Les robots-conseillers respectent-ils la règle fiduciaire qui veut qu'ils agissent dans le meilleur intérêt du client ? Une avocate américaine de renom spécialisée en droit des valeurs mobilières exprime ses doutes (http://tinyurl.com/gq2uxs5). Melanie L. Fein, ancienne conseillère au Bureau des gouverneurs de la Réserve fédérale, propose une lecture décapante d'une étude sur les robots-conseillers de la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA) intitulée «Report on Digital Investment Advice» (http://tinyurl.com/hd8bb3c). L'avocate juge que l'organisme d'autoréglementation a «implicitement» soulevé la question de la règle fiduciaire en examinant la performance fort douteuse des robots-conseillers relativement à l'analyse des portefeuilles des clients. Lors de tests, il se trouvait que la répartition suggérée de titres à revenu fixe dans le portefeuille d'un individu de 27 ans variait de 10 à 40 % selon le robot-conseiller. L'avocate en déduit qu'à moins d'une intervention d'un conseiller, les robots-conseillers ne peuvent pas analyser les portefeuilles dans le meilleur intérêt des clients.
Les Américains de la classe moyenne qui font appel à un conseiller épargnent plus et investissent mieux que les autres. Toutefois, la règle fiduciaire qui sera mise en oeuvre en 2018 dans les régimes de retraite pourrait mettre cette situation en péril. Tel est l'avertissement du cabinet-conseil Oliver Wyman, dont la recherche porte sur 4 395 personnes qui travaillent dans des entreprises de moins de 50 employés. Une statistique d'Oliver Wyman est très révélatrice : les 35 à 54 ans qui ont un conseiller et qui gagnent moins de 100 000 $ par an ont un actif à investir supérieur de 51 % en moyenne à celui de leurs collègues de même âge et du même niveau salarial, mais qui investissent seuls. En outre, leur portefeuille est plus diversifié, rééquilibré, et ils participent davantage aux marchés, leur pondération en liquidités étant de 36 à 57 % moins élevée. D'après Oliver Wyman, la règle fiduciaire qui sera implantée en janvier 2018 nuira à cette classe moyenne en raison de la migration des conseillers vers la rémunération par honoraires. Le cabinet-conseil pense que sept millions d'employés de PME perdront leur accès aux services des conseillers en raison d'un actif trop bas. Rappelons que la règle fiduciaire selon laquelle les conseillers doivent agir dans le meilleur intérêt de leurs clients s'appliquera aux régimes de retraite individuels et collectifs (http://tinyurl.com/hfh383c).
Les banques centrales injectent trop de liquidités. En 1996, il y avait 2 000 G$ US de liquidités en circulation, ce qui équivalait à 6 % du PIB mondial. Vingt ans plus tard, elles atteignent 20 000 G$ US, ce qui représente 30 % du PIB mondial. Certes, les banques centrales ont eu raison d'intervenir en 2008, mais elles ont eu tort de maintenir les taux d'intérêt très bas et de continuer à créer de la monnaie avec leurs politiques d'assouplissement quantitatif. Comme l'argent ne coûte rien, des bulles peuvent se former n'importe quand et n'importe où dans le monde. Si une bulle obligataire éclate, les prêteurs, au premier chef les assureurs, seront dans de beaux draps. Très bons pédagogues, les auteurs Patrick Artus (économiste en chef à la banque Natixis) et Marie-Paule Virard (journaliste en finance) savent faire parler les chiffres. Ils pensent que la remontée des taux pourrait entraîner l'insolvabilité des emprunteurs et ruiner les prêteurs. À méditer.
En 2015, environ 103 000 personnes du monde entier ont voulu passer le premier examen menant à la désignation d'analyste financier agréé (Chartered Financial Analyst ou CFA). Le nombre d'aspirants au titre de CFA est en hausse constante (+ 10 % en 2015 par rapport à 2014). Selon l'organisme CFA Institute, de plus en plus d'employeurs privés et d'organismes de réglementation s'intéressent à ce titre professionnel (http://tiny.cc/otr99x). Avant d'obtenir cette prestigieuse certification, les candidats doivent passer trois examens dont chacun exige environ 300 heures d'études. Ce «guide de la onzième heure» donne une idée de la matière couverte dans le premier examen. On ne trouvera pas de questions/réponses, mais plutôt un résumé très costaud de la matière abordée. Au vu des nombreuses formules mathématiques qu'on y trouve, les 300 heures d'étude ne semblent pas exagérées. Notons que l'organisme CFA Montréal regroupe environ 2 400 membres.
Le développement d'Internet ressemble à la construction des cathédrales du Moyen-Âge : des centaines de travailleurs posent leur pierre et y travaillent toute leur vie afin que l'humanité puisse mieux communiquer. Porté par une plume alerte, ce livre présente une cinquantaine d'innovateurs qui se sont distingués dans la croissance d'Internet et de l'économie numérique, des transistors aux circuits intégrés en passant par les ordinateurs, les jeux vidéo et les logiciels. On constate que derrière chaque innovateur qui fait éclater les cadres de la technologie et de la mise en marché, on trouve aussi des centaines d'individus aux talents complémentaires : chercheurs, techniciens, scientifiques, gestionnaires et financiers. Ce livre leur rend hommage, ainsi qu'aux visionnaires d'exception à la Steve Jobs, les Léonard de Vinci de notre époque. Écrivain accompli, Walter Isaacson a précédemment écrit de solides biographies sur Benjamin Franklin, sur Henry Kissinger et sur Steve Jobs. Ce livre ne déçoit pas.
