option d'achat couverte | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/option-dachat-couverte/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Fri, 05 Jun 2026 20:52:29 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png option d'achat couverte | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/option-dachat-couverte/ 32 32 Les stratégies à options d’achat couvertes gagnent du terrain https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/les-strategies-a-options-dachat-couvertes-gagnent-du-terrain/ Wed, 10 Jun 2026 09:58:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114382 FOCUS FNB – Les investisseurs y voient une source de revenus sans quitter les marchés.

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Les fonds négociés en Bourse (FNB) axés sur le revenu, particulièrement ceux intégrant des stratégies d’options d’achat couvertes, occupent une place grandissante dans l’industrie et suscitent un intérêt accru auprès des investisseurs à la recherche de distributions régulières.

Une tendance qui est également visible dans les flux de capitaux. Selon Valeurs Mobilières TD (VMTD), les FNB à options d’achat couvertes ont enregistré près de 9,8 milliards de dollars (G$) de souscriptions nettes au Canada en 2025, ce qui en fait l’un des segments les plus dynamiques de l’industrie des FNB. À la fin de 2024, l’univers des fonds de placement canadiens comptait 192 FNB d’options d’achat couvertes, dont 49 lancés au cours de la seule année 2024, rapporte pour sa part Gestion de placements Canada Vie, qui cite les données d’ISS Market Intelligence Simfund Canada.

« Leur attrait découle de la baisse du taux directeur, qui a rendu difficile pour les FNB de titres à revenu fixe d’offrir le rendement de 5 %, auquel de nombreux investisseurs se sont habitués », indiquent notamment les auteurs du billet Perspectives des FNB pour 2026 : composer avec la prochaine vague de croissance, Andres Rincon, directeur général et chef, Ventes et stratégie de FNB, et Casey Yang, première directrice, Ventes et stratégie de FNB, tous deux de VMTD.

Outre la recherche de solutions permettant de demeurer exposé aux marchés tout en générant des revenus réguliers, plusieurs autres facteurs nourrissent la croissance de ce type de solution d’investissement.

Le vieillissement démographique et le besoin croissant de revenus stables et prévisibles qui en découle constituent l’un des moteurs les plus évidents, estime Jeff Lucyk, chef des ventes, Hamilton ETFs. « Une part importante du patrimoine investissable est aujourd’hui détenue par des investisseurs plus âgés qui cherchent à générer un niveau de revenu leur permettant de soutenir leur mode de vie et de répondre à leurs besoins financiers », dit-il.

Mark Noble, premier vice-président, Stratégie du marché de détail et facilitation des ventes, Guardian Capital LP, formule un constat similaire. « Une forte proportion des investisseurs canadiens sont à la retraite ou sur le point de l’être, ce qui accroît leur besoin de puiser dans leurs portefeuilles de placement pour subvenir à leurs besoins. Le défi, c’est qu’une grande partie d’entre eux sont des retraités relativement jeunes, c’est-à-dire dans la fin de la soixantaine ou au début des 70 ans, et qui, d’un point de vue statistique, disposent d’un horizon de placement de 10 à 15 ans. »

Une réalité qui, selon lui, pousse les investisseurs à rechercher un équilibre entre revenu courant et croissance du capital. « Cet objectif peut être atteint en investissant dans des stratégies qui combinent un potentiel de rendement plus élevé et des distributions de revenu. Il s’agit généralement d’actions versant des dividendes, de stratégies d’options d’achat couvertes ou encore de stratégies de revenu fixe non traditionnelles. »

Augmenter le revenu sans modifier l’allocation d’actifs

L’attrait de ces stratégies repose d’abord sur leur capacité à générer des distributions, avance Jean-François Girard, vice-président et chef du développement et gestion des fonds d’investissement chez Desjardins Gestion de patrimoine. « Les stratégies de revenu vendent des options d’achat (call option) sur les titres qu’ils détiennent, ce qui génère du revenu sous forme de distributions mensuelles ou trimestrielles. Le revenu généré pour ces fonds est de l’ordre de 6 % à 10 % par année, ce qui est fort intéressant comparé à d’autres produits d’investissement. »

Il souligne également que ces stratégies permettent à plusieurs investisseurs d’accéder à des techniques autrement complexes. « Il n’est pas simple de négocier des options d’achat pour les conseillers en placement et les investisseurs. Les options d’achat sont intégrées dans le produit, ce qui évite la complexité technique de bâtir soi-même une stratégie. »

Ces stratégies présentent un autre avantage important pour les conseillers, ajoute Mark Noble. « Les clients ont un besoin de revenu, mais modifier l’allocation d’actifs d’un portefeuille afin de générer davantage de revenus peut entraîner des conséquences imprévues sur les objectifs et le profil de risque du client. »

C’est pourquoi les stratégies de revenu générées à partir des actions, particulièrement les stratégies impliquant les options d’achat couvertes, « peuvent permettre à l’investisseur de tirer davantage de revenus de sa composante en actions sans augmenter de façon importante le risque global du portefeuille. »

Jugeant le niveau de risque d’une stratégie d’options d’achat couvertes sur le S&P 500 plus ou moins comparable à celui du S&P 500 lui-même, Mark Noble estime que le recours à une stratégie d’options d’achat couvertes permet au client « d’échanger une partie de son potentiel de rendement futur contre un revenu immédiat fiscalement avantageux ». Ainsi, l’allocation d’actifs du portefeuille ne change pas vraiment, et « c’est surtout le niveau de revenu généré par celui-ci qui est modifié. », dit-il.

Un compromis que les investisseurs doivent comprendre

L’intérêt pour ces stratégies ne doit toutefois pas faire perdre de vue qu’elles comportent certains compromis. « Les stratégies d’options d’achat couvertes peuvent contribuer à générer des niveaux de revenu plus élevés et potentiellement réduire la volatilité, mais cela implique généralement de renoncer à une partie du potentiel de hausse dans les marchés fortement haussiers », rappelle à cet égard Jeff Lucyk.,

Une analyse partagée par Jean-François Girard. « Les primes encaissées agissent comme un coussin contre les baisses et réduisent le potentiel de croissance, ce qui a pour effet d’atténuer la volatilité », dit-il.

Mark Noble estime toutefois que les stratégies de revenu fondées sur l’utilisation de produits dérivés constituent probablement le segment le plus mal compris par les investisseurs.

Selon lui, plusieurs investisseurs croient que le taux de distribution de ces stratégies équivaut à leur rendement. « Ce n’est tout simplement pas le cas ! lance-t-il. Un FNB utilisant des dérivés qui affiche un taux de distribution de 12 % ne génère pas nécessairement un rendement de 12 % ; ce chiffre représente simplement le revenu produit par la stratégie. »

Il ajoute que le « rendement total, qui dépend de l’évolution de la valeur des titres sous-jacents détenus dans le portefeuille, pourrait être fortement négatif, ce qui réduirait considérablement le rendement global. »

Un outil de plus en plus utilisé par les conseillers

Pour les conseillers, ces produits peuvent répondre à plusieurs objectifs.

« Ce type de placement peut être utile pour les investisseurs qui sont à la recherche d’un revenu plus élevé, tels les retraités et pour une clientèle cherchant à réduire la volatilité de leur placement tout en demeurant exposer aux marchés boursiers », explique Jean-François Girard.

Jeff Lucyk évoque aussi une utilisation plus tactique. « Certains conseillers utilisent également ces stratégies de façon tactique afin d’atteindre des objectifs précis de portefeuille, notamment pour accroître le niveau global de revenu généré. », illustre-t-il.

L’utilisation de ces stratégies exige néanmoins une compréhension adéquate des risques. « Une performance extraordinaire récente peut inciter les investisseurs à se lancer et s’exposer fortement, au détriment de la diversification de ses placements », rappelle Jean-François Girard.

La clé demeure toutefois une compréhension complète de ce que l’investisseur échange réellement, affirme Mark Noble. « En investissement, la majorité du rendement provient de l’appréciation du capital et non du revenu. Plusieurs de ces produits convertissent essentiellement un potentiel d’appréciation future en revenu immédiat. »

Si la popularité des stratégies de revenu semble appelée à se maintenir, tous s’entendent pour dire qu’une utilisation efficace reposera toujours sur la capacité des conseillers à expliquer clairement les compromis entre revenu courant, potentiel de croissance et rendement total.

