L'Australie est à l'avant-garde de la réglementation sur les conseillers-robots. L'Australian Securities and Investments Commission (ASIC) a publié récemment un guide réglementaire appelé RG 255 qui en définit les paramètres (http://tinyurl.com/jrvcb6h). En gros, l'ASIC demande que les firmes propriétaires des conseillers-robots puissent comprendre, expliquer et tester les algorithmes à l'oeuvre. L'ASIC demande que ces firmes reconnaissent que ces machines ne sont pas faites pour tout le monde. La firme australienne de logiciels Decimal a réagi en publiant un intéressant document de réflexion (http://tinyurl.com/hv6kn7j). Selon Decimal, le guide RG 255 peut prévenir d'éventuels scandales dans la fourniture des services des conseillers-robots. Car dans des situations stratégiques, dit Decimal, l'ASIC serait plus exigeante envers les nouveaux modèles numériques qu'elle ne l'est envers les conseillers traditionnels. Decimal ajoute que l'encadrement de l'ASIC stimulera la demande en conseil fourni en personne. «L'industrie se rend compte qu'il y a de la place pour un modèle hybride qui combine le numérique et le conseil traditionnel», précise Decimal.
Début décembre, les opposants à la distribution sans représentant sur Internet ont reçu un gros cadeau de Noël : une étude d'Option consommateurs qui recommande l'intervention obligatoire de conseillers en sécurité financière pour l'achat en ligne de produits d'assurance de personnes.Option consommateurs est régulièrement invité par les médias québécois à se prononcer sur les questions de l'heure en finances personnelles et a une voix qui résonne.
Depuis 2008, la persistance des bas taux d'intérêt force périodiquement les assureurs à relever les taux des produits à long terme. Le 28 décembre dernier, c'était le tour d'iA Groupe financier d'augmenter les taux des produits d'assurance vie permanente. Touchant principalement les polices de 100 000 $ et plus, les primes des produits payables à vie V100 ont augmenté en moyenne de 6 %, par rapport à 5,3 % pour les T100. Les produits à paiement rapide V10, V20 et V65 ont subi des hausses moyennes respectives de 3,4 %, 5 % et 1,1 %, qui touchent majoritairement les moins de 20 ans. Et puisqu'ils comportent des garanties à long terme, les produits hybrides n'échappent pas à cette révision. Ainsi, Duo Vie et Santé - Enfant ainsi que Vie et Sérénité 65 ont connu des hausses moyennes respectives de 7,8 % et de 9,8 %. Toutefois, iA a abaissé les primes des produits d'assurance vie temporaire afin «de demeurer compétitif dans ce créneau». Les T15, T20, T25, T30, T35 et T40 affichent des diminutions moyennes de 0,3 %, 2,1 %, 0,9 %, 2,1 %, 2,1 % et 1 %. Le statu quo est maintenu dans le cas des T10.
La Financière Foresters a ajouté à son portefeuille une nouvelle ligne d'assurance vie entière sans participation. Cette gamme se décline en trois options : traditionnelle (avec primes payables sur 20 ans ou jusqu'à l'âge de 100 ans) ; simplifiée (avec paiement de primes jusqu'à l'âge de 100 ans) ; et pour enfants (primes payables sur 20 ans). Rappelons que Foresters a éliminé en novembre son unique produit d'assurance vie universelle, appelé Passeport. Cet assureur ontarien devient de plus en plus généraliste, lui qui a longtemps visé le marché des familles à revenus moyens. Au début de 2015, Foresters avait rebaptisé son produit d'assurance vie entière avec participation afin de mieux rejoindre la clientèle d'affaires : VieFamille était alors devenu Avantage Plus. En mai 2016, Foresters a acquis les gestionnaires d'actif Aegon Capital Management et Aegon Fund Management, rebaptisés depuis Foresters Asset Management et Foresters Financial Investment Management Company of Canada. La direction de Foresters dit vouloir accroître «considérablement» ses affaires canadiennes au cours de la prochaine décennie.
