soundbites | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/soundbites/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 08 Apr 2026 12:10:19 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png soundbites | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/soundbites/ 32 32 Les actifs numériques gagnent du terrain grâce au virage réglementaire https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/les-actifs-numeriques-gagnent-du-terrain-grace-au-virage-reglementaire/ Wed, 08 Apr 2026 10:15:20 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113300 Les investisseurs institutionnels sont prêts à passer à l’action, selon une étude.

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Ce n’est pas l’attrait du rendement qui pousse les investisseurs institutionnels à franchir le pas vers les actifs numériques, mais bien l’amélioration du cadre réglementaire qui les entoure. C’est l’une des principales conclusions d’une étude mondiale publiée par Nickel Digital Asset Management, société londonienne spécialisée dans la gestion de fonds spéculatifs d’actifs numériques.

Selon cette enquête menée auprès d’investisseurs institutionnels et de gestionnaires de patrimoine dans sept pays — États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Suisse, Singapour, Brésil et Émirats arabes unis —, plus des deux tiers (68 %) des répondants qui envisagent d’investir pour la première fois dans les actifs numériques au cours des 24 prochains mois mentionnent les avancées réglementaires parmi leurs trois principales motivations. Ce facteur devance nettement le potentiel de croissance du capital, cité par 54 % des répondants.

Les entreprises sondées gèrent collectivement plus de 14 000 milliards de dollars d’actifs. Au total, 82 % de celles qui prévoient une première incursion dans ce secteur comptent le faire d’ici 12 mois, et 7 % dans les six prochains mois.

Le cadre réglementaire des actifs numériques est en pleine évolution dans de nombreux pays, avec une tendance nette vers plus de clarté, de licences obligatoires et de règles spécifiques.

Objectif : diversification

La stabilité croissante du secteur et la capacité des actifs numériques à améliorer la diversification des portefeuilles convainquent près de la moitié des répondants (44 %), tandis que 42 % évoquent l’intérêt grandissant des grandes institutions financières comme facteur déclencheur.

Pour Anatoly Crachilov, PDG et associé fondateur de Nickel Digital, ces résultats témoignent d’une maturation du marché. « Le potentiel de croissance des actifs numériques est désormais bien établi, et leur rôle dans la diversification des portefeuilles est de plus en plus reconnu », affirme-t-il.

Il souligne toutefois que la clarté réglementaire demeure indispensable pour convaincre les nouveaux entrants institutionnels, qui doivent souvent défendre leur choix d’allocation en interne avant de pouvoir agir.

Les fonds négociés en Bourse (FNB) d’actifs numériques s’imposent comme le véhicule d’entrée privilégié : la moitié des répondants qui n’ont pas encore investi les préfèrent aux autres formules. Le bitcoin en tant que tel n’arrive qu’en deuxième position (28 %), suivi des fonds communs de placement sectoriels (17 %).

L’étude met également en lumière les freins qui ont jusqu’ici retenu ces investisseurs : la volatilité des prix et les préoccupations liées à la sécurité arrivent en tête, devant les craintes de manipulation du marché, le manque de clarté réglementaire et les enjeux liés à la conservation des actifs.

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ESG : rendre compte de ses actions à l’ère de l’IA https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/esg-rendre-compte-de-ses-actions-a-lere-de-lia/ Wed, 01 Apr 2026 10:10:53 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113119 Divulguer ses propres données ESG est plus important que jamais.

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Pour les entreprises, l’enjeu n’est plus seulement de poser des actions durables, mais de les documenter avec rigueur, cohérence et crédibilité, avant que d’autres ne le fassent à leur place.

À l’heure où les investisseurs institutionnels utilisent massivement l’intelligence artificielle (IA) pour analyser les entreprises, évaluer les risques et anticiper les transformations sectorielles, garder le silence sur le sujet est devenu un risque en soi, a signalé Milla Craig, fondatrice et PDG de Millani, lors du concours du meilleur rapport de durabilité de Finance Montréal, présenté le 17 mars.

« Si une entreprise ne raconte pas son histoire, les algorithmes le feront à sa place. Et probablement d’une mauvaise façon », a signalé la dirigeante de la firme montréalaise, qui analyse depuis une dizaine d’années les rapports de durabilité des entreprises cotées à la Bourse de Toronto.

L’IA lit les rapports avant les investisseurs

Selon la firme, les investisseurs institutionnels canadiens utilisent déjà massivement l’IA pour analyser les entreprises, évaluer les risques et anticiper les transformations sectorielles. Ils s’intéressent notamment à la capacité des entreprises à s’adapter à cette technologie ou à y résister.

Ce changement a des conséquences concrètes : les équipes de relations avec les investisseurs doivent consacrer davantage de temps à répondre aux questions générées par ces outils, sujets à des « hallucinations ».

Or, seulement 24 % des entreprises du TSX-60 disposent d’une expertise en IA au sein de leur conseil d’administration, selon la firme. Les politiques internes, lorsqu’elles existent, restent souvent peu divulguées. Ce manque de transparence laisse le champ libre aux algorithmes pour combler les vides, pas toujours avec justesse.

L’environnement ESG se transforme

La pression sur les divulgations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) augmente, tandis que les priorités ESG évoluent rapidement. Depuis 2023, les discussions chez les investisseurs institutionnels canadiens ne tournent plus uniquement autour du climat. Elles sont désormais dominées par la volatilité, l’inflation et les tensions géopolitiques. « L’ESG n’est plus isolé du reste », résume Milla Craig.

L’experte place la gouvernance de l’IA au premier rang des sujets à surveiller. « Quand on commence à penser aux divulgations autour de l’ESG, on doit vraiment réfléchir à l’impact de l’intelligence artificielle sur les investisseurs », indique-t-elle.

Le « E » d’environnement déborde et englobe désormais l’interdépendance de l’économie et de l’énergie. La sécurité nationale, la souveraineté autochtone et arctique, et même la défense, font leur entrée dans les considérations des investisseurs. Sur le plan social, les enjeux d’abordabilité gagnent en visibilité.

Quant à la gouvernance, elle accueille un nouveau sujet : la gouvernance de l’IA, qui a dépassé celle des conseils d’administration dans les priorités des investisseurs dès 2025.

La réglementation n’a pas fait taire les entreprises

Contrairement aux attentes, l’adoption de la loi C-59 contre l’écoblanchiment, identifiée comme le facteur réglementaire le plus influent selon les investisseurs institutionnels, n’a pas entraîné de recul important des divulgations. En 2024, seulement 3 % des entreprises du TSX avaient complètement retiré leurs communications ESG selon une étude de Millani. Le niveau de divulgation est globalement resté supérieur à celui de 2022 et 2023.

Milla Craig observe par ailleurs une adoption croissante des normes IFRS (International Financial Reporting Standards) en matière de durabilité, signe que les pratiques se structurent. Et malgré les incertitudes, 72 % des entreprises du TSX n’ont pas modifié leurs objectifs climatiques, 12 % les ont même renforcés.

Un phénomène inquiétant se dessine toutefois en coulisses : un silence croissant chez les investisseurs eux-mêmes. De moins en moins d’entre eux s’expriment publiquement ou prennent position sur l’ESG, par crainte d’être critiqués ou mal interprétés, indique Milla Craig. Selon elle, c’est à ce niveau que réside le véritable risque : non pas dans l’excès de communication, mais dans l’inaction et le manque de transparence.

