L'analyse des effets de la réforme britannique en matière de distribution des services financiers donne matière à réflexion, au moment où les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) songent à changer les règles dans ce domaine.En outre, les ACVM envisagent l'abandon des commissions intégrées et une série de réformes afin de rehausser les obligations des courtiers et des représentants.
Il y a quelques années, les professionnels nord-américains de l'informatique avaient une peur bleue de la délocalisation. Plusieurs ont dû se rendre en Inde afin de former la relève qui allait les remplacer, à distance, à bas coût. Qu'en sera-t-il du système d'intelligence artificielle Watson d'IBM qui commence à se déployer dans les grandes institutions financières ? Ceux qui « forment » ce système de pointe en lui transmettant leurs connaissances et en corrigeant ses erreurs pourraient perdre leur emploi. En effet, au Japon, une trentaine de salariés de Fukoko Mutual Life Insurance seront remplacés en mars par Watson (http://32uwiy). Les mises à pied pourraient finir par toucher les conseillers en milieu bancaire, craint le syndicat de Crédit Mutuel CIC (http://quuwiy). Les employés de cette banque française sont en train « d'entraîner » Watson pour qu'il puisse éventuellement répondre de façon autonome à plusieurs questions de clients. Des expériences semblables qui ont cours en Asie - un continent technologiquement avancé - nous en apprendront davantage. Par exemple, que se passera-t-il chez Nippon Life Insurance, qui voudrait que Watson puisse proposer des couvertures d'assurance aux particuliers ?
Banques, soyez averties : les jeunes loups de la Silicon Valley arrivent chez vous, a déjà prévenu le pdg de la banque américaine JP Morgan Chase lors d'une assemblée d'actionnaires tenue en 2015 (http://wywwiy). Les impacts des technologies financières (fintechs) et des solutions alternatives aux activités bancaires traditionnelles commencent tout juste à se faire sentir, et les changements seront radicaux. Une étude fascinante de la banque Citi rappelle que la valeur des banques de détail réside dans la connectivité, non dans ses actifs matériels (http://prxwiy). « Les succursales et les effectifs constituent 65 % des coûts d'exploitation des banques de détail. Une grande partie de ces coûts pourra être supprimée grâce à l'automatisation », indiquent les auteurs de l'étude. Selon eux, le personnel des banques nord-américaines pourrait fondre de 30 % d'ici 2025 à cause de l'automatisation. « Nous ne sommes pas à la fin du début du processus des changements radicaux », préviennent-ils. Cette étude donne les pays scandinaves en exemple à suivre. En l'espace de quelques années, la Scandinavie a éliminé la moitié de ses succursales bancaires. Celles qui ont subsisté sont devenues des lieux favorisant le service-conseil plutôt que les transactions.
Michel-Olivier Marcoux n'a pas encore 30 ans qu'il signe déjà son premier livre. Espérons que ce ne sera pas le dernier, car il est doué pour la vulgarisation financière... comme son père Michel, qui a écrit des guides annuels sur les fonds communs de placement (FCP). Président de Gestion de patrimoine ASF, Michel-Olivier Marcoux est conseiller en sécurité financière et représentant de courtier en épargne collective chez MICA Capital. Dans ce livre, il survole les principaux produits (CPG, FCP, fonds de travailleurs) et leur traitement fiscal dans le cadre des REER, CELI, REEE et FERR. Il met en garde les épargnants contre les réactions irrationnelles face aux fluctuations du marché. Heureusement, dit-il, les conseillers contribuent à contenir ces réactions, notamment en bâtissant des portefeuilles en fonction de l'horizon de placement et de la tolérance au risque. Sur moins de 15 ans, précise-t-il, « plus la concentration est grande, plus le risque augmente et plus le potentiel de gain diminue ». Michel-Olivier Marcoux vante les mérites des cabinets indépendants qui offrent davantage « que des produits maison qui ne sont pas toujours les meilleurs ni les plus appropriés aux besoins de l'acheteur ».
Winston Churchill, dit le Vieux Lion, incarne l'esprit humain indomptable qui se bat bec et ongles en dépit de probabilités fortement défavorables. Rappelons-nous qu'en 1940, la France est défaite, et l'URSS, immobilisée par le pacte germano-soviétique. Les États-Unis sont englués dans un pacifisme que seule l'attaque de Pearl Harbor anéantira. Hitler est à deux doigts de la victoire, et seul Churchill lui barre la route en promettant à son peuple « du sang, du travail, des larmes et de la sueur ». Aujourd'hui, bien des dirigeants d'entreprises s'inspirent du Vieux Lion et sont friands de ses biographies. Celle-ci s'adresse aux purs et durs, car elle porte sur un seul aspect de la personnalité de l'ancien premier ministre du Royaume-Uni : son rapport à l'argent. Historien devenu gestionnaire de fortunes privées, l'auteur David Lough réussit à retenir l'attention du début à la fin du livre. La biographie, très étoffée, montre un Winston Churchill ayant un fort appétit de vivre malgré sa dépression. Par la spéculation et des paris financiers risqués, il tente continuellement de payer des dettes et surtout, de soutenir un rythme de vie digne du roi d'Angleterre. Comme le montre l'achat de 1 000 bouteilles de champagne en 1949 !
Le secteur de l'assurance de soins de longue durée (ASLD) ressemble à un terrain miné.Il y a une quinzaine d'années aux États-Unis, une centaine d'assureurs distribuaient des polices d'ASLD. Aujourd'hui, ils se comptent sur les doigts des deux mains.
