assurance vie | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/assurance-vie/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Thu, 21 May 2026 18:19:50 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png assurance vie | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/assurance-vie/ 32 32 Cibler les entrepreneurs : une promesse exigeante https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/lassociation-de-la-releve-des-services-financiers/cibler-les-entrepreneurs-une-promesse-exigeante/ Fri, 22 May 2026 10:19:42 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113932 ZONE EXPERTS — Comprendre leur rapport à l’argent et traduire les stratégies en impacts concrets est essentiel pour bâtir une relation durable.

L’article Cibler les entrepreneurs : une promesse exigeante est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Quand un jeune conseiller commence sa carrière, il est presque inévitable qu’il annonce vouloir travailler avec des entrepreneurs. Le positionnement est séduisant sur papier : des revenus plus élevés, des besoins réels en planification fiscale et successorale, des protections à structurer en assurance vie, invalidité, maladie grave et collectives, et suffisamment de complexité pour multiplier les occasions d’intervention.

Mais en réalité, travailler avec des entrepreneurs n’est pas simplement une version amplifiée du travail avec un client salarié. C’est une clientèle fondamentalement différente, et la différence ne commence pas dans les dossiers ou les produits. Elle commence dans la tête. Un entrepreneur n’a pas la même relation à l’argent qu’un salarié, et tant qu’un conseiller ne comprend pas ça, il risque de passer à côté de cette clientèle, peu importe la qualité de ses solutions.

Un entrepreneur ne raisonne pas comme un employé

Pour lui, chaque dollar qui quitte sa poche est évalué à son retour potentiel. C’est son réflexe naturel, son filtre par défaut. En assurance vie, on peut même appeler ça par son vrai nom : le taux de rendement interne. Combien paie-t-il en primes chaque année, et quelle valeur successorale est-ce que ça génère au décès ? Quand un conseiller est capable de poser ce calcul clairement, la conversation change complètement. L’assurance vie n’est plus une dépense. Elle devient un actif avec un rendement mesurable au moment où ça compte le plus.

Un entrepreneur qui cotise à son REER doit d’abord sortir des liquidités de son entreprise, des liquidités qui auraient pu financer un nouveau contrat ou l’embauche d’un représentant. C’est un arbitrage réel entre deux options : mettre de l’argent dans des marchés qu’il ne contrôle pas, ou le réinvestir dans sa propre entreprise. Et souvent, dans sa tête, le choix est vite fait. Pourtant, investir la quasi-totalité de son capital dans sa propre entreprise est objectivement bien plus risqué que d’investir dans des marchés diversifiés. Mais le risque perçu et le risque réel sont deux choses différentes. L’entrepreneur accepte l’incertitude de son entreprise parce qu’il tient le volant. Le conseiller qui ne comprend pas cette nuance parle une langue que l’entrepreneur n’a pas envie d’apprendre.

L’entrepreneur n’est pas non plus un bloc homogène. Il passe par plusieurs stades, et chacun amène une réalité complètement différente. Au début, sa priorité est de survivre. En croissance, il réinvestit tout et chaque conversation sur l’épargne personnelle ressemble à une distraction. En maturité, l’envie de se structurer arrive enfin, mais souvent trop tard. Et c’est aussi à ce stade que la méfiance envers un jeune conseiller est la plus grande. Un entrepreneur qui a mis quinze ans à bâtir quelque chose de solide ne confie pas sa situation à quelqu’un qui n’a pas encore fait ses preuves. Selon ideas42 (2025), 63 % des propriétaires d’entreprise jugent qu’il est trop tôt pour planifier leur sortie, et 45 % disent être trop occupés pour commencer.

L’attention est la ressource la plus rare

Selon The Alternative Board, les propriétaires d’entreprise consacrent en moyenne 68 % de leur temps à gérer les urgences du quotidien, et seulement 32 % à réfléchir stratégiquement (thealternativeboard.com). Dans ce 32 %, la planification financière personnelle n’est souvent même pas dans le top cinq des priorités. Les entrepreneurs sont aussi parmi les clientèles les plus sollicitées du marché. Ils ont développé un filtre naturel pour éliminer rapidement ce qui ressemble à un pitch. Le conseiller dont l’approche ne se distingue pas dès les premières minutes rejoint la pile. La clarté n’est pas une qualité souhaitable chez un conseiller qui travaille avec des entrepreneurs. C’est une condition de survie.

La résistance aux produits est réelle et elle est rationnelle

L’assurance vie est souvent perçue par l’entrepreneur comme une dépense, alors qu’elle peut jouer un rôle de diversification réel dans son patrimoine. Lui qui concentre tout son capital dans son entreprise et cherche constamment du rendement, l’assurance vie entière offre quelque chose qu’il n’a pas ailleurs : une portion stable, prévisible, qui se comporte comme du revenu fixe et qui protège sa valeur successorale au décès. Le problème n’est pas le produit. C’est que personne ne lui a jamais présenté l’argument dans son langage.

La convention entre actionnaires en est l’exemple classique. Quand deux associés réalisent que si l’un d’eux décède demain, le survivant devra racheter les parts sans avoir les liquidités pour le faire, l’assurance vie cesse d’être abstraite. Elle devient la solution à un problème concret et chiffrable. Mais encore faut-il que le conseiller comprenne comment une convention entre actionnaires fonctionne avant d’entrer dans la pièce. C’est souvent ce premier pied dans la porte qui ouvre tout le reste. Selon l’Exit Planning Institute, 49 % des propriétaires d’entreprise prévoient de quitter leur entreprise dans les cinq prochaines années, mais 83 % n’ont pas de plan de transition documenté (exit-planning-institute.org). En moyenne, 80 % de leur valeur nette est concentrée dans leur entreprise (fragassoadvisors.com).

La crédibilité ne se déclare pas

Un salarié accordera généralement le bénéfice du doute à un conseiller bien présenté. Un entrepreneur, lui, détecte rapidement si quelqu’un comprend vraiment son monde ou s’il essaie de lui vendre quelque chose. Il a déjà une table d’experts autour de lui, un comptable, un fiscaliste, un avocat. La vraie question n’est pas comment s’ajouter à cette liste, mais comment devenir le conseiller qui fait le lien entre tous ces intervenants et qui traduit ça en une stratégie cohérente pour l’entrepreneur. C’est là que se trouve l’avantage concurrentiel. Selon une enquête relayée par HBKS Wealth Advisors, 96 % des propriétaires d’entreprise qui travaillent avec un conseiller en services financiers se sentent plus confiants face à leur avenir financier (hbks.com). Mais arriver à ce niveau de confiance exige une approche radicalement différente de celle qui fonctionne avec une clientèle salariée.

Cibler les entrepreneurs est un positionnement légitime. Mais ce segment exige de comprendre leur réalité à chaque stade, de traduire les stratégies en impact mesurable, et d’accepter que la crédibilité ne se déclare jamais. Elle se démontre, à chaque rencontre.

Par Philip Boivin, membre du conseil d’administration de l’ARSF.

L’article Cibler les entrepreneurs : une promesse exigeante est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
L’AMF répond aux préoccupations de l’industrie https://www.finance-investissement.com/edition-papier/pointage-des-regulateurs/lamf-repond-aux-preoccupations-de-lindustrie/ Mon, 11 May 2026 10:09:10 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113705 POINTAGE DES RÉGULATEURS 2026 — Le régulateur détaille sa vision des principaux irritants soulevés par les responsables de la conformité du secteur financier québécois.

L’article L’AMF répond aux préoccupations de l’industrie est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Tarification réglementaire, transfert de responsabilités à l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI), supervision des représentants et collaboration entre organismes d’autoréglementation figurent parmi les thèmes abordés dans cette première série de questions-réponses avec le régulateur québécois où il aborde certains enjeux soulevés par des responsables de la conformité.

Finance et Investissement (FI) : Encore une fois cette année, certains responsables de la conformité sont préoccupés par la tarification de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et celle de l’OCRI. Un répondant qui travaille auprès d’un courtier en épargne collective transmet une préoccupation : « Pour l’AMF, nous avons vu cette année une baisse des frais liés à l’épargne collective, mais je réserve mes commentaires jusqu’à ce que la transition vers l’OCRI soit terminée. Pour l’OCRI, alors qu’on promettait des économies pour l’industrie, on se dirige actuellement vers une augmentation du coût d’inscription total pour les représentants en épargne collective du Québec inscrits aussi en assurance de personnes. » Avez-vous des précisions à faire sur la baisse des frais de l’AMF ? Et que répondez-vous à ces préoccupations concernant l’effet sur les représentants et l’augmentation du coût d’inscription pour ceux détenant les deux permis ?

Autorité des marchés financiers (AMF) : Du 26 juin au 19 septembre 2025, l’AMF a réalisé une consultation sur le projet de modification réglementaire visant le recalibrage des droits de l’AMF. À l’issue de cette consultation, l’AMF prévoit réduire d’environ 75 % les droits exigibles des courtiers en placement, des courtiers en épargne collective ainsi que des personnes physiques agissant pour leur compte. Ces mesures visent à assurer une tarification équitable suivant la délégation de certaines fonctions et certains pouvoirs à l’OCRI.

Le processus d’adoption des modifications réglementaires suit son cours et une nouvelle consultation a été publiée dans la Gazette officielle du Québec le 11 mars dernier pour une période de 45 jours.

Également, la transition des responsabilités précédemment exercées par la Chambre de l’assurance (ChA) à l’OCRI à l’égard de la discipline, la déontologie et la formation continue des représentants en épargne collective fera en sorte qu’aucun droit ne sera exigible par la ChA pour la seconde moitié de 2026.

En tant qu’autorité de reconnaissance de l’OCRI, l’AMF s’assure également que les droits imposés par celui-ci, pour les activités exercées par les courtiers en épargne collective et courtiers en placement au Québec, sont proportionnels aux services qui leur sont offerts et que l’OCRI exerce ses activités selon les principes de recouvrement des coûts. L’AMF continuera de surveiller l’évolution des coûts liés à l’exercice des activités en épargne collective.

Collaboration entre régulateurs

FI : À titre d’organisme responsable de la supervision de la ChA et de l’OCRI, que répondez-vous aux craintes de certains responsables de la conformité ayant des conseillers à la fois inscrits comme représentant en épargne collective et représentant en assurance de personnes? « On multiplie les régulateurs et on double le travail en matière d’unités de formation continue. » Récemment, l’OCRI était à la finalisation des discussions avec la Chambre de l’assurance afin d’harmoniser, pour le cycle actuel, les exigences de formation continue pour les représentants en épargne collective au Québec.  

