Fondée en 2013 à Montréal par Marc Rivet et Gabriel Cefaloni, Nymbus Capital a passé le cap du milliard de dollars d’actif sous gestion (ASG) en 2024. En 2025, la firme prend une décision stratégique majeure en vendant sa division de gestion privée afin de se concentrer sur les investisseurs institutionnels, les family offices et les clients à valeur nette très élevée. Cette décision porte l’ASG à plus de 1,5 milliard de dollars pour environ 300 clients.
« Ils dirigent une firme indépendante, en forte croissance, qui combine gestion active quantitative et intégration des facteurs ESG, tout en maintenant une rétention élevée de la clientèle et de bons rendements, constate le jury du Top des leaders. Leur leadership allie rigueur analytique et discipline opérationnelle, soutenant des initiatives technologiques qui génèrent des gains tangibles en efficacité, notamment sur les coûts de TI. Engagés dans leur communauté, ils jouent un rôle actif dans le Conseil des gestionnaires en émergence (CGE) et auprès de Finance Montréal. » Marc Rivet et Gabriel Cefaloni sont ainsi désignés gagnants de la catégorie Sociétés de gestion indépendante.
Leur collaboration remonte à plus de 20 ans. Après un parcours l’ayant mené de Lévesque Beaubien Geoffrion à la Banque Nationale, puis à la Bourse de Montréal comme participant indépendant, Marc Rivet cofonde le groupe financier ARB, qui évoluait dans l’écosystème du trading haute fréquence, alors en émergence au Québec. En 2007, Gabriel Cefaloni, fraîchement diplômé de l’Université Concordia, y est embauché.
En 2010, Gabriel Cefaloni se lance à son compte et, en 2012, Marc Rivet vend ses parts de ARB. En 2013, le duo fonde Nymbus Capital.
À compter de 2015, Nymbus structure son offre pour se positionner auprès des investisseurs institutionnels. Elle conclut dans la foulée un partenariat avec Perseus Capital, une firme de gestion d’investissements alternatifs privée. Jean Turmel, le dirigeant de Perseus, « joue un important rôle de mentor » en contribuant à structurer la firme et à crédibiliser son positionnement institutionnel, dit Marc Rivet. « C’est un moment charnière. Il nous a appris à nous présenter adéquatement auprès du Programme des gestionnaires en émergence du Québec (PGEQ). »
Avant même l’obtention d’un premier mandat, Innocap, qui encadre et structure ce programme, a accompagné Nymbus afin de rehausser ses standards de conformité et de gouvernance. Alors que les fondateurs investissaient jusque-là leur propre capital, « le Nymbus 2.0 débute en 2019 avec l’obtention de mandats externes, dans la foulée de celui du PGEQ », explique Marc Rivet.
L’année suivante, Nymbus fusionne avec Gestion de portefeuille Landry et acquiert les actifs de Perseus Capital, portant son ASG à 400 millions de dollars. Jean-Luc Landry rejoint alors Jean Turmel au sein du groupe d’actionnaires et siège au conseil d’administration, avant de se retirer à l’été 2025.
Nymbus compte aujourd’hui une quinzaine d’employés et mise sur une approche d’investissement systématique et quantitative. Elle se concentre sur deux grands axes : le revenu fixe et les stratégies de superposition, incluant les alternatives liquides utilisant des contrats à terme et des options.
Bien que la taille de l’équipe soit appelée à croître, la technologie permet à Nymbus d’effectuer « des analyses comparables à celles d’une grande équipe institutionnelle », juge Gabriel Cefaloni. Les outils quantitatifs compensent la taille de l’équipe et constituent un avantage structurel.
Nymbus s’appuie sur deux systèmes complémentaires. Le premier oriente l’allocation sectorielle en revenu fixe, en reproduisant le travail d’un gestionnaire de portefeuille d’expérience. Le second se concentre sur la sélection de titres individuels, à la manière d’un analyste fondamental.
Jusqu’ici, l’histoire de Nymbus est demeurée montréalaise et québécoise, convient Marc Rivet. « Nous avons quelques clients à l’extérieur du Québec, en Ontario, mais nous avons un travail de marketing à faire. »
La véritable cible demeure toutefois les États-Unis. « L’avenir passe par le développement de stratégies de crédit américain et de crédit global », croit Gabriel Cefaloni, qui observe une demande bien réelle pour des solutions libellées en dollars américains, tant du côté des conseillers en placement que des institutions.
« Nymbus est devenu un expert du crédit systématique, et il y a des centaines de milliers d’obligations d’entreprises aux États-Unis. C’est un volume impossible à analyser pour un humain, alors les algorithmes sont particulièrement pertinents. » Il estime que les systèmes développés par Nymbus permettent de repérer des occasions rares qui seraient autrement invisibles. C’est l’un des projets de recherche de 2026, avec des investissements qui se chiffreront en millions de dollars, avance Gabriel Cefaloni.