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Des FNB plus sophistiqués : les conseillers suivent-ils le rythme ? https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/des-fnb-plus-sophistiques-les-conseillers-suivent-ils-le-rythme/ Wed, 10 Jun 2026 09:52:02 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114398 FOCUS FNB — L’accès à des stratégies autrefois réservées aux produits structurés et aux fonds alternatifs démocratise l’innovation, mais accroît la complexité du marché.

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Le marché canadien des fonds négociés en Bourse (FNB) n’a jamais offert autant de choix aux conseillers et aux investisseurs. Selon ETFGI, l’industrie comptait 375 FNB et 523 inscriptions à la fin de 2015. Dix ans plus tard, elle regroupait 1 482 FNB et 1 861 inscriptions, illustrant l’expansion rapide et la diversification de ce secteur.

« Le Canada compte plus de 1 800 FNB et, de plus en plus, les nouveaux lancements portent sur des stratégies complexes plutôt que sur des produits indiciels traditionnels. », indique Jeff Lucyk, chef des ventes, Hamilton ETFs.

En effet, les manufacturiers canadiens de FNB multiplient les stratégies spécialisées. Selon Valeurs mobilières TD, les deux tiers des nouveaux FNB lancés au Canada en 2025 étaient des stratégies à gestion active, reflétant l’intérêt croissant pour des solutions plus ciblées allant au-delà des produits indiciels traditionnels. Cette diversification élargit considérablement les possibilités offertes aux conseillers, mais complexifie également l’analyse et la sélection des produits, estime Jeff Lucyk.

Malgré cette évolution, les conseillers demeurent relativement disciplinés dans leurs choix, estime Mark Noble, premier vice-président, Stratégie du marché de détail et facilitation des ventes, Guardian Capital. « Les sommes investies par les conseillers continuent généralement d’être dirigées vers des stratégies relativement simples et traditionnelles. »

Selon lui, la plupart des structures de FNB plus complexes « sont conçues pour atteindre des objectifs très précis et répondent à des besoins particuliers pour certains types d’investisseurs ».

Si plusieurs observateurs parlent d’une complexification rapide du marché, Mark Noble, rappelle que les stratégies elles-mêmes ne sont pas nouvelles. « La complexité que l’on retrouve aujourd’hui dans certains FNB n’est pas très différente de celle qui existe depuis des décennies dans les produits structurés et les fonds alternatifs. La différence, c’est que la structure du FNB est plus facilement accessible et permet à un plus grand nombre d’investisseurs d’avoir accès à ce type de stratégies », affirme-t-il.

Les conseillers ne réagissent toutefois pas tous de la même façon à cette évolution.

Certains sont à l’affût des nouveautés et des tendances « et sont très à l’aise de les proposer rapidement à leur clientèle », décrit Jean-François Girard, vice-président et chef du développement et gestion des fonds d’investissement chez Desjardins Gestion de patrimoine.

À l’inverse, il observe aussi des conseillers « plus traditionnels dans leur approche, qui vont attendre un historique de rendements plus long et une adoption plus répandue dans le marché ».

Une prudence qui n’est guère surprenante dans un contexte où les obligations réglementaires entourant la connaissance des produits et l’analyse de leur convenance se multiplient.

Les principales zones de confusion

Bien que les conseillers maîtrisent généralement les grandes catégories de FNB, certains segments continuent de susciter des incompréhensions.

« Les FNB qui comprennent des produits dérivés, tels des FNB d’options d’achat couvertes, sont complexes et peuvent être parfois difficiles à comprendre, affirme Jean-François Girard. Un produit avec options d’achat couvertes ayant un revenu très élevé peut sembler très alléchant, mais il faut comprendre le montage à l’intérieur du produit afin de bien discerner les risques. »

Jeff Lucyk identifie un autre angle mort important : la liquidité des FNB. « De nombreux investisseurs croient à tort que la liquidité d’un FNB est déterminée par son volume quotidien de négociation. En réalité, elle dépend principalement de la liquidité des titres sous-jacents détenus dans le portefeuille du FNB. »

« Par exemple, un FNB répliquant l’indice S&P 500 peut afficher un volume de transactions relativement faible lors d’une journée donnée, tout en permettant l’exécution efficace d’importants ordres d’achat ou de vente. Cela s’explique par le fait que les teneurs de marchés du marché primaire peuvent créer ou racheter des parts afin de fournir de la liquidité supplémentaire lorsque nécessaire. », illustre-t-il.

À cet égard, Jeff Lucyk recommande généralement d’utiliser des ordres à cours limité lors de la négociation de FNB afin de « favoriser une exécution plus efficace des transactions et d’obtenir une meilleure qualité de prix ».

L’éducation demeure le véritable enjeu

Ses discussions avec les conseillers portent Mark Noble à croire qu’ils comprennent généralement très bien le fonctionnement de la plupart des produits FNB. Il rappelle néanmoins « qu’en placement, il n’y a pas de repas gratuit : chaque décision d’investissement comporte un compromis entre le risque et le rendement, et la plupart des investisseurs et conseillers expérimentés ont bien intégré cette réalité ».

« Si vous générez davantage de revenus immédiats à l’aide de produits dérivés, il y aura mathématiquement une augmentation du risque sous forme de pertes potentielles ou d’une diminution des rendements futurs. », illustre-t-il.

Selon lui, le véritable défi concerne les investisseurs eux-mêmes. Il estime ainsi que davantage d’éducation auprès des clients et des investisseurs est nécessaire afin de favoriser « une meilleure compréhension du compromis risque-rendement ».

Mark Noble s’interroge toutefois sur la provenance de cette éducation. « Le segment d’investisseurs qui connaît la croissance la plus rapide est celui des investisseurs autonomes, qui s’informent principalement par l’intermédiaire des médias sociaux et d’autres plateformes numériques. »

Il compare souvent cela aux conseils en matière de santé ou de nutrition que l’on trouve en ligne : « il y a beaucoup d’excellente information, mais il peut être difficile d’en valider la qualité et la fiabilité ». Il est d’avis que les sources les plus visibles, les plus affirmatives et celles qui font les promesses les plus ambitieuses « ont souvent plus d’écho que celles qui prônent des principes comme la patience, pourtant essentielle au succès en investissement, même si elle est beaucoup moins captivante ».

La complexification actuelle du marché demeure essentiellement une évolution normale, « mais qui exige une mise à niveau continue », estime pour sa part Jean-François Girard.

Jeff Lucyk arrive à une conclusion similaire. « Le véritable défi n’est pas seulement de comprendre le fonctionnement de ces produits, mais également d’être capable de les expliquer clairement et simplement aux clients. »

Dans un univers qui compte désormais environ 1 800 FNB canadiens et où les stratégies se spécialisent de plus en plus, « la capacité des conseillers à distinguer innovation utile et complexité inutile pourrait devenir l’un des principaux facteurs de différenciation. »

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FNB à faible coût et à revenus https://www.finance-investissement.com/nouvelles/fnb-a-faible-cout-et-a-revenus/ Thu, 21 May 2026 11:17:30 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114023 Battre le fer pendant qu’il est chaud

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De passage à Montréal, Jennifer Mersereau et Patrick Sommerville, les co-PDG de Hamilton ETFs, l’un des fournisseurs de FNB dont la croissance est la plus rapide au Canada, avec un actif sous gestion de plus de 15 milliards de dollars (G$), ont rencontré Finance et Investissement, histoire de faire le point moins de deux ans après le début de leur co-habitation à la tête de l’entreprise, mais aussi pour discuter de ce qui se profile à l’horizon pour la jeune société de gestion d’actifs spécialisée dans les fonds d’investissement.

