Fondaction | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/post_company/fondaction/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Tue, 07 Jul 2026 19:46:40 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Fondaction | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/post_company/fondaction/ 32 32 Gestion du risque de liquidité https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/gestion-du-risque-de-liquidite/ Mon, 13 Jul 2026 09:45:57 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114853 L’industrie des fonds d’investissement résiste aux propositions des ACVM.

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Les propositions des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) de recadrer les outils de gestion du risque de liquidité, soumises à la fin de 2025 pour consultation, ont suscité beaucoup d’objections de la part de l’industrie des fonds d’investissement. En constatant que 24 organismes et individus ont réagi à l’avis de consultation, il est évident que les propositions ne laissent pas indifférent.

 

Les ACVM formulent l’enjeu de la consultation de la façon suivante : « Le fonds d’investissement ayant mis en place un cadre de gestion des risques de liquidité solide pourra mieux gérer la liquidité de son portefeuille afin de répondre de façon ordonnée aux demandes de rachat sans désavantager ses autres investisseurs. »

Les ACVM mettent également de l’avant plusieurs développements, surtout à l’étranger, qui les incitent à cette révision. « Il existe actuellement chez les autorités en valeurs mobilières du monde entier une forte impulsion pour renforcer les cadres réglementaires en la matière », soutient l’Avis de consultation.

Deux niveaux de consultation

Les ACVM demandent à l’industrie de commenter les propositions de modification du règlement 81-102 sur les fonds d’investissement. Ces modifications visent notamment la mise en place d’un cadre plus formel de gestion du risque de liquidité et proposent, par exemple, la nomination d’un superviseur à la gestion de ce risque, superviseur qui se rapporterait au chef de la conformité.

Par ailleurs, les ACVM posent à l’industrie 31 questions qui portent sur cinq enjeux principaux :

  • l’approbation ou l’interdiction d’outils de gestion du risque de liquidité ;
  • la catégorisation des actifs allant d’un statut liquide à un statut « illiquide » ;
  • le classement des actifs dans les fonds selon les catégories de liquidité et leur révision ;
  • l’exclusion de certains types de fonds d’investissement ;
  • les déclarations aux autorités réglementaires et aux investisseurs concernant le profil de liquidité d’un fonds.

Parmi ces questions, on trouve par exemple :

  • y a-t-il certains outils de gestion du risque de liquidité dont les ACVM ne devraient pas permettre l’utilisation ?
  • les quatre catégories de liquidité vous conviennent-elles ?
  • les ACVM devraient-elles s’abstenir d’imposer une catégorie de liquidité particulière pour chaque catégorie ou type d’actif ?
  • une fréquence mensuelle de révision du classement de la liquidité conviendrait-elle ?
  • doit-on exiger de l’information sur le profil de liquidité dans les projets de rapports de fonds ?

Un grand manufacturier fait bande à part

Une majorité de mémoires provient de grands regroupements de gestionnaires de fonds, comme l’Association des gestionnaires de portefeuille du Canada (AGPC) et l’Association canadienne des fonds négociés en Bourse (ACFNB), ainsi que de grands manufacturiers de fonds tels BlackRock, Mouvement Desjardins, Fidelity Investments Canada, RBC Gestion mondiale d’actifs. Un point d’insistance revient souvent : « Assurez un modèle flexible, basé sur des principes (et non des règles) qui laissent place à la compétence et au jugement fiduciaire du gestionnaire de portefeuille », soumet l’AGPC, un impératif que reprennent BlackRock et RBC. L’Association des marchés de valeurs et des investissements (AMVI) attire l’attention en ouverture de mémoire sur un principe à préserver : la réduction du fardeau réglementaire.

Un manufacturier, et non le moindre, s’objecte : Fidelity réclame un cadre de règlements standardisé, évoquant le cas du fonds britannique Woodford Equity Income Fund, dont les investisseurs se sont retrouvés avec une part de 3,7 milliards de livres gelée. « Les ACVM ne peuvent espérer que tous les gestionnaires de fonds d’investissement feront la bonne chose en appliquant rigoureusement un cadre à base de principes », écrit Fidelity.

Cependant, plusieurs mémoires, comme celui de BlackRock, font valoir que « le cadre réglementaire canadien actuel applicable aux fonds d’investissement a fait preuve de résilience au cours de multiples périodes de tensions sur les marchés ».

Au sujet des propositions de modification du règlement 81-102, les grands joueurs de l’industrie s’entendent assez bien sur certains impératifs. Tout particulièrement, les ACVM avancent l’idée qu’une évaluation de liquidité soit faite avec toute transaction. Ce serait « un lourd poids opérationnel à porter et même impossible », avance l’AGPC.

Conformité et risque : deux réalités distinctes

Au sujet d’un superviseur de la gestion du risque de liquidité, personne ne s’oppose en soi, mais on n’est pas d’accord pour qu’il se rapporte au chef de la conformité. « Ceci soulève, selon nous, un risque de confusion des rôles entre la conformité et la gestion des risques », affirme Desjardins. CFA Societies y voit même une « déficience de conception fondamentale ».

Faut-il limiter les outils de gestion du risque de liquidité (GRL), en imposer certains ou lever l’interdit sur d’autres ? Les ACVM réservent 6 des 31 questions à ces sujets. La répartie semble unanime : laissez tous ces choix ouverts à la discrétion des gestionnaires de portefeuille en leur permettant de recourir aux outils qu’ils jugent les plus pertinents à la bonne gestion de leurs actifs.

Deux questions sont au centre de plusieurs mémoires : la question 5, qui demande s’il convient d’élargir les circonstances quand les droits de rachat peuvent être suspendus, et la question 6, qui demande s’il peut être pertinent de hausser la limite d’emprunt temporaire, emprunt permis actuellement à hauteur de 5 % de la valeur de l’actif pour racheter des parts.

À la question 5, l’AGPC rétorque qu’elle ignore tout moment où de telles situations de suspension sans approbation réglementaire ont été requises dans le marché canadien, et donc qu’elles devraient « être limitées à des situations extrêmes ». Quant à la question 6, tous sont d’accord pour un rehaussement à 10 % de la valeur nette des actifs, RBC arguant même que le plafond d’emprunt « devrait être purement et simplement supprimé ».

