pétrole | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/petrole/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Wed, 17 Jun 2026 12:04:48 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png pétrole | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/petrole/ 32 32 Prévisions 2026 : se protéger contre le retour de l’inflation https://www.finance-investissement.com/nouvelles/previsions-2026-se-proteger-contre-le-retour-de-linflation/ Wed, 17 Jun 2026 12:04:48 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114490 Alors que les marchés évoluent près de sommets historiques, les experts réunis par CFA Montréal ont invité les investisseurs à demeurer prudents et diversifiés.

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Une foule record de plus de 850 participants a assisté le 11 juin dernier, au Palais des Congrès, à la soirée annuelle des prévisions. CFA Montréal avait convié ses membres à venir entendre deux experts de renom : Sébastien Page, co-chef investissements mondiaux et chef des placements chez T. Rowe Price Group, et Adam L. Berger, directeur général principal, stratège multi-actifs et gestionnaire de portefeuille chez Wellington Management. Le panel était animé par Kristina Partsinevelos, journaliste à CNBC.

Sébastien Page a rappelé que nous traversions une période charnière de l’histoire des marchés financiers, marquée par le plus grand choc d’approvisionnement en pétrole de l’histoire, la plus forte hausse mensuelle des prix jamais enregistrée, ainsi que le deuxième plus grand choc sur le commerce des engrais depuis le début du conflit en Ukraine. Parallèlement — et ironiquement — a-t-il fait remarquer, les marchés atteignent des sommets historiques et les dépenses en intelligence artificielle (IA) sont massives. « C’est un moment critique, et si j’avais à faire un Elevator Pitch à quelqu’un, je lui dirais simplement : restez investi, restez diversifié, mais surtout, protégez-vous contre le risque d’inflation. »

Le marché fait preuve d’un optimisme aveugle selon le stratège de chez T. Rowe Price Group. Il est d’avis qu’au cours des six à douze prochains mois, les obligations du Trésor vont peiner à remplir leur rôle traditionnel de diversification. « Je ne suggère pas de liquider vos bons du Trésor, mais d’intégrer des couvertures alternatives. » Il fait remarquer qu’en dépit de la plus grande perturbation historique de l’offre de pétrole, le marché évalue le coût de la protection contre l’inflation à moins de 3 % pour l’an prochain. « Si l’on annualise les trois derniers rapports de l’indice des prix à la consommation (IPC) on obtient un taux de 8 %. On sous-estime grandement le risque inflationniste. »

Adam L. Berger aborde cet exercice de prévisions financières avec humilité. « En matière d’allocation d’actifs, il faut construire un portefeuille capable de résister à un large éventail de scénarios, souvent en calibrant nos décisions autour d’un portefeuille de référence et d’un budget de risque bien défini. »

En analysant l’essor actuel de l’IA, il écarte toutefois l’idée d’une réplique de la bulle technologique des années 1990. Si les quatre mots les plus dangereux en finance demeurent « Cette fois, c’est différent », il souligne dans ce cas-ci une nuance majeure : contrairement aux jeunes pousses spéculatives de l’an 2000, les géants de la tech — malgré des valorisations « élevées » — « s’appuient sur des bénéfices et des flux de trésorerie bien réels. »

Le stratège de chez Wellington identifie deux domaines où la dynamique est inédite et où l’on assiste à des changements de paradigme. Le premier concerne la démocratisation des actifs privés, des investissements alternatifs autrefois réservés à l’élite, qui « sont devenus une composante courante des portefeuilles, tant pour les institutions que pour les particuliers. »

L’autre changement: la fin de l’ère post-crise financière mondiale. « Nous sortons d’une longue période caractérisée par une croissance moribonde et une inflation quasi inexistante. Le monde d’aujourd’hui répond à des règles différentes, et nos portefeuilles doivent refléter cette nouvelle réalité. »

Pour conclure son introduction, l’expert a utilisé une métaphore musicale en comparant le portefeuille traditionnel 60/40 (actions/obligations) à un chef-d’œuvre du passé. Si cette répartition classique a très bien fonctionné par le passé, l’apparition d’une inflation plus structurelle change la donne selon lui. « On doit regarder au-delà de la simple répartition traditionnelle entre actions et obligations pour bâtir un portefeuille robuste pour le long terme. »

L’économie « en K »

La modératrice Kristina Partsinevelos a interrogé les experts sur le phénomène de l’économie en K qui met en lumière une croissance à deux vitesses, une situation où les chiffres globaux crient « victoire » alors qu’une large partie de la population crie « misère ».

Bien que leurs équipes suivent de près cette dichotomie et qu’ils observent un ralentissement marqué de certains segments de la consommation courante, Adam Berger rejette l’idée d’une contraction généralisée de l’économie. « Le marché de l’emploi reste solide, la perception de la situation économique par les consommateurs est certes morose, mais leurs comportements d’achat réels ne traduisent pas d’effondrement. »

Sébastien Page soutient comme lui que les classes populaires souffrent de la hausse des carburants et s’endettent via le crédit, mais que l’économie globale conserve un momentum positif, car cette résilience est alimentée par les classes aisées qui ont profité de la performance historique de leurs portefeuilles boursiers. « Aux États-Unis, les 50 % des ménages aux revenus les plus élevés génèrent 80 % de la consommation globale, et les 10 % supérieurs en représentent à eux seuls 40 %. »

Exceptionnalisme américain

L’animatrice a fait remarquer aux panélistes que les actions internationales avaient surperformé le marché américain de près de 15% l’an dernier, le plus grand écart constaté en trois décennies. « Serait-ce le début de la fin de l’exceptionnalisme américain ? »

Adam Berger croit qu’une grande partie de cet écart de performance était liée aux fluctuations de la devise et à la faiblesse du dollar. Concernant l’exceptionnalisme américain, il est d’avis que deux réalités à première vue contradictoires coexistent.

« D’un côté, cet exceptionnalisme reste intact dans le domaine technologique, où l’innovation américaine continue de dicter le rythme de la croissance économique globale. »

D’un autre côté, le stratège de chez Wellington évoque une dynamique d’instabilité sur le plan géopolitique. « La perception des États-Unis par leurs partenaires internationaux évolue. Le pays est parfois perçu comme un allié moins prévisible. »

Détenteur de la double nationalité (Canadienne et Américaine), Sébastien Page a préféré opter pour la réponse consensuelle qu’il avait offerte sur Bloomberg radio lorsque questionné sur les négociations tarifaires entre le Canada et les États-Unis. « J’avais platement évoqué le souhait que les deux parties négocient de bonne foi. »

Pour Adam Berger, cette reconfiguration des alliances pousse peut-être certains investisseurs internationaux, qui conservaient traditionnellement des avoirs en dollars sans couverture, à réévaluer leur stratégie de change. »  À long terme, a expliqué Berger, même si les actions sont fondamentalement guidées par les résultats des entreprises plutôt que par les devises, cette dynamique monétaire jouera un rôle central.

Préférence aux actions malgré une chute possible du Nasdaq

Sébastien Page croit que pour que les obligations du Trésor surperforment significativement, il faudrait un choc de croissance majeur ou une récession sévère. Ce qui n’est pas dans leurs cartons, même s’il observe les prémisses d’un ralentissement économique lié aux chocs successifs sur le pétrole, l’inflation et les taux d’intérêt. « Mais une récession brutale ne constitue pas mon scénario central. »

Sur un horizon de trois ans, il estime cependant à 50% les chances de voir le Nasdaq chuter de 20 à 30 %. « Sans dire que cela va arriver à coup sûr dans trois ans, nous observons néanmoins une certaine fragilité dans le système avec l’IA. »

Adam Berger maintient une préférence pour les actions pour l’année à venir. « Le contexte fondamental des entreprises américaines reste solide et les perspectives de bénéfices sont bien réelles. » Selon lui, le marché pourrait tout à fait surprendre à la hausse si les introductions en bourse se maintiennent et que de nouveaux capitaux affluent.