Jennifer Mersereau, co-PDG et aussi co-fondatrice, a d’abord rappelé la jeune histoire de Hamilton ETFs, fondée en 2009 (en pleine crise financière) par elle et son collègue, Robert Wessel. « Nous avions auparavant travaillé chez Financière Banque Nationale à Toronto. J’avais rejoint l’équipe de Rob en tant qu’associée en assurance et dès 2007, nous gérions un portefeuille interne pour la banque. Nous avons finalement décidé de bâtir quelque chose de façon indépendante et de lancer notre propre firme. »

S’ils se sont d’abord concentrés sur des placements privés destinés à des investisseurs accrédités, ils ont rapidement compris le potentiel des fonds négociés en Bourse (FNB) après avoir été exposés à leur structure. « Nous avons réalisé à quel point celle-ci était efficace et facilement évolutive. Nous avons lancé notre premier FNB il y a plus de dix ans, et Patrick (Sommerville) s’est joint à la firme en juin 2013 comme premier représentant des ventes. »

Si le succès semble aujourd’hui sourire à la firme — qui a plus que doublé son actif sous gestion en moins de deux ans — Jennifer Mersereau a tenu à souligner que, même après leur transition complète vers les FNB, il a fallu plusieurs années de travail soutenu avant que l’entreprise ne connaisse un véritable essor vers 2020. « Durant ces premières années, Rob et Patrick ont passé énormément de temps sur la route à rencontrer des conseillers, des bureaux de gestion multifamiliale (Family Offices) et des investisseurs. »

Patrick Sommerville renchérit : « nos actifs sous gestion en FNB s’approchent maintenant de 16 milliards, ce qui est remarquable quand on pense qu’au moment de la pandémie, nous gérions environ 300 millions de dollars. Nous sommes très fiers du chemin parcouru. »

À mesure que la firme évoluait et prenait de l’expansion, leurs deux rôles aussi ont évolué à la direction, d’abord comme co-présidents puis co-PDG à mesure que Rob Wessel se retirait progressivement de la gestion quotidienne de la firme.

Le modèle avec deux chefs de la direction n’est pas courant, reconnaît Patrick Sommerville, qui souligne que des études suggèrent même que ce type de gestion ne fonctionne pas toujours bien, mais il précise que leur situation est particulière. « Hamilton appartient à ses employés, donc il n’y a ni compétition interne ni lutte de pouvoir. Nous sommes totalement alignés sur ce qui est dans le meilleur intérêt de la firme et de nos clients. »

Il évoque leur rôle complémentaire et leurs compétences. « Jennifer possède une expertise en gestion de portefeuille et en opérations, tandis que mon parcours est davantage lié aux ventes et au marketing. La collaboration a toujours été au cœur de la culture de l’entreprise. » « La structure à deux chefs de la direction reflète simplement notre façon naturelle de fonctionner, » souligne quant à elle Jennifer Mersereau.

Des produits axés sur le revenu

Patrick Sommerville note qu’avec le temps la firme a rapidement su s’adapter et identifier les nouveaux secteurs en croissance, comme la forte demande pour des produits axés sur le revenu. « À l’origine, nous étions très concentrés sur le secteur financier, puis nous sommes entrés dans le marché des FNB à options d’achat couvertes, qui est devenu un important moteur de croissance pour nous. » Hamilton figure parmi les fournisseurs de FNB à options d’achat couvertes connaissant la plus forte croissance au Canada. « Une grande partie de notre évolution provient du fait que nous avons été très attentifs au marché et aux lacunes où nous croyions pouvoir ajouter de la valeur », a expliqué Jennifer Mersereau.

Les co-chefs de la direction d’Hamilton ETFs conviennent que les stratégies d’options d’achat couvertes n’étaient pas nouvelles quand ils ont intégré ce segment en 2022, mais ils étaient convaincus qu’elles répondaient à un besoin d’investisseurs à la recherche de revenu fiscalement avantageux. « C’est ce qui nous a amenés à lancer HDIV, notre premier FNB à options d’achat couvertes. C’était le premier FNB du genre au Canada puisqu’il incorporait un levier financier. Cela nous permettait d’offrir un rendement du portefeuille plus élevé tout en atténuant l’un des inconvénients traditionnels des stratégies d’options couvertes, soit le potentiel de hausse plafonnée », a expliqué Patrick Sommerville.

«Tous nos produits ne sont pas complexes, mais les stratégies d’options couvertes nécessitent davantage d’éducation, reconnaît Jennifer Mersereau qui croit que l’éducation demeure essentielle. Nous devons communiquer clairement et de façon transparente afin que les conseillers comprennent pleinement les produits et les risques associés. » Ils organisent régulièrement des webinaires et des présentations éducatives partout au Canada où ils discutent des avantages et des inconvénients de ces stratégies, de leur positionnement dans les portefeuilles et des types d’investisseurs auxquels elles conviennent le mieux.

Craignent-ils un certain essoufflement pour ce segment qui est en quelque sorte « la saveur du jour » ? « Nous croyons qu’il y a encore un très long potentiel de croissance. Les tendances démographiques continuent de soutenir une forte demande pour les produits de revenu », est d’avis Patrick Sommerville. La seule chose, selon lui, qui pourrait ralentir cette tendance serait un marché baissier prolongé qui découragerait les investisseurs de participer aux marchés.

Même si les stratégies de revenu ont représenté pour eux un vecteur de croissance, la firme continue d’offrir des solutions de placement conçues pour les investisseurs à long terme axés sur la croissance. Plus récemment, la firme a lancé la gamme Hamilton Champions, composée de FNB d’actions de base à faible coût. « Notre objectif est d’offrir des solutions adaptées à une grande variété de besoins, autant en matière de revenu que de croissance. »

L’un des défis dans l’industrie des FNB, selon Jennifer Mersereau, c’est la difficulté d’identifier directement qui sont les détenteurs de leurs produits. « Une grande partie de notre rétroaction provient des discussions que nous avons avec les conseillers et les représentants. »

Ils continuent d’observer un déplacement à long terme des fonds communs de placement vers les FNB. « Les fonds communs continuent de croître, mais à un rythme beaucoup plus lent, tandis que l’industrie des FNB connaît une expansion rapide. » « Les conseillers apprécient de plus en plus les faibles coûts, la transparence et la diversification qu’offrent les FNB. Plusieurs utilisent maintenant les FNB presque comme des substituts à des actions individuelles dans leurs portefeuilles », précise Patrick Sommerville

Volatilité et environnement réglementaire

Jennifer Mersereau ne croit pas qu’il se dégage une tendance dominante en matière de stratégies dans le contexte actuel de taux d’intérêt et de volatilité des marchés, mais suggère que les changements démographiques sont peut-être la variable qui influe le plus sur les besoins des investisseurs. « C’est pourquoi nous avons considérablement élargi notre gamme de produits. » Son co-PDG abonde dans le même sens : « le changement démographique a stimulé la demande pour des produits axés sur le revenu, et, d’un autre côté, les jeunes investisseurs sont de plus en plus attirés par des solutions de FNB à faible coût. »

La co-PDG et co-fondatrice ajoute que l’environnement réglementaire n’a pas été un frein au développement de leurs produits, même si le lancement de produits à levier a nécessité un examen plus approfondi, en raison de leurs structures relativement nouvelles. « Mais de façon générale, nous ne cherchons pas à repousser agressivement les limites réglementaires. » Pour Patrick Sommerville, lancer une excellente idée de FNB n’est qu’une partie du défi. « La partie difficile consiste à faire connaître le produit et à attirer des actifs. Il faut éduquer les conseillers, expliquer la proposition de valeur et bâtir la confiance. »

Dans un horizon à court et moyen terme, Jennifer Mersereau dit que la firme va continuer sa croissance en renforçant l’organisation à l’interne. « Nous voulons nous assurer que nous avons les bonnes personnes et les bonnes infrastructures en place pour soutenir la croissance future. »

Confiant que l’attrait des FNB n’est pas près de s’essouffler, « comme en font foi les données colligées sur leur croissance depuis cinq ans », notamment en raison de leur caractère innovant, leur bas coût et leur transparence, Patrick Sommerville soutient qu’Hamilton ETFs va s’affairer à bonifier son offre. « Ce sera peut-être là le réel défi pour les conseillers, qui devront naviguer dans une offre de produits grandissante et un secteur plus compétitif. »

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Le pour et le contre des FNB de vente d’options d’achat couvertes https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/guy-lalonde/le-pour-et-le-contre-des-fnb-de-vente-doptions-dachat-couvertes/ Wed, 13 May 2026 10:22:01 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=113784 ZONE EXPERTS — Comme toujours, bien s’informer demeure le meilleur investissement.

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Les fonds négociés en Bourse (FNB) dont la stratégie consiste à vendre des options d’achats couvertes (covered call) sur une partie de leur actif sous gestion connaissent un essor spectaculaire depuis quelques années, en particulier auprès des investisseurs en quête de revenus réguliers et de simplicité.

Leur popularité s’est accentuée dans un contexte de forte volatilité des marchés, de rendements obligataires insuffisants et un désir de se prémunir contre l’incertitude des marchés. Mais l’apparence de simplicité de ces produits cache une importante complexité et des résultats incertains. L’historique de rendements de plusieurs de ces produits me laisse croire que le prix en termes de sous-performance par rapport à des solutions plus simples qui sont aisément à la portée de l’investisseur est peut-être parfois élevé.