Liquidité et jours ouvrables

Question majeure : faut-il revoir les catégories de risque de liquidité et en adopter quatre, reposant sur le nombre de jours ouvrables : actifs très liquides (règlement en moins de trois jours ouvrables) ; actifs moyennement liquides (délai de 4 ou 5 jours ouvrables) ; actifs moins liquides (cinq jours ouvrables ou moins) ; actifs illiquides (plus de cinq jours ouvrables) ?

Plusieurs mémoires ne s’y opposent pas en principe, mais invitent à la prudence en recourant à des délimitations trop nettes. BlackRock affirme que « la liquidité s’inscrit dans un continuum, et des seuils de classification rigides peuvent entraîner des effets de rupture brusque (…) et contribuer à un effet pro-cyclique en période de tension ».

Des catégories, d’accord, répond l’AMVI, mais celle-ci refuse d’inclure « des périodes de règlement dans les quatre catégories. (…) Par exemple, si un fonds est classé dans la quatrième catégorie, on ne sait pas si les positions sont difficiles à liquider ou si elles ont simplement un long cycle de règlement ».

Ceux qui échappent à la règle

Plus loin, les ACVM demandent s’il faut exclure certains types de fonds du cadre proposé de gestion du risque de liquidité. Oui, répond-on en chœur. Les fonds négociés en Bourse (FNB) ne devraient pas y être soumis, ni les fonds de marchés exemptés et les fonds de marché monétaire. D’ailleurs, certains mémoires se limitent à cette seule demande d’exemption. C’est le cas du mémoire de l’ACFNB, alors que celui de l’Alternative Investment Management Association (AIMA) réclame cette exemption en s’attaquant à toutes les tentatives de catégorisation des ACVM. Il en est de même en grande partie pour les fonds fiscalisés (Fonds de solidarité FTQ, Fondaction, Capital régional et coopératif Desjardins), qui jugent plusieurs propositions de l’avis « incompatibles » avec leurs « lois constitutives ».

Enfin, les ACVM proposent des modes de déclaration d’information sur la liquidité tant aux régulateurs qu’au public. On trouve ici des acquiescements nuancés, et des levées de boucliers. L’AGPC les rejette catégoriquement et RBC déclare soumettre déjà toutes les informations requises à la Commissions des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO). Par ailleurs, le Groupe consultatif des investisseurs de la CVMO s’inquiète que de telles informations puissent s’avérer plus déroutantes qu’instructives pour les investisseurs, surtout les moins chevronnés.

En revanche, Desjardins et CFA Societies voient d’un bon œil une information dans les profils de fonds sur les outils de gestion du risque de liquidité. Une mention claire pour les fonds moins liquides, juge Desjardins, « permettrait d’assurer une transparence à l’égard du risque de liquidité supérieur à la moyenne auprès de nos investisseurs actuels et potentiels » et leur éviterait de mauvaises surprises.

Notons pour terminer qu’outre le Groupe consultatif des investisseurs de la CVMO, seul FAIR Canada, parmi les groupes de défense des investisseurs, a soumis un mémoire qui, en un seul paragraphe, approuve la démarche des ACVM. Les autres groupes habituels, comme Kenmar Associates et MBC Law, sont absents.

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Réussir financièrement malgré les obstacles : trois parcours inspirants https://www.finance-investissement.com/fi-releve/reussir-financierement-malgre-les-obstacles-trois-parcours-inspirants/ Thu, 25 Jun 2026 10:58:32 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114549 DÉVELOPPEMENT — Immigration, argent et réussite : ce qui fait vraiment la différence.

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Pour Danny Desriveaux, entrepreneur et conseiller en sécurité financière affilié au réseau SFL, la réussite financière repose sur une accumulation de bonnes décisions. Issu d’une famille haïtienne modeste, il gagnait environ 40 000 $ par année lors de ses débuts comme joueur de football professionnel pour les Alouettes de Montréal.

Les premiers temps, il a choisi de retourner vivre chez ses parents plutôt que de louer un appartement luxueux et conduire une voiture de prestige comme plusieurs autres athlètes professionnels. À une époque où l’image comptait beaucoup dans son milieu, il a refusé de faire un essai routier chez un concessionnaire automobile, de peur de succomber à la tentation. « Quand j’avais envie de quelque chose, je regardais les chiffres et je me posais la question : Est-ce que ça fait du sens financièrement ? Si la réponse était non, je n’allais pas plus loin », dit-il.

Le b.a.-ba de la réussite financière commence par la discipline et consiste souvent à résister aux tentations les plus visibles, a-t-il indiqué lors d’une discussion sur les parcours de personnes à succès issues du milieu ethnoculturel organisée par Code F en juin.

Apprendre à prendre des risques

Rose Marcello, vice-présidente et cheffe de l’investissement chez Fondaction, indique pour sa part que sa plus grande leçon financière a été d’apprendre à accepter davantage le risque.

Fille d’un banquier haïtien, arrivée au Québec dans le cadre d’un programme pour étudiants internationaux, elle a longtemps privilégié la sécurité avant de réaliser qu’une certaine prise de risque est nécessaire pour faire croître son patrimoine. Elle cite notamment le fait de ne pas avoir investi en immobilier plus tôt : « Il y a 20 ans, c’était une certaine inquiétude de ne pas secouer le bateau », dit-elle. Aujourd’hui, elle estime qu’elle aurait dû se lancer plus tôt. « La capacité de prendre des risques est un muscle qui se développe avec le temps », explique-t-elle.

Les risques, Vanessa Cherenfant connaît bien. Cette ingénieure et administratrice de sociétés, née en Haïti et arrivée au Canada il y a 23 ans, a lancé une jeune pousse en intelligence artificielle dix ans avant l’engouement pour cette technologie. Son projet, jugé trop en avance sur son temps, n’a pas survécu. À l’époque, le financement demeurait quasiment inaccessible pour les femmes entrepreneures en tech, qui ne recevaient que 0,5 % du capital de risque disponible, a-t-elle rappelé. Il lui a fallu quatre ans pour se remettre de ce qu’elle considérait alors comme un échec. Avec le recul, elle préfère parler d’apprentissage. « Votre destin vous appartient. Personne ne peut décider à votre place où vous devez vous arrêter », affirme-t-elle.