Le principal facteur de risque que les investisseurs ne prennent pas suffisamment en compte, selon Berger, est la possibilité d’une inflation structurelle plus durable à moyen terme. Il juge que celle-ci n’est pas encore totalement intégrée dans la construction des portefeuilles.

Sébastien Page a conclu quant à lui en mettant en garde contre le risque de liquidité, car de nombreux investisseurs ont augmenté ces dernières années leur allocation vers des produits semi-liquides ou illiquides, séduits par les performances des marchés privés. « Imaginez qu’une pièce soit en feu et que tout le monde se précipite vers l’unique porte de sortie. La spécificité des marchés financiers est que, pour pouvoir franchir cette porte et sortir de la pièce, vous devez impérativement trouver quelqu’un à l’extérieur qui accepte de prendre votre place à l’intérieur. »

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Les tensions géopolitiques repoussent la baisse des taux https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/les-tensions-geopolitiques-repoussent-la-baisse-des-taux/ Mon, 04 May 2026 12:58:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113729 ZONE EXPERTS – Les pressions sur l’énergie et les chaînes d’approvisionnement retardent l’assouplissement monétaire.

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Les récentes données économiques montrent une croissance modérée de l’économie canadienne, soutenue par une croissance du secteur manufacturier. L’indice PMI manufacturier (Purchasing Managers’ Index), indicateur avancé largement utilisé pour évaluer la performance du secteur manufacturier, a enregistré en avril sa plus forte progression mensuelle depuis juin 2022, portée par une hausse marquée des commandes à l’exportation.

Toutefois, une part de cette amélioration s’explique par la hausse des prix du pétrole, qui soutient la valeur nominale des exportations. Ainsi, l’augmentation du PMI reflète en partie une activité plus soutenue dans le secteur de l’énergie, mais pourrait également traduire des pressions sur les coûts plutôt qu’un véritable renforcement de l’économie. En effet, la hausse des coûts de transport alourdit les intrants des entreprises, contribuant directement aux pressions inflationnistes.

Comme largement anticipé, la Banque du Canada n’a pas réagi à la situation entourant le détroit d’Ormuz, estimant que la hausse des prix du pétrole demeure probablement temporaire et ne justifie pas d’intervention immédiate. Par ailleurs, bien que le niveau élevé des prix de l’énergie pèse sur la consommation, son impact demeure moins prononcé que lors des chocs pétroliers des années 1970.

Les craintes inflationnistes même temporaires ont poussé les taux d’intérêts obligataires au niveau le plus élevé depuis presque 2 ans. Ceci explique la remontée des taux hypothécaires fixes observée ces dernières semaines, comme l’illustre le graphique ci-dessous.

Pour consulter ce graphique en grand format, cliquez ici.

La situation géopolitique actuelle perdure plus longtemps qu’anticipé. Même lorsque la circulation des navires reprendra dans le détroit d’Ormuz, plusieurs trimestres seront nécessaires pour retrouver l’équilibre observé avant le début du conflit. Pour cette raison, les perspectives indiquent que les prix du pétrole, et plus largement des matières premières, devraient demeurer élevés plus longtemps.

Ces pressions inflationnistes contribuent à repousser les attentes de baisse du taux directeur pour le reste de l’année aux États-Unis. Dans le même esprit, cet environnement limite également la marge de manœuvre de la Banque du Canada (BdC) dans la poursuite d’un cycle de baisses de taux à court terme.

Faut-il craindre une remontée des taux ?

Bien que certains économistes évoquent la possibilité de hausses de taux au Canada l’an prochain, nous n’adhérons pas à ce scénario pour le moment.

Les restrictions en matière d’immigration ont entraîné un recul de la population canadienne l’an dernier, réduisant ainsi la pression sur le marché du travail et contribuant à stabiliser le taux de chômage, malgré une croissance de l’emploi plus modérée.

Par ailleurs, l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi devrait se traduire à la fois par des perturbations, une transformation des postes et des gains d’efficacité. À moyen terme, ces gains de productivité, combinés à certaines pertes d’emplois, pourraient exercer des pressions désinflationnistes et ainsi accroître la probabilité d’un assouplissement des politiques monétaires par des institutions comme la BdC.

C’est pourquoi un éventuel assouplissement de la politique monétaire aux États-Unis, notamment dans un contexte de changement à la tête de la Réserve fédérale des États-Unis, pourrait exercer une pression indirecte sur la Banque du Canada afin de poursuivre un cycle de baisses de taux. Comme mentionné précédemment, nous estimons que ce facteur pourrait influencer l’orientation des taux au Canada.

Dans ce contexte d’incertitude, il est plus important que jamais de consulter un courtier hypothécaire pour déterminer laquelle des options, entre une hypothèque variable (paiement fixe ou ajustable) et hypothèque fixe (court ou long terme), correspond le mieux aux besoins de ses clients.

La gestion du passif constitue souvent la part la plus importante de la situation financière du client. Il est donc primordial de confier son analyse à un professionnel objectif, capable de guider le client et de lui faire pleinement comprendre sa valeur. Après tout, la gestion du passif n’est-elle pas tout aussi importante que celle des actifs ?

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FNB énergétiques : les effets du conflit au Moyen-Orient https://www.finance-investissement.com/nouvelles/fnb-energetiques-les-effets-du-conflit-au-moyen-orient/ Wed, 15 Apr 2026 11:53:37 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113406 La guerre propulse les prix et redéfinit les stratégies d’investissement.

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La guerre au Moyen-Orient a bouleversé les perspectives du secteur énergétique.

« Au début de 2026, on s’attendait à connaître le pire excédent d’offres de pétrole de l’histoire, rappelle Eric Nuttall, de Ninepoint Partners à Toronto, gestionnaire de portefeuille du Ninepoint Energy Fund. Ce scénario n’est plus d’actualité. »

Au contraire, les dommages importants causés aux infrastructures énergétiques du Moyen-Orient, les goulots d’étranglement de l’approvisionnement dans le détroit d’Ormuz et l’incertitude persistante quant à l’évolution du conflit ont entraîné une flambée des prix mondiaux du pétrole.

Les actions des sociétés énergétiques ont suivi la tendance. L’indice S&P/TSX plafonné de l’énergie, référence du marché pour le secteur pétrolier et gazier canadien, a affiché un rendement total de 15,8 % pour le seul mois de mars et progresse de 42,4 % au premier trimestre.

Examinons deux fonds parmi la douzaine de FNB de la catégorie des actions énergétiques qui suivent cet indice :

  • le iShares S&P/TSX Capped Energy Index ETF, le plus important de la catégorie avec 2,25 milliards de dollars (G$) d’actif géré ;
  • et le Global X S&P/TSX Capped Energy Index Corporate Class ETF, qui gère 134 millions de dollars (M$).

Eric Nuttall s’attend à ce que le conflit ait un impact durable sur les prix du pétrole. « Je pense que vous verrez des pays partout dans le monde remettre sérieusement en question la valeur de la capacité d’exportation excédentaire de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), alors qu’une grande partie de celle-ci se trouve derrière le détroit d’Ormuz, où un drone de 30 000 $ US peut pratiquement la neutraliser. »

Avant l’attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, Eric Nuttall estimait que le « prix plancher » — soit le prix minimum auquel un baril de pétrole pourrait se négocier — se situerait autour de 60 $ US. Désormais, lui et ses collègues tablent sur un prix plancher de 80 $ US, en raison d’une offre réduite « combinée à une prime de risque politique durable ».

Selon Eric Nuttall, grâce à ses réserves pétrolières à long terme et à ses capacités de transport par pipeline, l’industrie pétrolière canadienne est bien positionnée, et la hausse des cours boursiers ne reflète pas pleinement ses avantages. « Les entreprises canadiennes continuent de se négocier à escompte par rapport aux grandes sociétés pétrolières mondiales. Nous pensons qu’elles devraient se négocier avec une prime. »

Bien que l’indice S&P/TSX plafonné de l’énergie compte 26 composantes, plus de la moitié de sa pondération boursière repose sur seulement deux titres, en raison du plafonnement à 25 %. Avec environ 27 %, la principale position, Suncor Energy, devrait être réduite, tandis que Canadian Natural Resources (24 %) s’approche du plafond.