De plus, dans leur désir de verser des distributions fixes parfois très élevées, certains de ces FNB peuvent entraîner des conséquences fiscales importantes pour certains clients. Comme toujours, bien s’informer et adopter une approche globale de son portefeuille demeurent le meilleur investissement.

Dans sa forme classique, un FNB « covered call » est un fonds indiciel coté qui combine deux éléments. D’abord, il contient un portefeuille d’actions, généralement adossé à un grand indice comme le S&P 500, le Nasdaq 100 ou un indice sectoriel comme les banques ou les pétrolières. Ensuite, on le combine à la vente systématique d’options d’achat (calls) sur ces mêmes actions ou sur l’indice correspondant. Récemment sont apparus des FNB « covered call » sur des titres individuels et même sur des cryptoactifs.

En vendant ces options, le FNB encaisse des primes qui viennent s’ajouter aux dividendes éventuels et sont redistribuées aux investisseurs sous forme de revenus, le plus souvent mensuels. En contrepartie, le fonds renonce à une partie du potentiel de hausse : si la valeur des actifs sous-jacents dépasse le prix d’exercice des options vendues, les gains sont plafonnés.

Les avantages mis en avant par les promoteurs : Les FNB « covered call » sont généralement commercialisés autour de plusieurs arguments clés, dont des revenus réguliers et fixes, une volatilité plus faible, une plus grande protection en périodes de baisses boursières, et offrant une approche « clé en main » pour l’investisseur. Je me suis penché sur chacun de ces arguments.

Revenus élevés et réguliers
Le principal attrait réside dans le niveau des distributions. Les primes d’options, encaissées de façon récurrente, permettent d’afficher des distributions annuelles élevées, souvent bien supérieures à ceux des FNB d’actions traditionnels ou des fonds obligataires. Certains fonds offrent des séries T versant des distributions allant même dans les deux chiffres. Ces « revenus réguliers » séduisent particulièrement les investisseurs orientés vers le cash-flow, comme les retraités.

Volatilité perçue comme plus faible
Les primes encaissées jouent un rôle d’amortisseur en cas de marchés légèrement baissiers ou stagnants. Dans ces phases, les FNB « covered call » peuvent afficher une performance supérieure à celle de l’indice sous-jacent, car ce dernier ne génère que peu de gains en capital.

Protection contre les marchés baissiers

En périodes de marchés baissiers, la vente de prime offre un coussin de protection. Durant des périodes prolongées, les positions peuvent faire l’objet d’un « roll down » — c’est-à-dire être reconduites vers des prix d’exercice plus faibles — et la prime est collectée mois après mois, permettant d’atténuer les pertes sur le sous-jacent.

Stratégie « clé en main »
La vente d’options est une activité techniquement complexe pour un investisseur individuel. Les FNB permettent d’y accéder simplement, avec une gestion professionnelle, une grande liquidité et une transparence quotidienne. Aussi, les distributions sont exécutées automatiquement pour l’investisseur.

Les FNB « covered call » livrent-ils les avantages promis ? Pour plusieurs d’entre elles, c’est le cas, mais plusieurs nuances sont importantes. Un conseiller doit évidemment tenir compte que certains de ces avantages dépendent d’une conjoncture de marché particulière et qu’il existe parfois d’autres options moins coûteuses à mettre en place pour se rapprocher de l’objectif à atteindre.

Sous-performance en marché haussier

La stratégie de vente d’options d’achats couvertes se veut conservatrice. Il est donc sans surprise que son rendement annuel moyen soit inférieur à celui de son indice sous-jacent si ce dernier évolue généralement à la hausse. La question est de savoir à combien se chiffre ce manque à gagner, et à combien se chiffrent les gains en matière de diminution de volatilité et de protection en marchés baissiers. Sur les dix dernières années, le FNB Invesco S&P 500 BuyWrite (PDP), l’un des pionniers des stratégies d’options d’achat couvertes, a affiché un rendement annualisé qui comprend le réinvestissement des distributions (total return), en dollars américains, de 6,95 %, contre 14,88 % pour le FNB iShares Core S&P 500 ETF (IVV) qui suit l’évolution du S&P 500.

Depuis son lancement en avril 2006, le FNB PBP a généré un rendement annualisé (total return en dollars US) d’environ 4,9 %, contre près de 11 % pour l’indice S&P 500. Dans un contexte où les marchés boursiers tendent à progresser à long terme, le plafonnement du potentiel haussier associé aux stratégies d’options d’achat couvertes peut représenter un désavantage important. Le FNB Global X NASDAQ 100 Covered Call ETF, une stratégie d’options d’achat couvertes sur le Nasdaq-100, a généré un rendement annualisé d’environ 9,2 % sur dix ans, contre près de 20 % pour le Invesco QQQ Trust. Depuis le lancement du QYLD en décembre 2013, l’écart de rendement demeure également important en faveur du QQQ. Les données incluent le réinvestissement des distributions.

Ce n’est pas rien comme sous-performance. Cela semble payer bien cher pour recevoir une distribution clé en main. Surtout lorsque l’on s’aperçoit que la protection à la baisse est de modeste à inexistante, dépendant de la période et du produit étudiés.

Les données historiques montrent que les stratégies de « covered call » captent l’essentiel des baisses, mais seulement une fraction des hausses.

Les primes d’options offrent en effet une protection limitée, mais insuffisante lors des marchés fortement baissiers. Lors de la correction boursière de 2020 liée à la pandémie, le FNB BMO Covered Call Canadian Banks ETF n’a pas significativement mieux protégé les investisseurs que le BMO Equal Weight Banks Index ETF, selon BMO. Les deux produits ont subi des reculs comparables au plus fort de la crise, malgré les primes générées par la stratégie d’options d’achat couvertes.

Durant le marché baissier de 2022, les stratégies d’options d’achat couvertes ont effectivement mieux limité les pertes que les FNB indiciels traditionnels, du moins sur une base de rendement total avec distributions réinvesties.

Le Global X NASDAQ 100 Covered Call ETF (QYLD) a ainsi reculé d’environ 19 %, comparativement à près de 33 % pour le Invesco QQQ Trust (QQQ), qui réplique le Nasdaq-100.

De son côté, le Invesco S&P 500 BuyWrite ETF (PBP) a mieux résisté que le iShares Core S&P 500 ETF (IVV), qui suit le S&P 500. Les pertes ont été plus limitées pour le FNB à stratégie « buy-write », même si l’écart de protection est demeuré beaucoup moins marqué que dans le cas du Nasdaq-100, selon les sites de Global X, Investors Fastrack et Powershare.

La même dynamique s’est observée lors de la correction du début de 2025 : les stratégies couvertes ont généralement affiché une volatilité et des reculs plus faibles que les indices boursiers traditionnels, au prix toutefois d’un potentiel de hausse significativement réduit à long terme.

Les stratégies d’options d’achat couvertes affichent effectivement une volatilité plus faible que les grands indices boursiers traditionnels.

Depuis leur lancement, le Invesco S&P 500 BuyWrite ETF (PBP) a présenté un écart-type annualisé d’environ 15 %, contre près de 20 % pour l’indice S&P 500. De façon similaire, le Global X NASDAQ 100 Covered Call ETF (QYLD) a affiché une volatilité d’environ 15 %, comparativement à plus de 21 % pour le Nasdaq-100 représenté par le Invesco QQQ Trust (QQQ), selon les sites d’Invesco et Global X.

Cette réduction de la volatilité s’est toutefois accompagnée d’une sous-performance importante à long terme sur une base de rendement total avec distributions réinvesties.

Les données de capture de marché illustrent également l’asymétrie de ces stratégies : les FNB « covered call » participent généralement davantage aux marchés baissiers qu’aux marchés haussiers.

Historiquement, PBP n’a capté qu’environ 54 % des hausses du S&P 500, tout en participant à près de 73 % des reculs du marché. De son côté, QYLD a capté environ 46 % des marchés haussiers du Nasdaq-100, contre près de 64 % des marchés baissiers.

Autrement dit, les stratégies d’options d’achat couvertes réduisent une partie de la volatilité, mais au prix d’un sacrifice important du potentiel de hausse à long terme.