Choisir son entourage

La qualité de l’entourage joue un rôle déterminant dans le succès financier. Qu’il s’agisse de proches capables de soutenir une personne pendant une période difficile, de mentors ou de professionnels, le réseau constitue souvent un levier précieux dans le parcours des nouveaux arrivants.

Rose Marcello a appris à repérer les personnes susceptibles de devenir des alliés pour l’aider à contourner certains obstacles à sa progression de carrière. Elle cite l’exemple d’un conseiller hypothécaire qui, dès ses débuts, a accepté de travailler avec des clients issus des communautés immigrantes : « Aujourd’hui, on lui donne de la business, parce que je sais qu’il est capable de faire arriver des choses. » Désormais, lorsqu’elle se lance dans un nouveau projet, elle s’appuie sur des professionnels de confiance qui comprennent sa réalité et sont en mesure de l’orienter vers les bonnes ressources.

Pour Danny Desriveaux, il est important de choisir des environnements qui favorisent les solutions plutôt que les plaintes. « Si tu veux savoir si tu es dans un mauvais environnement, va parler de tes problèmes et va commencer à chialer. Si ça devient un pot-pourri de chialage, tu n’es pas dans le bon environnement », résume-t-il.

Transmettre un héritage

Au fil des années, la vision de la réussite évolue chez les immigrants. Au début, l’objectif est souvent d’assurer une certaine sécurité financière. Puis, une fois ce cap franchi, la préoccupation s’élargit pour englober la transmission d’un héritage aux générations suivantes, indique Rose Marcello. « À un moment donné, ce qui aide énormément, c’est que tu passes de “qu’est-ce que je veux bâtir” à “qu’est-ce que je veux léguer”. Tu rentres alors dans ta puissance, parce que ça te donne une certaine sagesse par rapport à tes décisions. »

Ce patrimoine peut prendre différentes formes : financier, éducatif ou culturel. Car finalement, la réussite financière ne repose pas uniquement sur le revenu ou les connaissances techniques. Elle dépend aussi de la capacité à persévérer, à développer un réseau solide, à résister aux pressions du paraître et à maintenir une vision à long terme malgré les obstacles.

« Les contextes changent, les défis aussi, conclut Danny Desriveaux. Mon père me parlait des taux d’intérêt de son époque. Je lui parle des effets de la pandémie et du coût des propriétés. Mais tout le monde vit le même contexte en même temps. C’est comment tu navigues au travers et trouves des solutions qui fait la différence. »

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Relève en investissement chez Fondaction https://www.finance-investissement.com/nouvelles/releve-en-investissement-chez-fondaction/ Thu, 21 May 2026 11:17:33 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113917 NOUVELLES DU MONDE — Rose Marcello succédera à Claire Bisson dans ce rôle.

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Fondaction a nommé Rose Marcello au poste de vice-présidente et cheffe de l’investissement. Elle succédera à Claire Bisson, dont le départ à la retraite est prévu pour la fin juin 2026.

Elle dirigera l’équipe responsable des portefeuilles de placements et des investissements en capital de développement, et pilotera les stratégies de placement et d’investissement de l’organisation dans le cadre de sa mission d’investissement d’impact.

« Rose (Marcello) est une financière de talent dont la vision de l’investissement s’inscrit en parfaite cohérence avec l’ambition de notre organisation : offrir aux personnes et aux organisations qui croient dans le progrès social et écologique la possibilité d’investir intentionnellement dans l’économie qu’elles veulent », a affirmé le président-directeur général de Fondaction, Stéphan Morency.

Rose Marcello indique pour sa part que son parcours est guidé par une approche intégrant performance et valeurs. « Je rejoins une organisation engagée à offrir le meilleur équilibre rendement-risque-durabilité et qui se donne les moyens d’y parvenir », a-t-elle déclaré.

Avant de se joindre à Fondaction, elle occupait le poste de vice-présidente et cheffe de la stratégie d’investissement et des solutions clients chez iA Gestion mondiale d’actifs. Ell a également occupé des fonctions de direction chez Coriel Capital et Addenda Capital, après avoir débuté sa carrière chez State Street Trust à Montréal.

Détentrice du titre de CFA, elle est titulaire d’un MBA de l’Université Laval et d’une maîtrise en finance de l’Institut d’administration des entreprises de Lille.

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Fondaction soutien un fonds en capital naturel https://www.finance-investissement.com/nouvelles/fondaction-soutien-un-fonds-en-capital-naturel/ Tue, 21 Apr 2026 10:59:09 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113439 À hauteur de 25 M$.

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Fondaction Gestion d’actifs (FGA) et Triodos Investment Management (Triodos IM) lancent Value Nature Fund I, un fonds de capital naturel à capital fixe, dont l’objectif est d’atteindre 300 millions d’euros. Fondaction a ainsi investi 25 millions de dollars (M$) dans ce fonds, qui cherche à financer la transition des terres agricoles et des forêts vers des pratiques régénératrices, à titre d’un des investisseurs fondateurs du fonds.

« Le capital naturel apporte une réponse structurelle à la dégradation des écosystèmes et permet aux investisseurs institutionnels de gérer des risques financiers qui ne peuvent plus être ignorés. Notre engagement dans Value Nature Fund I reflète notre conviction qu’un capital patient et bien structuré peut catalyser un changement systémique significatif, et que les investisseurs institutionnels canadiens ont à la fois la responsabilité et l’occasion de jouer un rôle clé dans cette transition », commente Jonathan Coupland, directeur de portefeuille, Fondaction

L’objectif du fonds est double : créer de la valeur pour les investisseurs, mais également accompagner la transition vers des chaînes d’approvisionnement alimentaires et forestières durables. Il devrait également permettre de protéger les portefeuilles contre la volatilité des marchés et renforcer la résilience de secteurs économiques clés, tout en contribuant à l’atteinte des objectifs climatiques et de biodiversité.

Ce produit arrive à un moment jugé opportun, alors que l’étude Investors for Purpose montre que plus de la moitié (65 %) des détenteurs d’actifs intègrent désormais la nature et la biodiversité à leurs stratégies de développement durable. À l’échelle mondiale, c’est près de 200 milliards de dollars américains (G$) qui sont investis chaque année dans la protection, la restauration et la gestion durable des écosystèmes.

Ces montants demeurent toutefois insuffisants : pour inverser la perte de biodiversité et restaurer les milieux naturels, les investissements devraient plutôt atteindre quelque 700 G$.