AMF : L’adoption de la loi no 16, Loi modifiant diverses dispositions principalement dans le secteur financier, a conduit à une rationalisation du cadre d’autoréglementation par le regroupement de la Chambre de la sécurité financière et de la Chambre de l’assurance de dommages pour former la nouvelle Chambre de l’assurance (ChA). Cette transformation, en vigueur depuis le 4 juillet 2025, vise la réalisation de synergies, dont certaines se sont déjà matérialisées.

Le transfert des fonctions et pouvoirs relatifs aux représentants de courtier en épargne collective, de la ChA vers l’OCRI, vise à favoriser une meilleure harmonisation entre les juridictions canadiennes puisque l’OCRI encadre déjà les activités exercées à l’extérieur du Québec pour ces représentants.

Dans ce contexte, l’AMF, la ChA et l’OCRI travaillent en étroite collaboration pour assurer une transition fluide pour l’ensemble des parties prenantes et réduire l’impact sur les participants du secteur.

L’AMF reconnaît que ce transfert peut soulever des questionnements pour certains représentants puisque ces derniers seront supervisés à la fois par la ChA et par l’OCRI. Dans cette perspective, l’AMF a prévu, tant dans la décision de reconnaissance de la ChA que dans la modification à la décision de reconnaissance de l’OCRI, toutes deux publiées le 9 avril 2026, des dispositions visant à officialiser la collaboration entre les deux organismes.

L’AMF s’attend à ce que ces organismes mettent en place des mesures visant à atténuer les impacts potentiels pour les représentants « multidisciplinaires », notamment à l’égard de la déontologie et de la formation continue obligatoire, par exemple, par le biais des travaux d’harmonisation de l’OCRI.

À court terme, la décision de reconnaissance prévoit également que la ChA puisse, au besoin, conclure une entente de services avec l’OCRI pour proposer des solutions technologiques ou administratives facilitant la gestion de la formation continue des représentants de courtier en épargne collective.

FI : Certains responsables de la conformité mettent en lumière des angles morts réglementaires. Un premier risque est décrit ainsi : « Nous avons trouvé qu’il est plus difficile de travailler avec l’AMF en matière d’assurance vie, car, dans bien des cas, nous n’avons de visibilité que sur les activités de conseil en gestion de patrimoine de la plupart des conseillers. Il peut donc être compliqué de mettre fin à notre relation avec un conseiller dans le cadre de ses activités relevant de l’OCRI et de l’AMF pour les valeurs mobilières, alors qu’il peut parfois continuer d’exercer par l’entremise d’un agent général externe malgré le signalement de ses manquements ». Qu’en pensez-vous ?  

AMF : Un avis de cessation « pour cause » transmis à l’AMF pour un représentant en valeurs mobilières déclenche également le processus de révision de son dossier pour les activités qu’il exerce dans la discipline de l’assurance, qu’il soit inscrit comme représentant autonome ou rattaché à un cabinet. Dans son analyse, l’AMF examine, notamment, la probité du représentant et elle peut également lui imposer des conditions ou des restrictions dans l’exercice de ses activités dans la discipline de l’assurance.

Tous les agents généraux en assurance de personnes sont inscrits comme cabinets conformément à la Loi sur la distribution de produits et services financiers (LDPSF). De ce fait, ils sont soumis aux mêmes obligations que ces derniers.

Le 9 avril 2026, un projet de modification réglementaire a été introduit par l’AMF à l’égard des disciplines encadrées par la LDPSF, incluant la discipline de l’assurance. Par cet exercice, l’AMF précisera, entre autres, la responsabilité des cabinets, incluant les agents généraux, d’effectuer des vérifications diligentes en amont, avant de s’engager dans une relation d’affaires. La consultation réglementaire se terminera le 8 juillet 2026.

FI : Un répondant s’inquiète d’un autre angle mort. « Lorsque nous mettons fin à la relation avec un conseiller pour motif valable et que nous constatons ensuite qu’il demeure dans l’industrie dans une zone grise, en tant que membre non inscrit d’une équipe de conseillers inscrits dans une autre firme, généralement inscrite auprès de la commission des valeurs mobilières de l’Ontario. Cette situation est préoccupante : nous voyons souvent ces conseillers réapparaître dans d’autres firmes, avec le risque qu’ils répètent les mêmes manquements. » Que lui répondez-vous ?  

AMF : L’obligation d’inscription est prévue à la législation sur les valeurs mobilières, qui est harmonisée entre les différents régimes. Les ACVM disposent d’ententes de partage d’information leur permettant de se consulter et de se concerter lorsqu’une situation particulière le requiert.

Les personnes physiques doivent s’inscrire si elles exercent le courtage de titres, agissent comme placeur pour le compte d’un courtier inscrit ou d’un conseiller inscrit ou fournissent des conseils en valeurs mobilières, ou si elles agissent comme personne désignée responsable ou comme chef de la conformité d’une société inscrite. Les employés d’une société inscrite qui n’exercent pas d’activité nécessitant l’inscription ne sont toutefois pas tenus de s’inscrire.

Les sociétés inscrites doivent établir, maintenir et appliquer des politiques et des procédures instaurant un système de conformité pour fournir l’assurance que la société et les personnes physiques agissant pour son compte respectent la législation en valeurs mobilières. Le chef de la conformité de la société a également la responsabilité de diriger la surveillance et la supervision du système de conformité de la société.

Pour rappel, l’AMF supervise les activités des personnes inscrites en valeurs mobilières au Québec, notamment par le biais d’inspections régulières. L’AMF invite toute personne intéressée à l’aviser dans l’éventualité où elle constaterait une situation où une personne exercerait des activités nécessitant l’inscription sans être inscrite.

Lire : L’AMF promet plus de prévisibilité et de collaboration

Pour accéder au tableau, cliquez ici.

L’article L’AMF répond aux préoccupations de l’industrie est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
L’AMF promet plus de prévisibilité et de collaboration https://www.finance-investissement.com/edition-papier/pointage-des-regulateurs/lamf-promet-plus-de-previsibilite-et-de-collaboration/ Mon, 11 May 2026 09:41:28 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113709 POINTAGE DES RÉGULATEURS 2026 — L’AMF répond aux préoccupations des responsables de la conformité.

L’article L’AMF promet plus de prévisibilité et de collaboration est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Prévisibilité réglementaire, cybersécurité et inspections figurent parmi les principaux enjeux abordés dans cette deuxième et dernière partie de la série de questions-réponses 2026 avec l’Autorité des marchés financiers (AMF). Même si les notes accordées à l’AMF progressent dans le Pointage des régulateurs 2026, les responsables de la conformité continuent de soulever plusieurs irritants.

Lire : L’AMF répond aux préoccupations de l’industrie

Finance et Investissement (FI) : De manière générale, et pour la grande majorité des critères d’évaluation, l’AMF obtient cette année des notes en hausse par rapport au même sondage réalisé en janvier et février 2025. Les critères d’évaluation pour lesquels l’AMF connaît la plus forte progression de ses notes en 2026 par rapport à 2025 sont :

  • Les règles sont claires et bien expliquées ;
  • Les communications sont claires, tant sur le plan du fond (mode et technologie convenable) que sur celui de la forme (clarté des documents, etc.) ;
  • Les interventions en réponse aux changements technologiques dans l’industrie sont pertinentes.

 Un intervenant du secteur de l’assurance indique ceci : « L’AMF fait des webinaires en cours de consultation, ce qui est très apprécié pour permettre de comprendre les orientations et attentes. Cela permet aussi de s’assurer de commenter au bon niveau. » Comment interprétez-vous ces progrès ?

Autorité des marchés financiers (AMF) : L’AMF accueille positivement les progrès identifiés en matière de prévisibilité réglementaire. Dans son Énoncé annuel des priorités 2026-2027, l’AMF vise à augmenter l’efficacité de la mise en application du cadre réglementaire et la prévisibilité de son évolution. Elle a ainsi mené au cours de la dernière année des consultations auprès de l’industrie pour mieux cerner les attentes du secteur financier en la matière et offrir une meilleure compréhension de ce cadre. Ces échanges ont permis à l’AMF de développer un plan d’action, présenté le 14 avril dernier dans son Énoncé annuel des priorités 2026-2027.

Quant aux défis technologiques et à leurs impacts sur l’industrie, l’AMF en a également fait une priorité. Différentes initiatives ont été mises en place pour répondre au déploiement rapide de l’intelligence artificielle et à la transformation numérique, qui conduisent à une transformation des pratiques et à l’émergence de nouveaux modèles d’affaires.

Dans cette perspective, l’AMF a mis sur pied le Comité consultatif sur la transformation numérique, dont les membres seront invités à commenter les initiatives et les projets réglementaires mis de l’avant par l’AMF ou d’autres autorités en lien avec cet encadrement.

Plus récemment, l’AMF a publié, le 7 avril 2026, sa Ligne directrice sur l’utilisation de l’intelligence artificielle, qui s’applique aux assureurs autorisés, aux coopératives de services financiers, aux sociétés de fiducie autorisées et aux institutions de dépôts autorisées. Par cet outil, l’AMF souhaite offrir de la prévisibilité, tout en s’assurant de formuler des attentes harmonisées avec les standards aux niveaux provincial, national et international et d’adapter ceux-ci aux caractéristiques des institutions qu’elle encadre.

Cybersécurité et cyberrisques

FI : Un grand nombre de répondants sont préoccupés par la hausse du nombre d’arnaques et des besoins technologiques sur ce plan qui sont ainsi créés. Un sondé perçoit que « l’AMF est surmenée par la croissance exponentielle des fraudes. Elle devrait être autorisée par le ministre des Finances à doubler son effectif (au contentieux et en enquêteurs) ». L’AMF déploie de nombreuses initiatives pour éviter que les consommateurs, les courtiers et l’industrie ne deviennent des victimes.  

Que pensez-vous de ces deux propositions mises de l’avant par des répondants :

  • que vous ayez plus d’effectifs à l’AMF afin de réduire la pression liée aux fraudes ?
  • que vous utilisiez tous les leviers possibles pour forcer les distributeurs de contenus en ligne à exercer un plus grand contrôle sur les fraudes dans les réseaux sociaux ?