Une variante de cette approche d’indexation passive des actions énergétiques canadiennes est offerte par le FINB BMO équipondéré pétrole et gaz (343 M$) et le Global X Equal Weight Canadian Oil & Gas Index ETF (299 M$).

Ces deux fonds négociés en Bourse (FNB) détiennent une douzaine de titres environ, avec une composition diversifiée incluant des sociétés de pipelines, des producteurs de pétrole et de gaz et des sociétés intégrées. Ce type de stratégie convient comme position de base pour une exposition au secteur de l’énergie « en raison de la diversification et de l’exposition à l’ensemble des sous-secteurs du secteur énergétique canadien », a expliqué Jean-Christian Daigle, vice-président et gestionnaire de portefeuille chez Global X Investments Canada.

Global X, qui propose la plus large gamme de FNB thématiques énergétiques au Canada, gère également le plus important fonds de la catégorie utilisant des options d’achat couvertes pour générer des primes avantageuses sur le plan fiscal.

Le FNB Global X Options d’achat couvertes d’actions canadiennes du secteur pétrolier et gazier (746 M$) investit dans les mêmes titres sous-jacents que le FNB énergétique équipondéré de la société.

Ce FNB à options d’achat couvertes affiche actuellement un taux de distribution annualisé de 11 %. Il verse des distributions mensuelles composées de revenus tirés des primes d’options (généralement traités comme des gains en capital), ainsi que de dividendes des sociétés.

Comme le reconnaît Jean-Christian Daigle, spécialiste des stratégies avec options, ce type de FNB sous-performe dans un marché haussier ou lorsque les actions continuent de s’apprécier. Il existe un compromis entre revenu et croissance. Pour générer des distributions élevées, « il faut renoncer à une partie du potentiel de hausse ».

Le défi pour les gestionnaires de stratégies d’options d’achat couvertes comme Jean-Christian Daigle est de ne pas sacrifier une trop grande part de l’appréciation des actions. Global X y parvient en trouvant un équilibre entre les titres sur lesquels des options sont vendues et ceux qui ne le sont pas.

Actuellement, le ratio de couverture est de 45 % du portefeuille, ce qui permet à plus de la moitié des titres en portefeuille de progresser sans risque que les actions ne soient vendues au prix d’exercice si les options sont exercées.

« C’est un équilibre très délicat, car il existe un aspect directionnel dans une stratégie d’options couvertes où nous plafonnons une partie du potentiel de rendement à la hausse. »

Parmi les autres FNB de vente d’options d’achat couvertes figurent le FNB BMO vente d’options d’achat couvertes FNB et le FNB Options d’achat couvertes sur géants de l’énergie CIHaut du formulaire, Bas du formulairece dernier étant offert en versions couverte ou non couverte contre le risque de change. Les deux FNB investissent principalement dans de grandes sociétés non canadiennes, tout en détenant également des titres nationaux.

Sont exclus de la catégorie énergie les FNB dits à rendement « améliorés », notamment le Fonds indiciel Rendement amélioré de l’énergie canadienne Evolve et le FNB Global X Options d’achat couvertes d’actions canadiennes du secteur pétrolier et gazier. Classés comme fonds d’actions alternatives, ils peuvent utiliser un levier pouvant atteindre 125 %, soit 25 % de plus que les actifs sous-jacents.

Pour le FNB amélioré de Global X, cela porte le taux des distributions à 16 %, tout en augmentant la volatilité. Jean-Christian Daigle estime que cette stratégie convient aux investisseurs axés sur le revenu, ayant une tolérance au risque élevée et un horizon de placement à long terme.

En ce qui concerne les stratégies sans levier fondées sur les options d’achat couvertes, elles sont avantageuses dans le contexte actuel, jusqu’à ce que les perspectives de croissance des titres sous-jacents deviennent plus claires.

Pour les investisseurs souhaitant s’exposer directement aux matières premières, l’offre de Global X comprend également le FNB Global X Pétrole brut et le FNB Global X Gaz naturel, ainsi que des FNB de matières premières BetaPro encore plus risqués offrant une exposition avec effet de levier et à effet de levier inverse.

Le fonds d’actions énergétiques le plus activement géré est Ninepoint Energy, un fonds commun de placement comportant une série FNB. Sa stratégie repose sur des convictions élevées, un roulement parfois important du portefeuille et peu de considération pour les indices de référence.

À l’approche de la nouvelle année, rapporte Eric Nuttall, le fonds était exposé à environ 60 % au gaz naturel et à 40 % au pétrole. « Lorsqu’il est devenu évident que le conflit prenait de l’ampleur, nous avons progressivement réorienté le portefeuille vers le pétrole. Nous sommes maintenant exposés à 100 % au pétrole. »

À l’exception des grandes capitalisations Suncor Energy et Cenovus Energy, les autres titres sont des sociétés de moyenne capitalisation. Le portefeuille ne compte que les titres de dix entreprises, dont huit sociétés canadiennes.

« Nous recherchons des occasions qui ne sont pas largement détenues et qui présentent un potentiel de hausse nettement supérieur à celui des titres bien connus fortement représentés dans les grands indices », explique Eric Nuttall.

« Lorsque la moitié de l’indice (S&P/TSX plafonné de l’énergie) est composée de seulement deux sociétés, on n’obtient pas réellement d’exposition à des titres dont le prix est moins efficient, qui sont moins détenus et pour lesquels un peu de demande peut entraîner une hausse significative du cours de l’action. »

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Les FNB canadiens démarrent l’année en force https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/les-fnb-canadiens-demarrent-lannee-en-force/ Wed, 08 Apr 2026 09:42:37 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113298 FOCUS FNB — Les créations nettes au premier trimestre représentent près de 50 % de celles de toute l’année 2025.

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Les fonds négociés en Bourse (FNB) canadiens ont commencé l’année du bon pied. Pour les trois premiers mois de 2026, ils ont recueilli 60 milliards de dollars (G$) en créations nettes, dont 19 G$ pour le seul mois de mars, selon un rapport de Banque Nationale Marchés Financiers (BNMF). L’actif total sous gestion des FNB canadiens atteint désormais 772 G$, réparti entre 49 fournisseurs, selon des données de BNMF et Bloomberg.

En mars 2025, les FNB canadiens avaient engrangé 13,6 G$ en créations nettes et ils totalisaient 545 G$ à la fin du premier trimestre. Pour rappel, la guerre tarifaire lancée par le gouvernement des États-Unis au début de l’année 2025 avait alors stimulé la demande de FNB d’actifs non américains.

Les FNB d’actions toujours portés par l’international

Au premier trimestre 2026, les FNB canadiens d’actions ont dominé le marché. Durant les trois premiers mois de l’année, ils ont attiré 37,5 G$ d’entrées nettes, dont 12 G$ pour le seul mois de mars, malgré les tensions géopolitiques et les baisses liées à la flambée des prix du pétrole, si bien qu’ils totalisent désormais 497,6 G$ d’actifs sous gestion, ce qui représente 64 % du marché total.

Les FNB d’actions internationales ont connu la croissance la plus marquée avec plus de 18 G$ d’entrées nettes depuis le début de l’année, dont 5,3 G$ en mars. Les FNB d’actions des marchés développés et des marchés mondiaux ont attiré chacun plus de 2 G$ de créations nettes en un mois. Les fonds d’actions canadiennes devancent légèrement les FNB d’actions américaines, avec des créations nettes respectives de 9,8 G$ et 9,1 G$ pour le premier trimestre de 2026. Les entrées nettes de mars se sont élevées à 3,7 G$ et 3 G$ respectivement pour ces deux régions. Les FNB d’actions consacrés aux marchés émergents ont progressé dans la même proportion, pour un total de 226 M$ en mars.