Le fonds Value Nature Fund I combine l’expertise de FGA en investissement à impact sur les marchés environnementaux nord-américains et dans les secteurs du capital naturel, avec l’expérience de Triodos IM dans les systèmes alimentaires et agricoles durables en Europe.

Le fonds prévoit investir dans l’agriculture régénérative et la sylviculture respectueuse de la nature en Europe, au Canada et aux États-Unis, avec l’objectif de convertir l’ensemble des actifs du portefeuille à ces pratiques durables.

FGA et Triodos IM ont adopté une approche à la fois bisectorielle et bicontinentale, visant à générer des rendements à partir de sources de valeur diversifiées et peu corrélées. Cette stratégie s’appuie sur la variété des systèmes agricoles et forestiers, des marchés de consommation, des conditions climatiques et des cadres réglementaires.

Elle vise ainsi à atténuer la volatilité du portefeuille, tout en exposant les investisseurs à un éventail d’opportunités encore peu exploitées.

« Value Nature Fund I reflète l’ambition commune de Triodos Investment Management et de Fondaction Gestion d’actifs de mobiliser des capitaux institutionnels à grande échelle pour soutenir la transition des terres agricoles et des forêts vers des pratiques régénératrices et plus proches de la nature. En combinant nos expertises, ce fonds offre aux investisseurs une stratégie diversifiée pour créer de la valeur résiliente dans des actifs réels, tout en générant des résultats mesurables en matière de biodiversité, de climat et de bien-être social », résume Karel Nierop, responsable Produits et Solutions, Triodos IM.

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Un premier pas pour structurer la finance durable au Canada https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/un-premier-pas-pour-structurer-la-finance-durable-au-canada/ Fri, 17 Apr 2026 10:09:38 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113353 Avec la mise en place du Conseil de la taxonomie et de la transition.

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Le Canada se dote d’un nouvel outil pour encadrer le développement de la finance durable avec la création du Conseil de la taxonomie et de la transition (CTT), une initiative du gouvernement fédéral.

Cette nouvelle instance aura pour mandat de définir un cadre de référence national pour l’investissement durable au pays. Il supervisera notamment l’élaboration d’une taxonomie canadienne de la finance durable, un outil qui établira, sur des bases scientifiques, des critères clairs dans un langage commun pour qualifier les activités économiques « vertes » ou « de transition ». L’objectif : offrir un cadre crédible aux investisseurs, aux prêteurs et aux entreprises. Le conseil pilotera également la création de lignes directrices pour encadrer la planification de la transition climatique des entreprises.

La première équipe dirigeante du CTT a été nommée par un comité indépendant dirigé par Kathy Bardswick, qui préside également le conseil d’administration du Conseil d’action en matière de finance durable (CAFD).

Dans un communiqué, elle souligne que la diversité des expertises réunies contribuera à faire avancer l’élaboration de normes canadiennes crédibles en matière d’investissement durable et de planification de la transition, « dans un contexte où ces outils deviennent déterminants pour la compétitivité économique ».

Une vétérante de la gestion des fonds de pension présidente

Marlene Puffer est nommée à la présidence de l’organisation. La vétérante de la gestion de fonds de pension et ancienne PDG de la division investissements du CN estime que le Canada doit envoyer des signaux clairs aux marchés financiers pour demeurer attractif dans un contexte de transition climatique. « Le Canada a besoin d’outils crédibles et harmonisés à l’échelle internationale […] pour mobiliser des capitaux privés pour nos entreprises, nos collectivités et nos priorités nationales », a-t-elle signalé.

Elle sera secondée par Jamey Hubbs, ancien vice-surintendant du Bureau du surintendant des institutions financières (BISF), nommé vice-président. Geneviève Morin, ancienne PDG de Fondaction, et Scott Munro, chef de la direction du Conseil de gestion financière des Premières Nations, siégeront à titre de membres indépendants.

Les travaux seront soutenus par deux comités consultatifs. Le comité consultatif financier est présidé par Barb Zvan, PDG du Régime de retraite universitaire de l’Ontario, accompagnée de Bertrand Millot, Sarah Thompson et Chad Park. Le comité consultatif technique est dirigé par Aaron Cosbey, président de Small World Sustainability Consulting, appuyé par Bentley Allan, Simon Donner et Kathryn Harrison.

Des représentants de régulateurs et d’instances internationales participeront également aux travaux à titre d’observateurs, dont Peter Routledge (surintendant du BISF), Yves Ouellet (PDG de l’Autorité des marchés financiers) et Wendy Berman (présidente du Conseil canadien des normes d’information sur la durabilité).

Le comité consultatif international sera présidé par Elodie Feller, de l’Initiative Financière du Programme des Nations Unies pour l’Environnement.

Le CTT est l’aboutissement de cinq ans de travaux. En 2022, un rapport du CAFD pose les premières bases. En 2025, le budget fédéral annonce un financement de démarrage de deux ans (d’un montant non précisé) confié à l’Institut climatique du Canada et au Parcours des entreprises de demain pour bâtir la structure de gouvernance qui donnera naissance au CTT.

Selon le Parcours des entreprises de demain, plus de 60 taxonomies de finance durable sont utilisées ou en cours d’élaboration dans le monde. Or, les pays dotés de taxonomies sont mieux positionnés pour identifier les risques et les opportunités climatiques, renforcer la transparence des marchés et attirer des capitaux mondiaux, rapporte Smart Prosperity Institute.

Cela représente un enjeu de taille : à terme, le Canada devra attirer environ 115 milliards de dollars (G$) supplémentaires par année pour répondre aux besoins liés à la transition vers une économie à faibles émissions de carbone dans la course mondiale aux investissements durables. Dans le même temps, le volume mondial d’actifs liés au développement durable pourrait dépasser 35 000 G$ US d’ici 2034, intensifiant la concurrence entre les pays pour capter ces capitaux.

Des critères d’investissement vert et de transition doivent être déterminés d’ici la fin de 2027 pour six secteurs canadiens prioritaires: l’électricité, l’immobilier, les transports, le secteur manufacturier, les ressources naturelles et les technologies extractives. L’usage de la taxonomie sera dans un premier temps volontaire.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les risques climatiques occupent une place croissante dans les décisions d’investissement. Selon une enquête menée en 2025 par FTSE Russell auprès de propriétaires d’actifs à l’échelle mondiale, 85 % considèrent ces risques comme une préoccupation majeure.

