conclusion, qui se base sur une des très rares études longitudinales appliquées à l'univers des plus de 60 ans, s'explique par l'influence des conseillers. Essentiellement, ces derniers arrivent à convaincre leurs clients de maintenir une proportion plus élevée d'actions dans leur portefeuille (http://tinyurl.com/j3vmn8h). D'après une autre étude des mêmes chercheurs, les plus de 60 ans sont davantage portés à consulter un conseiller lorsqu'ils sont en deuil de leur partenaire de vie (notamment parce qu'ils ne peuvent plus compter sur les conseils du défunt). Dans ce contexte, les auteurs suggèrent que les conseillers pourraient mettre en valeur leur rôle d'éducateurs en matière de finances personnelles, car ces clients seraient alors davantage à l'écoute (http://tinyurl.com/jve7hpa).