Longtemps synonyme de courtage à escompte, Schwab lancera d'ici l'été une plateforme d'investissement hybride qui incorporera les algorithmes au conseil humain à distance. Appelée Schwab Intelligent Advisory, la plateforme permettra aux individus ayant un actif d'au moins 25 000 $ US de bâtir leurs plans financiers avec l'aide de conseillers, par vidéoconférence ou par téléphone. Ces clients investiront parmi 37 portefeuilles de fonds négociés en Bourse (FNB) signés Vanguard et Schwab. Les services-conseils seront facturés à un pourcentage de 0,28 % de l'actif géré. Les frais de gestion varieront entre 0,08 % et 0,24 %, selon le portefeuille de FNB. Schwab Intelligent Advisory vise les habitués du courtage à escompte. Plusieurs d'entre eux «n'ont pas encore trouvé un modèle avec conseillers qui leur convienne, que ce soit en raison d'un manque de transparence, des coûts, de la complexité ou de l'inertie», affirme une responsable de la plateforme (http://tiny.cc/zft6hy). Les futurs conseillers de Schwab Intelligent Advisory détiendront la certification CFP (Certified Financial Planner). Ils ne seront pas attitrés à des clients en particulier. Un observateur de l'industrie, Joel Bruckenstein, de T3 Technology Hub, affirme que cette plateforme signale le «début de la banalisation (commoditization) de la planification financière d'entrée de gamme». Il prévoit le succès de Schwab Intelligent Advisory en raison des bas coûts et du savoir-faire de la maison de courtage en marketing (http://tiny.cc/z3u6hy).
En décembre, les autorités de réglementation britanniques ont publié un document de consultation très attendu. La Financial Conduct Authority (FCA) y aborde de front l'enjeu de «l'intégration verticale». Ce terme désigne les manufacturiers de fonds propriétaires de leurs propres réseaux de distribution. La grande question que se pose l'industrie du conseil britannique est la suivante : le coût intrinsèque des services des conseillers de firmes intégrées est-il minimisé de façon à mieux vendre d'autres produits du manufacturier ? Autrement dit, y a-t-il «subvention interne» au sein des entreprises verticalement intégrées (ce qui est connu en anglais par l'expression cross-subsidization) ? Et si oui, que faire ? La FCA sait que ce phénomène existe et ne veut pas qu'il se perpétue. Dans son document de consultation, le régulateur britannique propose d'établir une période de grâce de cinq ans qui permettra aux manufacturiers propriétaires de réseaux de distribution de rehausser graduellement le prix des services de leurs conseillers de façon à refléter les prix du marché. Pourquoi cinq ans de grâce ? Parce que la FCA est consciente que ces firmes verticalement intégrées offrent des services innovateurs, à bas coûts, destinés à des segments de marché mal couverts par les conseillers indépendants (http://tiny.cc/8yi7hy).
En Australie, le terme «indépendant» devra dorénavant être utilisé avec parcimonie. Le régulateur national a récemment imposé une amende à une importante firme financière du pays pour avoir «potentiellement» induit les consommateurs en erreur par rapport à l'indépendance présumée de ses conseillers. La Australian Securities and Investments Commission (ASIC) a signalé que le fait de travailler pour un réseau de distribution propriété d'un manufacturier de fonds peut avoir une influence sur les commissions versées et entraîner des conflits d'intérêts (http://tiny.cc/n3j7hy). À la suite de cette action de l'ASIC, certains réseaux ont enjoint les conseillers de retirer les mentions «indépendant», «non aligné», «impartial» et «non biaisé» de leurs sites et de leurs communications professionnelles, comme sur les réseaux sociaux (http://tiny.cc/kak7hy). Un de ces réseaux, Centrepoint Alliance, se présente maintenant comme réseau de conseillers «non institutionnels». Selon l'Association of Independently Owned Financial Professionals, le régulateur australien devrait réserver la mention «propriété indépendante» aux firmes de conseillers n'ayant pas de liens de propriété avec des sociétés financières. L'ASIC étudie cette idée et a demandé un avis juridique sur la question (http://tiny.cc/6lk7hy).
La consolidation de l'industrie américaine de la gestion de patrimoine s'accélérera avec l'implantation des nouvelles réformes du ministère du Travail. Mettant en avant la règle du «meilleur intérêt du client», ces réformes toucheront la gestion des comptes de retraite à compter d'avril 2017. Selon une étude des consultants A.T. Kearny, les firmes de conseillers indépendants auront plus de difficulté à faire face à leurs concurrents en raison des coûts des nouveaux protocoles de conformité et de l'attention accrue des autorités de réglementation à l'égard de la structure de rémunération. A.T. Kearny estime que des actifs d'une valeur de 2 000 G$ US se déplaceront à l'intérieur de l'industrie des services financiers, notamment vers les produits à honoraires. D'après A.T. Kearny, l'actif géré des courtiers indépendants - les Raymond James de ce monde - baissera de 11 % (ou 350 G$ US) d'ici 2020. En revanche, il y aura une croissance accélérée de l'actif géré des conseillers-robots (15 %). Les plateformes de comptes autogérés, de type Schwab et TD Ameritrade, bénéficieront d'une croissance de l'actif géré de 4 %. Les manufacturiers de fonds communs font partie des perdants avec une chute prévue de 6 % de l'actif géré. La popularité des fonds négociés en Bourse explosera, avec une hausse prévue de 45 % de l'actif géré (http://tinyurl.com/pb92eo6).