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Un nouveau PDG pour Fondaction https://www.finance-investissement.com/nouvelles/developpement-des-affaires/avis-de-nomination-developpement-des-affaires/un-nouveau-pdg-pour-fondaction/ Fri, 10 Apr 2026 11:43:43 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113307 NOUVELLES DU MONDE – Le résultat d’un processus de relève entamé il y a deux ans.

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Stéphan Morency succède à Geneviève Morin au poste de président-directeur général de Fondaction et du regroupement entre Bâtirente et Fondaction à la suite d’un processus de relève entamé il y a deux ans.

« À la fois militant et expert de la finance, Stéphan incarne parfaitement la culture de l’organisation. Son leadership tourné vers l’avenir, sa vision et son ambition ont fait l’unanimité », assure la présidente du conseil d’administration, Caroline Senneville.

Stéphen Morency est reconnu dans le domaine de la finance durable et de l’investissement d’impact autant au Québec qu’à l’international. Il est notamment membre du Conseil des investisseurs du Global Impact Investing Network (GIIN), où il contribue aux échanges internationaux sur les enjeux de la finance climatique et de l’investissement d’impact. Son but : mettre la finance au service du progrès social et écologique.

De 2019 à 2024, il occupait les fonctions de vice-président et chef de l’investissement de Fondaction. À ce titre, il a piloté plusieurs innovations en finance climatique et sociale, tant au Québec qu’à l’international, dont la création :

  • de Fondaction Gestion d’actifs,
  • du Fonds Inlandsis (réduction de gaz à effet de serre liée aux marchés du carbone en Amérique du Nord), de la SOFIAC (efficacité énergétique),
  • de la Fiducie du Technopôle Angus
  • et de la Fiducie agricole UPA-Fondaction.

Après cela, il a été nommé vice-président exécutif, stratégie et planification. Il avait alors pour objectif de définir la vision et la stratégie du groupe qui va émerger du regroupement entre Bâtirente et Fondaction. Il s’est ensuite préparé à prendre les rênes de l’organisation dans le cadre d’une démarche de relève structurée, mise en place par Geneviève Morin, alors présidente-directrice générale, et encadrée par le conseil d’administration.

Stéphan Morency entrera officiellement en fonction le lundi 13 avril 2026.

« La finance peut et doit être au service du bien commun. C’est le fil conducteur de mon engagement et de la vision que je veux porter avec celles et ceux qui font partie de notre mouvement. Nous avons entre les mains un levier puissant : la capacité de donner du pouvoir aux gens en mobilisant collectivement leur épargne et en l’orientant vers des entreprises, des organisations et des projets qui ont un impact positif et qui contribuent à bâtir le monde qu’ils et elles veulent », commente celui qui prend la tête de l’organisation pour laquelle il travaille depuis plus de 15 ans.

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Geneviève Morin tirera sa révérence de Fondaction https://www.finance-investissement.com/nouvelles/genevieve-morin-tirera-sa-reverence-de-fondaction/ Thu, 19 Feb 2026 12:50:53 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112532 NOUVELLES DU MONDE – Quand un successeur aura été nommé.

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Après six ans à la présidence et direction générale du fonds de travailleurs Fondaction, Geneviève Morin a annoncé qu’elle prendrait sa retraite de l’organisation lorsqu’un successeur aura été nommé. Le processus de recrutement est en cours.

« Je passe le flambeau avec confiance, alors que l’organisation est solide et qu’elle poursuit son développement ambitieux, portée par une équipe forte et engagée. Je suis très reconnaissante à tous ceux et celles qui m’ont accordé leur confiance pendant toutes ces années et fière de ce que nous avons bâti ensemble », commente-t-elle dans un communiqué.

Geneviève Morin œuvre au sein de Fondaction depuis son lancement par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en 1996. Elle a d’abord travaillé à l’administration, puis aux finances et au développement corporatif, avant d’être nommée à l’investissement en 2011.

Elle a succédé à Léopold Beaulieu à la tête du fonds de travailleurs au début de 2020, après un passage d’un an à la direction d’Anges Québec. Avant de se joindre à Fondaction, elle avait occupé différents postes au Mouvement Desjardins.

Elle détient un MBA de HEC Montréal et un baccalauréat ès arts de l’Université Concordia.

La présidente du conseil d’administration de Fondaction, Caroline Senneville, salue la contribution de Geneviève Morin, rappelant qu’elle fait partie de l’équipe depuis le lancement du fonds.

« Elle a consacré sa carrière à changer la finance pour qu’elle réponde aux besoins des personnes dans le respect des limites de la planète », souligne-t-elle.

Créé en 1996, Fondaction offre un crédit d’impôt relatif à un fonds de travailleurs de 30 % sur la première tranche de 5 000 $ de cotisations annuelles. L’actif est investi dans des entreprises québécoises et sur les marchés financiers, avec un positionnement axé sur des investissements générant des retombées économiques, sociales et environnementales.

Au 30 novembre 2025, le fonds déclarait un actif net sous gestion de 4,28 milliards de dollars, en hausse de 5,9 % par rapport au semestre précédent. Durant cette période, la valeur de l’action s’établissait à 17,45 $ et les émissions d’actions totalisaient 179,2 millions de dollars.

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Transition verte : cinq clés pour relancer la finance durable https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/transition-verte-cinq-cles-pour-relancer-la-finance-durable/ Thu, 22 May 2025 10:50:30 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=107416 SOMMET DE LA FINANCE DURABLE – Quand collaboration rime avec innovation.

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Les reculs politiques et les tensions géopolitiques fragilisent les engagements climatiques. Dans ce contexte incertain, la finance durable doit redoubler d’audace. C’est le message qu’ont livré plusieurs leaders du secteur, dont Geneviève Morin, PDG de Fondaction, lors du Sommet de la finance durable. Voici cinq leviers concrets pour maintenir le cap.