Les FNB d’actions pondérés en fonction de la capitalisation boursière ont capté la plupart des entrées nettes (19,5 G$) pour le premier trimestre de 2026, suivis des FNB axés sur le dividende et le revenu avec 5 G$. Les stratégies factorielles ont aussi affiché de bons résultats, notamment les FNB d’actions qui ciblent le facteur momentum (592 M$). Ces créations nettes ont représenté 35 % des actifs des FNB de ce sous-secteur. Les FNB d’actions de type valeur ont pour leur part connu des créations nettes trimestrielles de 1,1 G$, ce qui représente 23 % des actifs des FNB de ce sous-secteur.

En mars, tous les FNB sectoriels ont bénéficié d’entrées nettes, sauf les matières premières, dont le fonds XGD. Les métaux précieux et de base ont été marqués par la volatilité en raison de la hausse des taux réels, du dollar américain et de perspectives incertaines sur la demande, signale BNMF.

Les FNB d’actions du secteur financier (ZEB, XFN) dominent avec des entrées nettes de 435 M$, malgré des rachats nets totaux de 317 M$ sur l’ensemble du premier trimestre de 2026. Les FNB d’actions des secteurs des services publics (232 M$) et de l’énergie (158 M$) ont connu en mars des entrées nettes qui correspondaient à une part importante de leur actif de janvier dernier, soit respectivement de 4,8 % et de 4,0 %. Les investisseurs cherchant à se protéger de l’inflation ont également effectué des rotations depuis les thèmes de l’intelligence artificielle (IA) et de l’innovation vers l’infrastructure et l’agriculture, mentionnent les analystes de BNMF Daniel Straus, Tiffany Zhang et Linda Ma.

Le revenu fixe bien présent

Les FNB canadiens de titres à revenu fixe ont continué sur leur lancée en mars avec 4,9 G$ d’entrées nettes. Les FNB d’obligations canadiennes de type agrégées constituent le sous-segment le plus important avec 58,7 G$ d’actifs sous gestion et 4,3 G$ d’entrées nettes au premier trimestre. Les FNB du marché monétaire ont collecté 897 M$ de créations nettes en mars, leur meilleur mois de l’année à ce jour.

Les FNB obligataires nord-américaines ont été en demande avec des créations nettes correspondant à 20 % de leurs actifs depuis le début de l’année, pour un actif sous gestion totalisant 17,7 G$, dont 3 G$ de créations nettes pour les trois premiers mois de l’année. Les fonds d’obligations à court terme ont attiré près de 2,7 G$ de créations nettes et les FNB du marché monétaire ont capté 963 M$ au premier trimestre.

Les FNB de matières premières ont ralenti le pas en mars, passant de plus de 300 M$ d’entrées nette en février à un résultat quasi nul le mois suivant. En raison de la volatilité sur les marchés notamment de l’or et de l’argent, les investisseurs se sont tournés vers des FNB à effet de levier et inversés à réinitialisation quotidienne, signale le rapport.

Les 5 fournisseurs ayant attiré le plus de créations nettes au premier trimestre sont :

  • RBC iShares (19,4 G$)
  • Vanguard (9,0 G$)
  • TDAM (5,5 G$)
  • Fidelity (5,4 G$)
  • BMO (4,4 G$)

Les 5 FNB ayant récolté les plus importantes créations nettes au premier trimestre :

  • XIC (3 G$)
  • XEQT (2,9 G$)
  • VEQT (1,9 G$)
  • XSTH (1,7 G$)
  • FBAL (1,5 G$)

Les FNB ayant connu les rachats nets les plus importants au premier trimestre sont :

  • ZEB (-507 M$)
  • ZST (-398 M$)
  • HXS (-333 M$)

Cryptoactifs et ESG

Les FNB de cryptoactifs enregistrent 156 M$ d’entrées nettes au premier trimestre, dont 26 M$ au mois de mars, ce qui porte à 6 G$ leur actif total sous gestion.

Les FNB canadiens intégrants des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) totalisent quant à eux près de 22 G$ d’actifs. Les entrées nettes au premier trimestre atteignent 401 M$ au premier trimestre, alors que le secteur connaissait des rachats nets de 81 M$ au mois de mars.

29 nouveaux FNB lancés en mars

Une douzaine de fournisseurs ont lancé 29 nouveaux FNB sur le marché en mars, couvrant entre autres des stratégies de fonds passifs à faibles frais, multi-factorielles, optionnelles et de gestion active. CIBC a lancé en partenariat avec Avantis et une série de quatre FNB couvrant actions mondiales, marchés émergents, petites et moyennes capitalisations mondiales et actions internationales. BMO a lancé sa nouvelle gamme Market+ en cinq fonds. Vanguard a introduit un FNB d’actions américaines à dividende élevé (VUDV), tandis que Dynamic a lancé un FNB multi-cryptoactifs à gestion active (DXMC) et Global X a lancé un FNB NYSE 100. Guardian a lancé une série de fonds d’actions actifs et un fonds obligataire court terme

L’arrivée d’un nouveau fournisseur sur le marché des FNB canadiens, LightWater Partners, qui a lancé le 31 mars à la Bourse de Toronto le FNB All-Canadian Oil & Gas (COIL), un fonds ciblant les sociétés pétrolières et gazières à moyenne capitalisation et offrant une exposition à la production, au transport et aux services, porte à 49 le nombre de fournisseurs de FNB au Canada.

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Taux inchangé : la guerre en Iran pèse sur la décision de la Banque du Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/taux-inchange-la-guerre-en-iran-pese-sur-la-decision-de-la-banque-du-canada/ Wed, 18 Mar 2026 14:12:19 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113044 La hausse des prix de l’énergie et les incertitudes mondiales brouillent les perspectives.

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Dans la continuité de sa dernière décision, la Banque du Canada (BdC) a une fois de plus laissé son taux directeur inchangé à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure quant à lui à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.

« Il n’y avait pratiquement aucune attente d’un changement de taux aujourd’hui, et la Banque du Canada a fait exactement ce que le marché anticipait en maintenant son taux directeur à 2,25 % », souligne Pierre-Benoît Gauthier, vice-président, Stratégie de placement chez IG Gestion de patrimoine.

La BdC mentionne notamment la guerre au Moyen-Orient. En plus d’accentuer les risques pesant sur l’économie mondiale, celle-ci a fait augmenter la volatilité des prix de l’énergie et des marchés financiers.

« L’économie canadienne reste confrontée à l’incertitude élevée liée à la politique commerciale américaine et aux risques géopolitiques. La guerre en Iran vient ajouter une nouvelle couche d’incertitude. Son impact sur les économies mondiale et canadienne va dépendre de la durée du conflit et de la mesure dans laquelle il va s’étendre ailleurs au Moyen-Orient », indique Tiff Macklem, gouverneur de la BdC, dans sa déclaration préliminaire.

Avant le déclenchement du conflit, l’économie mondiale devait croître d’environ 3 %, en ligne avec les prédictions du Rapport sur la politique monétaire de janvier. Aux États-Unis, la croissance demeurait solide malgré un certain ralentissement, tandis que l’inflation suivait la trajectoire attendue.

Dans la zone euro, la demande intérieure soutenait l’activité malgré un recul des exportations. À l’inverse, en Chine, la faiblesse de la demande intérieure était compensée par des exportations robustes.

Depuis le début du conflit, les prix du pétrole et du gaz naturel ont explosé, accentuant les pressions inflationnistes mondiales, selon la Banque du Canada. La quasi-fermeture du détroit d’Ormuz perturbe l’approvisionnement énergétique et pourrait aussi affecter d’autres matières premières.

Les conditions financières jusque-là accommodantes se sont resserrées :

  • les rendements obligataires ont augmenté,
  • les marchés boursiers ont reculé
  • et les écarts de crédit se sont creusés.

« À nos yeux, le message était plus conciliant que menaçant. La Banque a clairement reconnu que l’économie canadienne ralentit, que le marché du travail demeure faible et que la croissance récente est plus faible qu’anticipé. En même temps, elle a aussi souligné que la remontée du pétrole et la fermeture effective du détroit d’Hormuz risquent de pousser l’inflation à la hausse à court terme », résume Pierre-Benoît Gauthier.