Les mêmes constats se dégagent du côté canadien. Les stratégies d’options d’achat couvertes ont généralement affiché une volatilité légèrement plus faible, mais aussi des rendements inférieurs aux FNB indiciels traditionnels sur longue période. Les données sur les pertes maximales et l’écart-type montrent également que la protection offerte en période de correction demeure relativement limitée, malgré les primes générées par les options d’achat couvertes.

Conséquences fiscales et les distributions qui n’en sont pas

Les distributions fixes élevées font partie du discours en faveur de ces FNB. Les distributions proviennent de trois sources ; le dividende, la prime reçue pour la vente des options et du remboursement du capital. Plus les distributions sont élevées par rapport au dividende, plus le produit devra dépendre des primes de vente et de versements sous forme de retour de capital. Le dernier rapport périodique aux actionnaires de QYLD affirme que 96 % des récentes distributions de plus de 12 % sont du remboursement de capital.

La taille des primes collectées varie d’un FNB à l’autre. Certains vendent des options d’achat sur 100 % des actifs sous gestion, comme le QYLD, tandis que d’autres ne le font que sur une portion plus limitée, comme le ZWB. En bref, plus les primes collectées sont élevées, plus les distributions le sont aussi — mais au prix d’un risque d’une contreperformance plus marquée par rapport à l’indice de référence. Le retour de capital pour sa part n’est pas né d’hier. On vous retourne votre propre argent, en faisant un peu croire qu’on est généreux avec vous. Le problème avec cela est l’impact fiscal pour les comptes non enregistrés. Ces « distributions » ne sont pas imposables (évidemment, c’est votre argent) mais elles diminuent le prix de base rajusté (PBR) du placement, et un gain en capital accumulé pendant plusieurs années devra être payé soit par l’investisseur ou sa succession.

Générer un revenu mensuel en vendant une portion du portefeuille

En clair, les FNB à stratégie d’options d’achat couvertes peuvent sembler plus confortables sur le plan psychologique, puisqu’ils versent des distributions régulières sans obliger l’investisseur à vendre explicitement une partie de ses placements, tout en procurant un certain sentiment de protection en cas de baisse. Cette apparente stabilité comporte toutefois un coût important : la vente d’options limite une partie du potentiel de hausse lors des marchés haussiers, ce qui peut réduire significativement le rendement total à long terme, alors que la protection offerte en période de repli demeure souvent plus limitée que plusieurs investisseurs le croient.

Une comparaison importante consiste également à évaluer si un investisseur en quête de revenu est mieux servi par un FNB « covered call » ou par une stratégie de décaissement systématique consistant à vendre une portion du portefeuille chaque mois.

Une stratégie de décaissement planifié — qui consiste à vendre périodiquement une petite portion du portefeuille pour générer un revenu — permet à l’investisseur de conserver l’ensemble du potentiel de rendement des actifs détenus, sans plafonnement systématique de la hausse.

Cette approche offre également davantage de flexibilité et de contrôle. L’investisseur peut ajuster ses retraits selon ses besoins réels de liquidité, choisir les titres à vendre en fonction des considérations fiscales, profiter des retraits pour rééquilibrer son portefeuille et adapter progressivement son niveau de risque, notamment en augmentant la portion obligataire ou les liquidités lorsque la volatilité des marchés devient plus difficile à tolérer.

Son principal défi demeure toutefois comportemental. Vendre des placements durant des périodes de baisse boursière peut être psychologiquement inconfortable et exige une discipline ainsi qu’un plan de décaissement bien structuré.

En pratique, les besoins de revenu peuvent donc souvent être satisfaits simplement par la vente périodique d’une portion du portefeuille, sans nécessairement recourir à des FNB d’options d’achat couvertes qui somme toute sont faits sur mesure pour profiter des biais cognitifs et craintes de l’investisseur.

Financière Banque Nationale — Gestion de patrimoine (FBNGP) est une division de la Financière Banque Nationale inc. (FBN) et une marque de commerce appartenant à la Banque Nationale du Canada (BNC) utilisée sous licence par la FBN. FBN est membre de l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) et du Fonds canadien de protection des investisseurs (FCPI) et est une filiale en propriété exclusive de la BNC, qui est une société ouverte inscrite à la cote de la Bourse de Toronto (NA : TSX). Les titres ou les secteurs mentionnés dans cette chronique ne s’adressent pas à tous les types d’investisseurs et ne devraient en aucun cas être considérés comme une recommandation. Veuillez consulter votre conseiller en gestion de patrimoine afin de vérifier si ce titre ou secteur vous convient et pour avoir des informations complètes, incluant les principaux facteurs de risque. Certains titres ou secteurs mentionnés dans cette chronique peuvent ne pas être suivis par les analystes de la FBN.

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Les FNB de vente d’options d’achat couvertes visent un revenu amplifié https://www.finance-investissement.com/edition-papier/produits-et-assurances/les-fnb-de-vente-doptions-dachat-couvertes-visent-un-revenu-amplifie/ Mon, 10 Nov 2025 05:16:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=110731 Des retraités cherchant à maximiser leur revenu plutôt que leur gain en capital pourraient y trouver leur compte.

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Les fonds négociés en Bourse (FNB) à vente d’options d’achat couvertes (VOAC) ont le vent dans les voiles, même s’il s’agit de produits dont le recours aux dérivés d’options présente une certaine complexité. Ils visent un revenu supérieur aux instruments classiques, mais cela s’accomplit au prix d’un gain en capital réduit.

Au 30 septembre 2025, l’actif total accumulé dans les FNB d’actions et d’obligations avant recours à des stratégies d’options couvertes s’élevait à 32,4 milliards de dollars (G$), selon les analyses de Banque Nationale Marchés financiers. Ils accaparaient 86 % de tous les actifs engrangés sous la catégorie générale des FNB à base d’options. Seulement en 2025, 82 nouveaux FNB à base d’options ont vu le jour, portant le total de cette catégorie à 297 pour un actif total de 37,5 G$.

Les FNB VOAC cherchent d’abord et avant tout à survolter les distributions de l’investisseur. Ils y parviennent en général, mais en sacrifiant par ailleurs une partie du rendement. « Les gens cherchent un revenu de 5 % à 6 %, mais n’y arrivent pas avec un portefeuille classique, dit Alain Desbiens, vice-président, FNB chez BMO. D’où l’utilité des FNB à options couvertes et du remplacement d’une partie des actions en portefeuille par ces FNB. Même un recours à une relativement petite proportion peut générer un revenu supérieur. »

Coup d’œil sous le capot

Un FNB VOAC présente deux strates : la fondation composée d’actions et d’obligations, identique à tout portefeuille d’actions et d’obligations, et la part d’options. Très souvent, la première strate est composée d’actions à dividendes, par exemple celles des grandes banques canadiennes. On peut trouver nombre d’autres actifs sous-jacents, qu’il s’agisse de secteurs comme l’énergie ou l’or, ou de régions comme les titres européens ou de marchés émergents.

La prochaine strate distinctive est celle des options qu’on dit « coUvertes » parce que le gestionnaire détient leurs titres sous-jacents en portefeuille. S’il ne les détenait pas, on parlerait alors d’options d’achat non couvertes (naked call options), ce qui hausserait considérablement les risques du portefeuille.

En vendant des options d’achat, le gestionnaire recueille une prime, et c’est cette prime qui donne au FNB son revenu accru. Il doit manœuvrer à partir de deux variables clés la proximité du prix d’exercice de l’option avec le cours de l’action sous-jacente, et le degré de couverture, c’est-à-dire quelle portion de son portefeuille il va « couvrir » d’options. Plus le prix de l’option est proche du cours, plus la prime sera forte (on parle alors d’une option à parité ou près du cours).

D’autre part, plus la proportion du portefeuille couverte par des options sera élevée, plus forte sera l’entrée d’argent produite par la prime. En contrepartie, la hausse potentielle des actions sera réduite d’autant. « Pour avoir un même revenu avec une vente d’options hors cours, il faudrait avoir une couverture beaucoup plus étendue », explique Nicolas Piquard, responsable de la stratégie d’options chez Hamilton ETFs.

Voyons rapidement cette mécanique des options : sur un titre coté à 100 $, si je vends des options à un prix d’exercice de 101 $, je récolterai une prime plus élevée qu’à un prix d’exercice de 105 $, en revanche la hausse du titre sera plafonnée plus rapidement dans le premier cas que dans le second. De même, si je vends des options sur 50 % des titres que je détiens, j’aurai un plus haut revenu de primes, mais j’affaiblirai davantage le potentiel de gain que si je vends des options sur seulement 25 % des titres.

