Finance et investissement - Une croissance « qui ne risque pas de s'essouffler à court terme », selon Claude Paquin
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Une croissance « qui ne risque pas de s'essouffler à court terme », selon Claude Paquin

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Dans un entretien avec Finance et Investissement, Claude Paquin, président du conseil des gouverneurs du Conseil des fonds d'investissement du Québec (CFIQ), commente certains éléments mis en relief par l’étude Le secteur québécois des fonds communs de placement – Analyse de l’empreinte économiue, de l’Institut du Québec (IdQ).


Finance et Investissement (FI) : Pour quelle raison la transition observée dans les fonds de pension nourrit-elle la croissance du secteur des fonds.

Claude Paquin (CP) :
Il fut un temps où les employeurs et les gouvernements participaient de façon beaucoup plus active au financement des retraites. Toutefois, le coût associé à la gestion des caisses de retraite, particulièrement dans le cas des régimes à prestations déterminées, fait en sorte que de plus en plus, on constate un transfert du fardeau du financement de la retraite sur les épaules des Québécois et un déplacement vers les régimes à cotisations déterminées. Ce mouvement est de nature à favoriser l'épargne et les types de placement comme les fonds communs de placement (FCP).

(FI) : Selon le rapport de l'IdQ, cette croissance est aussi soutenue par les changements réglementaires. Qu'en pensez-vous ?

(CP) : Je ne sais pas si les changements réglementaires ont directement aidé la croissance du secteur des fonds, mais ces changements ont favorisé les consommateurs en général en raison de l'accroissement de la divulgation, par exemple par l'entremise du MRCC 2 (modèle de relation client conseiller) et ça, c'est une bonne nouvelle. Dans ce contexte, je ne suis pas étonné que les changements réglementaires aient pu contribuer à cette tendance.

Lire aussi: l'empreinte économique des FCP au Québec en sept extraits

(FI) : Le vieillissement de la population serait le troisième élément principal expliquant la croissance observée. Qu'en est-il selon vous ?


(CP) : Cette tendance observée dans les FCP ne risque pas de s'essouffler à court terme, et cela en grande partie en raison du vieillissement de la population. Nous observons une polarisation des actifs financiers, qui se déplacent vers une clientèle un peu plus âgée, soit des gens de 60 à 65 ans et même davantage, et cette clientèle va être appelée à épargner davantage au cours des prochaines années.

Ces gens font face à tout un dilemme, car ils sont confrontés à des situations qu'ils n'ont généralement pas connues. En premier lieu, ils vont vivre beaucoup plus longtemps, donc la possibilité de survivre à leur investissement est une préoccupation majeure pour eux.

En deuxième lieu, les gens pouvaient historiquement compter sur une répartition de l'actif, par exemple en obligation et en action. Compte tenu des taux d'intérêt qui sont à un plancher historiquement bas, et nous ne pensons pas que cette tendance va se renverser d'une façon majeure dans les prochaines années, les gens font face à tout un casse-tête. Ils savent qu'ils vont rester à la retraite dans certain cas tout aussi longtemps, si ce n'est davantage, que la période professionnelle active. La constitution du portefeuille va donc devenir extraordinairement importante et ce n'est pas dans les revenus fixes que ça va se faire.

(FI) : Le rapport évoque une croissance du nombre d'emplois. Croyez-vous que cette tendance va se poursuivre ?

(CP) : Oui, si la croissance du secteur se maintient, et c'est ce que je crois, il y aura aussi une progression au niveau de l'emploi dans l'industrie. En fait, les gens vont être appelés à se questionner de plus en plus sur la constitution de leur portefeuille et je pense que la manière dont ils pourront se protéger contre le risque de longévité sera de gérer le risque à l'intérieur d'un portefeuille d'actions. C'est pourquoi les fonds communs ou d'investissement vont continuer à être très populaire et que le conseil qui va être associé à l'achat d'un fonds va être d'autant plus, sinon plus important que le fonds lui-même. Les gens qui ne s'y connaissent pas ou peu, et ils sont nombreux, vont devoir consulter un spécialiste ou un conseiller capable de les guider selon leurs besoins particuliers.

(FI) : Le rapport fait état d'un multiplicateur économique de 2,1 du secteur des FCP, au regard du PIB réel. Bien qu'il soit important, ce multiplicateur est moindre que le multiplicateur équivalent mesuré par le Conference Board du Canda pour l'Ontario, qui est de 2,8.

(CP) : La plupart des sièges sociaux, ou du moins plusieurs des sièges sociaux des compagnies de FCP sont basés à Toronto, alors c'est probablement pour cette raison que le facteur multiplicateur est peut-être un peu plus important en Ontario qu'il l'est ici. Toutefois, lorsqu'on parle d'un multiplicateur de 2,1, ça demeure majeur, surtout lorsqu'on le compare à d'autres industries.

(FI) : Croyez-vous qu'il serait possible d'attirer davantage de maisons de fonds au Québec ?

(CP) : L'industrie québécoise est très bien ancrée au Québec, alors je ne pense pas que nous allons voir un transfert de nos maisons de fonds vers l'extérieur du Québec. Les acquis sont là et je ne crois pas qu'il faille nourrir la moindre crainte à cet égard. Pourrions-nous maintenant attirer d'autres compagnies de fonds à venir s'installer au Québec ? J'imagine qu'il y a peut-être d'autres intervenants, dont les gouvernements, qui pourraient se pencher sur la question.

Toutefois, il est intéressant de constater que Montréal est un centre financier relativement important dans le monde, et se classait au 16e rang des centres financiers les plus importants au monde (selon le classement de mars 2014 du Global Financial Centres Index publié par le Z/Yen Group). Je sais que Toronto vient avant, mais Montréal est de plus en plus considérée comme une plaque tournante dans le milieu financier mondial, ce qui favorise beaucoup la conservation de nos emplois ici et peut certainement contribuer à en attirer de nouveaux.


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