AMF : La fraude est un phénomène global pour lequel nous collaborons avec plusieurs partenaires, notamment les corps policiers (fédéraux, provinciaux et municipaux), les autres poursuivants publics ou le Centre antifraude du Canada. Dans l’accomplissement de sa mission de protection du public et des marchés, l’AMF priorise les dossiers découlant tant d’infractions qui déstabilisent l’efficience des marchés que de fraudes financières ou de violations du cadre réglementaire. À ce titre, l’AMF déploie de nombreuses initiatives pour éviter que les consommateurs, les courtiers et l’industrie ne deviennent des victimes de fraude. En 2025-2026, elle a obtenu de nombreuses sanctions sévères contre les instigateurs de stratagèmes frauduleux.

Quant aux fraudes en ligne, dans le cadre de l’initiative pancanadienne menée en juin 2025 par les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM), l’AMF a contribué à faire neutraliser des milliers de sites Web frauduleux, soit l’équivalent de 1 000 plateformes par mois. Par l’utilisation de technologie de pointe, les ACVM se sont employées à contrer la fraude en ligne, mettant en relief l’importance de la collaboration entre les organismes de réglementation, les intervenants du secteur et les forces de l’ordre dans la lutte contre ce type de fraude.

L’AMF poursuit également l’intégration de la technologie et de l’analytique de données afin de renforcer l’efficacité et la portée de ses activités de mise en application des lois.

Par ailleurs, l’AMF est présente sur différents fronts, notamment par l’éducation financière et des initiatives à grand déploiement menées avec ses partenaires.

En décembre 2025, l’AMF a pris part à une campagne menée par le Centre antifraude du Canada et le Centre national de coordination en cybercriminalité de la Gendarmerie royale du Canada, en collaboration avec des spécialistes de la Sûreté du Québec. Cette opération, qui a réuni plus de 25 organisations partenaires, institutions financières, services de télécommunications, entreprises de technologie, plateformes d’échange de cryptomonnaies, organisations à but non lucratif et établissements universitaires, ciblait les outils qu’utilisent les fraudeurs et les cybercriminels pour commettre des crimes. Ensemble, les partenaires de l’opération ont repéré des cas suspects de fraude et coordonné plus de 3 000 mesures perturbatrices contre les fraudeurs.

En terminant, l’AMF est également très engagée sur les forums internationaux afin d’échanger et de se munir des meilleures pratiques pour contrer la fraude et être à la hauteur des plus hauts standards internationaux.

FI (note de la rédaction) : L’AMF s’est également exprimée sur les inquiétudes de nombreux répondants quant aux conséquences de la brèche de sécurité qui est survenue à l’OCRI et des conséquences sur leurs clients. Lire : OCRI : la cyberattaque nuit à sa perception.

 Dans sa réponse, l’AMF invite d’ailleurs les gens à s’informer sur les démarches entreprises par l’OCRI en lien avec l’incident de cybersécurité : L’OCRI détecte une menace de cybersécurité | Organisme canadien de réglementation des investissements et Incident de cybersécurité à l’OCRI | Organisme canadien de réglementation des investissements.  

Relation avec l’industrie

FI : Une personne de l’industrie financière a la perception que l’AMF documente ses demandes de changements au sein des firmes dans une perspective d’enquête qui peut mener à des sanctions et non à des fins collaboratives. L’enjeu est décrit ainsi : « Les régulateurs devraient créer un service de conformité où les firmes peuvent se faire volontairement passer en examen, sans crainte de sanctions, et recevoir un rapport de correctifs qu’elles implantent volontairement. Certains membres de l’industrie financière se sentent épuisés de se faire avoir en inspection où, lorsqu’ils collaborent à améliorer les choses de bonne foi, ils se font marteler avec des procédures litigieuses publiques et/ou des pénalités surprises qui nuisent à leur sentiment de légitimité et au respect des régulateurs. » Qu’en pensez-vous ?

AMF : L’AMF a toujours eu une approche collaborative avec ses inscrits, visant à promouvoir une culture de conformité.

Elle est d’ailleurs en contact régulier avec les inscrits qu’elle inspecte tout au long du processus d’inspection. Elle mise sur la prévisibilité de ses actions, et des correctifs demandés afin que ceux-ci soient adaptés à chaque inscrit et s’assure que les inscrits sujets à une inspection améliorent leur culture de conformité.

Dans le but de mieux comprendre nos façons de faire en matière d’inspection des sociétés inscrites, nous vous invitons à visiter la nouvelle section de notre site internet : Mise en application des lois | AMF.

D’ailleurs, afin d’encourager les acteurs de l’industrie à s’amender et se conformer, l’AMF a lancé son programme d’autodénonciation et de coopération en mai 2025. Ce programme prévoit une possibilité d’allègements de sanctions à une personne morale ou physique qui s’autodénonce en révélant volontairement des informations concernant des infractions ou des manquements qu’elle a commis et/ou qui coopère pleinement à une enquête dont elle fait l’objet. Cela a pour effet également d’accroître la rapidité d’intervention, de réduire l’impact des manquements et d’éviter la judiciarisation.

Autant l’AMF souhaite inviter l’industrie à s’amender de bonne foi, autant, à titre de régulateur ayant comme mission la protection des marchés et des consommateurs, l’AMF intervient en présence de manquements récurrents, de défaut de coopération et de bris d’engagements souscrits auprès d’elle.

Pour accéder au tableau, cliquez ici.

L’article L’AMF promet plus de prévisibilité et de collaboration est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Empire Vie, l’assureur des familles https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/empire-vie-lassureur-des-familles/ Mon, 13 Apr 2026 10:19:56 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113363 Il s’illustre pour ses assurances vie destinées à ce marché.

L’article Empire Vie, l’assureur des familles est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Empire Vie s’illustre sur le plan de sa gamme de produits d’assurance vie temporaire et d’assurance permanente pour le marché des familles, selon le Baromètre de l’assurance 2025 et 2024.

Ces deux dernières années, Empire Vie obtient la première place à ces critères d’évaluation de l’avis des conseillers en sécurité financière non exclusifs qui en utilisaient les produits.

En 2025, pour le marché des familles, plus de la moitié de ces répondants l’ont désigné comme offrant la meilleure gamme de temporaires (56,2 %) et la meilleure gamme de permanentes (54,6 %). Empire Vie devance les assureurs qui sont deuxièmes pour ces critères, soit UV Assurance (38 %) pour les temporaires destinés aux familles et Equitable vie, pour les permanentes offertes au marché des familles.

À l’intérieur d’un segment extrêmement concurrentiel, il est remarquable qu’un assureur soit si bien perçu et nous avons cherché à comprendre pourquoi.

Avantage de prix

La clientèle des familles est particulièrement sensible aux coûts, et c’est à ce niveau surtout qu’Empire Vie se distingue. « Tout monte avec l’inflation et un assureur dont les primes sont moins chères, ça aide », soutient Francis Verreault, coordonnateur des solutions d’assurance et de prestations du vivant, aide à la vente, au Groupe SFGT. « Quand on commence dans la vie, avec des enfants, poursuit-il, avec l’achat d’une maison, avec un train de vie qui devient toujours plus coûteux, ces clients vont vers une assurance temporaire. Et puis, plus on est jeune, avec une meilleure santé en général, moins cher coûte l’assurance. »

Nombre de commentaires tirés du Baromètre de l’assurance émis par des conseillers en sécurité financière abondent dans ce sens. Empire Vie « sont souvent les meilleurs en termes de prix », avance un répondant. Un autre ajoute : « Empire se démarque particulièrement avec ses prix. Ils sont généralement en bas du marché, tous produits d’assurance confondus. »

Lucie De Paola, directrice des ventes chez Financière S_entiel, en dit autant : « Une famille avec deux jeunes enfants, ça va toujours selon le budget, et les produits d’Empire s’adaptent très bien à tous les budgets. »

Francis Verreault poursuit : « Dans les soumissions, Empire sort habituellement parmi les cinq premiers noms ; c’est encore plus le cas dans les produits temporaires, où elle se retrouve parmi les trois premiers. » Lucie De Paola renchérit : « Dans les cotations, Empire arrive souvent première. » Notons qu’Empire Vie, malgré la promesse du contraire, n’a pas pu donner d’entrevue à Finance et Investissement avant d’aller sous presse.

Ces primes avantageuses se distinguent surtout dans le segment des familles, reconnaît Lucie De Paola, mais ce n’est pas le seul marché où on les retrouve. Empire est abordable également « pour une clientèle d’affaires, notamment de jeunes entrepreneurs, dans le cas d’une planification de retraite ou pour des stratégies de personnes clés. Tout le monde offre des équivalents, reconnaît-elle, mais les primes d’Empire sont avantageuses. »

Les bénéfices des polices familiales se révèlent particulièrement dans les avenants des produits temporaires, notamment ceux destinés aux enfants.

Certains assureurs, dont Empire Vie, permettent en effet d’ajouter un avenant enfant à la police d’un parent, qui couvre tous les enfants actuels et futurs de la famille. La protection peut ainsi être mise en place avant la naissance, même si la couverture ne devient généralement effective qu’après quelques jours de vie.

« Empire offre aussi un avenant de maladie grave pour enfants, et peu l’offrent », met de l’avant Lucie De Paola.

Cet avenant prévoit le versement d’un capital forfaitaire si l’enfant reçoit un diagnostic d’une maladie grave couverte au contrat. Ceci permet aux clients d’absorber les coûts indirects liés à la maladie, comme leurs déplacements ou la perte de revenu liés aux soins de l’enfant.

Grande flexibilité

Outre les prix, plusieurs répondants prisent la grande flexibilité des produits d’Empire Vie. Francis Verreault l’illustre : « Une temporaire peut être transformée en assurance permanente sans avoir besoin de passer par des examens médicaux », fait-il ressortir. Cette option est offerte pour les protections individuelles jusqu’à l’anniversaire de police le plus proche des 75 ans de l’assuré.

Il donne le cas d’un individu qui, à 70 ans, prendrait une assurance temporaire de 10 ans. Si on lui trouvait un cancer à 75 ans, au terme de la police temporaire, il pourrait tout de même renouveler sa couverture à l’échéance de la police, puisque le renouvellement est généralement garanti sans preuve médicale, même si la prime augmente.