De 2015 à 2024, il y aura environ 1,2 million d'actes de transmission du patrimoine entre générations au Canada. Ces transferts de patrimoine représentent près de 800 G$. C'est en évoquant ces statistiques-chocs d'Investor Economics que Canada-Vie a mis en marché, à la mi-novembre, la Police avec protection du patrimoine de la Canada-Vie. Cette police de fonds distincts est destinée aux clients ayant entre 80 et 90 ans, et comprend une prestation de décès immédiate de 100 %. La prime initiale est de 10 000 $. Les options de placement comportent un choix de 19 fonds distincts. La police permet d'avoir un co-rentier, de sorte que les décisions initiales seront valides jusqu'au dernier décès. Le «Guide à l'intention des conseillers» indique que cela «peut se révéler moins compliqué et moins cher que l'établissement d'une fiducie ou la modification du testament». Par ailleurs, les options de règlements permettent de déterminer comment l'argent sera versé aux héritiers : montant forfaitaire, revenu mensuel la vie durant, revenu mensuel pendant un nombre d'années déterminé ou une combinaison de ces trois options.
L'Assomption Vie a lancé le 30 novembre un Programme pour clients privilégiés qui prévoit une remise sur les frais de produits de placement et de retraite allant jusqu'à 10 points de base (pdb), selon la valeur marchande et la catégorie d'actifs. Assomption Vie a établi l'admissibilité à son programme à un actif minimum de 50 000 $, alors que ses concurrents exigent un seuil de 100 000 $, certains même de 300 000 $. Ainsi, pour les actifs de 50 000 $ à 99 999 $, les frais des fonds d'actions et de portefeuilles (wrap) seront réduits de 5 pdb, comparativement à 2,5 pdb pour les fonds d'obligations. De 100 000 $ à 249 999 $ d'actif, les frais des fonds d'actions et de portefeuilles sont abaissés de 7,5 pdb, et ceux des fonds d'obligations, de 5 pdb. Finalement, si l'actif dépasse 250 000 $, les frais diminueront alors de 10 pdb dans le cas des fonds d'actions et de portefeuilles, et de 7,5 pdb pour les fonds d'obligations. L'assureur acadien précise que ces rabais sont pleinement automatisés et qu'il n'y a aucun formulaire à remplir.
Le bitcoin est une monnaie virtuelle qui échappe au contrôle des banques centrales. C'est aussi la monnaie d'échange du trafic de la drogue et d'à peu près tous les produits et services illégaux qui ne peuvent pas être vendus sur les Kijiji et eBay de ce monde. On peut trouver ces produits et services illicites grâce au fureteur Tor (http://tinyurl.com/3esme2n), le Google de l'Internet de l'ombre (Darknet en anglais). Lancé en 2002, Tor protège efficacement l'anonymat de ses utilisateurs, ce qui en fait un favori des journalistes d'enquête, des militants politiques (comme en Syrie), des dénonciateurs publics tels qu'Edward Snowden... et des criminels. Selon une enquête universitaire, environ le tiers des produits et services repérables grâce au fureteur Tor sont carrément illégaux. Les drogues et les médicaments (amphétamines, Viagra, etc.) arrivent en tête, suivis des services financiers criminels (blanchiment d'argent, cartes de crédit volées, fausse monnaie). Les sites de pornographie «extrême» et les sites de vente d'armes complètent cet inquiétant tableau d'un monde où l'on trouve littéralement de tout, y compris la location de services de tueurs à gages. La plupart des transactions effectuées sur Tor se règlent en bitcoins, observent les chercheurs (http://tinyurl.com/j5adthu).