1-Résister aux vents contraires

« On a avancé sur la finance durable et les engagements de décarbonation, mais dès qu’un obstacle politique se présente, tout semble balayé », constate Geneviève Morin. Un exemple : en janvier 2025, six grandes banques canadiennes — BMO, Banque Nationale, CIBC, TD, Scotia et RBC — ont quitté l’Alliance bancaire Net Zéro (NZBA), qui vise à aligner les portefeuilles financiers sur les objectifs de carboneutralité d’ici 2050.

Lire aussi : Retrait des banques de l’Alliance Net Zéro : une stratégie de recul ou de repositionnement ?

Bien qu’un écosystème solide ait vu le jour au cours de la dernière décennie (obligations vertes, fonds à impact, stress tests climatiques, etc.), ces outils sont aujourd’hui remis en question, en partie à cause de reculs politiques aux États-Unis.

« Le danger, c’est de répondre par le repli ou l’indignation. Il faut au contraire regarder la réalité en face », estime Philippe Zaouati, directeur général de Mirova, une filiale de Natixis dédiée à l’investissement responsable.

Même constat au Québec, où le recteur de l’Université Concordia, Graham Carr, dénonce le sous-financement chronique des universités, qui menace la formation de la relève. Il pointe aussi la baisse de 43 % des demandes d’admission d’étudiants internationaux, attribuable à des politiques migratoires restrictives. « Cette perte de talents est un frein majeur à la transition énergétique », souligne-t-il.

2-Repenser la gestion des risques 

Geneviève Morin propose une refonte de la grille d’analyse des modèles d’affaires, qui devraient prioriser le respect des limites planétaires et la réponse aux besoins humains plutôt que la seule rentabilité. Dans ce sens, l’économie circulaire, l’agriculture régénérative et l’économie sociale sont, selon elles, des filières prometteuses.

Elle appelle aussi à réévaluer notre rapport au temps et au risque. « Les pressions pour des rendements à court terme sont incompatibles avec les défis sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face. » Les risques systémiques dans les décisions d’investissement, comme la perte de biodiversité, les inégalités sociales croissantes, les catastrophes climatiques, doivent être intégrés aux décisions d’investissement, au même titre que la volatilité des marchés.

La dimension sociale de la transition ne doit pas être ignorée, notamment pour les travailleurs issus de secteurs en déclin. Pour atteindre cet objectif, Fondaction s’est associé avec le collectif G15+, un regroupement québécois d’organisations qui développe une nouvelle série d’indicateurs de bien-être, comme le traitement des aînés, l’accès à la nature, la santé et l’éducation, afin de guider les décisions d’investissement.

3-Mobiliser l’épargne au service du bien commun

La transition passe aussi par un accès facilité à l’épargne durable. En décembre 2024, Fondaction a conclu une entente avec Bâtirente, spécialisée en produits d’épargne retraite responsables, pour élargir son offre. Objectif : permettre à tout un chacun, et pas seulement aux investisseurs aguerris, de faire fructifier son épargne tout en contribuant à un impact social et environnemental positif.

4-Accélérer la transition énergétique

Dans la transformation du secteur énergétique aussi, les partenariats contribuent à accélérer le mouvement. À Montréal, l’Université Concordia pilote actuellement un projet d’envergure avec Hydro-Québec et Énergir pour électrifier une trentaine de bâtiments du campus Loyola, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce. Cette initiative bénéficiera aussi au voisinage en période de pointe.

« Ce projet est un véritable laboratoire vivant », précise Graham Carr. Il permet de tester à la fois de nouveaux modèles énergétiques et de financement durable. Car la transition énergétique, rappelle-t-il, n’est pas qu’une question d’ingénierie. Elle repose aussi sur des choix économiques.

5-Innover, collaborer, partager

L’accès à des données ouvertes et comparables est essentiel pour orienter les capitaux vers des projets durables. Mirova collabore avec d’autres gestionnaires d’actifs pour créer des bases de données d’impact accessibles à tous, par exemple pour évaluer les émissions évitées ou les impacts sur la biodiversité.

L’innovation passe également par la création de fonds d’impact, comme le fonds Land Degradation Neutrality (LDN), lancé par Mirova avec Fondaction et la Banque européenne d’investissement. Ce fonds investit dans la gestion durable et la restauration des terres. Un second fonds a vu le jour dans la foulée (Mirova Sustainable Land Fund 2) pour soutenir des projets d’agroforesterie et d’agriculture régénératrice dans les pays en développement.

En parallèle, Mirova a inauguré l’automne dernier un centre de recherche dédié à la finance durable, en partenariat avec l’Université Columbia et l’ENSAE Paris. Ce centre s’attaque à des thèmes négligés par le milieu académique, comme la finance mixte (blended finance).

Philippe Zaouati milite pour une vision élargie de la finance durable. « Elle ne doit pas se cantonner à une niche » dit-il, citant la question du financement de la défense en Europe, qui pose l’enjeu de la souveraineté de manière plus générale. Il invite à dépasser les « postures simplistes » et plaide pour une finance qui ose s’engager dans des domaines complexes sans renier ses valeurs.

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La finance durable prend le relai https://www.finance-investissement.com/nouvelles/actualites/la-finance-durable-prend-le-relai/ Wed, 14 May 2025 10:21:53 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=107343 Au 5e Sommet de la finance durable à Montréal.

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« Et si on reprenait le courant… sans laisser de trace ? »  C’est l’appel lancé à l’ouverture de la 5e édition du Sommet de la finance durable, organisé par Finance Montréal, qui se tient du 13 au 15 mai dans la métropole.

Acteurs financiers, leaders municipaux et porteurs de solutions se réunissent pour repenser les modèles économiques dans le respect des limites planétaires. Durant la première matinée, ils ont brossé un portrait des défis planétaires, mais aussi des leviers financiers capables d’accélérer la transition.

« L’espoir du lendemain », comme l’illustrait poétiquement la performance du Théâtre du bonheur en ouverture du sommet, dépend de la capacité des acteurs de la finance à changer de cap, vite et ensemble. Le futur de la planète passe par une transformation systémique des économies que la finance a la capacité d’accélérer, a déclaré la journaliste Sandrine Rastello en préambule.

Le constat est sans appel : l’humanité consomme l’équivalent de 1,7 Terre par an pour couvrir ses besoins, selon le Global Footprint Network. Depuis 2009, les scientifiques ont défini neuf limites planétaires. Six d’entre elles ont déjà été franchies en 2023. Or, chaque transgression d’une limite affaiblit l’équilibre global des autres : le climat, la biodiversité, l’usage des sols, les cycles de l’azote et du phosphore, l’acidification des océans, la pollution chimique et l’eau douce. Sur plusieurs de ces éléments, les zones de sécurité écologique ont déjà été dépassées.