L’affaire de toute l’entreprise

Autre grande tendance : l’ESG s’institutionnalise. L’ESG ne relève plus uniquement d’équipes spécialisées, révèlent des entretiens menés par Millani auprès de 36 investisseurs institutionnels canadiens. Il mobilise désormais l’ensemble des fonctions, de la finance à la gestion des risques, en passant par l’audit, la communication et la gouvernance.

Le mouvement de recul contre l’ESG, particulièrement marqué aux États-Unis, a produit l’effet inverse de celui escompté, observe Milla Craig, et a plutôt accéléré l’institutionnalisation de l’ESG chez les investisseurs canadiens.

Selon une étude de Millani publiée en février dernier, basée sur des entretiens menés auprès de 36 investisseurs institutionnels représentant 10,3 billions de dollars d’actifs sous gestion, 97 % des répondants confirment maintenir un niveau élevé d’engagement continu envers l’ESG.

Comme le résume un investisseur cité dans le rapport : « la phase qui s’amorce est celle de la normalisation ». Les discussions sur l’ESG sont devenues plus transversales et plus structurées, modifiant la nature de ce qu’on attend d’un rapport de durabilité. D’un exercice de communication avec de belles photos, il devient un outil stratégique à part entière pour convaincre les investisseurs, indique Milla Craig.

Ce que les meilleurs rapports ont en commun

Dans le cadre du concours des meilleurs rapports de durabilité, BMO a remporté le premier prix dans la catégorie des institutions bancaires, notamment pour ses indicateurs d’analyse du carbone. La TD se classe au deuxième rang, saluée entre autres pour la transparence de ses objectifs, suivie par RBC.

Dans le secteur financier non bancaire, La Caisse a dominé le classement pour la clarté et la structure de son rapport, ainsi que pour la pertinence de ses indicateurs de gouvernance, suivie de Manuvie, distinguée entre autres pour l’influence accordée aux investisseurs, et d’Investissements PSP, remarqué pour son volet social : rétention des talents, bien être des employés, rémunération des dirigeants et alignement des incitatifs des cadres avec les objectifs organisationnels.

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Une acquisition structurante pour Desjardins https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/une-acquisition-structurante-pour-desjardins/ Wed, 25 Mar 2026 10:44:07 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113143 L’intégration de Guardian renforce sa taille, ses capacités et son ambition internationale.

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Desjardins finalise l’acquisition de Guardian Capital Group, annoncée en août 2025, consolidant ainsi sa position parmi les principaux gestionnaires d’actifs. « Cette transaction nous place dans une nouvelle catégorie parmi les leaders au Canada, avec une portée mondiale. Pour moi, c’est porteur d’un bel avenir pour la gestion d’actifs et la gestion de patrimoine chez Desjardins », commente Nicolas Richard, Premier directeur général et chef de Desjardins Gestion internationale d’actifs (DGIA) en entrevue avec Finance et Investissement.

D’une valeur de 1,67 milliard de dollars (G$), cette acquisition, que Nicolas Richard qualifie comme l’une des plus grandes de Desjardins, marque un tournant pour la coopérative. Elle lui permet de plus que doubler ses actifs, qui passent d’environ 120 G$ à près de 280 G$ sous gestion et sous conseil.

« C’est aujourd’hui un jalon important pour Desjardins. La clôture de cette opération nous permet d’accélérer notre croissance, d’élargir notre portée et d’améliorer les solutions de placement que nous pouvons offrir à nos membres, clients et investisseurs. Elle nous positionne pour une croissance durable à long terme tout en accueillant une équipe qui cadre parfaitement avec notre culture et notre ambition », souligne Denis Dubois, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, par voie de communiqué.

« Nous sommes très heureux d’avoir franchi cette étape importante et de pouvoir regrouper Guardian, un gestionnaire d’actifs de premier plan au Canada avec une portée mondiale, avec DGIA », assure Nicolas Richard, qui souligne le fort alignement culturel entre les deux organisations.

Si leur revue diligente laissait déjà entrevoir cette compatibilité, il se dit particulièrement satisfait de constater qu’elle se confirme dans les faits. « Quand on rencontre les équipes respectives, c’est très naturel. Les gens veulent collaborer et échanger des idées ! », se réjouit-il.

Un élément qu’il juge essentiel à la réussite de l’intégration.

Une transaction marquante alignée sur la croissance

Cette opération d’envergure s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation de l’industrie de la gestion d’actifs, où la taille devient un avantage concurrentiel déterminant. « La gestion d’actifs est une activité qui bénéficie des effets d’échelle », rappelle Nicolas Richard. Des coûts importants y sont associés, et une base d’actifs plus élevée permet de générer des gains d’efficacité et de réinvestir dans les capacités d’investissement.

Dans ce contexte, la transaction agit comme un véritable accélérateur pour Desjardins, dont la gestion d’actifs et la gestion de patrimoine constituent des vecteurs de croissance clés. « Cela s’inscrit tout à fait dans notre volonté de devenir un joueur plus important en gestion d’actifs », souligne-t-il.

Une ouverture vers l’international ?

Sur la question de l’expansion internationale, l’intervenant nuance en rappelant que DGIA demeure solidement ancrée au Québec et au Canada.

Nicolas Richard souligne toutefois que, si les activités de Guardian sont particulièrement importantes au Canada, la firme possède également des filiales aux États-Unis et ailleurs, notamment au Royaume-Uni. Cette présence permet à Desjardins d’élargir progressivement son empreinte géographique. « Cela nous ouvre des portes, d’abord à l’extérieur du Québec, puis à l’international », estime-t-il.

Si cette intégration de Guardian propulse Desjardins à un autre niveau, Nicolas Richard insiste sur le fait qu’à court terme l’intégration devrait se faire en continuité pour les clients. « Les membres et les clients qui bénéficient de nos services continueront d’avoir accès aux mêmes stratégies et aux mêmes gestionnaires de portefeuille », promet-il.

À plus long terme, toutefois, la combinaison des expertises devrait permettre d’élargir et de diversifier l’offre de stratégies. Les clients pourront ainsi tirer parti de l’expertise combinée de deux gestionnaires, tant sur les marchés privés que publics.

« Cela va également renforcer nos capacités de recherche. Pour moi, c’est une évolution positive autant pour les membres et clients de Desjardins que pour ceux de Guardian », conclut-il.

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Diversifier vers l’Europe : la solution de Quadra Capital https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/diversifier-vers-leurope-la-solution-de-quadra-capital/ Wed, 04 Mar 2026 10:54:59 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112797 Pour réduire sa dépendance au marché américain.

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Faut-il réduire son exposition aux États-Unis et se tourner davantage vers l’Europe ? La question se pose avec une acuité nouvelle depuis le début de 2025, selon Guillaume Touze, président et chef de la direction de Quadra Capital.

« Il y a toujours eu un argument structurel en faveur de l’Europe. Mais depuis la montée des tensions entre le Canada et les États-Unis sous la présidence de Donald Trump, un facteur plus émotionnel est venu s’y ajouter. Nombre de Canadiens ont décidé de boycotter les États-Unis », constate-t-il. La volatilité des marchés nord-américains et l’incertitude géopolitique croissante à l’échelle mondiale les incitent aussi à passer à l’action.

Chez Quadra Capital, cette réflexion n’est pas nouvelle. La firme, née en Angleterre avant de se développer à Paris et à Madrid, s’est établie au Québec il y a sept ans en partenariat avec des acteurs locaux, dont le Groupe Walter. Son équipe, composée d’une dizaine de personnes, gère aujourd’hui environ un milliard de dollars d’actifs.