Un autre exemple parmi plusieurs tient aux programmes d’échange d’assurance vie temporaire. « Jusqu’à la 7e année, illustre Francis Verreault, on peut changer une temporaire pour une autre d’une durée plus longue, sans nouvelle évaluation médicale. D’autres assureurs proposent des équivalents, mais celles-ci se limitent parfois aux cinq premières années du contrat. »

Utiles outils technos

Le site Internet d’Empire Vie reçoit des éloges des conseillers sondés, dont celui-ci : « La souscription en ligne (est) très bonne, et la livraison des e-polices, très rapide et précise. » La plateforme en ligne est « innovante (…) et le processus, facile », dit un autre.

Lucie De Paola renchérit : « Empire a une plateforme en ligne très efficace avec leur système qu’ils nomment “rapide et complet”. Il se distingue justement par cette efficacité. D’autres plateformes sont plus difficiles à utiliser. »

Produits permanents prisés

Dans le secteur des assurances vie permanentes, c’est sur le plan financier qu’Empire se démarque encore une fois. Francis Verreault souligne deux produits, AssurMax et Optimax Patrimoine. Le premier est une vie entière conçue pour accumuler plus de valeur en vue d’un moment de rachat, alors que l’autre est une vie entière qui vise une valeur accrue au décès grâce aux participations. AssurMax offre trois options de paiement de primes garanties, alors qu’Optimax en offre quatre : 8, 10, 20 paiements, ou des primes viagères jusqu’à l’âge de 100 ans. Cependant, « Empire ne se distingue pas ici tant par ses produits que par les primes qui peuvent être avantageuses », fait ressortir Francis Verreault.

Un autre produit attire l’attention : Solution 100, une vie entière sans participation à primes garanties jusqu’à 100 ans qui offre une valeur de rachat, ce qui la distingue des assurances temporaires traditionnelles. Les valeurs de rachat et les valeurs libérées commencent généralement à apparaître à la 10e année.

« La valeur qui s’accumule est moindre que dans un produit permanent plus sophistiqué, reconnaît Francis Verreault. Cependant, ce n’est pas cher pour une police qui accumule de la valeur. »

Dans le Baromètre de l’assurance 2025, les éloges ne tarissent pas à l’endroit de ces divers produits. Un répondant vante « les primes très compétitives avec le produit Solution 100, », dont les valeurs libérées réduites « sont les plus intéressantes du marché ». Un autre poursuit : « La police participante est bien conçue pour les valeurs, et primes concurrentielles ! ». Et un troisième affirme : « C’est l’assurance vie permanente la plus flexible du marché. »

Lucie De Paola fait également l’éloge de la société Empire Vie elle-même. « Ce n’est pas un mastodonte comme Manuvie, dit-elle. C’est presque une compagnie boutique et facile d’approche. » Elle fait ressortir tout particulièrement le travail des directeurs de compte, qui savent gagner la confiance des conseillers. « Dans l’industrie, personne n’offre de produit vraiment unique, fait-elle observer. C’est pourquoi la relation avec les directeurs de compte compte beaucoup. »

Se remémorant ses années chez l’assureur, elle dit : « J’ai travaillé pendant 12 ans pour Empire et on disait à ce moment-là que c’était le secret le mieux gardé de l’industrie. » Ça ne semble plus être un secret désormais.

Pour accéder au tableau, cliquez ici.

L’article Empire Vie, l’assureur des familles est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
UV Assurance : Christian Mercier tourne la page https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/uv-assurance-christian-mercier-tourne-la-page/ Wed, 18 Mar 2026 20:00:30 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113014 Il laisse derrière lui une mutuelle modernisée, portée par l’innovation technologique.

L’article UV Assurance : Christian Mercier tourne la page est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Après une décennie à la tête d’UV Assurance, Christian Mercier estime que le moment est venu de passer le flambeau. Le président-directeur général (PDG) quittera ses fonctions d’ici la fin de 2026, au terme d’une transformation majeure de la mutuelle drummondvilloise.

Le conseil d’administration de la mutuelle en a fait l’annonce en marge de l’assemblée générale annuelle, le 18 mars.

Selon Christian Mercier, cette décision s’inscrit dans une logique de cycle de gestion. « Mon opinion est qu’un PDG doit rester juste assez longtemps », explique-t-il. Après « dix bonnes années de transformation pour la compagnie », il juge que les conditions sont réunies pour assurer une transition dans un contexte favorable. « Honnêtement ça va super bien, mais je sentais que j’avais pas mal fait ce que j’avais à faire. »

Le dirigeant demeurera en poste pendant le processus de relève afin d’assurer une transition structurée.

Moderniser UV Assurance

Arrivé à la tête de l’assureur en 2016 après une carrière de 33 ans dans les Forces armées canadiennes, Christian Mercier avait reçu un mandat clair : repositionner l’organisation et moderniser ses opérations.

Le conseil d’administration estime que son passage à la tête de l’institution a effectivement été marqué par une transformation profonde de la mutuelle, qui a célébré 135 ans d’histoire en 2025. « Son leadership a permis à UV Assurance de franchir des étapes déterminantes et de se positionner comme un joueur clé dans l’industrie de l’assurance au Canada », affirme son président, Alain Bédard.

Sans surprise, parmi les réalisations dont Christian Mercier se dit le plus fier figure la transformation technologique de l’entreprise. « Nous avons quand même déployé notre nouveau système administratif il y a cinq ans, et nous demeurons, cinq ans plus tard, toujours la seule et unique compagnie d’assurance de personnes au Canada à avoir complété cette transformation-là, de bout en bout », souligne-t-il.

L’année dernière, le jury du Top des leaders de l’industrie financière a d’ailleurs décerné une mention spéciale innovation à Christian Mercier. « Avec son équipe, il a orchestré un virage positif pour UV, en modernisant ses infrastructures technologiques, ce qui a stimulé sa croissance », signifiait alors le jury.

Cette modernisation a permis de renforcer la sécurité des données, d’améliorer l’efficacité opérationnelle et de soutenir la croissance de l’organisation. Elle a également préparé le terrain pour les prochaines étapes de développement technologique. « Le conseil d’administration a approuvé des investissements pour les prochaines années. Nous allons accroître l’automatisation et y intégrer de l’intelligence artificielle », précise Christian Mercier.

À cet égard, la stratégie technologique d’UV Assurance s’inscrit dans un horizon de plusieurs années. Elle repose d’abord sur la mise en place d’une infrastructure de données solide. L’organisation travaille actuellement à développer un entrepôt de données performant, qu’il considère comme la pierre d’assise de ses ambitions en matière d’intelligence artificielle (IA). « L’entrepôt de données, c’est la base pour l’IA. », explique le dirigeant.

Selon lui, cette infrastructure permettra de mieux structurer et exploiter les données de l’entreprise. « C’est ce qui permet vraiment de catégoriser, puis de bien diviser la donnée pour pouvoir l’utiliser plus tard. »

Des applications d’IA sont déjà utilisées à plus petite échelle, notamment en cybersécurité. « Nous utilisons déjà de petits outils d’IA au service de la compagnie », dit Christian Mercier, soulignant qu’ils contribuent à renforcer « la défense de l’organisation dans l’espace numérique ».

L’objectif est désormais d’aller plus loin. « Notre ambition est de déployer, d’ici 2030, des initiatives d’envergure en intelligence artificielle pour nous aider dans la gestion et l’optimisation de nos opérations. »

La technologie au service des conseillers

Malgré cette transformation technologique, Christian Mercier insiste sur un point : le conseiller en services financiers demeure au cœur du modèle d’affaires d’UV Assurance. « Même si nous sommes une compagnie technologique qui pourrait avoir l’audace de vendre en direct, nous demeurons une mutuelle et nous misons beaucoup sur la valeur ajoutée des conseillers et des courtiers auprès de notre clientèle », certifie-t-il.

Pour lui, la technologie doit avant tout servir à soutenir le travail du réseau de distribution. « La pièce centrale de notre plan stratégique a toujours été le conseiller », souligne-t-il.

Cette orientation s’inscrit également dans la mission que l’assureur s’est donnée : soutenir les familles de la classe moyenne. « Quand j’ai l’occasion de m’adresser aux conseillers, je leur dis qu’ils changent des vies en faisant ça, rapporte-t-il. Ils contribuent à enrichir les générations futures. »

Sous la direction de Christian Mercier, UV Mutuelle est devenue UV Assurance dans le but d’appuyer son expansion à l’extérieur du Québec.

Alors que l’assureur était historiquement très concentré dans son marché d’origine, la croissance hors Québec représente désormais environ la moitié de ses activités. « Nous sommes à peu près 50-50 présentement », évalue le dirigeant. Des embauches ont également été effectuées à l’extérieur de la Belle province.

Cette expansion s’est notamment accélérée à la suite de l’acquisition d’un important portefeuille de contrats d’assurance vie provenant de BMO Assurance, une transaction conclue en 2025. « Nous avions 250 000 mutualistes chez UV et nous sommes rendus à un demi-million », déclare Christian Mercier.

Cette opération a été rendue possible grâce aux investissements technologiques réalisés au cours de la décennie, selon lui. « Nous avons été capables de migrer 180 000 polices dans nos systèmes dans la nuit du vendredi au dimanche matin et ça fonctionnait très bien », raconte-t-il.

Le dirigeant laisse entendre que de nouvelles acquisitions pourraient suivre. « Nous avons encore plusieurs initiatives dans les cartons pour soutenir notre croissance dans les prochaines années. C’est notre ambition », dit-il.

Au cours de son mandat, l’assureur a d’ailleurs renforcé ses capacités organisationnelles. « L’équipe est quand même passée de 90 employés à 300 pour appuyer les activités en croissance et les projets de transformation », souligne Christian Mercier. Parallèlement, UV Assurance a inauguré un nouveau siège social, un projet réalisé en pleine pandémie.

Les défis du secteur

Malgré ces avancées, Christian Mercier concède que les assureurs doivent composer avec un environnement de plus en plus complexe, notamment sur le plan réglementaire.

« L’espace réglementaire maintenant est multidimensionnel », observe-t-il. Aux exigences des autorités financières s’ajoutent désormais des obligations liées à la protection des renseignements personnels et à la cybersécurité, illustre-t-il. « Pour des compagnies de notre taille, la charge réglementaire demeure un bon défi. »

Selon lui, la capacité d’intégrer ces exigences tout en poursuivant la croissance de l’entreprise sera l’un des enjeux clés pour les prochaines années.

Le dirigeant observe également une consolidation progressive dans certains segments de l’industrie, notamment en assurance collective. « Il semble y avoir un mouvement bien lancé de consolidation à travers le Canada », relève-t-il.