Alors que les urgences s’accumulent, certains signaux politiques inquiètent le secteur financier. En particulier, la vague de déréglementations climatiques qui ont marqué les 100 premiers jours du gouvernement de Donald Trump aux États-Unis suscite l’inquiétude et l’incertitude.

Montréal, chef de file

Pourtant, la collaboration internationale progresse en matière d’investissement responsable. Montréal entend jouer un rôle de chef de file dans ce mouvement. Selon le Global Green Finance Index, Montréal se classe désormais premier centre nord-américain en finance durable et 8e au monde parmi 95 villes.

« Nous avons à Montréal un écosystème financier qui veut vraiment changer les choses », observe Luc Rabouin, responsable du développement économique et de l’enseignement supérieur au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Au cours des derniers mois, l’administration municipale a mis en place une série de mesures pour favoriser la transition, signale-t-il. Adoption de la première Feuille de route gouvernementale en économie circulaire (FREC), politique d’achats responsables pour 3 milliards de dollars de dépenses municipales, indice de circularité pour favoriser la réduction, le réemploi, la récupération et le recyclage, etc.

Cependant, dans un contexte d’incertitude économique, la tentation de ralentir est forte. « Ce serait une erreur. Il faut mettre le pied sur l’accélérateur. Et il n’y aura pas de transition écologique sans la finance », dit-il.

Jacques Deforges, directeur général de Finance Montréal, estime que les acteurs financiers doivent rester mobilisés malgré les vents contraires. « Nous avons une responsabilité d’influence », dit-il.

Parmi les initiatives en cours : la prochaine feuille de route québécoise pour la finance durable préparée par Finance Montréal. L’art a aussi sa place dans ce mouvement. « La finance doit permettre à l’art de s’exprimer », affirme Jacques Deforges soulignant la présence au sommet d’œuvres comme Blackhole et l’exposition de sculptures en carton recyclé de Laurence Vallières.

Les reculs observés dans les indices ESG (environnement, social et gouvernance) américains doivent servir de rappel, estime pour sa part Will Fayed, premier vice-président régional, Ventes institutionnelles et comptes nationaux, et responsable des placements durables chez Placements Mackenzie. « Ces défis nous forcent à mieux faire. »

Il appelle à maintenir le dialogue, mais aussi à multiplier les partenariats pour accélérer la transition. Il plaide notamment des projets basés sur des solutions fondées sur la nature, qui régénèrent les écosystèmes tout en stimulant les économies locales. « C’est une question d’héritage pour les générations futures. »

L’effet des partenariats

Plusieurs vents contraires soufflent sur les avancées climatiques. La finance a le pouvoir de renverser la tendance, notamment par la collaboration et les partenariats, ont mentionné des acteurs du secteur, mentionnent des intervenants.

Fondaction, par exemple, a établi des partenariats avec d’autres organisations à mission sociale et solidaire pour créer de nouveaux types de financement, notamment sur le plan de la retraite. « On s’unit on travaille ensemble pour amener les gens à se rendre compte que leur épargne à de l’importance », signale la présidente, Geneviève Morin. Elle souligne la nécessité de fournir « les bons produits aux Québécois pour leur donner davantage de solutions d’épargne qui auront plus d’impact ».

Pour comprendre l’impact de la finance dans le monde, les universités ont également un rôle à jouer. Graham Carr, recteur de l’Université Concordia, signale le recul du financement des universités comme préoccupant. Toutefois, des initiatives inspirantes voient le jour, comme le récent partenariat entre l’Université Concordia, Énergir Développement et Hydro-Québec, qui vise à convertir 30 bâtiments du campus Loyola vers un réseau énergétique durable et favoriser la transition énergétique. « Pour relever le défi, on doit avoir un esprit de collaboration, car il y a beaucoup de barrières à briser », note Graham Carr.

Autre initiative, en finance durable cette fois : le Fonds intergénérationnel de l’Université Concordia (FiUC) a terminé sa transition vers le cadre en vertu duquel il s’engage à se convertir entièrement à l’investissement durable au cours des prochaines années.

L’effort est mondial. La société de gestion d’actifs spécialisée dans l’investissement responsable Mirova, basée en France, a lancé en partenariat avec d’autres institutions financières le premier fonds pour la gestion durable des terres (Land Degradation Neutrality), qui investit plus de 100 millions d’euros entre autres dans des projets de déforestation dans le monde.

Avec la guerre en Ukraine et le réarmement de plusieurs pays européens, le financement de la défense redevient d’actualité, signale Philippe Zaouati, spécialiste de la finance verte et directeur général de Mirova. Comment un financier durable et responsable aborde-t-il le financement de la défense ? La finance durable ne doit pas être une finance de niche, répond l’entrepreneur et écrivain. « Quand on est dans la finance, on doit financer le monde tel qu’il est dit. Il faut sauter dans le bain et s’attaquer aux problèmes de l’heure comme la souveraineté énergétique. »

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La transition vers la nouvelle économie bien engagée https://www.finance-investissement.com/nouvelles/developpement-des-affaires/la-transition-vers-la-nouvelle-economie-bien-engagee/ Wed, 27 Nov 2024 11:05:12 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=104182 Malgré les aléas politiques

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« L’accélération des changements climatiques n’est pas en voie de s’arrêter, au contraire, et cela crée des occasions d’investissement, peu importe le gouvernement en place », a réagi Catherine Bérubé, associée chez Cycle Capital, qui commentait l’arrivée au pouvoir à Washington de la nouvelle administration républicaine. Ses commentaires étaient faits à l’occasion d’un webinaire organisé par CFA Montréal, le 13 novembre dernier, qui portait sur le financement climatique pour passer à une économie mondiale à faibles émissions de carbone.