Des entreprises mondiales

Plusieurs facteurs rendent le marché européen plus attrayant que jamais, selon Guillaume Touze. D’abord, la qualité des sociétés européennes. « L’Europe regorge de chefs de file mondiaux dans de nombreux secteurs », affirme Guillaume Touze dont l’approche repose sur la sélection de titres individuels (stock picking).

Il mentionne notamment Airbus dans le secteur aéronautique, L’Oréal dans les cosmétiques, LVMH et Hermès dans le luxe, ainsi qu’EssilorLuxottica dans l’optique. « Hermès est un exemple remarquable de ce qu’on appelle le quiet luxury. Sur dix ans, sa performance a été environ deux fois supérieure à celle de LVMH », souligne-t-il.

EssilorLuxottica, pour sa part, s’est illustrée avec le développement de lunettes connectées en partenariat avec Meta, un produit particulièrement populaire auprès des jeunes générations. « Ce sont de belles histoires d’investissement », commente-t-il.

Face aux inquiétudes liées à la guerre en Ukraine ou au Brexit, il insiste sur un point : « Les grandes entreprises européennes sont en réalité très internationales. Nestlé, L’Oréal ou Siemens réalisent une part importante de leurs revenus à l’extérieur de l’Europe. La corrélation entre les risques géopolitiques locaux et leur performance est relativement faible. »

Un potentiel de rattrapage boursier

Au-delà des entreprises elles-mêmes, les valorisations constituent un autre argument de poids. « Les ratios cours-bénéfices demeurent inférieurs en Europe comparativement aux États-Unis », note Guillaume Touze. Même après un certain rattrapage l’an dernier, « le marché européen reste attractif ».

Il compare l’Euro Stoxx 600 au S&P 500 et observe que l’écart de valorisation ne s’est pas encore entièrement résorbé. « Il existe un réel potentiel de rattrapage », estime-t-il.

À cela s’ajoute une dimension structurelle : l’Europe est moins dominée par les géants technologiques américains, les fameux Sept Magnifiques. « Cette concentration sectorielle aux États-Unis peut accroître la volatilité. L’Europe offre une diversification plus équilibrée », soutient-il.

Il évoque également les plans de relance en infrastructures et en défense sur le continent. L’exemple de Siemens Energy, qui aurait bénéficié des investissements allemands massifs, illustre cette dynamique. Selon lui, le plan de relance allemand actuel serait, en équivalent euro, supérieur à ce qu’avait représenté le plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale. « Cela pourrait générer entre 1 % et 2 % de croissance annuelle du PIB européen sur les cinq prochaines années », dit-il.

Diverses solutions d’investissement

Pour accroître son exposition au marché de l’Europe, plusieurs avenues sont possibles. Les portefeuilles offerts par les banques et les courtiers incluent déjà des titres européens, même si leur pondération demeure souvent inférieure à celle des actions américaines.

Les fonds d’investissement constituent une autre solution. « Par l’intermédiaire du système Fundserv, il est possible d’accéder à des fonds diversifiés de 40 à 50 titres ou plus », explique Guillaume Touze. Cette approche réduit le risque associé à la sélection de quelques actions.

Il met toutefois en garde contre certains fonds dits internationaux qui restent fortement exposés aux États-Unis. « On peut se retrouver avec une double exposition involontaire au marché américain. » Il recommande donc de vérifier si le fonds exclut l’Amérique du Nord ou s’il est spécifiquement axé sur l’Europe.

Quadra Capital, qui a obtenu l’année dernière sa licence de gestionnaire de portefeuille, a pour sa part lancé un fonds d’obligations internationales investi à plus de 60 % en Europe, ainsi qu’un projet de fonds d’actions européennes sous forme de fonds nourricier. « Les fonds strictement européens sont relativement rares au Canada. Il y a une opportunité », assure-t-il.

Selon lui, un investisseur canadien pourrait raisonnablement allouer entre 21 % et 30 % de son portefeuille à l’Europe, selon son profil de risque. « Pour les plus audacieux, on peut aller plus loin », suggère-t-il.

La fraise et la vanille

Guillaume Touze insiste sur la prudence. « La diversification, c’est d’abord une gestion de père de famille », affirme-t-il. Concentrer l’ensemble de ses actifs sur un seul marché n’est pas nécessairement optimal, même si cela n’a pas été pénalisant au cours de la dernière décennie.

Convaincre un investisseur habitué à la surperformance nord-américaine demande toutefois un travail pédagogique. « C’est comme un enfant habitué à la crème glacée à la vanille. Il faut lui faire découvrir d’autres saveurs, comme la fraise, par exemple. »

Quadra Capital propose des parts libellées en dollars canadiens et couvertes contre le risque de change. « Cela permet d’évaluer la performance réelle des titres sans être influencé par les fluctuations entre l’euro et le dollar canadien », explique Guillaume Touze. Selon lui, cette couverture réduit le risque global et favorise une lecture plus transparente des rendements.

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À l’industrie de démontrer sa valeur https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/a-lindustrie-de-demontrer-sa-valeur/ Wed, 11 Feb 2026 11:21:45 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112234 TOP DES LEADERS – En vue des divulgations du MRCC 3.

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L’industrie se prépare à l’entrée en vigueur, en 2027, des obligations de divulgation du coût total des fonds auprès des clients, prévues dans la phase 3 du Modèle de relation client conseiller (MRCC 3). Même si ce changement réglementaire est synonyme de formation et de frais technologiques pour l’industrie financière, il peut aussi rimer avec occasion d’affaire pour les conseillers et courtiers en mesure de démontrer leur valeur aux clients.

C’est ce qui ressort des entrevues avec les leaders honorés à l’occasion du Top des leaders de l’industrie financière 2025.

Gino-Sébastian Savard, président de MICA Cabinet de services financiers, accueille l’arrivée du MRCC 3 sans appréhension. Bien au contraire. Depuis les premières phases du MRCC, il milite pour une divulgation complète et claire des coûts assumés par les clients, en dollars, afin d’éviter toute confusion entre commissions et frais de gestion. « Une divulgation partielle crée plus de malentendus qu’elle n’en règle », estime-t-il.

Selon lui, le MRCC 3 s’inscrit dans la continuité logique de cette démarche de transparence. Les conseillers devront démontrer plus clairement leur valeur ajoutée, mais cette exigence fait déjà partie des bonnes pratiques chez MICA. Il anticipe que le changement sera plus difficile pour les modèles offrant peu de services à des coûts élevés. « Justifier 20 000 $ de frais est plus simple quand on apporte une réelle valeur que d’expliquer 1 000 $ lorsqu’on ne fait presque rien », illustre-t-il. Selon lui, le MRCC 3 représente donc davantage une opportunité qu’un risque pour les conseillers professionnels et bien structurés.

Annabelle Dumais, copropriétaire du cabinet en planification financière Dumais Sauvageau Garon, abonde dans le même sens. « Nous avons toujours été très transparents. [La divulgation des frais] a toujours fait partie de nos pratiques. Notre objectif n’est pas seulement de parler des frais, mais surtout de mettre de l’avant la valeur ajoutée que nous offrons et l’étendue de notre offre de service. »

Selon la dirigeante, les conseillers qui croient, comme elle, en une approche en planification financière plus globale vont mieux survivre à cette réglementation que ceux dont le modèle d’affaires repose principalement sur la vente de fonds d’investissement et une offre de conseils limitée.