Vers une progression de l’économie canadienne

Après une croissance de 2,4 % au troisième trimestre, l’économie canadienne a reculé de 0,6 % au dernier trimestre de 2025, un résultat plus faible que ce qu’envisageait le Rapport de janvier. Toutefois, cette contraction s’explique essentiellement par une réduction des stocks plus importante qu’anticipée.

La demande intérieure a néanmoins progressé, soutenue par les dépenses de consommation et les dépenses publiques, malgré une activité toujours faible sur le marché du logement.

Soulignant qu’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur la croissance au Canada, la BdC continue de prédire une progression modeste de l’économie, en raison des droits de douane et de l’incertitude des politiques commerciales. Cependant, la croissance à court terme devrait être plus faible que prévue et le marché du travail reste détendu.

« L’économie canadienne connaît déjà de nombreux défis, auxquels s’ajoute maintenant plus de volatilité. Le rôle de la Banque du Canada est d’être une source de stabilité. Nous soutenons l’activité économique tout en nous assurant que la montée des prix de l’énergie ne se transforme pas en inflation persistante », résume Tiff Macklem.

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a de nouveau ralenti, s’établissant à 1,8 % en février. L’IPC hors effets des variations d’impôts indirects, ainsi que les mesures de l’inflation fondamentale, ont également reculé et se situent près de 2 %.

La croissance des prix des aliments a ralenti en février, tout en demeurant élevée. Par ailleurs, la forte hausse des prix mondiaux de l’énergie a fait grimper les coûts de l’essence, ce qui devrait entraîner une remontée de l’inflation globale dans les mois à venir.

Au vu de ces différents facteurs, le Conseil de direction de la BdC a décidé de maintenir son taux directeur à 2,25 %. Il promet toutefois de garder à l’œil l’évolution des répercussions des politiques commerciales, notamment les droits de douane, et le déroulement du conflit au Moyen-Orient sur la croissance et l’inflation, se disant prêt à réagir au besoin.

« Il nous semble peu probable que la Banque réagisse à ce genre de choc par une hausse de taux. Ce n’est pas une inflation née d’une économie qui surchauffe. C’est un choc d’offre lié à la géopolitique. Et quand l’inflation provient d’un pétrole plus cher, monter les taux serait une double attaque sur la consommation. La hausse des prix de l’énergie agit déjà comme un frein sur la demande en grugeant le pouvoir d’achat des ménages. Autrement dit, le pétrole fait une partie du travail restrictif à la place de la banque centrale », souligne Pierre-Benoît Gauthier.

« Pourtant, les marchés s’attendent toujours à presque DEUX HAUSSES de taux selon le marché des contrats à terme obligataire. Nous allons fermement contre cette vue. Nous continuons de croire qu’une baisse de taux demeure plus plausible qu’une hausse au Canada », affirme Pierre-Benoît Gauthier.

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La guerre en Iran complique la décision de la Banque du Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/la-guerre-en-iran-complique-la-decision-de-la-banque-du-canada/ Mon, 16 Mar 2026 10:52:54 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112995 Entre chômage en hausse, inflation incertaine et choc pétrolier, la banque centrale navigue en terrain instable.

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La Banque du Canada devra trouver un équilibre entre un afflux de données économiques de dernière minute et les incertitudes liées au commerce et au conflit au Moyen-Orient alors qu’elle annoncera cette semaine son taux directeur.

Selon les économistes, la banque centrale devra naviguer en eaux troubles pour définir sa politique monétaire, car une hausse inattendue du chômage et des faiblesses dans d’autres secteurs de l’économie pèsent sur les nouveaux risques d’inflation liés au choc mondial des prix du pétrole.

La banque centrale a maintenu son taux directeur à 2,25 % en janvier. Elle avait alors indiqué qu’elle était satisfaite du niveau des taux pour contenir l’inflation et aider l’économie à faire face aux droits de douane américains.

Mais les récentes données ont jeté un froid sur ce bel optimisme.

Les chiffres de l’emploi publiés vendredi indiquent que le taux de chômage a grimpé à 6,7 % après la perte de 84 000 emplois en février.

À la fin de février, Statistique Canada a également dit que l’économie s’était contractée d’un demi-point de pourcentage en rythme annualisé au quatrième trimestre de 2025, manquant ainsi l’objectif de croissance stable fixé par la Banque du Canada.

Les responsables de la politique monétaire devront également tenir compte des nouvelles données sur l’inflation publiées lundi par Statistique Canada.

Doug Porter, économiste en chef chez BMO, dit que le taux d’inflation de février pourrait descendre jusqu’à 1,8 % — soit une baisse d’un demi-point par rapport aux chiffres de janvier —, car le « congé fiscal » accordé par le gouvernement fédéral un an plus tôt, qui fausse la comparaison, ne sera plus pris en compte dans le calcul de l’inflation annuelle à la moitié du mois.

En l’absence des dernières données sur les prix, les marchés financiers estimaient à environ 92 % la probabilité d’un maintien des taux d’intérêt mercredi, selon LSEG Data & Analytics. Les chances d’une baisse ont légèrement augmenté après la publication vendredi de chiffres de l’emploi décevants.

De nombreuses prévisions économiques des deux premiers mois de l’année tablaient sur une attitude attentiste de la banque centrale pour le reste de l’année 2026, l’inflation sous-jacente se stabilisant et l’économie continuant de s’adapter aux droits de douane américains.

« En fin de compte, ce que nous constatons, c’est que l’économie était faible, mais pas au point de justifier nécessairement une intervention de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt, dans un sens ou dans l’autre », souligne Randall Bartlett, économiste en chef adjoint chez Desjardins.

Mais ces données économiques devraient connaître une période d’instabilité liée à la guerre contre l’Iran déclenchée par les États-Unis et Israël.

Les attaques de l’Iran contre des navires commerciaux dans le golfe Persique et sa décision de bloquer le détroit d’Ormuz — par lequel transite un cinquième du pétrole mondial — ont fait monter en flèche le prix mondial du pétrole ces dernières semaines.

Cela a fait grimper les prix à la pompe au Canada et devrait faire augmenter les chiffres de l’inflation dans les mois à venir, craint Doug Porter.

Il note que le taux d’inflation d’avril affichera une hausse particulièrement forte en raison de la comparaison avec l’année précédente — lorsque les libéraux fédéraux avaient annulé la taxe sur le carbone, ce qui avait fait baisser le prix du litre d’essence d’environ 18 cents à l’époque.

Au-delà de la hausse des prix à la pompe, Doug Porter avance que l’augmentation des coûts énergétiques se répercutera probablement sur les coûts d’emballage et de transport des denrées alimentaires. La région du Golfe étant également responsable des livraisons d’intrants essentiels pour les engrais, la guerre pourrait également aggraver les pressions sur les agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

Statistique Canada a indiqué que l’inflation alimentaire s’élevait à 7,3 % en glissement annuel en janvier, stimulée par les comparaisons avec la période d’exonération fiscale ainsi que par les pénuries d’approvisionnement en produits alimentaires de base comme le café et le bœuf.

« Nous étions déjà aux prises avec une inflation alimentaire désagréablement élevée et, malheureusement, je pense que cela va l’aggraver un peu plus », met en garde Doug Porter.

L’instabilité des prix du pétrole et l’incertitude quant à la durée du conflit font que l’impact net sur l’économie canadienne est incertain.

Randall Bartlett prévoit une hausse nette du PIB national à la suite de la hausse des prix de l’énergie, ce qui, conjugué à une inflation plus élevée, dissuadera la Banque du Canada de procéder à de nouvelles baisses de taux destinées à stimuler l’économie.

Il ajoute toutefois que la révision imminente de l’accord Canada-États-Unis-Mexique constituait un autre facteur d’incertitude majeur empêchant la banque centrale de modifier son taux directeur dans un sens ou dans l’autre.

Randall Bartlett préconise un maintien du taux directeur. Selon lui, la Banque du Canada restera sur cette position jusqu’à la fin de l’année. Il est prématuré de considérer que les marchés anticipaient une hausse des taux d’un quart de point avant la fin de l’année.

« La Banque du Canada est susceptible de ne pas tenir compte du choc des prix du pétrole que nous subissons actuellement, s’il s’avère temporaire », souligne Randall Bartlett.