Il juge toutefois que l’écosystème demeure stable. « Dans la pratique, ça n’a pas soulevé de problématiques significatives dans les dernières années. »

Après dix ans à la tête de la mutuelle, Christian Mercier envisage une transition vers une forme de préretraite. Il n’exclut pas de siéger à des conseils d’administration ou de réaliser certains mandats de consultation, mais ne prévoit pas de reprendre un rôle exécutif à temps plein.

D’ici là, il souhaite transmettre un message aux conseillers qui ont accompagné la croissance de l’entreprise. « Nous avons besoin de ces gens-là pour prendre en charge les familles moyennes au Canada, affirme-t-il. Ils font un travail exceptionnel et nous les avons en très haute estime. »

L’article UV Assurance : Christian Mercier tourne la page est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Rentabilité en hausse https://www.finance-investissement.com/edition-papier/une/rentabilite-en-hausse/ Mon, 10 Nov 2025 05:01:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110712 Les assureurs de personnes voient leurs résultats légèrement fléchir, mais la remontée spectaculaire des revenus d’investissement atténue la baisse.

L’article Rentabilité en hausse est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
L’année 2024 ne représente pas un grand millésime pour les assureurs de personnes, mais ce n’est pas une annus horribilis non plus.

Pour 2024, les résultats des assureurs faisant affaire au Québec, pour l’ensemble de leurs activités tant canadiennes qu’étrangères, s’établissent à 9,1 milliards de dollars (G$), en baisse de 6,9 % par rapport à 2023, constate le Rapport sur les institutions financières et les agents dévaluation du crédit de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Les autres produits et charges, à 2,4 G$, accusent également un recul, de 7,9 %. Par contre, les résultats d’investissement net montrent une forte hausse de 403,1 %, passant de 1,3 G$ en 2023 à 6,3 G$ en 2024.

Or, le bénéfice net de 15,6 G$ est en croissance de 10,5 % comparativement à l’année précédente.

En bref, « l’industrie est en très bonne santé et je suis très heureux de voir les chiffres le confirmer », affirme Eli Pichelli, consultant pour l’industrie d’assurance de personnes.

En 2024, l’actif net en fonds distinct dans le bilan des assureurs faisant affaire au Québec s’élevait à 516,8 G$, en hausse de 15,6 % par rapport à 2023, marquant un second rebond après celui de 2023 (après l’année difficile de 2022). Trois acteurs s’illustrent : L’assurance vie Équitable, avec une hausse de 44,8 % de son actif en 2024 par rapport à 2023, BMO Assurance-vie, avec une hausse de 32,8 %, Industrielle Alliance -Vie (iA), avec 25,7 %.

Or, ces hausses annuelles en pourcentage ne disent pas toute l’histoire. En chiffres absolus, c’en est une autre. Équitable et BMO partent d’actifs fort modestes, le premier faisant passer celui-ci de 2,3 G$ en 2023 à 3,3 G$ en 2024, et BMO, de 1,3 G$ à 2,3 G$. Or, Sun Life, partant d’un actif de 121,7 G$ en 2023, le hisse à 141,6 G 9 en 2024, pour une hausse de 16,4 % ;

Manuvie fait presque aussi bien, passant de 128,4 G$ à 146,3 G$, un bond de 14 %. Dans une zone intermédiaire, l’augmentation de 25,7 % d’iA se fait à partir d’un actif de 41,8 G$ en 2023, qui passe à 52,5 G$ en 2024.

« Il y a eu une montée importante des marchés financiers, ce qui explique au moins la moitié de ces hausses d’actifs, juge Gino-Sébastian Savard, président de MICA Cabinets de services financiers. On peut peut-être attribuer 5 % à une hausse des ventes. » Celui-ci constate bien les bonds d’équitable et BMO, mais se dit plus impressionné par ceux de Sun Life, Manuvie et iA.

Une combinaison de facteurs a joué, notamment la hausse boursière, la baisse des taux de rendements obligataires et les inquiétudes des investisseurs, selon Eli Pichelli. « Est-ce que ça tient à des différences de concepts et de produits ? demande-t-il. Je ne le pense pas. Ces différences ne sont pas très marquées. »Cela s’explique par l’excellence des réseaux de distribution, notamment chez iA, Sun Life et Manuvie. « L’effort, la compétence, les systèmes pour retenir les clients et les fonds sont tous des facteurs multipliés par la taille », constate le consultant.

Petits et grands profitent

Examinons maintenant l’évolution des primes directes souscrites au Québec en 2024.

Les mêmes observations valent pour la performance dans le secteur de l’assurance vie individuelle, où de plus petits acteurs se distinguent avec de fortes hausses en 2024 relativement à 2023. Ainsi, Équitable voit ses primes directes bondir de 25,9 %, pour s’établir à 73,8 millions de dollars (M$), UV Assurance voit les siennes monter de 14,1 %, les faisant passer de 54 M$ à 62 M$. Une croissance de 9 % chez Sun Life, où les primes souscrites passent de 1,09 G$ à 1,19 G$, est plus remarquable, de même pour iA, où une hausse de 7,1 % se fait à partir de primes de 847,3 M$ en 2023 pour s’établir à 908 M$ l’an dernier.

La performance des géants n’atténue en rien celle des acteurs plus modestes, insiste Gino-Sébastian Savard : « Leurs produits sont intéressants, particulièrement ceux d’Assomption Vie et d’UV, et ça se répercute chez nous en portions de ventes importantes. » Eli Pichelli note qu’une révision de prix par Équitable, et une modification de son produit de vie entière par BMO, ont pu contribuer à propulser leurs primes directes.

Dans ce marché d’assurance individuelle, les réseaux carrière ont un effet décisif, tout comme la plateforme technologique sur laquelle ces réseaux s’appuient, jugent tous les intervenants. Par exemple, la plateforme numérique de vente EVO, offerte par iA, est souvent citée favorablement par les conseillers en sécurité financière sondés à l’occasion du Baromètre de l’assurance de Finance et Investissement.

« EVO et le réseau carrière expliquent la performance d’iA ; ils ont d’excellents outils », juge Christian Laroche, consultant stratégique en distribution de services financiers. « EVO simplifie tout chez iA : questionnaire médical abrégé, signature électronique, etc. Ils sont dans la technologie efficace », renchérit Gino-Sébastian Savard.

A l’inverse, les spécialistes interrogés s’expliquent mal la progression de Canada Vie, dont la croissance des primes directes souscrites en assurance vie individuelle de 2,4 % en 2024 est inférieure à celle des primes du sous-secteur. Une orientation stratégique méconnue pourrait expliquer leur rythme. Selon Eli Pichelli, Canada Vie ne semble pas vouloir continuer d’investir dans Liberté 55 et dans un réseau carrière. L’assureur « veut le maintenir, mais sans investissement. Je ne suis pas certain qu’il va réussir », dit-il, ciblant un risque que le nombre de conseillers baisse.

Moteurs différents

En assurance maladie individuelle, deux produits sont les moteurs de croissance : l’assurance maladies graves et l’assurance invalidité. « Ce sont des secteurs en croissance chez nous, confirme Gino-Sébastian Savard. L’assurance maladies graves est de plus en plus populaire, tandis que l’assurance invalidité, avec le nombre croissant de travailleurs autonomes et le désengagement des employeurs, est appelée à prendre de l’ampleur. »

« Il y a un éveil sur le risque d’invalidité et le potentiel est plus élevé, mais dans le court et moyen terme, l’assurance maladie va bénéficier davantage », avance Eli Pichelli. Il faut dire que les deux produits ont des profils de vente très différents. D’un côté, fait remarquer Christian Laroche, l’assurance maladies graves « est un produit facile à comprendre et à vendre, et le processus de souscription a été simplifié. L’invalidité est un créneau et peu de conseillers sont capables de le travailler. La formation est difficile, les clauses sont nombreuses. Ceux qui le développent se sont spécialisés ».

Pause de croissance

Dans le sous-secteur des rentes individuelles, les primes directes souscrites au Québec affichent un recul annuel de 6,5 % en 2024, pour s’établir à 3,88 G$. Les écarts par assureur sont prononcés de 2023 à 2024. Chez Manuvie, les primes passent de 1,6 M$ à 18,5 MS, chez RBC Assurances, de 31,3 M$ à 184 M$, et chez Assomption Vie, de 25,4 M$ à 76,4 M$.

Pendant ce temps, Desjardins Sécurité financière voit ses primes souscrites fondre de 771,8 M$ à 494,1 M$ et Sun Life, de 213,6 M$ à 156,6 M$. Le maître du sous-secteur, iA, essuie un recul de 5,5 %, ses primes passant de 2,86 G$ à 2,7 G$.

Ce repli du sous-secteur n’inquiète pas Eli Pichelli. « Comparativement à 2020, ça reste une augmentation, fait-il ressortir. iA accuse un recul, mais c’est après quatre années de hausse substantielle. » Même si les taux d’intérêt baissent, il juge que la grande volatilité des marchés boursiers continue de favoriser les rentes. « On voit les rentes comme une solution qui va donner plus de stabilité et plus de revenus à la retraite, poursuit-il. On ajoute plus souvent que par le passé une rente dans une stratégie de décaissement, alors qu’il y a cinq ans, on ne la considérait pas du tout. »

Au total, l’année 2024 s’avère fort prospère pour les grands assureurs du Québec, tout particulièrement Desjardins et iA, dont les parts de marché en termes de primes directes souscrites tous secteurs confondus progressent le plus, le premier gagnant 108 points de base, l’autre, 121 points de base. Les grands assureurs canadiens ont perdu quelques plumes, notamment Sun Life, en recul de 66 points de base, Canada Vie, de 15 points de base. Au Québec, Beneva affiche une baisse de 89 points de base. (Voir le tableau ci-dessous.)

Pour voir ce tableau en grand, cliquez ici.

Ce ralentissement de la croissance serait peut-être attribuable à la fusion de La Capitale et SSQ, qui a entraîné des difficultés à leurs systèmes informatiques, font ressortir les intervenants. Cependant, le pire est passé, jugent-ils. « Ils ont réglé leurs problèmes, ça revient progressivement dans la dernière année », mentionne Gino-Sébastian Savard. « Il n’y a rien là pour s’énerver. Je suis très confiant pour Beneva », ajoute Christian Laroche.