Une autre variable à considérer est celle de la volatilité des titres sous-jacents. « Plus les actions sont volatiles, plus les revenus sont élevés, et vice versa », affirme Alain Desbiens.

Pour voir ce tableau en grand, cliquez ici.

Des revenus survoltés

Le revenu produit par un FNB VOAC peut être assez substantiel comparativement à un FNB classique. Par exemple, le iShares S&P/TSX Composite High Dividend Index ETF (XEI) a présenté pour la dernière année un revenu de 4,87 % et un rendement de 21,8 %, selon Stock Analysis. Pour sa part, durant la même période, le FNB BMO vente d’options d’achat couvertes de sociétés canadiennes à dividendes élevés a livré un revenu de 6,04 % et un rendement de 17,1 %.

Les stratégies d’options et de couverture peuvent faire une différence notable. Le FNB Catégorie Revenu d’options d’achat couvertes sur banques canadiennes CI (CIC), qui pratique une couverture moyenne de 25 % et vend des options près du cours, affiche pour l’année à ce jour un revenu de 6,11 % et un rendement de 22,76 %, rapporte Madeleine Griffith, gestionnaire de portefeuille institutionnel chez CI Gestion mondiale d’actifs. En comparaison, le FNB équivalent de BMO, le FNB BMO vente d’options d’achat couvertes de banques canadiennes, qui couvre ses actifs à 50 %, a livré un revenu de 5,72 % et un rendement de 20,83 %.

Chez certains, le revenu peut être substantiel. Par exemple, il est de 12,84 % sur le Canadian Financials Yield Maximizer ETF de Hamilton, dont les actifs sont proches de ceux des deux FNB précédents. La clé tient en grande partie à une pratique d’options à quasi-parité et une couverture de 25 %, explique Nicolas Piquard.

Hamilton offre aussi des FNB VOAC qui recourent à un effet de levier de 25 %. Ainsi, son FNB amélioré vente d’options d’achat couvertes multisectorielles donne pour l’année en cours un revenu de 10,31 % et un rendement de 26,11 %. «général, on arrive à générer 80 % du rendement total, mais en ayant un revenu supérieur», fait ressortir Nicolas Piquard.

Les frais de gestion des FNB VOAC oscillent en général autour de 0,70 %. Notons en passant l’avantage fiscal de ces fonds, dont les revenus et le rendement sont le plus souvent imposés à titre de gain en capital.

Leur niveau de volatilité est équivalent à celui des actifs sous-jacents qui les composent, mais amoindri par le revenu des primes, qui agit comme un coussin sur toute perte à la baisse. Ils présentent un risque à long terme inattendu. « En renonçant à un potentiel gain futur, vous pourriez également renoncer à un rendement futur potentiel si votre valeur liquidative n’augmente pas aussi rapidement », fait remarquer une étude de BNMF.

Tous les intervenants s’entendent pour dire que les FNB VOAC s’adressent en tout premier lieu à des investisseurs pour qui le revenu prime sur le rendement. De façon typique, il s’agit de retraités qui cherchent à maximiser leur revenu plutôt que leur gain en capital.

Quelle place leur réserver en portefeuille ? « Quelle que soit votre allocation dans un secteur de base de votre portefeuille, vous pourriez très bien la remplacer par des FNB VOAC, propose Madeleine Griffith. Ainsi, vous pourriez très bien remplacer vos titres de banques canadiennes par un FNB VOAC de banques canadiennes. Vous augmenteriez votre revenu tout en amenuisant la volatilité. Mais ça dépend évidemment du secteur où vous êtes investi. Par exemple, un FNB VOAC multisecteur, largement diversifié, pourrait assurément occuper une position de base dans votre portefeuille. Évidemment, vous n’allouerez pas une aussi large part à des titres aurifères, cependant, un FNB VOAC voué aux titres aurifères pourrait très bien remplacer votre allocation en or. »

La sélection ci-contre met l’accent sur les FNB dont les distributions sont les plus élevées et dont l’historique est d’au moins cinq ans. Or, ces FNB sont davantage à risque de subir une réduction de leur valeur liquidative à terme, une partie de leur rendement espéré étant grugée par la vente d’options au fil du temps. Fait intéressant : le taux annuel de distribution de ces fonds est passé d’une fourchette de 4 à 8 %, en 2021, à plus de 10 % en 2025. Sur finance-investissement.com, retrouvez une autre sélection de Fundata qui met en relief les FNB ayant le ratio de Sharpe le plus élevé sur trois ans. Également pour cette sélection, les distributions annuelles ont généralement connu une hausse de 2021 à 2025.

Pour voir ce tableau en grand, cliquez ici.

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Comment discuter des taux de distribution des FNB à vente d’option d’achat couverte https://www.finance-investissement.com/fi-tv_/nouvelles-fi-tv/comment-discuter-des-taux-de-distribution-des-fnb-a-vente-doption-dachat-couverte/ Wed, 10 Sep 2025 10:15:13 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=106289 FI TV — Erika Toth, Directrice générale, FNB BMO, Est du Canada, parle des différents éléments à considérer.

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Finance et investissement : Étant donné la prolifération des fonds négociés en Bourse (FNB) utilisant une stratégie de vente d’option d’achat couverte, qui peut entraîner de la confusion sur le «rendement» pour le client, que doit dire un conseiller à ses clients lorsqu’il discute des taux de distribution de ces FNB, sachant qu’ils peuvent inclure un mélange de différents éléments (revenus de dividendes, revenu d’option d’achat, remboursement de capital, etc.)?

Erika Toth : Je dirais qu’il faut se méfier des produits qui génèrent des rendements à deux chiffres ou les analyser de plus proche. Il est vraiment important de comprendre comment le fournisseur génère le rendement supplémentaire dans ce genre de stratégies car cela peut simplement entraîner l’érosion de la base d’actifs du client.

Chez BMO, nous sommes le plus grand fournisseur de FNB de vente d’option d’achat couverte sur le marché canadien et nous gérons notre gamme d’options de manière très prudente. En mettant l’accent sur le rendement total, nous voulons offrir à nos clients le plus grand potentiel de croissance possible tout en leur fournissant un flux de trésorerie supplémentaire grâce aux primes d’options.

Le niveau de rendement total doit être durable. Voici quelques questions que je suggère aux conseillers de poser dans le cadre de leur processus de diligence raisonnable sur ces produits :

  • Quelle méthode le FNB utilise-t-il pour construire son portefeuille sous-jacent. Utilise-t-il une méthode axée sur les dividendes ?
  • Sur quel pourcentage du portefeuille les options d’achat sont-elles vendues ?
  • Dans quelle mesure la vente d’option d’achat se fait-elle hors du cours ?
  • Comprenez-vous les répercussions de la vente d’option dans le cours ?
  • Le taux de rendement est-il fiscalement avantageux ?
  • Dans quelle mesure la construction de portefeuille et l’approche de superposition des options sont-elles transparentes ?
  • Le FNB utilise-t-il l’effet de levier ?
  • Quels sont les antécédents du FNB ?
  • Quel rendement a-t-il enregistré au cours des cycles précédents du marché ?

Les opinions exprimées sont celles d’Erika Thot, Directrice générale, FNB BMO, Est du Canada, en date du 5 mars 2025, et elles peuvent changer selon la situation des marchés et d’autres conditions.

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Découvrez tous les détails de la méthodologie d’Harvest https://www.finance-investissement.com/fi-tv_/nouvelles-fi-tv/decouvrez-tous-les-details-de-la-methodologie-dharvest/ Wed, 11 Sep 2024 10:48:59 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=101747 FI TV — Michael Chung, responsable régional des ventes Québec, Harvest ETFs, détaille les aspects de la méthodologie d’Harvest concernant la mise en œuvre de la stratégie de vente d’options d’achat couvertes.

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Finance et investissement : La façon dont est mise en place la stratégie de gestion active de vente d’options d’achat couvertes a un effet décisif sur la performance de la stratégie, selon divers observateurs, dont Valeurs mobilières TD.

Quels aspects de la méthodologie d’Harvest concernant la mise en œuvre de la stratégie de vente d’options d’achat couvertes un conseiller devrait-il connaître ?

Michael Chung : Notre stratégie de covered call est conçue pour générer un niveau de revenu supérieur.