Évidemment, l’industrie se prépare afin que les conseillers puissent répondre aux questions des clients sur les coûts des fonds. Les émetteurs de fonds doivent collecter des données et les transmettre aux courtiers depuis le début de l’année. En 2026, les courtiers et conseillers devront donc :

  • préparer leurs systèmes en vue de la diffusion des nouveaux formulaires
  • et former les conseillers afin d’en expliquer la portée aux clients.

Denis Ricard, président et chef de la direction d’iA Groupe financier, soutient l’initiative réglementaire et explique la préparation au sein de son organisation. « Ça a nécessité des changements de système, ainsi qu’un travail de préparation avec nos réseaux de distribution. Ce n’est pas le premier changement de réglementation [auquel nous faisons face]. Nous en avons vu des tonnes dans le temps. Nous avons un processus en place. Nous sommes prêts », assure-t-il.

Les conseillers de Valeurs mobilières ­Desjardins (VMD) sont également formés aux changements réglementaires ainsi qu’aux outils qui seront mis en place pour leur permettre d’avoir une vue d’ensemble du coût total de chaque client.

Tout en soutenant l’initiative réglementaire, David Lemieux, vice-président et directeur général de VMD, doute que de mettre l’accent sur les frais des fonds soit la meilleure idée. « Quand on simplifie la gestion de portefeuille à simplement la gestion des coûts, parfois on s’égare un peu sur ce dont on a besoin pour bien construire un portefeuille », juge-t-il. Selon lui, l’un des risques est que le client soit mal guidé en analysant tout à travers le prisme des frais, plutôt que celui de la valeur de la panoplie de services qu’il reçoit, lesquels ne sont pas gratuits.

« En même temps, il ne faut pas voir cette transparence comme une menace. Si nous effectuons bien notre travail, par exemple avec l’approche de planification 360, nous n’aurons pas de difficulté à justifier la valeur que nous apportons à notre client. Il faudra aussi démontrer que nous sommes performants dans notre gestion de portefeuille. Il faut être bons dans tout », résume David Lemieux.

Au Groupe financier PEAK, l’arrivée de la nouvelle réglementation rime aussi avec modification des systèmes, des outils, des états de compte et des documents internes. « C’est un peu plus facile pour nous dans le sens où nous sommes aussi totalement indépendants. Nous n’avons pas nos propres produits, nous n’avons pas de fonds communs, et une grande partie des changements réglementaires sont applicables aux manufacturiers, à l’émetteur, ce qui ne nous concerne pas », relève Robert Frances, président du conseil et chef de la direction du Groupe financier PEAK.

Le dirigeant souhaite que les régulateurs n’en arrivent pas à MRCC 4. « Chaque fois, ce sont des gros changements, des gros coûts pour l’industrie, mais également une confusion pour tout le monde. Avec MRCC 3, nous sommes finalement arrivés à un point où le client dispose de beaucoup d’informations. »

Robert Frances s’attend malgré tout à quelques ajustements au MRCC 3, mais pas à une réforme majeure pour l’industrie. « Je crois qu’il va y avoir un MRCC 3.1 parce qu’il reste encore quelques éléments qu’on a soulevés, que plusieurs ont soulevés, qui devraient être ajoutés à tout ce qu’on veut dévoiler au client », explique-t-il.

Avec la collaboration d’Alizée Calza, Richard Cloutier, Carole Le Hirez et Sylvie Lemieux.

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Walter GAM : bâtir un champion à partir d’une feuille blanche https://www.finance-investissement.com/nouvelles/developpement-des-affaires/walter-gam-batir-un-champion-a-partir-dune-feuille-blanche/ Wed, 21 Jan 2026 11:38:21 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111955 En sept ans, Sylvain Brosseau a transformé une vision idéaliste en une plateforme mondiale de gestion d’actifs indépendante.

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Que de chemin parcouru depuis sept ans. Fondée à partir « d’une feuille blanche », selon l’expression de son chef de la direction et associé fondateur Sylvain Brosseau, Walter Global Asset Management (Walter GAM) a su se tailler une place de choix dans l’univers de la gestion d’actifs. Un parcours qui franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec la conclusion d’un partenariat stratégique avec Montrusco Bolton.

« Lancer une nouvelle entreprise, ça demande énormément d’énergie et de vision. C’est dur », confie Sylvain Brosseau, en repensant à la première année de l’entreprise, en 2018, alors qu’il était encore seul à la barre.

« Il a fallu que je bâtisse l’équipe », se souvient-il. Une équipe qu’il décrit aujourd’hui comme étant la « clé du succès » de Walter GAM. Mais pour réunir celle-ci, encore fallait-il un plan d’affaires solide et, surtout, une vision claire. « C’est cette vision-là que j’allais, d’abord, vendre à mes partenaires, puis à mes futurs collègues, et éventuellement à Montrusco Bolton », explique-t-il.

Comme en 2003, lors de la reprise d’Elantis qui est devenue plus tard Fiera Capital, Sylvain Brosseau a réussi à concrétiser sa vision qu’il qualifie encore aujourd’hui « d’idéaliste ». « Effectivement, le même phénomène s’est produit, reconnaît-il. La différence, c’est que la première fois, on partait d’une base. Commencer de zéro, c’est plus compliqué : il faut créer de l’attraction », souligne-t-il.

Une histoire à succès

Malgré l’ampleur du défi, Sylvain Brosseau estime avoir pratiquement rattrapé son plan initial et entrevoit désormais le dépasser. L’équipe de GAM, qui compte aujourd’hui sept professionnels, s’était donné comme objectif de réaliser environ trois acquisitions par année. Cinq ans plus tard, la firme peut déjà compter sur un réseau de 15 entreprises partenaires.

Sur le plan de la diversification, là encore, mission réussie. Walter Global Asset Management est aujourd’hui active dans trois créneaux distincts de la gestion d’actifs.

Le premier regroupe des gestionnaires de portefeuille, généralement des boutiques hautement spécialisées se concentrant sur des stratégies ciblées plutôt que sur une offre de services étendue. Ce créneau compte dix firmes, dont Montrusco Bolton.

Le deuxième créneau est celui de la gestion de patrimoine, avec deux firmes, l’une basée à Montréal et l’autre à Londres.

Le troisième regroupe trois entreprises offrant des services à l’industrie de la gestion d’actifs, fortement axés sur la technologie. Sylvain Brosseau les décrit comme des « fournisseurs de services à valeur ajoutée technologique ».

Les seuls éléments qui n’ont pas suivi exactement le plan initial concernent les montants levés annuellement et le rendement de la firme. L’objectif était de lever 100 millions de dollars (M$) d’actifs par année et d’investir un montant équivalent. Si cet objectif n’a pas été atteint au cours des quatre premières années, marquées notamment par la pandémie, la situation s’est nettement améliorée l’an dernier, alors que la firme a levé 200 M$.

Du côté du rendement, en revanche, la firme dépasse ses attentes. « Je m’attendais à un rendement d’environ 20 %. Aujourd’hui, après cinq ans, ce n’est pas cumulatif, mais annualisé : on est près de 29 % après frais », précise Sylvain Brosseau.

Résultat : la valeur actuelle du fonds, incluant les capitaux engagés, s’élève à environ 330 M$. À cela s’ajoutent les quelque 125 M$ déjà retournés aux investisseurs, ce qui porte le volume total géré et redistribué à environ 450 M$.

