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Secteur financier : l'exception canadienne

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On pourrait croire que la solidité attribuée aux institutions financières québécoises et canadiennes se résume au fait d'avoir su résister aux mauvais vents financiers qui soufflent sur la planète depuis la crise financière de 2008. Mais ce n'est pas tout.

Partout ailleurs sur la planète, on licencie. Au Québec comme ailleurs au pays, nos banques embauchent à pleines portes. Partout ailleurs, on se départ de divisions entières. Au Canada, on en fait le plein.

Le quotidien londonien The Financial Times (octobre 2008) établissait qu'au cours de l'année qui a suivi le déclenchement de la crise, les 20 principales banques du monde avaient mis à pied 130 000 employés. Au Canada, pas un seul emploi n'a été perdu.

Les chiffres de 2011 étaient aussi douloureux. Un article de Bloomberg (14 octobre 2012) rendait compte de 106 000 emplois perdus uniquement dans les cinq derniers mois de 2011. Les grands perdants ? Bank of America (33 500 mises à pied), HSBC (30 330), Royal Bank of Scotland (9 842), UniCredit (6 150), Citigroup (5 000).

Cette hémorragie planétaire n'est pas stoppée encore. Au début de décembre 2012, le European Bank Barometer d'Ernst & Young annonçait que 45 % des banques européennes réduiraient leurs effectifs au cours des six premiers mois de 2013, les principales compressions survenant au Royaume-Uni (70 % des banques) et aux Pays-Bas (64 %).

Par exemple, le géant suisse UBS annonçait à la fin d'octobre 2012 qu'il prévoyait congédier 10 000 personnes d'ici 2015, réduisant du coup son effectif à 54 000 personnes.

Années fastes

Aucune banque canadienne n'en est là. Au contraire.

Les chiffres de l'emploi laissent croire que la crise de 2008 n'a jamais eu lieu. Par exemple, chez Banque TD, l'effectif est passé de 74 000 à 85 000 personnes d'octobre 2008 à octobre 2012. Même son de cloche chez Banque Scotia, où le nombre d'emplois a bondi de 69 000 à 81 000 au cours de la même période.

«Notre force et notre stabilité nous ont permis de faire croître nos affaires à un moment où plusieurs banques battent en retraite», indiquait dans le dernier rapport annuel de Scotia son chef de la direction, Rick Waugh, dont les paroles pourraient être reprises par plusieurs autres banquiers canadiens.

«En fait, poursuit-il, depuis 2007, nous avons fait plus de 30 acquisitions d'une valeur de plus de 14 G$, plusieurs étaient achetées de banques qui se retiraient d'un secteur d'affaires ou d'un marché.»

Plus encore, à la fin de 2012, Scotia concluait l'achat d'ING Direct au coût de 1,9 G$, la plus importante acquisition de son histoire. Tout cela fait en sorte que le magazine The Banker, une publication du Financial Times, a décerné le titre de Global Bank of the Year à Scotia.

La TD présente une feuille de route très musclée au sud de la frontière. Depuis 2008, elle a fait passer son réseau de 1000 à 1 300 succursales. En 2008, elle acquérait Commerce Bancorp au prix de 8,4 G$ tandis qu'en 2012, elle terminait l'année avec l'annonce de l'acquisition du portefeuille de cartes de crédit de la chaîne de grandes surfaces Target. Tout cela lui valait d'être classée au 13e rang des 500 meilleures entreprises nord-américaines par le magazine Barron's.

Embauches en 2013

Au Québec, la feuille de route est tout aussi éclatante, notamment à la Banque Nationale (BN) et chez Banque B2B. Cette dernière a procédé, en 2011 et en 2012, à deux acquisitions d'importance : MRS et AGF Trust, pour un total de 413 M$. Coups de filet majeurs puisque le nombre d'emplois, qui était de 325 en 2008, a plus que triplé pour atteindre 1 000 en 2012, fait ressortir Marie-Claude Tardif, porte-parole de B2B.

À la BN, on procède depuis 2008 à un remue-ménage de fond en comble sous le mot d'ordre «Un client, une banque». Cette transformation vise, autant que faire se peut, à unifier et intégrer en un seul ensemble tous les systèmes informatiques et de gestion. «Nos client nous disent : "Je veux un même niveau de service, quel que soit mon point d'entrée dans la banque", explique Claude Breton, directeur principal, affaires publiques de la BN. Ce n'est pas évident à réaliser pour une banque dont les systèmes informatiques hérités ne se parlent pas entre eux et sont très complexes.»

Cette initiative fait en sorte que, depuis 2007, la BN a augmenté de 3 000 personnes son effectif. À cela, il faut en ajouter plusieurs centaines d'autres intégrées lors de l'acquisition de HSBC Valeurs Mobilières Canada et de Wellington West, acquisitions qui ont fait que les revenus en valeurs mobilières de la BN proviennent désormais à 50 % de l'extérieur du Québec.

Depuis 2008, le nombre total d'emplois du Mouvement Desjardins a grimpé de 500, passant de 42 000 à 42 500. Le grand projet immobilier de la Cité Desjardins de la coopération, doté d'un budget de 125 M$ et qui verra la construction d'un immeuble de 15 étages, entraînera l'embauche de 450 employés «liés au développement accéléré des affaires à l'extérieur du Québec», note Richard Lacasse, conseiller en relations de presse au Mouvement.

Depuis 2008, l'effectif de Groupe Financier Banque Royale est demeuré stable. Toutefois, l'ouverture de «boutiques» bancaires - au lieu de succursales - devrait se traduire par l'embauche de quelque 700 employés au Québec au cours de 2013.

De telles «boutiques» - un concept que met également en avant Banque TD - accueillent le client dans un environnement très différent.

«Une boutique est composée de neuf aires qui proposent des fonctions différentes et où le mot-clé est l'interactivité», explique Raymond Chouinard, directeur, médias et relations publiques de RBC.

«Le client qui y entre trouve plusieurs employés prêts à lui adresser la parole et à l'orienter vers la transaction qui l'intéresse dans une des aires où se trouvent des outils électroniques comme on n'en voit pas en succursale : écrans de projets, tables munies d'écrans interactifs, etc.», dit-il.

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