Ce qui rend cette stratégie unique, c’est son approche active de la vente d’options d’achat.

En analysant la volatilité actuelle de chaque titre dans le portefeuille sous-jacent, l’équipe de gestionnaires Harvest est en mesure de générer des revenus à partir des primes d’options tout en maintenant une position acheteur sur le titre sur lequel on écrit.

Notre limite maximale d’écriture est de 33 % sur les actions, ce qui permet de maintenir une exposition au titre pour participer à l’appréciation du capital tout en générant un revenu.

Au niveau des options, nos gestionnaires vendent des options out of the money (hors du cours) avec une échéance d’autour de 30 jours en général. En moyenne, ces options sont écrites pour une durée de 30 jours, mais Harvest peut choisir de les racheter ou d’en émettre de nouvelles selon les conditions du marché.

Les opinions exprimées sont celles de Michael Chung, responsable régional des ventes Québec, Harvest ETFs en date du 8 juillet 2024, et elles peuvent changer selon la situation des marchés et d’autres conditions.

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Ces vents de dos qui propulsent les FNB https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/ces-vents-de-dos-qui-propulsent-les-fnb/ Thu, 18 Jul 2024 09:46:41 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=101533 FOCUS FNB - Ces outils de placement peuvent aider à composer avec les changements à la politique monétaire.

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Nombre de tendances stimulent la demande pour les fonds négociés en Bourse (FNB), dont l’innovation du secteur, la demande des divers types d’investisseurs et les anticipations des changements à la politique monétaire des banques centrales du monde. Et ces tendances devraient continuer de donner de l’élan à ce type de fonds durant un bon moment.

C’est ce dont ont discuté les panélistes du webinaire Les FNBs en 2024 : évolution de l’industrie, diffusé par le Cercle finance du Québec, le 20 juin dernier. En voici les faits saillants.

Effet de la politique monétaire

La direction des taux d’intérêt et la courbe des rendements obligataire influencent les ventes et les rachats de FNB. Par exemple, certains conseillers et investisseurs utilisent des FNB afin de s’exposer de manière tactique à des segments de la courbe des taux, qui est encore actuellement inversée.

Pour les cinq premiers mois de 2024, par exemple, les FNB de titres à revenu fixe considérés comme ayant une durée « ultra courte » affichent des créations nettes de 699 millions de dollars (M$) et les FNB de titres à revenu fixe à longue duration, des créations nettes de 971 M$, selon Banque Nationale Marchés financiers. Après la catégorie des FNB obligataire de marché total, qui affiche des créations nettes de 3,7 G$ durant cette période, ces deux types de FNB ont été parmi les plus populaires dans les créations nettes, reflétant une volonté par les investisseurs de s’exposer à la fois aux parties courte et longue de la courbe des rendements obligataires.

« On voit les participants du marché qui veulent maintenant prolonger leur durée du côté des titres obligataire avec les baisses du taux qui ont commencé par la Banque du Canada », a indiqué Erika Toth, directrice générale, ventes aux institutions et conseillers, FNB BMO, chez BMO Gestion mondiale d’actifs.

Par ailleurs, la catégorie des FNB de comptes d’épargne à intérêt élevé (CEIE) a connu des rachats nets de 31 M$ de janvier à mai 2024, alors que cette catégorie avait pourtant été très populaire ces dernières années.

Selon Erika Toth, ces rachats s’expliquent en partie par les changements réglementaires qui touchent l’actif sous-jacent de ces fonds et en ont réduit un peu leur rendement. Ils découlent également de la volonté de déployer du capital dans le marché des actions et de privilégier les fonds obligataires à très court terme, qui offrent « non seulement une amélioration du rendement, mais aussi un petit prolongement de la durée et une efficacité fiscale accrue par rapport aux produits CEIE », a-t-elle dit.

« Nous avons observé des clients remplacer leurs FNB de CEIE avec des FNB d’obligations à ultra court terme, avec une durée autour de 0,2 ou 0,3 ans, et qui sont généralement un panier d’obligations à escompte, donnant un important avantage fiscal. Ces produits prennent avantage du fait que la courbe des taux est inversée et les taux de distribution sont plus attrayants avec les produits de court terme », a-t-elle ajouté en marge du webinaire.

Les clients qui anticipent une baisse rapide des taux d’intérêt ajoutent de divers FNB à revenu fixe avec une durée allant de 3 ans à 17 ans en fonction de leur point de vue, a-t-elle précisé : « L’un des avantages importants des FNB à revenu fixe est qu’ils vous permettent de cibler facilement la durée ou la qualité de crédit que vous souhaitez, et l’on peut modifier son portefeuille de manière rapide et efficace grâce à leur liquidité. »

« Il n’y a pas un consensus clair actuellement au niveau de la stratégie qui est favorisée par les conseillers pour la durée d’un portefeuille en revenu fixe. La courbe des taux d’intérêt à commencer à baisser ce qui favorise les obligations de plus longue durée, mais la courbe est toujours inversée donc les taux sur le court terme demeurent plus attrayants que les taux long terme. Nous voyons encore des flux d’argent entrer dans les produits de revenus fixes à court terme incluant les FNB de marché monétaire », a indiqué Jean-François Girard, directeur, Développement et gestion des fonds d’investissement, chez Desjardins Société de placement, en marge du webinaire.

Les investisseurs ont privilégié d’investir dans les FNB d’actions américaines non couvertes en fonction du risque de change, a par ailleurs noté Marie-Chantal Lauzon, première vice-présidente au développement des affaires – Global X ETFs. Cette préférence est possiblement le reflet d’un différentiel de taux de rendement entre les titres à revenu fixe américains et canadiens, ce qui favorise le dollar américain, a noté Laurent Boukobza, vice-président et stratège FNBs pour l’Est du Canada chez Placements Mackenzie.

Par ailleurs, la courbe des rendements obligataires américaine fait que certains investisseurs canadiens favorisent l’achat de FNB américains, a noté Jean-François Girard.

Ces investisseurs canadiens doivent toutefois faire attention aux impacts fiscaux indésirables découlant de la détention de FNB américains, dont l’obligation de remplir le feuillet fiscal T1135 Bilan de vérification du revenu étranger. Selon ce formulaire, un résident fiscal canadien doit remplir ce formulaire s’il détient un bien étranger déterminé dont le coût total est supérieur à 100 000 $, les FNB américains étant considérés comme de tels biens.

Jeunes et FNB

D’après les études et sondages faits par le Mouvement Desjardins, les clients les plus jeunes sont particulièrement intéressés par les FNB, selon Jean-François Girard : « Les jeunes vont prendre une place de plus en plus grande en termes de clientèle. Et ils sont énormément attirés par les FNB. Par ailleurs, les jeunes sont intéressés par l’investissement responsable. Ça reste une thématique qui est très forte et qui résonne très bien chez les jeunes. »

Cette clientèle est possiblement attirée par les FNB parce que les fonds indiciels du marché américain ont souvent une part élevée de leur actif dans les sept titres du secteur technologique qui ont connu récemment une forte croissance, lesquels sont désignés comme Magnificient 7. « Les FNB indiciels du marché américain bénéficient aussi de la concentration de ce qu’on appelle les Magnificient 7, qui ont énormément bien fait. Ça ne peut pas perdurer par contre », a-t-il estimé.

Entre autres pour cette raison, ce type de clients auront besoin d’éducation sur ces outils de placement afin de bien les comprendre.

Utile pour les conseillers

Les conseillers en placement devraient continuer d’accroître leur utilisation des FNB au fil des ans, prévoit Erika Toth, directrice, FNB, pour l’Est du Canada, chez BMO Gestion mondiale d’actifs. « De plus en plus, ils vont utiliser des FNB pour remplacer les titres individuels. »

Selon Valeurs mobilières TD, les conseillers en placement emploient des FNB de titres à revenu fixe pour constituer leurs portefeuilles. Ce type de conseillers devraient continuer d’utiliser des FNB indiciels, mais aussi des FNB basés sur des règles, des FNB factoriels et des FNB gérés activement, selon Erika Toth.

Par ailleurs, un segment de représentants en épargne collective peut désormais utiliser certains FNB qui se négocient en série F par l’intermédiaire de FundServ, d’après elle.

« L’actif sous gestion en fonds communs composés de FNB est de 48 G$, d’après Investors Economics », a-t-elle ajouté.