La croissance demeure donc au cœur de la stratégie. L’objectif du nombre d’acquisitions annuelles a toutefois été revu à la baisse, la firme visant désormais deux à trois acquisitions par an, un ajustement qui s’explique par « la taille croissante des transactions », nuance Sylvain Brosseau.

Le cas Montrusco Bolton

Walter GAM était en discussion avec Montrusco Bolton depuis plus de cinq ans, confie Sylvain Brosseau. « Nous sommes très patients, plaisante-t-il. Il fallait simplement que la bonne occasion se présente. » Cette occasion s’est matérialisée récemment avec l’envie de vendre de deux actionnaires externes.

Montrusco Bolton figurait depuis longtemps parmi les cibles privilégiées de Walter GAM. Après avoir exploré diverses avenues dans les années 2000 et 2010, la firme a opéré, au tournant des années 2020, un recentrage stratégique autour de ses compétences clés. Elle a alors choisi de se positionner clairement comme une boutique spécialisée en actions publiques, couvrant différents marchés et segments, et ce, à contre-courant d’une industrie largement tournée vers les actifs privés. Une orientation qui correspondait précisément à la philosophie de Walter GAM, axée sur la spécialisation et les boutiques expertes.

Le partenariat a aussi été rendu possible par une réorganisation de l’actionnariat. Un groupe d’employés de Montrusco Bolton a acquis le contrôle majoritaire de la firme. Dans ce contexte, les dirigeants et employés deviennent propriétaires majoritaires, tandis que Walter GAM intervient comme partenaire financier minoritaire, permettant à la firme de préserver son indépendance.

Un point qui tient particulièrement à cœur à Sylvain Brosseau. « Quand les gens disent être en contrôle de leur propre destinée, ça change complètement leur niveau d’engagement envers la croissance de leur entreprise », souligne-t-il.

L’objectif du partenariat est donc d’accompagner Montrusco Bolton dans une nouvelle phase de son développement. Walter GAM n’arrive jamais avec une formule toute faite. Son approche repose plutôt sur cinq leviers, modulés selon les besoins de chaque entreprise :

  • du capital,
  • un appui à la stratégie de distribution,
  • un renforcement des opérations et de la gouvernance,
  • du capital humain et un regard neuf
  • et une expertise stratégique.

Dans le cas de Montrusco Bolton, le capital a permis de racheter les parts de deux actionnaires institutionnels. Pour le reste, la firme dispose déjà d’assises solides en matière de gouvernance et de capital humain. Walter GAM estime toutefois pouvoir créer de la valeur sur le plan stratégique et au niveau de la distribution, en particulier en soutenant le développement aux États-Unis. « Malgré la croissance des actifs dans les cinq dernières années, ils n’ont pas touché au marché américain. Pourtant, il y a de très belles opportunités », note Sylvain Brosseau.

Les firmes indépendantes, l’économie et l’IA

Loin d’être pessimiste face au contexte actuel, Sylvain Brosseau brosse un tableau positif de le la gestion d’actifs indépendante au Canada en 2026. S’il note un retour de la consolidation dans l’industrie, il y voit avant tout un phénomène cyclique, lié à la maturité de certaines firmes, au vieillissement de leurs dirigeants et aux enjeux de relève ou de capacité financière pour racheter des actionnaires sortants.

« On revoit ce phénomène. On l’a déjà vu dans le passé », déclare-t-il.

Mais, lui-même voit se dessiner un autre mouvement. « Ce qu’on distingue un peu moins, parce que c’est sous le radar, ce sont de belles petites firmes portées par de jeunes entrepreneurs qui sont en train d’émerger. » Selon lui, ces acteurs pourraient être les gagnants de demain.

Dans ce contexte en mutation, Walter GAM se positionne comme un accompagnateur actif de ces firmes, tant sur le plan stratégique qu’opérationnel.

Sur le plan économique, malgré un contexte qu’il reconnaît incertain, les occasions demeurent nombreuses. « Nous attirons des gens qui ont bâti leur business, qui ont réussi, mais qui sont rendus à un moment de leur évolution où ils sentent qu’ils peuvent avoir davantage de croissance », explique-t-il.

Quant aux barrières à l’entrée — notamment la conformité, de plus en plus exigeante —, il relativise leur impact. « Oui, ce sont des éléments qu’il faut mettre en place, mais ce n’est pas ça qui va ralentir les entrepreneurs dans la construction de leur entreprise », affirme-t-il.

Même l’intelligence artificielle (IA) ne suscite pas d’inquiétude particulière. Il assure qu’aucune firme du portefeuille de Walter GAM ne serait menacée sur le plan concurrentiel par cette technologie. La réflexion porte plutôt sur la manière dont l’IA peut améliorer les opérations et les processus.

Walter GAM joue d’ailleurs un rôle de catalyseur en facilitant le partage d’expériences entre les entreprises de son réseau. « On a de beaux exemples, souligne Sylvain Brosseau. Souvent, on va dire : on a entendu ça, on l’a expérimenté, tu devrais l’essayer. »

Un futur ambitieux

Une fois de plus, Sylvain Brosseau a de grandes ambitions pour le futur de Walter GAM. Il souhaite voir la firme s’imposer comme un leader de la gestion de portefeuille, mais aussi comme un acteur innovant de l’industrie, notamment grâce à l’intégration de la technologie, et ce, pas seulement au pays.

Bien que la plateforme soit ancrée à Montréal, au Québec et au Canada, son empreinte est déjà bien internationale. « Présentement, nous avons des opérations indirectes dans 11 pays », rappelle-t-il.

Son objectif est clair : faire de Walter GAM un leader mondial, construit sur des bases canadiennes solides. Et comme à l’époque de Fiera Capital, les ambitions qui pouvaient autrefois sembler audacieuses paraissent aujourd’hui, après sept ans d’exécution, non plus démesurées, mais pleinement réalisables.

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IA en Bourse : alerte à la bulle ou simple pause du marché ? https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/ia-en-bourse-alerte-a-la-bulle-ou-simple-pause-du-marche/ Wed, 07 Jan 2026 11:03:32 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111669 Pour Alpine Macro, les fondamentaux demeurent solides et la tendance haussière pourrait se prolonger.

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Les craintes d’implosion d’une bulle financière de l’intelligence artificielle (IA) se multiplient, mais Alpine Macro, de Montréal, juge qu’on est encore loin d’un tel moment. Le marché haussier peut se poursuivre encore longtemps.

Les alertes d’orage sur le marché de l’IA se sont multipliées ces derniers temps. Par exemple, deux universitaires de l’Université Yale repèrent des signes troublants.

Tout d’abord, les ententes croisées qui ressemblent à des labyrinthes de surinvestissement abondent, une concentration qui hausse les risques de contagion. « En moins de trois ans, OpenAI est passé du statut de jeu de société à un pilier de l’économie globale », écrivent les deux chercheurs de Yale, OpenAI ayant signé le 1er octobre dernier une entente de 500 milliards de dollars (G$) avec Samsung pour le projet Stargate.

Au cours du Yale Chief Executive Leadership Institute CEO Summit de juin 2025, 40 % des 150 chefs de direction présents ont soulevé d’importantes réserves à l’endroit de l’exubérance AI, « jugeant qu’une correction est imminente », écrivent les auteurs de Yale.

Analyste vedette chez Groupe RBC, Kelly Bogdanova prévoit qu’après les hausses massives de profits de 2023 et 2024, les taux de croissance entre les Magnificent Seven et le reste du marché sont appelés à converger en 2026.