Doug Porter dit que si le Canada est peut-être mieux protégé du choc pétrolier que d’autres pays, celui-ci aura un impact négatif net sur l’économie.

Mais même si le conflit freine quelque peu l’économie, une hausse des taux resterait d’actualité, avance-t-il. L’économiste cite un discours prononcé le mois dernier par la sous-gouverneure de la Banque du Canada, Sharon Kozicki, dans lequel elle expliquait que la banque centrale était plus susceptible de relever ses taux lorsqu’un choc d’offre fait grimper les prix sans pour autant ralentir fortement l’économie.

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Les banques et gestionnaires d’actifs mondiaux relativement protégés du conflit https://www.finance-investissement.com/nouvelles/les-banques-et-gestionnaires-dactifs-mondiaux-relativement-proteges-du-conflit/ Mon, 09 Mar 2026 12:08:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112886 Le secteur financier serait surtout exposé aux retombées économiques indirectes.

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Ayant peu d’exposition directe à la région, les banques et les gestionnaires d’actifs mondiaux ne devraient pas subir d’effets importants du conflit croissant au Moyen-Orient. Ils pourraient toutefois être touchés indirectement par ses répercussions macroéconomiques, selon Morningstar DBRS.

Dans un rapport récent, l’agence de notation indique que les banques mondiales n’ont pratiquement aucune exposition directe à l’Iran, celui-ci étant soumis à de sévères sanctions économiques. Même leurs expositions au Moyen-Orient dans son ensemble demeurent limitées et négligeables par rapport à leurs bénéfices et à la taille de leurs bilans.

« Par conséquent, nous n’anticipons pas de pressions à court terme sur les notations de crédit des banques mondiales que nous évaluons, malgré la présence modeste de certaines d’entre elles dans d’importants centres urbains de la région », indique le rapport.

Toutefois, si le conflit devait durer plus longtemps que prévu ou s’intensifier de façon significative, les banques pourraient devoir augmenter leurs provisions pour pertes sur prêts et faire face à une croissance économique mondiale plus faible que prévu, ce qui finirait par affaiblir les fondamentaux du crédit, suggère l’agence.

En ce qui concerne les gestionnaires d’actifs mondiaux, les experts de DBRS Morningstar estiment que le conflit et ses effets sur les marchés « devraient avoir peu d’impact significatif » sur leurs profils de crédit fondamentaux. Les gestionnaires de plus petite taille seraient toutefois « plus vulnérables » à ce type de choc.

« Le Moyen-Orient représente une plateforme de croissance pour certains gestionnaires que nous évaluons, mais les expositions demeurent modestes. Toute perturbation des initiatives stratégiques de croissance dans la région devrait donc rester limitée », souligne le rapport.

Malgré cette exposition directe limitée, les banques et les gestionnaires d’actifs demeurent exposés à certaines conséquences indirectes, « notamment des prix du pétrole durablement plus élevés, des chocs négatifs sur les bénéfices des emprunteurs dans des secteurs clés comme le transport maritime, ainsi que tout autre événement potentiel, par exemple une attaque terroriste dans un pays occidental, qui pourrait nuire à la confiance des investisseurs et des consommateurs », prévient l’agence.

Un choc pétrolier prolongé pourrait alimenter l’inflation, entraînant une hausse des taux d’intérêt et pesant sur les consommateurs.

« Cela pourrait avoir un effet négatif sur la qualité du crédit et sur la croissance des prêts », précise le rapport.

Parallèlement, l’augmentation de la volatilité des marchés devrait stimuler les revenus de négociation des banques.

« Toutefois, nous nous attendons à ce que les activités de fusions et acquisitions ainsi que les opérations de financement par dette et par actions connaissent certains retards jusqu’à ce que les tensions géopolitiques diminuent », ajoute le rapport.

Enfin, le risque augmente également que « l’Iran intensifie ses cyberattaques contre des entités occidentales, y compris des banques », conclut l’agence.

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Janvier : entrées nettes records en FNB canadiens https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/janvier-entrees-nettes-records-en-fnb-canadiens/ Wed, 11 Feb 2026 11:24:10 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112340 FOCUS FNB – C’est la première fois que les entrées nettes mensuelles dépassent les 20 G$.

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Malgré des remous géopolitiques en début d’année, le marché canadien des fonds négociés en Bourse (FNB) commence 2026 en lion. En janvier, les FNB canadiens enregistrent des créations nettes de 22,3 milliards de dollars (G$), battant le record mensuel établi en décembre, et ce malgré une activité habituellement au ralenti en début d’année, selon un rapport de Banque Nationale Marchés financiers (BNMF).

Les FNB de toutes les catégories d’actifs ont enregistré des entrées nettes importantes le mois dernier, à l’exception des FNB de cryptoactifs. L’actif total sous gestion des FNB canadiens s’élève désormais à 744 G$, selon des données de BNMF et de Bloomberg.

Les FNB d’actions dominent

Les FNB canadiens d’actions affichent des créations nettes de 14,6 G$ en janvier, comparativement à 10 G$ en décembre. Les fonds d’actions internationales continuent à mener le bal dans cette catégorie, avec des entrées nettes combinées de 7 G$ dans les marchés mondiaux, développés et émergents.

Les fonds d’actions canadiennes enregistrent 4 G$ d’entrées nettes, tandis que les fonds d’actions américaines attirent 3,4 G$, soit un peu plus qu’en décembre.

Du côté des stratégies, les FNB d’actions pondérés selon la capitalisation boursière dominent les créations nettes (7 G$), suivis par les FNB sectoriels (1,7 G$) et les FNB de dividende (1,5 G$). L’actif sous gestion dans les FNB canadiens d’actions atteint désormais près de 480 G$.

Les matières premières en vedette

« Les FNB canadiens et mondiaux axés sur les matières premières, incluant les métaux de base et le cuivre, ont profité de la solide performance du secteur, qui s’est hissé au premier rang de l’indice composé depuis le début de l’année, devançant le secteur de l’énergie de près de 10 % », signalent les analystes de BNMF Daniel Straus, Tiffany Zhang et Linda Ma.

Les FNB liés aux matières premières ont enregistré 872 M$ d’entrées nettes en janvier, en particulier dans l’or. Parmi les FNB d’actions sectorielles, les fonds qui couvrent les secteurs des technologies (398 M$) et des services publics (317 M$) ont également enregistré des entrées nettes pour le premier mois de l’année.

L’énergie à contre-courant

Les FNB d’actions du secteur de l’énergie — l’un des seuls secteurs à afficher des sorties nettes, avec celui de l’immobilier en janvier — ont subi des rachats nets de près de 200 M$. BNMF attribue ce recul à la chute des prix du pétrole liée aux événements géopolitiques au Venezuela en début d’année, marqués par l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier par les États-Unis.

« Certains investisseurs semblent adhérer à l’idée que le pétrole lourd vénézuélien concurrence les exportations énergétiques canadiennes », indique le rapport de BNMF.

Les FNB d’actions multifactoriels enregistrent des entrées nettes de 377 M$ en janvier. Les investisseurs se sont également tournés vers les FNB mondiaux à gestion active et les FNB de sociétés à petite capitalisation, selon le rapport.

Les FNB ESG en progression

Les FNB ciblant les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) enregistrent 218 M$ de créations nettes en janvier, comparativement à 135 M$ en décembre.

Le fonds XSEM a enregistré à lui seul près de 200 M$ d’entrées nettes, en lien avec la forte performance des marchés émergents, signale BNMF. Les FNB ESG des marchés émergents dominent d’ailleurs cette catégorie en janvier (223 M$), suivis de ceux axés sur l’environnement.

Les FNB ESG axés sur les actions canadiennes sont les seuls de cette catégorie à enregistrer des rachats nets (284 M$).

Appétit pour les FNB de titres à revenu fixe

Les FNB de titres à revenu fixe enregistrent 4 G$ de créations nettes en janvier, soit un peu moins qu’en décembre, ce qui porte l’actif sous gestion dans cette catégorie à 186,5 G$.