Vous avez de la difficulté à vous faire une idée sur le bitcoin ? Dites-vous que vous n'êtes pas le seul. Une recherche montre que même les journaux spécialisés ne savent pas comment en parler. Entre la naissance du bitcoin en 2009 et l'année 2015, cette monnaie virtuelle a reçu pas moins de 112 étiquettes différentes dans la presse britannique, dont certaines sont contradictoires, telles que «monnaie privée», «cryptomonnaie», «actif» et «marchandise» (http://tinyurl.com/hr3nqh2). Selon un article de synthèse paru dans The Consumer Finance Law Quarterly Report, il faudra attendre deux ou trois ans avant que les retombées du bitcoin touchent l'industrie des services financiers (http://tinyurl.com/zg63fgp). Toutefois, ce n'est pas cette monnaie cryptographique qui bouleversera l'industrie, mais la technologie qui la sous-tend. Appelée blockchain (littéralement, chaîne de blocs, ou registre des transactions), cette technologie protège mieux l'identité des utilisateurs et sécurise davantage les transactions en ligne, indiquait un rapport récent du Sénat canadien (http://tinyurl.com/jx5zqmy). D'ailleurs, un consortium international de recherche qui regroupe une cinquantaine de grandes sociétés financières - nommé R3 - étudie actuellement des façons d'utiliser la technologie dans l'industrie. Parmi les membres de R3, on trouve des géants tels que Credit Suisse, Goldman Sachs, JP Morgan, la Royal Bank of Scotland, State Street et UBS. La Banque du Canada participe aussi à certaines expériences du consortium.
L'agence américaine de perception d'impôts, l'Internal Revenue Service (IRS), est sous le feu d'une critique incessante qui met son fonctionnement en péril. Son responsable, le démocrate John Koskinen, dernièrement menacé de destitution (impeachment), a passé trois heures et demie éprouvantes lors de sa comparution devant un comité de la Chambre des représentants (http://tinyurl.com/gwaxklo). Le commissaire de l'IRS a surmonté cette épreuve et a conservé sa place. Toutefois, son service est la cible de compressions continues, le budget étant en baisse de 17 % depuis 2010. C'en est au point où l'on ne répond pas à 90 % des appels des contribuables (http://tinyurl.com/jyeb493). Selon une étude d'une professeure de droit fiscal de l'Université de l'Indiana, Leandra Lederman, c'est en mettant l'accent sur les vertus de la fiscalité progressive que les législateurs auront suffisamment d'appuis pour renverser cette tendance. «L'IRS manque de défenseurs dans l'arène politique», constate cette professeure. Elle ajoute que le manque de ressources de l'IRS limite sa capacité de lutter contre les fraudes fiscales, ce qui renforce les inégalités de revenus (http://tinyurl.com/gmpcouq).
Les consultants A.T. Kearney prévoient que le courtage à escompte dépérira en raison de la montée irrésistible du conseil hybride, un modèle émergent qui comporte une part de conseil humain et une part d'automatisation. Et ce n'est pas tout, car le conseil hybride marginalisera également les robots-conseillers. Les conclusions de la firme-conseil reposent sur un sondage portant sur 3 500 Américains ayant un actif d'au moins 50 000 $ US à investir. A.T. Kearney souligne que l'adoption du conseil hybride s'effectuera «au fur et à mesure que ces épargnants vieilliront, qu'ils s'enrichiront, qu'ils seront plus à l'aise avec les technologies et qu'ils comprendront davantage les structures de tarification». Ces consommateurs modérément aisés sont très sensibles aux prix : plus de 90 % des 15 à 34 ans de cette catégorie sont prêts à changer de fournisseur de conseil financier en cas de rabais ! Toutefois, ils veulent gérer leurs avoirs en ligne tout en ayant la possibilité de faire appel à des professionnels. D'ici cinq ans, le nombre d'adeptes du courtage à escompte parmi ces consommateurs baissera de 20 %, prévoit A.T. Kearney. Parallèlement, le nombre de clients de conseil hybride augmentera de près de 50 %. En 2021, selon A.T. Kearney, 15 % des consommateurs modérément aisés préféreront les plateformes en conseil hybride, 6 %, le courtage à escompte, et 2 %, les robots-conseillers (http://tiny.cc/gdr6hy).