La firme d’analyse BCA Research, de Montréal, vient de publier une étude qui, le 15 décembre, a trouvé écho dans MarketWatch, bulletin financier du Wall Street Journal. Elle annonce une déconfiture de la bulle IA dès 2026. Poursuivant sur la lancée de Kelly Bogdanova, BCA fait observer que l’idée d’une hausse soutenue des profits des firmes technologiques va paraître très chancelante au début de 2026. Le morcellement de l’idée IA va heurter de plein fouet un secteur techno où le niveau des bénéfices par action est de 22,6 comparé à une médiane de 18 pour l’ensemble du S&P 500.

Autre point de vue montréalais

Tout le monde ne partage pas cet avis. Une autre firme de Montréal, Alpine Macro, a également vu MarketWatch donner écho à sa vision, une vision plus optimiste toutefois de la course financière de l’IA. Chef des stratégies quantitatives chez Alpine Macro, Henry Wu considère que, jusqu’à ce jour, les risques sont contenus et ne devraient pas faire dérailler le train IA.

Henry Wu traite de trois sujets anxiogènes liés à l’IA. Tout d’abord, face à l’objection fréquente que l’investissement en IA est démesuré et rappelle les excès de la bulle techno de 2000, il fait remarquer que, comparativement à la tendance courante des investissements, ceux qu’on observe en IA ne sont que légèrement supérieurs à ceux de 2000. Alors que les investissements en technologie ont bondi d’environ 4,6 % du PIB américain à 6,5 % de 1995 à 2000, depuis 2023 le saut est d’à peine trois dixièmes de points de pourcentage du PIB. « Nous sommes encore tôt dans la course », dit Henry Wu.

Une autre facette de la hausse des investissements tient au fait qu’elle a été financée surtout à partir des encaisses gigantesques des sociétés technologiques, ne représentant en 2025 que 38 % des trésoreries. Par ailleurs, l’endettement obligataire des sociétés technologiques ne représente qu’environ 3,5 % du marché obligataire total, alors qu’il s’est élevé à 12 % en 2000.

Quant au « labyrinthe » des investissements que dénonce l’analyse de Yale, Alpine Macro n’y voit rien de tel. « Les entreprises de l’IA sont souvent le mieux habilitées pour évaluer les risques et bénéfices de leurs partenaires en amont et en aval », note Henry Wu.

Plusieurs observateurs dénoncent la rapide dépréciation des puces IA qui mine la réelle profitabilité des leaders du secteur. Ces derniers annoncent des dépréciations sur cinq à six ans, alors que le cycle d’apparition des nouvelles puces est de trois ans ou moins. C’est une situation qui n’émeut pas Henry Wu. « La dépréciation des puces est économique, dit-il, et ne tient pas à une détérioration des composantes. La capacité de traitement des puces antérieures ne décline pas parce qu’une nouvelle puce fait son apparition. Ce sont les prix qui tombent avec l’apparition de produits plus efficients. »

Enfin, les marchés s’inquiètent d’un nouvel événement DeepSeek, le modèle de langage chinois très économique qui a traumatisé tout le monde au début de 2025. Alpine Macro ne s’en émeut pas non plus. Si un tel événement se produit à nouveau, ce sera simplement une occasion de réinvestir sur un fléchissement des marchés, comme ce fut le cas en janvier 2025.

Henry Wu ne nie pas la possibilité d’une « bulle IA ». En fait, il juge que sa probabilité est élevée, « mais nous sommes tôt encore dans le gonflement de cette bulle », dit-il. C’est la même conclusion à laquelle arrive Deutsche Bank, l’analyste Brian Cox affirmant que, même si nous avons affaire à une bulle, elle est encore jeune. En se retirant prématurément, les investisseurs risquent de renoncer à des gains potentiels.

Qu’en est-il du vrai marché?

Une question demeure : le marché des applications de l’IA chez les consommateurs et les entreprises justifiera-t-il la masse des investissements en cours. Henry Wu le croit et note que les ventes tant chez Open AI que chez Anthropic atteignaient les 10 G $US en 2025.

Est-ce suffisant? La question reste ouverte — et inquiétante. Une récente étude du MIT (Massachusetts Institute of Technology) a montré que sur un sondage récent de 52 entreprises, 95 % ont annoncé un rendement de zéro sur leurs investissements en IA d’environ 35 G $US dans 300 projets différents.

Alpine Macro, un trésor caché de Montréal

Sise au 666 rue Sherbrooke à Montréal, la firme de recherche en investissement mondial Alpine Macro occupe peu de place au Québec, mais son empreinte internationale est très large.

Fondée en 2017 avec six employés, la firme en compte aujourd’hui une cinquantaine, avec une équipe essentielle d’environ 25 stratèges et analystes. « Le Québec compte pour environ 1 % de notre activité, cependant nous couvrons plus de 70 pays », affirme Arun Kumar, chef de la direction d’Alpine. C’est ce qui explique l’absence presque complète de stratèges francophones issus du Québec, juge le dirigeant. « Nous recrutons dans tous les marchés que nous couvrons », ajoute-t-il, ce que les noms des stratèges illustrent éloquemment : Yan Wang, stratège en chef des marchés émergents et de la Chine, Harvinder Kalirai, stratège en chef du revenu fixe et des devises, Bassam Nawfal, stratège en chef de l’allocation des actifs.

La perspective est globale et tous les secteurs s’y retrouvent : des denrées de base à l’intelligence artificielle, de l’énergie aux marchés émergents, des obligations américaines aux stratégies quantitatives.

Cette pépinière de cerveaux analytiques se rattache à un fil conducteur unique : Anthony Boeckh, co-fondateur d’Alpine, mais aussi fondateur de cette autre firme montréalaise d’analyse globale, BCA Research, où il a été actif pendant 34 ans avant de fonder Alpine. Pas surprenant qu’on trouve chez Alpine plus d’une dizaine de transfuges de BCA. Aujourd’hui encore, âgé de plus de 80 ans, Anthony Boeckh participe chaque semaine aux rencontres de recherche.

Arun Kumar ne veut pas s’étendre sur les différences qui distinguent Alpine de BCA. Il se contente d’indiquer qu’Anthony Boeckh « voulait recréer ce que BCA Research était à ses débuts ». Il note aussi en passant qu’Alpine vise à présenter à sa large clientèle une vision « maison » unifiée alors que BCA présente une approche « par silo », où différents analystes peuvent être en contradiction les uns avec les autres.

En juin 2025, Alpine est devenue un joueur de niche au sein de la grande famille de la firme londonienne Oxford Economics, qui a acquis un intérêt majoritaire dans la firme de Montréal. Oxford abrite un personnel de 840 employés dispersés entre 20 bureaux mondialement. Alors qu’Oxford est spécialisée en études et prévisions économiques, Alpine contribue une expertise de stratégie financière mondiale.

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Investissement durable : un cadre réglementaire qui reste à préciser https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/investissement-durable-un-cadre-reglementaire-qui-reste-a-preciser/ Wed, 19 Nov 2025 10:10:05 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110655 Formation, outils et encadrement réglementaire au cœur des solutions.

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Les conseillers naviguent en territoire incertain lorsqu’il s’agit d’intégrer les préférences environnementales de leurs clients à leurs recommandations. Entre une demande croissante des investisseurs et un encadrement réglementaire encore flou, le secteur de la finance durable avance à vue, selon des experts réunis au colloque sur le cadre réglementaire de la finance durable organisé par le Laboratoire en droit des services financiers de l’Université Laval, en octobre.