Un chiffre du rapport de l’AMF laisse Gino-Sébastian Savard médusé : la hausse de 403 % des résultats des activités d’investissement. « C’est inexplicable, dit-il. Il faudrait voir comment l’AMF a calculé la chose. Ça ne se peut pas. » Eli Pichelli y repère une foule de facteurs favorables : croissance économique, Bourse, économies d’échelle liées à des actifs imposants. Mais cela suffit-il à justifier cette hausse de 403 % ? Pas certain. Dans tous les cas, ces résultats sont une très bonne chose, juge-t-il. « Les activités d’assurance ont diminué d’environ 1 G$, tandis que l’investissement a crû de 5 G$, dit-il. C’est une forte compensation… mais ce n’est pas éternel. »

Pour voir ce tableau en grand, cliquez ici.

L’article Rentabilité en hausse est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Assureurs : année faste pour les activités d’investissement https://www.finance-investissement.com/outils_/livres-blancs/assureurs-annee-faste-pour-les-activites-dinvestissement/ Tue, 14 Oct 2025 10:11:58 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110339 Le résultat de ces activités a été élevé en 2024, par rapport à 2023.

L’article Assureurs : année faste pour les activités d’investissement est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
L’année 2024 s’avère une autre année de croissance pour les assureurs de personnes avec une hausse des primes directes souscrites au Québec de 3,2 %, selon le Rapport annuel sur les institutions financières et les agents d’évaluation du crédit de l’Autorité des marchés financiers (AMF). C’est un ralentissement par rapport à la croissance annuelle de 11,8 % en 2023, mais quand même une huitième année d’augmentation au cours des dix dernières années. Par ailleurs, les résultats d’investissement nets des assureurs montrent une montée spectaculaire en 2024 par rapport à l’année précédente.

Les assureurs québécois, pour leur part, enregistrent une meilleure année encore avec une hausse de 5,3 % en 2024 par rapport à l’année précédente, après celle de 15,3 % en 2023. C’est leur dixième année de croissance consécutive. Sur les 70 assureurs que suit l’AMF, 13 sont québécois, détenant la part du lion du marché dans une proportion de 59,2 %, une hausse de 1,2 point de pourcentage par rapport à 2023, alors que 37 assureurs canadiens se partagent une part de 40 % (part en diminution de 1,2 point) et 20 assureurs étrangers, une part de 0,8 %.

En 2024, tous les secteurs affichent des hausses annuelles de leurs primes directes souscrites au Québec, sauf celui des rentes individuelles. Les augmentations sont de 7,4 % pour le secteur de l’assurance accidents et maladie collective, 5,5 % pour l’assurance vie individuelle, 2,3 % pour l’assurance accidents et maladie individuelle, 0,8 % pour l’assurance vie collective, et 1,7 % pour les rentes collectives. Le secteur des rentes individuelles, quant à lui, présente une diminution de ses primes de 6,5 %.

Dans cinq des six secteurs d’activité, les assureurs québécois dominent pour les primes directes souscrites, sauf dans le secteur des produits d’assurance vie individuelle. Le secteur des rentes individuelles est celui où la mainmise des acteurs québécois est la plus forte, leur part de marché s’établissant à 85,4 %. Ici, la part du lion revient à l’Industrielle Alliance-Vie, avec des primes directes souscrites de 2,7 milliards de dollars (G$), ce qui lui vaut une part de marché de 69,7 % du sous-secteur des rentes individuelles.

Viennent ensuite les rentes collectives (78,3 %) où l’Industrielle Alliance-Vie domine encore, ses primes de 2 G$ lui réservant une part de marché de 61,4 % de ce sous-secteur. Suivent l’assurance accidents et maladie collective et l’assurance vie collective (toutes deux à 59,7 %), et l’assurance accidents et maladie individuelle (49,4 %). Seul le secteur de l’assurance vie individuelle est dominé par les assureurs canadiens, leur part de marché s’élevant à 68,1 %.

La concentration du marché s’est accrue en 2024 chez les quatre principaux assureurs, qui accaparent maintenant 69,6 % du marché au Québec, comparé à 68,9 % en 2023 et 68,1 % en 2022. Les dix premiers assureurs monopolisent 92,3 % du marché, un léger fléchissement par rapport à 93 % en 2023 et 92,7 % en 2022.

En tout, six des 10 principaux acteurs en termes de primes directes souscrites au Québec accusent de légères baisses dans leur part de marché en 2024 par rapport à 2022. Leurs diminutions semblent profiter à iA Groupe financier, dont la part de marché est passée de 22,4 % en 2022 à 25,7 % en 2023, puis à 26,9 % en 2024. Mouvement Desjardins, deuxième au palmarès, a vu sa part fléchir, mais à peine, de 15,4 % en 2022 à 15,2 % en 2024.

De 2022 à 2024, Beneva a vu sa part de marché passer de 16 % à 14,8 %, Sun Life, de 14,4 % à 12,7 %, Manuvie, de 8,7 % à 8,2 %, Great-West, de 10 % à 8,2 %. La Banque Royale du Canada a fait une légère avancée, de 2 % en 2022, sa part de marché est passée à 2,5 % en 2024.

La montée de l’Industrielle Alliance-Vie s’avère toujours aussi irrésistible, ses primes directes souscrites au Québec s’élevant à 6,73 G$ en 2024. L’assureur est suivi par Desjardins Financière, avec des primes de 3,8 G$ en 2024, Beneva (3,7 G$) et Sun Life du Canada (3,2 G$).

L’Industrielle Alliance-Vie perd son premier rang quand on retient les primes directes souscrites récoltées uniquement en assurance vie individuelle. À ce chapitre, iA arrive au troisième rang avec des primes de 908 M$ derrière les 946 M$ de Canada sur la Vie et les 1,2 G$ de la Sun Life. Manuvie, Desjardins Financière et Beneva occupent les rangs suivants avec des primes souscrites en assurance vie individuelle de 772 M$, 500 M$ et 241 M$, respectivement.

Par ailleurs, les résultats financiers des assureurs qui font affaire au Québec sont bons. Une baisse des activités d’assurance de 6,9 % en 2024 par rapport à 2023, pour un total de 9,1 G$ en 2024, est largement compensée par une augmentation des résultats d’investissement nets de 403 %, passant de 1,3 G$ en 2023 à 6,3 G$ en 2024. L’actif total de l’industrie se situait en 2024 à 1,32 billion de dollars, celui des fonds distincts s’élevant à l’intérieur de ce total à 517 G$.

Le rapport de l’AMF ne le précise pas, mais cette hausse des résultats d’investissement ne correspond pas uniquement à un taux de rendement de 14,1 %, en baisse par rapport au taux de 14,9 % en 2023, mais plus probablement à une injection de capital frais. Au final, l’industrie affiche un bénéfice net de 15,6 G$ en 2024, une hausse de 10,5 % par rapport à l’année précédente.

La solvabilité demeure solide. L’évolution du ratio total de capital moyen pour les cinq dernières années confirme que les assureurs de personnes au Québec « restent bien capitalisés, avec des ratios largement supérieurs au seuil minimal de 90 % », indique le rapport de l’AMF. En fait ces ratios en 2024 s’établissent à 135 % pour les assureurs québécois et à 138 % pour les assureurs canadiens.

L’article Assureurs : année faste pour les activités d’investissement est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
La rentabilité des assurances à primes limitées https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/la-rentabilite-des-assurances-a-primes-limitees/ Tue, 14 Oct 2025 10:03:21 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110185  Dans certains cas précis, elle peut être supérieure.

L’article La rentabilité des assurances à primes limitées est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Dans le monde de l’assurance vie permanente, les « besoins réels » qu’a un client de s’assurer sont souvent inexistants, mais ils sont plutôt remplacés par une « volonté » d’augmenter sa valeur successorale. La question de la rentabilité devient alors centrale.

Peut-être illustrez-vous déjà des taux de rendement internes (TRI) pour montrer à votre client quel taux de rendement un compte d’accumulation devrait générer pour donner le même résultat que la souscription d’une police d’assurance permanente. Si tel est le cas, le TRI est évidemment décroissant, car plus le temps passe, plus de primes ont été payées pour un même capital-décès.

On peut toutefois se poser la question : « Est-ce qu’une police avec des primes limitées dans le temps peut dégager une rentabilité additionnelle par rapport à une police où celles-ci sont payables à vie? » Examinons-la d’un peu plus près.

Structure des primes

Vous connaissez déjà la mécanique de base : une police à primes limitées concentre leurs paiements sur une période définie – 10, 15, 20 ans, parfois jusqu’à 65 ans – après quoi le contrat est réputé payé.

Avec une police à primes limitées, on comprend que la valeur de rachat croît de façon accélérée par rapport à une police ayant des primes payables à vie. En fait, il n’y a pas que la valeur de rachat qui est touchée par un paiement accéléré des primes, il y a aussi le coût de base rajusté (CBR) à court terme. Pour une police détenue par un individu, cela n’a aucun impact au décès. En revanche, si la police est détenue par une société par actions, la rentabilité est touchée négativement, car le CBR n’est pas crédité au compte de dividendes en capital (CDC) de la société.

Avant d’analyser les impacts des différents éléments, revoyons la façon dont ils sont calculés.

Le CBR est égal à la somme des primes cumulatives payées à laquelle on soustrait le coût net d’assurance pure (CNAP) cumulatif, qui est lui-même égal au montant net au risque (MNAR) multiplié par la probabilité de décès chaque année. Sous forme d’équations, nous avons donc :

  • CBR = Primes cumul. – CNAP cumul.

et

  • CNAP annuel = MNAR × Prob(décéder)

Le MNAR, quant à lui, est le montant réellement assuré, ce qui signifie que toute valeur de rachat accumulée (qui appartient au client) vient réduire le risque que l’assureur prend par rapport au capital-décès. Par exemple, pour un capital-décès de 500 000 $ et une valeur de rachat de 65 000 $, le MNAR est égal à 435 000 $. En multipliant le MNAR par la probabilité de décéder, on retrouve le montant de prestation que l’assureur anticipe de payer, en moyenne par assuré pendant une année, qui provient de ses coffres.

Prenons un exemple simple pour bien camper ces résultats.