La part du lion sur le plan des entrées nettes est allé aux FNB de titres à revenu fixe avec échéances mixtes (broad) avec 2,5 G$ en janvier.

À l’exception des FNB à échéance à très court terme, qui ont enregistré des sorties nettes (77 M$), tous les autres segments affichent des créations nettes, menées par les FNB de titres à rendement réel (578 M$), les FNB à moyen terme (477 M$) et à court terme (403 M$).

Les FNB de titres à revenu fixe qui détiennent des titres canadiens ont dominé les entrées nettes en janvier (1,8 G$), suivis par les FNB de titres à revenu fixe américains et d’Amérique du Nord (1,3 G$). Les FNB obligataires étrangers ont attiré 743 M$, dominés par des fonds à gestion active, précise BNMF.

Les FNB à effet de levier et inverse affichent le deuxième plus fort taux de croissance relative parmi toutes les catégories. Les FNB multiactifs récoltent 1,9 G$ d’entrées nettes, tandis que les FNB de répartition d’actifs engrangent 1,7 G$ de création nette.

Les FNB de cryptoactifs affichent des entrées nettes de 10 M$, comparativement à 121 M$ en décembre, essentiellement dans les FNB Bitcoin à faible ratio de frais de gestion.

Principaux acteurs et produits

En janvier, RBC iShares arrive en tête des fournisseurs pour les créations nettes, avec 7,8 G$, suivi par Vanguard (3,1 G$), BMO (2,1 G$), Fidelity (1,9 G$) et TD (1,7 G$).

Les fonds ayant attiré le plus de créations nettes en janvier sont XEQT, XIU, VEQT, XIC et XSTH. NSCE, XEG et ZCS enregistrent quant à eux les plus importants rachats nets.

Le rythme des lancements de nouveaux FNB canadiens s’est accéléré en janvier 2026 par rapport à décembre 2025, avec 23 nouveaux produits lancés sur le marché. Harvest, CI, Fidelity et AGF ont élargi leurs gammes avec des FNB de répartition d’actifs, de rendement bonifié, de stratégies à options et de fonds thématiques. D’autres fournisseurs ont par ailleurs lancé des FNB à gestion active, des stratégies acheteur/vendeurs (long/short) et des fonds obligataires en devises américaines.

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Infrastructures : au cœur des grandes tendances mondiales https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/infrastructures-au-coeur-des-grandes-tendances-mondiales/ Wed, 11 Feb 2026 11:15:26 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112424 FOCUS FNB — IA, électrification et modernisation soutiennent la croissance.

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Les sociétés d’infrastructures — comme les pipelines énergétiques et les services publics d’électricité — se sont forgé une réputation de générateurs fiables de flux de trésorerie et de verseurs réguliers de dividendes. Or, ces dernières années, ce segment diversifié de l’univers boursier est aussi devenu un vecteur de croissance, en plus de son rôle défensif traditionnel.

« Les dépenses mondiales en infrastructures augmentent de façon soutenue, alors que les pays s’efforcent de moderniser des actifs vieillissants, de décarboner les systèmes énergétiques et de soutenir la croissance fulgurante des technologies numériques », explique Kevin McSweeney, de CI Gestion mondiale d’actifs (CI GMA). Parmi ses responsabilités figure la gestion du Mandat privé d’infrastructures mondiales CI, un fonds négocié en Bourse (FNB) qui a surperformé son groupe de pairs sur plusieurs horizons pluriannuels.

« Dans bien des cas, les investissements en infrastructures se situent en première ligne des grandes tendances de croissance qui propulsent aujourd’hui les marchés boursiers mondiaux », ajoute Kevin McSweeney. Parmi les cinq principales détentions récentes de ce FNB de 425 millions de dollars (M$) figure Equinix, une société californienne spécialisée dans les infrastructures numériques.

Dans un contexte marqué par des tendances structurelles positives — comme l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données très énergivores — les actions d’infrastructures demeurent globalement évaluées à des niveaux modestes par rapport à leurs moyennes historiques, selon CI GMA.

Historiquement, les titres d’infrastructures se négociaient généralement avec une prime par rapport aux actions mondiales dans leur ensemble, souligne Kevin McSweeney, mais cette relation s’est inversée. À la fin janvier, l’indice MSCI World Core Infrastructure affichait un ratio cours/bénéfices de 21, contre 23,4 pour l’indice MSCI World.

« Les actifs d’infrastructures ont historiquement offert des rendements attrayants ajustés au risque, observe Kevin McSweeney, et les valorisations actuelles représentent un point d’entrée exceptionnellement intéressant pour les investisseurs à la recherche d’actifs de longue durée générateurs de liquidités ».

On compte actuellement 16 fonds d’infrastructures cotés au Canada sous forme de FNB, représentant un actif combiné d’environ 2,7 milliards de dollars (G$). Le plus important est le iShares Global Infrastructure Index ETF, avec un actif sous gestion de 1,1 G$, l’un de plusieurs produits gérés de façon passive.

Le secteur des infrastructures continue de croître dans différents contextes économiques, explique Massimo Bonansinga, gestionnaire du BMO Fonds d’infrastructures mondiales, un fonds commun de placement de 250 M$ dont une série FNB a été lancée en juin 2023.

Lorsque l’économie est en expansion, davantage de dépenses sont nécessaires pour des éléments essentiels comme la production d’électricité et les réseaux de transport et de distribution, explique-t-il. En période de ralentissement, les gouvernements augmentent également leurs investissements, les infrastructures constituant un « outil privilégié » de stimulation économique.

Massimo Bonansinga identifie deux grandes tendances structurelles ayant un effet transformateur sur l’économie — et, par ricochet, sur les infrastructures :

  • La première est la dépendance croissante aux énergies renouvelables et l’électrification accrue.
  • La seconde est l’innovation technologique, notamment les applications de l’intelligence artificielle, qui alimente la demande pour les infrastructures nécessaires à leur déploiement.

« Nous observons des taux de croissance qui, par exemple dans les services publics, s’approchent maintenant de plus de 10 % par année en croissance du bénéfice par action, souligne Massimo Bonansinga. C’est absolument remarquable. Je couvre ce secteur depuis plus de 20 ans et je n’ai jamais vu quelque chose de semblable. »

Afin d’éviter une exposition excessive aux infrastructures liées à la haute technologie, Massimo Bonansinga n’investit pas directement dans les centres de données. Il privilégie plutôt les sociétés de services publics qui fournissent l’énergie et les réseaux de transmission nécessaires à leur fonctionnement.

Une position actuelle de BMO qui illustre cette approche est NextEra Energy, un important fournisseur d’électricité basé en Floride, qui a annoncé en décembre une expansion majeure de sa collaboration avec Google Cloud afin de développer plusieurs nouveaux centres de données.

Les sociétés américaines représentent généralement la plus forte pondération géographique des fonds d’infrastructures, reflet du poids dominant des États-Unis à l’échelle mondiale. Par exemple, le FINB BMO infrastructures mondiales de 461 M$ détenait récemment 69 % de ses actifs en actions américaines. Suivant un indice différent, le iShares Global Infrastructure Index ETF a une pondération américaine qui, bien qu’importante, s’élevait à 43 %.

Pour les gestionnaires actifs, l’investissement en infrastructures devient un exercice d’équilibre entre les sociétés traditionnelles versant des dividendes stables et les nouvelles occasions de croissance. « Nos gestionnaires cherchent le meilleur équilibre entre les infrastructures traditionnelles et les nouvelles formes d’infrastructures, explique Chris Cullen, premier vice-président et chef des FNB chez Brompton Funds. Ils recherchent les meilleures occasions de rendement sur une base ajustée au risque. »

Le Brompton Global Infrastructure ETF, d’un actif de 54 M$ et ayant obtenu la cote maximale de cinq étoiles Morningstar pour son rendement ajusté au risque, détenait récemment 43 % de ses actifs dans le secteur industriel, 20 % dans l’énergie et 12 % dans les services publics.