« On est en train de construire l’avion pendant qu’on vole », résume Laure Maillard, conseillère principale en investissement responsable chez Desjardins, pour illustrer la réalité du terrain.

Un sondage de l’Association de l’investissement responsable (AIR) révèle que 67 % des Canadiens se disent intéressés par les placements responsables, mais que seulement 28 % déclarent en détenir. Ce décalage témoigne de la difficulté pour les intermédiaires financiers à traduire les préférences environnementales des clients en recommandations d’investissement concrètes.

Selon des données de Desjardins, l’intérêt pour la finance durable est particulièrement marqué chez les femmes, les jeunes et les investisseurs de plus de 50 ans. Mais si les épargnants veulent investir selon leurs convictions, leurs conseillers ne sont pas toujours équipés pour les accompagner, constate Laure Maillard. Le cadre réglementaire canadien tarde à définir comment ces préférences doivent être intégrées dans le conseil financier.

Vide réglementaire

Au Québec comme au Canada, rien n’oblige actuellement les conseillers à tenir compte des préférences environnementales de leurs clients dans leurs recommandations. « On n’a rien dans nos lois ou règlements qui oblige les conseillers à le faire », rappelle Cinthia Duclos, professeure en droit des services financiers à l’Université Laval.

L’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) recommande bien de donner au client l’occasion d’exprimer ses besoins et objectifs, y compris en matière d’investissement durable, mais sans en faire une obligation. Dans la pratique, l’initiative de lancer la discussion revient donc au client, ce qui limite considérablement la portée du conseil durable. Ainsi, seulement 28 % des Canadiens déclarent avoir discuté de leurs préférences environnementales avec leur conseiller.

Des modèles inspirants

D’autres juridictions ont pris de l’avance. L’Union européenne a adopté un règlement en 2022 qui oblige les conseillers à questionner systématiquement les clients sur leurs préférences environnementales et à en tenir compte dans leurs recommandations. Ces préférences ne peuvent pas primer sur les autres objectifs financiers, mais leur intégration est incontournable.

En Suisse, une directive de l’Association suisse des banquiers impose également de consigner les préférences environnementales, sociales, et de gouvernance (ESG) des clients et de s’assurer que les solutions proposées y correspondent, même si ces considérations restent secondaires.

Résultat : les investisseurs européens voient leurs valeurs davantage reflétées dans leurs portefeuilles. En France, 62 % des investisseurs choisissent un produit responsable lorsqu’on leur en propose concrètement un.

Desjardins : Formation et gouvernance

Au Canada, certaines institutions n’attendent pas pour agir. Desjardins a intégré depuis plusieurs années une direction de l’investissement responsable (IR) au sein de sa manufacture de produits d’épargne. Près de 95 % des transactions d’IR y passent par un conseiller.

« Le produit d’investissement responsable ne se rend à l’investisseur que par l’intermédiaire d’un conseiller. Son rôle est donc central dans la chaîne de valeur », souligne Laure Maillard

Les conseillers doivent toutefois naviguer dans un paysage réglementaire qui reste à préciser. L’avis 81-334 des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) impose des obligations de divulgation ESG aux fonds d’investissement, sans pour autant définir comment les conseillers doivent poser la bonne question au client ni interpréter leur réponse.

Pour encadrer ses pratiques, Desjardins s’appuie sur trois piliers : la transparence, en documentant chaque affirmation ESG, en assurant la traçabilité de la validation des informations et en mettant en place des mécanismes de contrôle rigoureux ; la gouvernance, avec la nomination de responsables ESG et de chaînes de décision claires ; la formation, qui sensibilise tous les acteurs, du conseil d’administration aux conseillers sur le terrain.

Réglementation et confiance : même combat

Selon une étude de l’AIR, 54 % des investisseurs considèrent que l’absence de cadre réglementaire clair freine l’IR. Dans ce contexte, la formation apparaît comme essentielle pour combler le vide, éviter l’écoblanchiment et permettre une discussion honnête avec le client.

« Il s’agit pour le conseiller de reconnaître ses limites, d’admettre quand une question dépasse ses compétences et de revenir avec des réponses fiables », explique Laure Maillard. Elle met en garde contre les promesses exagérées. « La tentation, quand on parle d’investissement responsable, c’est de dire qu’on va changer le monde et de mettre une photo d’un ours polaire avec ça. C’est typiquement la chose qui déçoit le client au final. Lui avoir fait croire qu’il allait changer le monde alors que l’investissement responsable, c’est parfois juste essayer de ne pas trop nuire. »

Un vocabulaire commun à définir

Autre obstacle majeur : l’absence d’un vocabulaire clair et standardisé. Sans définition commune de ce qui constitue un investissement durable, les conseillers se retrouvent souvent démunis pour évaluer les produits. Une taxonomie – ou classification – claire des activités économiques selon leurs performances environnementales réduirait le risque d’écoblanchiment et offrirait des repères objectifs.

« Si tout le monde parle le même langage, les mots ont un sens et on ne peut pas y déroger », déclare l’avocat Julien O. Beaulieu

Au Canada, un groupe de travail fédéral planche sur l’élaboration d’un vocabulaire partagé, notamment pour les secteurs de l’électricité et du transport. Mais le chantier demeure embryonnaire. Les propositions suscitent des débats, notamment sur la possible inclusion de certaines activités fossiles, comme la capture de carbone ou l’hydrogène bleu, qui divisent les experts.

Au Québec, aucune exigence spécifique en finance durable n’est intégrée à la formation initiale des conseillers en assurance de personnes ou en valeurs mobilières, note la professeure Duclos. Cela pourrait être facilitant que le gouvernement envoie un signal clair qui permettrait à la fois d’uniformiser les pratiques et d’améliorer la formation, selon elle. Ainsi, une certification professionnelle dédiée pourrait combler cette lacune et renforcer la crédibilité du secteur.

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On ne dit pas assez souvent : « Merci ! » https://www.finance-investissement.com/edition-papier/editorial-et-analyses/on-ne-dit-pas-assez-souvent-merci/ Mon, 10 Nov 2025 05:19:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110734 Après 26 ans en version papier, Finance et Investissement tourne une page avec reconnaissance et se projette vers l’avenir numérique.

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Une profonde gratitude. C’est le sentiment que ressent toute l’équipe de Finance et Investissement envers l’ensemble des personnes qui ont contribué à la réalisation de ce journal au fil des ans.

La direction de notre média a récemment annoncé que le journal de novembre que vous tenez entre vos mains serait la toute dernière édition imprimée régulière de Finance et Investissement. Nous insistons sur le mot « régulière », car d’autres magazines et imprimés pourraient paraître à l’avenir, selon un calendrier qui reste à déterminer.

En effet, Finance et Investissement se modernise et adopte désormais un format entièrement numérique. Notre média vous présentera le même contenu de qualité que celui auquel vous êtes habitué, présenté sous divers formats numériques et sur plusieurs plates-formes, comme notre site Internet finance-investissement.com, notre module de formation continue Espace FC (cecorner.ca), nos baladodiffusions (Soundbites), nos capsules vidéo FI.TV, entre autres.

Cette modernisation rime certes avec la fin de l’édition papier que vous connaissez depuis 26 ans. Cependant, elle représente aussi le début d’un nouveau chapitre fondé sur les mêmes assises : le désir de bien vous informer et d’être un média de référence indispensable pour l’industrie financière, le secteur du conseil financier, du courtage de valeurs mobilières, des fonds d’investissement et de l’assurance de personnes.