Depuis avril 2015, les quelque 5,5 millions de consommateurs de la cité-État de Singapour peuvent acheter, en ligne et sans intermédiaire, des produits d'assurance de personnes (http://tinyurl.com/h2cre7s). Les transactions peuvent s'effectuer directement sur les sites des assureurs ou par l'intermédiaire d'un agrégateur appelé CompareFirst, qui compare environ 200 produits d'une douzaine d'assureurs. Les ventes ne sont toutefois pas au rendez-vous. Selon les chiffres de la Life Insurance Association Singapore, seulement 435 polices ont été achetées en ligne et sans intermédiaire au cours des six premiers mois de 2016, et ce, pour des primes approximatives de 360 000 $ CA. Comment expliquer la faiblesse des ventes ? D'après une analyse du réassureur Gen Re, un seul assureur autorise la vente directe sans représentant ; les autres exigent que la transaction soit conclue par l'intermédiaire d'un représentant ou d'un conseiller. Gen Re ajoute que le vocabulaire est trop complexe pour que les consommateurs puissent se faire une idée claire des caractéristiques des produits et, par conséquent, les comparer. De plus, les différences de prix de produits a priori semblables peuvent être importantes, ce qui déroute les consommateurs (http://tinyurl.com/jdkdpnq).
Les consommateurs de Singapour semblent peu emballés par la possibilité d'acheter, depuis avril 2015, des polices d'assurance de personnes en ligne et sans intermédiaire. En revanche, l'embauche de conseillers ne ralentit pas dans cette Suisse asiatique. Ainsi, la multinationale britannique Aviva a lancé en juillet son propre canal de distribution de conseillers, Aviva Financial Advisers, qui regroupera au moins 280 conseillers. Selon la direction, ce nouveau réseau de distribution bénéficiera de la popularité de CompareFirst, un agrégateur qui permet de comparer les prix et les caractéristiques des produits de divers assureurs. «CompareFirst donne la possibilité aux consommateurs de prendre de meilleures décisions. Aviva Financial Advisers s'aligne sur cette initiative», indique Aviva (http://tinyurl.com/h3xrdkr). Notons que CompareFirst est issu des efforts conjoints de la banque centrale Monetary Authority of Singapore, de l'organisme de défense des droits des consommateurs Consumers Association of Singapore et surtout, de l'association d'assureurs Life Insurance Association Singapore. Une voie à suivre pour le Québec et le Canada ?
La persistance des bas taux d'intérêt et la réforme fiscale du 1er janvier 2017 ont forcé iA Groupe financier (anciennement Industrielle Alliance) à retoucher quelques produits. Ainsi, à compter du 15 octobre, deux protections disparaissent, soit la vie universelle Tendance et la vie permanente V15 Ultra. En outre, la prime non fumeur qui s'appliquait aux produits d'assurance vie traditionnelle a été abolie. Parallèlement, les primes des polices d'assurance vie universelle Genesis et Genesis-IRIS ont été augmentées. Pour Genesis, la hausse moyenne est de 5,1 % pour le paiement à vie, et de 4,2 % pour les options de paiement rapide 10, 15, et 20 ans. Dans le cas de Genesis-IRIS, l'augmentation moyenne s'établit à 7,7 %. Rappelons que V15 Ultra comportait des primes libérées après 15 ans et le remboursement au décès des primes payées en surplus du capital assuré. Pour sa part, Tendance avait été lancée en juin 2013. Ce produit promettait une réduction de prime en cas d'augmentation des taux d'intérêt à long terme. À l'évidence, les taux n'ont pas été de la partie.
Sur le terrain des ventes, les fonds distincts se font distancer par les fonds communs de placement (FCP). Toutefois, il y a pire : les ventes de produits à garantie de retrait à vie (GRV) sont tellement faibles que leur existence est en jeu.«Les GRV n'ont pas été en demande au cours des dernières années. Cela n'augure rien de bon pour leur avenir. Le prochain tournant boursier nous permettra de voir si les GRV pourront ou non se faire une place au soleil», affirme René Hamel.
Lancée à la fin de septembre, la Temporaire Famille - Vitalité (http://tinyurl.com/zwmdcgq) offre la possibilité aux clients de réduire leur prime jusqu'à 15 % par an grâce à l'atteinte d'objectifs mesurables et quantifiables en matière de conditionnement physique et d'alimentation. En revanche, si l'assuré régresse dans ses objectifs, sa prime pourrait augmenter puisque son rabais diminue. Cette approche, dit Manuvie dans une brochure qui présente le produit, repose «sur des principes de la science actuarielle et de l'économie comportementale» (http://tinyurl.com/jqg8ecc). Étant donné que les clients auront probablement des questions sur le fonctionnement de ce système de récompenses, ce produit «implique une nouvelle approche de vente axée sur un dialogue qui se poursuit bien après la souscription», indique Manuvie dans son Guide du conseiller (http://tinyurl.com/h4u9jyr). La protection propose une couverture de 20 ans renouvelable jusqu'à 80 ans ou une couverture jusqu'à 65 ans. Les clients disposent d'une option de transformation en assurance permanente.