Ces pondérations varient toutefois au fil du temps. « Il n’y a pas de ciblage sectoriel précis, précise Chris Cullen. Les allocations sectorielles découlent généralement des meilleures idées issues du processus de sélection de titres. »

Même si les titres appartenant aux indices d’infrastructures jouent un rôle dominant, les gestionnaires actifs disposent d’une certaine latitude pour sortir des sentiers battus. À titre d’exemple, une position importante récente de Brompton est Cameco, un producteur canadien d’uranium qui fournit des centrales nucléaires. « L’énergie nucléaire est un thème majeur dans le déploiement de l’IA et d’autres infrastructures technologiques », déclare Chris Cullen.

Pour les investisseurs en actions axés sur le revenu, un autre attrait des fonds d’infrastructures réside dans leurs distributions supérieures à la moyenne. À la fin janvier, le FNB de Brompton affichait une distribution de 5,4 %, soutenu en partie par une utilisation sélective de stratégies de ventes d’options d’achats couvertes.

« Les occasions de dividendes sont nombreuses dans le secteur des infrastructures, affirme Chris Cullen. Les investisseurs à la recherche de revenus ont tout intérêt à considérer ce segment pour générer des flux de trésorerie sous forme de dividendes. »

Le Fonds d’infrastructures mondiales CI, pour sa part, verse une distribution mensuelle de 6,9 cents par part, ce qui correspond, à son récent actif net, à un rendement annuel de 2,6 % — soit tout de même le double du rendement de distribution d’un FNB d’actions mondiales.

Kevin McSweeney souligne que les sociétés d’infrastructures offrant des services essentiels bénéficient de barrières à l’entrée élevées pour les concurrents et génèrent des revenus généralement soutenus par des tarifs réglementés ou des contrats à long terme.

Cela se traduit par des flux de trésorerie prévisibles et une volatilité des bénéfices réduite. « Cette combinaison d’une demande résiliente, d’une grande visibilité sur la génération future de liquidités et de revenus récurrents issus de loyers contractuels permet à de nombreuses sociétés d’infrastructures de maintenir des dividendes supérieurs à la moyenne, tout en offrant une croissance fiable de ces dividendes dans le temps », conclut-il.

Selon Kevin McSweeney, les pipelines et les services publics, en particulier, « profitent d’une demande d’électricité en hausse, d’une tarification solide et de perspectives de croissance liées à l’accélération de l’adoption de l’intelligence artificielle ».

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Arrestation de Maduro : les marchés restent de marbre https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/arrestation-de-maduro-les-marches-restent-de-marbre/ Tue, 06 Jan 2026 11:03:33 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111759 Tensions géopolitiques en hausse, réaction financière limitée.

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La capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine a suscité de vives réactions à travers le monde, l’impact sur les marchés financiers semble toutefois nettement plus limité. Les investisseurs semblent détachés face à cet événement dont les conséquences économiques immédiates, notamment sur le pétrole, demeurent limitées.

Une nouvelle absorbée sans heurt

Les marchés mondiaux ont bien absorbé la montée des tensions géopolitiques suivant la nouvelle de l’attaque des États-Unis contre le Venezuela et l’arrestation du président Nicolas Maduro, selon les perspectives du marché de Corpay.

On observe un léger regain d’intérêt pour les valeurs refuges comme le dollar américain, le yen japonais et le franc suisse au détriment des devises plus exposées au risque. Les rendements des bons du Trésor américain ont enregistré un léger recul, signifiant une plus grande demande pour les actifs sûrs.

Le peso mexicain a quant à lui enregistré une baisse d’environ 0,7 % alors que le président américain disait vouloir « faire quelque chose » face aux expéditions de drogue en provenance du Mexique.

Une nouvelle importante pour le marché du pétrole

Étant donné que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, comme le souligne Boursorama, la dernière manœuvre du président Trump a placé les sociétés énergétiques et le marché du pétrole au centre de l’attention.

Toutefois, malgré l’ampleur de ses ressources, la production vénézuélienne représente aujourd’hui moins de 1 % de l’offre mondiale, en raison notamment du vieillissement des infrastructures et d’années de sous-investissement. Et si le président américain promet d’investir pour remédier à la situation, cela prendrait au moins une décennie d’engagement des grandes sociétés pétrolières occidentales dans le pays, selon les dires de Peter McNally, responsable mondial de l’analyse sectorielle chez la firme de recherche Third Bridge, rapportés par Business Insider.

Sur le marché de l’énergie, les deux principales références du pétrole brut, le Brent et le WTI, évoluent en légère baisse. Le brut de référence américain, le West Texas Intermediate (WTI), a reculé jusqu’à 1,4 % en début de séance avant d’évoluer à l’horizontale. Le Brent, référence internationale, affichait également une baisse de 0,8 %, à 60,24 $ US le baril, après avoir cédé jusqu’à 1,2 % plus tôt.

En résumé, malgré l’importance symbolique du Venezuela, le marché pétrolier mondial reste dominé par un excès d’offre.

Pour rappel, le marché pétrolier connaît des pressions depuis déjà plusieurs mois, en raison d’une surabondance de l’offre mondiale.

À long terme, les analystes de Goldman Sachs prédisent un environnement politique plus favorable à l’investissement pétrolier. Toutefois, ces développements sont négatifs pour les prix du pétrole, car toute augmentation soutenue de la production vénézuélienne viendrait s’ajouter à une offre déjà abondante, précisent les experts.

Pour cette raison, le contexte macroéconomique mondial reste largement inchangé, selon Corpay.

Une bonne nouvelle pour les raffineurs américains

Les raffineries américaines spécialisées dans le brut lourd accueillent à bras ouvert la nouvelle de l’arrestation du président vénézuélien, car cela pourrait signifier un redémarrage des exportations vénézuéliennes vers les États-Unis, au détriment de la Chine.

En effet, si le Vénézuéla passait à un régime favorable aux États-Unis, cela devrait conduire à l’abrogation des sanctions imposées par Washington et offrir ainsi un répit au secteur pétrolier vénézuélien. Boursorama rappelle ainsi que les exportations de brut vénézuélien vers les États-Unis en 1997 représentaient 44 % de la production vénézuélienne, selon l’Administration de l’information sur l’énergie.

Entre 2020 et 2022, les exportations vénézuéliennes ont dégringolé à zéro en raison des sanctions pétrolières directes à l’entreprise énergétique publique Petróleos de Venezuela, S.A (PDVSA) imposées par Trump avant de se redresser légèrement par suite de la dérogation accordée à Chevron pour continuer à exploiter ses coentreprises au Venezuela.

Un changement dans les exportations du Venezuela se ferait en grande partie au détriment de la Chine, le principal importateur du pétrole vénézuélien après les sanctions imposées par le président Trump. Si ce dernier a promis que la Chine continuerait de recevoir du pétrole vénézuélien sous un gouvernement dirigé par les États-Unis à Caracas, il a toutefois précisé que cette quantité serait certainement limitée.

Sans compter que selon Reuters, la majorité des importations chinoises de pétrole en provenance du Venezuela sont destinées à des raffineries indépendantes qui acceptent d’ignorer les sanctions à condition d’acheter le pétrole à des prix réduits. Mais si les sanctions sont levées, le pétrole sera vendu aux prix internationaux, ce qui pourrait tarir l’intérêt de ces raffineries.

Envolée des obligations vénézuéliennes

La nouvelle de l’arrestation de Nicolas Maduro a eu un impact particulièrement fort sur les obligations souveraines du Venezuela, en défaut de paiement. Les investisseurs ont ainsi espoir que la dette souveraine du pays connaîtra une grande restructuration.

Les obligations de l’État vénézuélien ont gagné près de 30 %. Les investisseurs espèrent ainsi qu’un nouveau président soit synonyme d’un rétablissement de relations diplomatiques formelles et l’élargissement des licences, notamment pour engager des négociations autour d’une restructuration de la dette, selon les experts rapportés par Reuters.

Pour la suite, l’attention des investisseurs se portera essentiellement sur les décisions de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) en matière de licences, la clarification d’un cadre juridique stable, le calendrier de transition politique au Venezuela et la capacité de PDVSA à améliorer sa gouvernance.

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