Pour vous, chers lecteurs et auditeurs web pour lesquels nous travaillons d’arrache-pied afin de produire cette information de qualité, cela veut dire de changer vos habitudes de consommation de l’information en vous inscrivant à nos infolettres et bulletins spéciaux, comme l’infolettre Focus FNB, pour ne rien rater.

Vous continuerez ainsi à profiter de tout le contenu que vous aimez, dont le fruit de nos sondages sur l’industrie, le tout dans un format numérique.

En regardant nos archives des 26 dernières années, nous réalisons que beaucoup de gens ont contribué à cette grande aventure journalistique. Il y a tellement de personnes à qui dire « merci » qu’il serait ardu de toutes les nommer.

Fondateurs, rédacteurs en chef, journalistes, directeurs, publicitaires, annonceurs, commanditaires, infographistes, photographes, collaborateurs, experts invités, organisations de l’industrie financière, dirigeants, imprimeurs, facteurs, livreurs, partenaires commerciaux, actionnaires, etc. : la liste de personnes qui méritent nos remerciements du fond du cœur est longue.

Nous levons nos chapeaux et saluons ceux et celles qui ont participé de près ou de loin au succès de Finance et Investissement. À toutes et tous : merci !

Tournés vers l’avenir

À titre de média voué aux professionnels de l’industrie financière, nous sommes résolument tournés vers l’avenir et enthousiastes face aux occasions qu’offrent le contenu numérique ainsi que toutes les autres plates-formes que nous avons développées et celles à venir.

Nous préparons déjà nos prochains sondages de l’industrie financière de 2026, notre 26e édition du Top des leaders de l’industrie financière, tout en couvrant l’actualité financière et les nombreux événements de l’industrie. Notre société mère, Newcom Média, poursuit ses investissements dans la production journalistique ainsi que dans le développement de produits et services destinés à l’industrie financière, comme nos webinaires, notre offre de formation continue, notre présence sur les médias sociaux, nos services de production de contenu de même que nos balados, nos infolettres thématiques, et bien plus encore.

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Cryptomonnaies en héritage https://www.finance-investissement.com/nouvelles/cryptomonnaies-en-heritage/ Wed, 29 Oct 2025 12:10:41 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110478 Un casse-tête potentiel pour la planification successorale.

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Les cryptomonnaies et autres actifs numériques — jetons non fongibles (NFT), logiciels, propriétés virtuelles, etc. — doivent être pris en compte dans la planification successorale, ce qui représente un défi pour bon nombre de conseillers. Faute de préparation adéquate, héritiers et liquidateurs risquent de se retrouver face à des verrous technologiques et juridiques qui peuvent rendre les actifs inaccessibles.

Les actifs numériques peuvent être saisis, vendus et doivent être intégrés aux inventaires successoraux, a rappelé Charlène Bouchard, notaire et professeure titulaire à la Faculté de droit de l’Université Laval, lors d’une conférence de l’Association du Barreau canadien, division du Québec.

Cependant, tous les actifs numériques ne se transmettent pas de la même manière. Les cryptos, NFT et autres logiciels peuvent être transmis aux héritiers comme n’importe quel actif. À l’inverse, les courriels, profils de réseaux sociaux, courriels, historiques de navigation, conversations privées, données biométriques ou photos personnelles, qui relèvent de la vie privée, ne peuvent pas être transmis par succession. « Cette distinction est encore mal comprise et se trouve au cœur de nombreux litiges successoraux actuels », explique Charlène Bouchard.

Transmettre des cryptos à ses héritiers

Le Code civil du Québec reconnaît les cryptomonnaies comme des « biens meubles incorporels patrimoniaux », au même titre que des actions ou des droits d’auteur. Cela signifie qu’elles peuvent être intégrées dans le patrimoine successoral, évaluées fiscalement et attribuées à des héritiers.

Cependant, pour se faire sans heurts, la transmission des cryptomonnaies exige un élément crucial : l’accès aux clés privées et aux phrases de récupération. Sans ces codes, les héritiers n’ont aucun moyen d’accéder aux fonds, même si ceux-ci figurent dans le testament. Des fortunes numériques, parfois colossales, disparaissent ainsi faute de planification adéquate, signale la notaire.

Pour éviter ces situations, Charlène Bouchard dresse un « B.A.-BA » de la planification successorale des actifs numériques.

  • Utiliser des portefeuilles fiables et sécuriser les clés privées sont des précautions essentielles, selon la notaire. Le stockage hors ligne (« à froid ») reste le plus sûr, notamment via des portefeuilles matériels. Les portefeuilles en ligne, via des plateformes ou des logiciels, sont plus accessibles, mais plus vulnérables.
  • Créer un document d’accès. Ce document confidentiel peut se présenter en format papier ou sous la forme d’un fichier crypté. Il doit contenir les clés privées, phrases de récupération, mots de passe, noms d’utilisateur et dispositifs de double authentification. Il doit aussi lister clairement tous les actifs numériques et plateformes utilisées. Surtout, il ne doit pas être inclus directement dans le testament, car celui-ci devient public après le décès, exposant ainsi les informations sensibles. Distinct du testament, il doit être mis à jour régulièrement et conservé en lieu sûr, accessible à l’exécuteur numérique désigné.
  • Nommer un « liquidateur numérique » ou « exécuteur numérique ». Ce rôle peut être distinct de celui du liquidateur principal, car il exige des compétences technologiques particulières. Cette personne de confiance sera chargée d’interagir avec les plateformes et de sécuriser l’accès aux biens numériques après le décès. Cette précaution permet d’éviter que les héritiers ou le notaire soient confrontés à des interfaces qu’ils ne maîtrisent pas ou à des procédures complexes d’authentification, signale Charlène Bouchard.

Et les données personnelles?

La culture numérique actuelle accentue les enjeux : les jeunes générations publient de nombreuses informations sur leur vie privée en ligne. Ils créent ainsi un volume considérable de données susceptibles de soulever des questions successorales. Même les autorités fiscales, comme Revenu Québec, peuvent consulter ces comptes pour valider certaines déclarations, signale Charlène Bouchard.

L’absence de planification successorale pour les actifs numériques entraîne des situations où des spécialistes doivent retracer des cryptomonnaies perdues dans les méandres du Web, sans garantie de succès. Des fortunes entières peuvent ainsi rester inaccessibles faute de clés privées ou de phrases de récupération, affirme la professeure.

Pour les gestionnaires de patrimoine, l’enjeu est double : sensibiliser les clients à la nécessité de cette planification et intégrer les actifs numériques dans leur offre de services successoraux. Concrètement, cela suppose d’aborder tôt la question avec les clients, et de les guider dans la constitution du document confidentiel et dans la désignation d’un exécuteur numérique.

Des innovations accompagnent le mouvement. La Chambre des notaires du Québec a récemment octroyé 4 millions de dollars à la Chaire 2.0 sur les contrats intelligents, la chaîne de blocs et les technologies émergentes dirigée par Charlène Bouchard, afin de développer des outils destinés à simplifier le travail pour gérer les successions numériques et sécuriser la transmission des cryptomonnaies.

Succession numérique : 4 bonnes pratiques

  • poser systématiquement la question des actifs numériques lors de la planification successorale ;
  • informer leurs clients sur les différentes options de portefeuilles et leurs niveaux de sécurité ;
  • insister sur l’importance de conserver les clés privées et mots de passe dans un format sécurisé ;
  • recommander la désignation d’un exécuteur numérique distinct.

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