« Oui, les changements de gouvernement à la suite d’élections ont toujours des impacts sur la suite des choses, mais on a l’avantage d’avoir un mandat plutôt large, des projets de décarbonation et du clean-tech, mais aussi des projets dans ce qui touche à la chaîne d‘approvisionnement batteries et minéraux critiques (NDLR comme le lithium, le cobalt, le nickel et les terres rares), ce qui nous permet de nous concentrer sur le long terme vers des projets porteurs d’avenir », ajoute pour sa part Katherine Dewar, première directrice, gestion d’actifs, à Fonds de croissance du Canada. « Le fonds en soi c’est quand même du capital patient dont on ne s‘attend pas de réaliser un retour en deux ans, ce qui fait qu’on ne dépend pas du cycle électoral année après année, on peut prendre une perspective long terme et diversifier nos investissements. »

Elle souligne toutefois qu’il demeure important de bien suivre et comprendre l’évolution des politiques réglementaires qui ont cours ici et au sud de la frontière pour mieux se positionner à plus long terme. « Ce n’est pas seulement réfléchir à ce que le prochain gouvernement pense, parce que le vent souffle alors plus à droite ou à gauche, c’est davantage une vue à long terme. »

François Bourdon, associé directeur chez Nordis Capital, animait l’événement et a rappelé en début de rencontre que les investissements dans les technologies climatiques continuaient leur irrésistible croissance. « Ces investissements dans les solutions climatiques sont essentiels pour assurer la transition vers la carboneutralité. » Il a cité des données de la firme McKinsey, prises entre 2019 et 2022, qui démontrent que les investisseurs en capital-investissement ont lancé plus de 330 nouveaux projets de développement durable et de fonds d’impact. Les actifs sous gestion de ces fonds ont triplé pendant la période, passant de 90 milliards à 270 milliards de dollars (G$).

Plus récemment, selon François Bourdon, l’Alliance des détenteurs d’actifs net-zéro [Net-Zero Asset Owner Alliance], a publié leur quatrième rapport d’étape duquel est ressorti que les actifs privés ont plus que doublé, à 33 M$ depuis 2022, soit une hausse de 200%. « Cela représente 555 milliards de dollars en 2023, soit environ 6% de l’actif total. »

Les différents experts ont parlé à tour de rôle de quelques-uns des projets et solutions innovantes mis de l’avant pour faciliter le net-zéro, notamment dans les champs de l’optimisation énergétique et de l’économie circulaire, dont l’idée centrale de cette dernière est de réduire le gaspillage et de maximiser l’utilisation des ressources en prolongeant leur cycle de vie.

Philipe Crête, directeur général à l’investissement, Fondaction Gestion d’actifs, a mentionné l’investissement qu’ils ont effectué dans CarbiCrete, « une jeune pousse issue de l’écosystème montréalais et de la recherche à l’université McGill ». Cette entreprise, située dans l’arrondissement de Lachine, a conçu un procédé pour fabriquer un nouveau béton sans ciment, « le ciment étant l’un des grands émetteurs de GES sur la planète ». Le directeur à Fondaction a expliqué notamment comment CarbiCrete remplace l’utilisation du ciment par l’incorporation de scories d’acier, en captant du CO2, et créant des blocs en béton qui sont carbonégatifs. « Elle a le vent dans les voiles, avec des partenariats, avec Patio Drummond notamment, pour commencer la commercialisation de ces blocs, les premiers blocs de béton négatifs en carbone rendus disponibles sur le marché nord-américain. »

Katherine Dewar du Fonds de croissance du Canada a fait état de la création récente d’un partenariat stratégique avec Varme Énergie et Gibson Énergie afin d’accélérer le développement de la première installation de valorisation énergétique des déchets dotée d’une technologie de capture du carbone au Canada. « Grosso modo, il s’agit de prendre des déchets municipaux, de les transformer pour produire de l’électricité, et – en cours de processus – de capter toutes les émissions de CO2 pour les séquestrer dans le sol et produire au final une énergie propre. »

La directrice a rappelé qu’un tel projet revêtait un potentiel important qui pourrait être reproduit à travers les municipalités au pays et permettre à terme au Canada d’exporter cette expertise à l’échelle mondiale.

Catherine Bérubé, associée chez Cycle Capital, une plateforme de capital-risque dans les technologies climatiques, a mentionné pour sa part la participation de sa société dans le financement d’Airex Énergie, une entreprise québécoise basée à Montréal qui développe et fournit des solutions de décarbonation. L’entreprise produit du biocharbon (avec un potentiel de réduction de GES de 90%), du biochar qui permet la séquestration de carbone (un type de charbon produit par la pyrolyse de biomasse dérivé de la décomposition thermique de matières organiques comme le bois, les résidus agricoles ou les déchets verts), et du biocarbone. « Trois applications hyper différentes qui contribuent à la lutte aux changements climatiques. C’est donc un modèle d’affaires qui cadre en tout point en économie circulaire. »

L’associée chez Cycle Capital rappelle que l’entreprise possède une usine en fonction à Bécancour depuis plusieurs années et qu’elle en construit une autre dans la région de Port-Cartier. « C’est un partenariat que nous avons avec Suez et qui a l’ambition de produire plusieurs autres usines à travers le monde. »

Optimisation énergétique

« Une autre des thématiques qui nous intéressaient depuis quelques années c’était de comment financer l’optimisation énergétique, comment on réduit notre consommation énergétique pour libérer des mégawatts, puis accueillir de nouvelles entreprises et permettre à la nouvelle économie de croître », expliquait Philipe Crête de Fondaction Gestion d’actifs.

Le défi, selon lui, c’est qu’il y a peu d’investissements au plan industriel ou commercial en efficacité énergétique. « Une des raisons pour cela est que les périodes de retour sur l’investissement sont assez longues dans le temps. »  C’est pour faciliter et accélérer la mise en œuvre de projets d’efficacité énergétique dans les entreprises québécoises qu’Econoler et Fondaction ainsi que d’autres partenaires ont créé la Société de financement et d’accompagnement en performance énergétique (SOFIAC). « L’enveloppe initiale était d’environ 180 M$. C’est l’une des premières organisations au Canada à offrir une telle approche financière et technique pour la mise en place de mesures en efficacité énergétique pour les entreprises des secteurs commerciaux et industriels. »

Un des premiers gros projets annoncés, un financement autour de 14M$, est avec Aéroport de Montréal. « Il est sur le point d’être lancé et consiste à moderniser tout le système central de chauffage, convertir le système d’éclairage au DEL, réduire les consommations d’eau chaude, etc. »

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