Disons qu’une police d’assurance-vie entière, datant de deux ans, possède les caractéristiques suivantes :

  • Capital-décès : 500 000 $
  • Prime annuelle : 20 000 $
  • Valeur de rachat (à la fin de l’an 1) : 15 000 $ (théorique car impossible en pratique après un an)
  • Probabilités de décès (an 1 et an 2 respectivement) : 1,0 % et 1,5 %

Pour la première année, les calculs sont les suivants :

  • MNAR1 = capital-décès – valeur de rachat au début = 500 000 – 0 = 500 000 $
  • CNAP1 = MNAR1 × Prob(décès1) = 500 000 $ × 1,0 % = 5 000 $
  • CBR1 = 20 000 – 5000 = 15 000 $

Pour la deuxième année, voici les calculs :

  • MNAR2 = capital-décès – valeur de rachat au début = 500 000 – 15 000 = 485 000 $
  • CNAP2 = MNAR2 × Prob(décès2) = 485 000 × 1,5 % = 7 275 $
  • CBR2 = CBR1 + Primes2 – CNAP2 = 15 000 + 20 000 – 7 275 = 27 725 $

Évidemment, on peut calculer le CBR à la fin de la deuxième année directement sans connaître le CBR de la première année, qui peut n’être qu’une étape intermédiaire.

Impacts d’une accélération du paiement des primes

Si on désire souscrire une police de même nature, à l’exception de primes qui se termineraient plus rapidement, par exemple dans 10 ou 20 ans, la prime annuelle serait plus élevée et le capital-décès demeurerait inchangé. Prenons, par exemple, le cas où la prime annuelle de la police à primes limitée augmenterait à 28 000 $ par rapport à 20 000 $ pour une police payable à vie. Cela pourrait avoir des effets sur les éléments suivants :

Valeur de rachat (à la fin de l’année :

  • 23 000 $ (théorique encore une fois), soit 8 000 $ de plus à cause de l’augmentation de la prime
  • MNAR1 = 500 000 – 0 = 500 000 $
  • CNAP1 = 500 000 × 1,0 % = 5 000 $ (noter que la probabilité de décéder ne change pas non plus)
  • CBR1 = 28 000 – 5 000 = 23 000 $

Pour la deuxième année :

  • MNAR2 = 500 000 – 23 000 = 477 000 $
  • CNAP2 = 477 000 × 1,5 % = 7 155 $
  • CBR2 = 23 000 + 28 000 – 7 155 = 43 845 $

On peut donc constater que l’augmentation de la prime crée un CBR plus élevé. Il en sera ainsi tant que les primes seront payables. À la fin de la période de paiement, le CBR sera réduit du CNAP entier, car il n’y aura plus de prime à payer.

Autrement dit, le comportement du CBR sera différent : il grimpera plus vite dans les premières années et diminuera à zéro par la suite, soit plus rapidement dans le cas d’une police vie entière standard et moins rapidement avec une police avec participations.

Dans le cas d’une police avec participations, une accélération des primes augmente non seulement la valeur de rachat de la police, mais également, et dans une plus grande mesure, son capital-décès. Ceci fait que le MNAR est d’autant moins diminué, retardant ainsi le moment où le CBR devient nul, à tel point qu’il peut se trouver après l’âge maximal des projections de retraite.

Toutefois, ce n’est pas la valeur de rachat qu’il faut considérer dans la rentabilité d’un produit d’assurance, mais plutôt le capital-décès. En calculant les TRI des différentes solutions, on peut avoir un portrait plus juste d’une situation.

En général, pour une police détenue personnellement, le fait d’accélérer le paiement des primes réduit le TRI durant les premières années du contrat par rapport au TRI d’un contrat payable à vie. En effet, un décès prématuré rend l’option d’accélérer les primes moins avantageuses. Les TRI des deux types de polices finissent par se rejoindre au fur et à mesure que les primes du second contrat sont payées. Par contre, d’autres facteurs, dont l’état de santé de l’assuré, font que c’est du cas par cas.

« En moyenne, après une trentaine d’années, la police participante tend à devenir plus avantageuse. De façon générale, plus l’âge de l’assuré est élevé au moment de la souscription, plus la période nécessaire avant que la participante se révèle plus rentable est courte » affirme Hugo St-Hilaire, mon collègue chez SFL Expertise.

Revenons à la question centrale du texte : une police avec des primes limitées dans le temps peut-elle dégager une rentabilité additionnelle par rapport à une police où celles-ci sont payables à vie ?

Hugo St-Hilaire est d’avis que l’accélération des paiements de primes augmente généralement légèrement les TRI un peu au-delà de l’espérance de vie de l’assuré, mais ceux-ci demeurent toutefois dans le même ordre de grandeur. C’est du cas par cas, il n’y a malheureusement pas de règle générale.

Pour comparer des pommes avec des pommes (question de risque), nous utilisons des comparaisons avec un équivalent en intérêts. À l’espérance de vie, par exemple, le TRI peut être de l’ordre de 10 % (entre 8 % et 12 %) pour un non-fumeur dans un contexte d’entreprise, autant pour un paiement accéléré que pour une police standard.

Dans cet article, je n’ai pas abordé le cas des polices d’assurance vie universelle (VU). Il existe toutefois certaines stratégies intéressantes avec des VU à paiement accéléré : le principe est de surcapitaliser le fonds de la VU au début du contrat afin que ce capital serve à payer le coût d’assurance dans les années ultérieures. Cette approche permet de dégager un MNAR plus élevé à long terme, réduisant ainsi le CBR. Elle pourra faire l’objet d’un autre article afin de comparer l’ensemble des options disponibles.

En résumé, encore une fois, chaque cas est unique, mais on peut vouloir peaufiner une stratégie pour optimiser la valeur successorale d’un client en lui proposant une assurance-vie avec primes limitées. De cette façon, non seulement le rendement au décès a de bonnes probabilités d’être supérieur, mais même le maintien de la police jusqu’au décès a de plus grandes chances de se réaliser.

Par Dany Provost est Directeur planification financière et optimisation fiscale, chez SFL Gestion de patrimoine.

L’article La rentabilité des assurances à primes limitées est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Une nouvelle assurance vie signée Financière Foresters https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/une-nouvelle-assurance-vie-signee-financiere-foresters/ Fri, 12 Sep 2025 12:00:37 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=109477 PRODUITS - Découvrez Avantage Max.

L’article Une nouvelle assurance vie signée Financière Foresters est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
La Financière Foresters lance Avantage Max sur le marché canadien, une assurance vie entière avec participation. Ce produit est conçu pour offrir une protection optimale tout en favorisant une solide croissance de la valeur de rachat.

Afin d’assurer la sécurité financière à long terme des Canadiens, Avantage Max propose un taux d’intérêt de 6,25 % 2 sur le barème des participations. Ce produit s’appuie sur l’historique de versement de participations fiable de Foresters et combine assurance vie permanente et accumulation à imposition différée d’une valeur de rachat accessible sous forme d’avances sur certificat.

« Nous avons conçu [Avantage Max] en pensant aux familles ordinaires qui souhaitent non seulement protéger ce qu’elles ont construit, mais aussi créer un impact durable pour les prochaines générations. C’est une solution fondée sur la valeur, la confiance et la croissance à long terme, et nous sommes extrêmement fiers de la commercialiser à un moment où la certitude et les objectifs sont plus importants que jamais », souligne Andrea Frossard, directrice commerciale, Financière Foresters.

Avantage Max offre plusieurs avantages, notamment :

  • une couverture pouvant aller jusqu’à 20 millions de dollars. Les demandeurs âgés de 50 ans ou moins peuvent bénéficier d’une couverture allant jusqu’à 1 million de dollars, et ce, sans examen paramédical ni test de laboratoire. Pour les Canadiens de 51 à 55 ans, la couverture maximale selon les mêmes conditions simplifiée est de 500 000 $ ;
  • une croissance concurrentielle de la valeur de rachat, aussi bien pour les adultes que pour les enfants, ainsi qu’une couverture conjointe abordable, payable au dernier décès ;
  • un régime d’intéressement anti-tabac est offert à ceux qui souscrivent à une assurance vie individuelle et la garantie d’assurance pour enfants est incluse sans prime supplémentaire ;
  • la couverture peut être personnalisée au moyen d’avenants d’assurance vie temporaire, d’assurance décès accidentel, d’exonération des primes, etc. ;
  • avec la proposition électronique Foresters AppPro et à l’Illustrateur de Foresters, les clients bénéficient d’une expérience numérique fluide.

Les personnes qui souscrivent à Avantage Max deviennent membres profitent de bénéfices exclusifs et non-contractuels, notamment LawAssure, les subventions communautaires Foresters Aide et des rabais exclusifs pour les membres.

L’article Une nouvelle assurance vie signée Financière Foresters est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Une équation comme guide https://www.finance-investissement.com/edition-papier/une/une-equation-comme-guide/ Mon, 09 Jun 2025 04:03:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=107741 Est-il rentable d'emprunter sur une police?

L’article Une équation comme guide est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>
Fiscalité il n’est pas rare de voir des conseillers en sécurité financière proposer à leurs clients une stratégie de souscription d’une police d’assurance-vie accompagnée d’un emprunt dit « collatéral » au moment de la retraite. Vous connaissez sans doute cette technique : quelques années après la souscription d’une police d’assurance-vie avec valeur de rachat, un emprunt est contracté auprès d’une institution financière et la valeur de rachat de la police est mise en garantie sur le prêt. Au moment du décès, l’institution financière a une priorité sur le capital-décès, d’un montant égal à celui du prêt, le reste étant versé au bénéficiaire désiré du client.

Or, cette stratégie peut être « rentable » si certaines conditions sont respectées. Dans le cas contraire, c’est l’inverse qui se produit. En plus d’énoncer certaines conditions favorables, j’analyserai comment une équation mathématique peut aider à la prise de décision.

Avant même de parler d’une possible rentabilité de la stratégie, il faut aborder la condition la plus fondamentale pour la mettre en place : la situation financière du client ne doit jamais être compromise en raison de son implantation. Le client doit être en mesure de réaliser ses objectifs de retraite en plus d’avoir un certain coussin dans les projections financières tout en payant les primes de sa police d’assurance sans égard au fait d’emprunter ou non sur celle-ci.

Une police d’assurance-vie est un excellent outil de planification successorale. Ce n’est cependant pas un instrument financier pour planifier la base d’une retraite. À la limite, le contrat d’assurance peut servir à générer des revenus d’appoint, mais pas davantage.

La façon la plus sécuritaire d’atteindre ce but est d’illustrer, dans VOS projections, un prêt relativement petit par rapport à l’ensemble des actifs de votre client, par exemple 10 % ou 15 %. Ce montant devrait idéalement être suffisamment faible pour que le client soit toujours en mesure de rembourser la totalité de son prêt à même la valeur de rachat après impôts de sa police.

Par exemple, une illustration qui vise au maximum un solde du prêt égal à 50 % de la valeur de rachat de la police à l’âge de 100 ans pourrait être envisageable. De cette façon, même en payant un impôt de 50 %, le client n’aurait jamais de problème de liquidité pour rembourser son prêt.

Si le montant du prêt est supérieur à cela, il faut prendre des précautions même si la situation n’est pas nécessairement problématique.

Par exemple, certaines illustrations ne causent aucun problème de flux financiers du vivant si le client conserve sa police jusqu’au décès, mais pourraient lui causer des difficultés s’il décidait de mettre un terme à son contrat. Dans ces cas, une réduction (voire une annulation) du montant projeté du prêt peut évidemment régler le problème.

Dans le cas contraire, le client doit être sensibilisé au fait qu’il doive conserver sa police jusqu’au décès. La valeur successorale étant généralement plus élevée avec une police d’assurance-vie, on pourrait considérer qu’il s’agit du « prix à payer » pour l’augmenter. Une police avec un nombre limité de primes, par exemple payables sur 10 ans ou 20 ans, réduit le risque d’une telle situation.

Conditions de rentabilité 

On pourrait faire la liste des conditions gagnantes pour qu’une telle stratégie vaille la peine d’être appliquée. Par exemple, on pourrait dire qu’elle s’adresse plus particulièrement aux personnes qui ont cotisé jusqu’à la limite maximale de leur droit de contribution au REER et au CELI, ou encore qui reportent le moment où elles commencent à toucher leurs rentes des régimes publics. Le problème est qu’il y a un nombre incalculable de situations…

Elles reviennent cependant toutes à une petite équation mathématique.

Dans le modèle qui suit, j’identifie cinq variables. Celles-ci servent à illustrer de façon réaliste l’évolution d’une situation. Ces variables sont les suivantes:

  1. Le taux d’intérêt du prêt annuel (i);
  2. La durée du prêt en nombre d’années (n) ;
  3. Le taux annuel de rendement du portefeuille (r) ;
  4. Le taux d’imposition au moment d’un emprunt (Te) ;
  5. Le taux d’imposition au moment du remboursement du prêt (Tr).

Le taux d’intérêt du prêt se passe d’explications. Plus il sera élevé, évidemment, plus il sera difficile de rentabiliser la stratégie.

La durée du prêt a une influence sur le résultat. Nous allons y revenir dans quelques lignes.

Le taux de rendement du portefeuille est important, car les sommes empruntées sur la police constituent autant d’argent qui peut être laissé dans les comptes de retraite et générer un rendement qui autrement n’aurait pas été accessible.

Le taux d’imposition au moment de l’emprunt tire son importance du fait que plus il est faible, moins il faudra décaisser d’argent des comptes de retraite. Par exemple, 1000 $ empruntés dans la police permettent de combler un coût de vie d’autant. Pour combler ce même coût de vie à l’aide d’un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), on devra décaisser 1667 $ à un taux d’imposition marginal de 40 %, par exemple, alors qu’un retrait de 1000 $ dans un CELI fait le même travail.

Finalement, le taux d’imposition au moment du remboursement du prêt joue un rôle parallèlement au premier.

Si les deux taux d’imposition sont égaux, la situation est simplifiée, à l’instar de la comparaison REER-CELI, où il n’y a que le taux de rendement qui importe. Dans ce cas, la stratégie ne sera rentable que si le taux de rendement du portefeuille excède le taux d’emprunt.

Léquation est la suivante pour chaque dollar faisant l’objet d’un emprunt :

(1 — Tr)/(1 — Te) X (1+r)n > (1+i)n

Pour un emprunt de x dollars, on devrait multiplier par x de chaque côté de l’équation, ce qui est inutile pour l’analyse.

Ce qu’elle nous dit, c’est qu’un montant initial de 1/(1-Te) est laissé dans le compte de retraite au lieu d’être décaissé. Ce montant s’accumule à un taux r pendant n années et il est liquidé en payant un impôt de Tr à la fin. Or, cette accumulation (supplémentaire due à la présence d’un prêt) doit être supérieure ou égale au solde du prêt accumulé de (1+i)n (en laissant les intérêts s’accumuler). En cas d’égalité, la stratégie n’est ni rentable ni déficitaire.

Avec cinq variables, on doit évidemment en connaître quatre pour calculer un résultat quelconque à partir de l’équation reformulée isolant le résultat désiré. Chacune de ces variables possède une limite soit inférieure, soit supérieure pour atteindre la rentabilité.

Ainsi, pour les valeurs du taux d’intérêt du prêt, sa durée ainsi que le taux Tr, elles doivent être inférieures à une certaine limite, alors que le taux de rendement ainsi que le taux Te doivent être supérieurs à une certaine valeur. Évidemment, ces limites sont fonction des quatre autres paramètres.

Par exemple, si le taux d’emprunt projeté est de 4,4 %, soit le taux des normes de projection de l’Institut de planification financière, et que l’on fixe les valeurs suivantes : Tr = 53,31 %, Te = 49 % et durée = 10 ans, l’équation (retravaillée) isolant le taux de rendement nécessaire nous donne un résultat minimal de 5,33 %. Autrement dit, l’impôt supplémentaire qu’on paiera à la liquidation du compte (53,31 % – 49 % = 4,31 points) devra être compensé par un rendement supérieur à celui du taux d’emprunt, qui est de 4,4 %. Si la durée avait plutôt été de 30 ans, le taux de rendement nécessaire aurait été de 4,71 % (moins grand écart, mais pendant plus longtemps).

Évidemment, comme le nombre de situations possibles est extrêmement grand, il faut faire des choix lorsqu’on illustre différentes situations. J’ai décidé de faire un graphique mettant l’accent sur une variable indépendante, le taux d’imposition au moment de l’emprunt, et une variable dépendante, le taux de rendement nécessaire dans le compte de retraite. Autrement dit : quel est le taux de rendement nécessaire dans un compte de retraite pour compenser la différence de taux d’imposition entre le moment d’un emprunt et celui de son remboursement ?

Pour voir ce graphique en plus grand, cliquez ici. 

Le graphique indique donc ce taux de rendement nécessaire selon divers taux d’imposition au moment de l’emprunt (Te) sur quelques durées de prêt, en fixant le taux d’emprunt à 4,4 % (intérêts cumulés jusqu’au remboursement) et le taux d’imposition Tr à 53,31 %, pour simuler la liquidation d’un FERR au taux marginal maximal, comme ce peut être le cas lors d’un décès.

Quelques constats peuvent être tirés de ce graphique. Les résultats ne reflètent qu’un seul emprunt dont la durée est indiquée. Il ne s’agit pas d’un emprunt annuel pendant toute la durée. La formule que nous avons vue plus haut serait légèrement plus complexe.

On voit notamment que plus la durée du prêt est longue, plus la courbe de rendement nécessaire est aplatie, ce qui amenuise les impacts de la différence d’impôt entre les deux moments, celui où l’on emprunte et celui où l’on rembourse.

On constate aussi que si le taux d’impôt au moment de l’emprunt est égal à celui du moment du remboursement, toutes les courbes de rendement nécessaire se croisent au même point:4,4 %, soit le taux d’emprunt, comme nous l’avons vu.

Pour les taux d’imposition Te inférieurs à 53,31 %, on constate que le taux de rendement nécessaire est supérieur à 4,4 % et c’est l’inverse lorsque les Te sont supérieurs à 53,31 %.

Je tiens à illustrer des taux d’impôt supérieurs au moment de l’emprunt, car il est possible que, dans certaines situations, les taux effectifs marginaux d’imposition (TEMI) le soient. Nous n’avons qu’à penser à des cas où le Supplément de revenu garanti (SRG) serait demandé par le client et où il aurait reporté sa rente de retraite du Régime de rentes du Québec (RRQ). Rendu à certains points des Te, les taux de rendement nécessaires peuvent même être négatifs, assurant quasiment la rentabilité de la stratégie lorsque les autres conditions sont respectées.

Toutefois, si la durée de rentabilité ne permet pas de se rendre au décès, par exemple si un emprunt est fait à l’âge de 65 ans et la rentabilité n’est au rendez-vous que jusqu’à 71 ans, moment où le SRG disparaîtrait et les Te seraient sensiblement réduits, rien n’empêche de rembourser le prêt à ce moment (d’où l’importance d’avoir assez d’actifs par ailleurs pour rembourser le prêt à tout moment). Ainsi, la stratégie peut n’être rentable que quelques années et en valoir la peine.

Cette stratégie peut être utilisée avec une police d’assurance-vie personnelle ou détenue par une société. Dans ce dernier cas, le prêt peut être accordé à la société — généralement moins intéressant, car le prêt devient un dividende imposable — mais il peut aussi être fait directement à l’actionnaire. Il faut alors tenir compte de l’avantage imposable généré par la différence de taux d’intérêt payé par la société et celui qui aurait été facturé à l’actionnaire en l’absence de sa société. Cette différence peut être de l’ordre de deux points de pourcentage.

Il est essentiel de faire preuve de prudence dans les projections. Si une illustration est faite avec une police vie entière avec participations, un barème plus conservateur que le barème actuel devrait être utilisé afin de projeter la valeur successorale et l’emprunt maximal. Même chose avec les taux d’emprunt que j’ai illustrés ici à 4,4 %. Il faut savoir qu’un taux plus élevé déplacerait toutes les courbes vers le haut, rendant évidemment le rendement minimal nécessaire dans le compte de retraite plus élevé lui aussi.

Afin de donner l’heure juste au client, il est important d’intégrer les projections de cette stratégie à sa planification de retraite, afin d’obtenir une vision globale de la situation.

En conclusion, la stratégie dite de « prêt collatéral » utilisant une police d’assurance-vie ne s’adresse pas à tout le monde. On doit limiter la taille de la police afin qu’aucun compromis ne soit fait sur la qualité de vie à la retraite du client. Lorsque tel est le cas, certaines situations font qu’il est possible d’optimiser la valeur successorale grâce à la fiscalité, mais des calculs sont nécessaires, préférablement intégrés dans la planification de retraite utilisant des hypothèses prudentes.

Dany Provost est directeur planification financière et optimisation fiscale, SFL Expertise

L’article Une équation comme guide est apparu en premier sur Finance et Investissement.

]]>