Parmi le segment des investisseurs autonomes, sont populaires les FNB de vente d’options d’achats couvertes et les FNB d’allocation d’actifs, lesquels comprennent une part à la fois de FNB d’actions et de FNB obligataire et qui sont rééquilibrés en fonction de la pondération cible. Chez les investisseurs institutionnels, les FNB axés sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) devraient continuer d’être populaires.

Secteur innovant

Le secteur des fonds négociés en Bourse au Canada est particulièrement innovant et il est fort probable que cette inclinaison soit un autre vecteur de croissance. Selon Marie-Chantal Lauzon, bien que les FNB indiciels soient très populaires et utilisés, les FNB non indiciels ont connu une forte croissance ces dernières années, stimulés entre autres par les FNB factoriels.

Les FNB utilisant des stratégies d’options, comme les FNB à résultats structurés ou les FNB de vente d’options d’achats couvertes seront aussi un vecteur de croissance selon Erika Toth.

Les stratégies de gestion active ou factorielle à faible coût seront possiblement un autre facteur de croissance, selon Jean-François Girard. Même si l’innovation stimulera la demande de FNB, ce marché reste relativement concentré.

« En tout, 70 % des flux depuis le début de l’année sont concentrés dans les 20 plus gros FNB au Canada, a souligné Jean-François Girard. Il y a énormément de développement de produits, mais ça reste quand même (un marché) assez concentré. »

Finance et Investissement était partenaire de diffusion de l’événement. Le Cercle finance Québec n’a pas eu de droit de regard sur la couverture de l’événement.

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Bien comprendre les FNB avec stratégies d’options https://www.finance-investissement.com/edition-papier/produits/bien-comprendre-les-fnb-avec-strategies-doptions/ Mon, 16 Oct 2023 04:09:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=96661 GUIDE DES FNB - On doit saisir les pour et les contre, y compris leurs coûts de renonciation.

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Depuis 2022, la popularité des fonds négociés en ­Bourse (FNB) recourant à des stratégies d’options est forte. Or, il s’agit de produits complexes que les investisseurs doivent utiliser avec prudence, en sachant bien ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas en tirer.

En 2022, les ­FNB qui utilisent des options d’achat ou des options de vente ont enregistré 4 milliards de dollars (G$) en créations nettes, soit le quart des ­FNB canadiens d’actions, selon Marchés des capitaux ­CIBC.

De janvier à mai 2023, les ­FNB de vente d’options d’achat couvertes – qui représentent 90 % des FNB de ce genre – ont engrangé des créations nettes de 1,7 G$, selon ­Valeurs mobilières ­TD, soit le tiers des entrées nettes de ­FNB canadiens d’actions.

Depuis le lancement par ­BMO ­Gestion mondiale d’actifs en 2011 du premier ­FNB de vente d’achat couvertes, le marché canadien des ­FNB à stratégie d’options s’est peuplé de 144 produits du même genre, répartis entre une dizaine de manufacturiers, totalisant un actif de 18 G$, selon le ­« Option-Based ­ETFs ­Overview » de ­Banque Nationale Marchés financiers (BNMF), publié en juillet.

Ces ­FNB à gestion active constituent un groupe hétérogène. Les ­FNB de vente d’options d’achat couvertes dominent le marché. ­Ceux-ci couvrent autant les actions canadiennes que les actions américaines ou internationales. Nombre d’entre eux sont des ­FNB sectoriels. Une poignée utilisent un effet de levier variant de 1,25 à 1,33. Ils ont comme point commun d’avoir des taux de distribution supérieurs à ceux des ­FNB traditionnels, soit de 6 % ou davantage pour la majorité.

On retrouve aussi des fonds de vente d’options de vente (put writing) dans le marché. Moins nombreux, certains produits qui utilisent les deux approches (vente d’options d’achat et vente d’options de vente) commencent à émerger. Ce secteur où on utilise la vente d’options de vente « est appelé à croître », affirme ­Erika ­Toth, directrice générale, ventes aux institutions et conseillers, ­FNB ­BMO, pour l’Est du ­Canada.

Les ­FNB misant sur les stratégies d’options sont d’abord considérés comme des stratégies d’accroissement du revenu. « ­Ces ­FNB sont devenus de plus en plus populaires parmi les investisseurs qui cherchent un revenu à la fois élevé et fiscalement plus efficace », fait ressortir CIBC. Les revenus d’options sont considérés comme du gain en capital.

Examinons la stratégie la plus répandue, qui consiste à détenir des actions d’une entreprise tout en vendant à un autre investisseur une option d’achat de ces mêmes titres. Parce que le portefeuille détient les titres ­sous-jacents, les options sont dites « couvertes ».

Par exemple, le détenteur d’une action qui se négocie à 100 $ vend, pour 1 $, une option d’achat de cette action à un prix de levée de 102 $ et ayant une échéance d’un mois. On dit que l’option est hors du cours, ou out of the money.

Si, dans un mois, le cours de l’action est inférieur à 102 $, l’option ne se sera pas exercée et l’investisseur gardera le revenu de la prime. Si le cours de l’action est supérieur à 102 $, l’option sera exercée et l’investisseur devra vendre l’action au prix de levée. En tenant compte du revenu de prime de 1 $, l’investisseur aura été gagnant si le cours de l’action reste sous les 103 $.

Or, si l’action se négocie à un niveau supérieur, l’investisseur renonce à la ­plus-value du titre ­sous-jacent, selon le rapport de ­Marchés des capitaux ­CIBC. Il s’agit d’un coût implicite potentiellement important et qui varie selon la durée de détention du ­FNB.

Lorsque les actions ­sous-jacentes se situent à l’intérieur d’une fourchette autour du prix de levée et sont légèrement plus volatiles, l’environnement est optimal pour les options d’achat couvertes, selon ­Marché des capitaux ­CIBC. Les options d’achat vendues sont moins susceptibles d’être exercées, ce qui permet à l’investisseur de percevoir des primes sans trop renoncer à la hausse. Une volatilité plus élevée entraîne des primes plus élevées, qui servent de tampon à la baisse.

Plusieurs pièces mobiles composent la mécanique d’un FNB de vente d’options, des pièces que le gestionnaire d’un FNB doit gérer avec dextérité. D’abord, il y a le niveau de couverture : ­vend-on des options sur 25 %, 33 % ou 50 % du portefeuille ? ­Plus ce pourcentage est élevé, plus la prime de vente d’options sera élevée, mais plus limitée sera la capacité d’appréciation du portefeuille.

Un autre élément tient à l’échéance des options. Plus l’échéance est lointaine, plus la prime de l’option sera élevée, et vice versa. À l’heure actuelle, tous les ­FNB à base d’options, sauf un, ont des échéances de un à trois mois.

En outre, le gestionnaire ­vend-il des options hors cours ou dans le cours ? ­Ces dernières ayant plus de chances d’être exercées, elles sont assorties de primes plus élevées.

La part de revenu de distribution provenant des primes d’options d’achat varie selon la catégorie d’actifs dans laquelle le ­FNB investit. En moyenne, cette part est de 60 %, selon ­BNMF, la différence de 40 % provenant d’autres sources de revenus comme des dividendes, des gains en capital, du remboursement de capital. Cette part peut être aussi basse que 15 %, selon l’importance des revenus de dividendes des actions ­sous-jacentes.

Promesses et réalités

Les émetteurs de ­FNB avec options affirment que ces produits sont faits pour briller dans des marchés plutôt stagnants, avec des mouvements haussiers ou baissiers restreints. Cela relève du vœu pieux, selon Dan Hallett, vice-président et associé à ­HighView ­Financial ­Group : « L’idée serait juste si des marchés stagnants évoluaient comme on le veut. » ­Tenter de prédire l’évolution des marchés ainsi que leur volatilité est généralement ardu.

L’investisseur doit bien comprendre les multiples sources de revenu qui sont distribuées par les FNB de ce genre et en saisir la complexité fiscale. De plus, il ne doit pas confondre ces distributions avec du rendement en dividende ou de l’intérêt sur un certificat de dépôt garanti, par exemple.

Par ailleurs, il doit aussi saisir que l’apparente faible volatilité des ­FNB d’options d’achat couvertes cache le fait que l’éventail des rendements est négativement asymétrique, car l’investisseur renonce implicitement aux forts rendements à la hausse sur une partie de son portefeuille, selon ­BNMF.

Une analyse de ­BNMF du comportement de trois ­FNB confirme la critique de ­Dan ­Hallett. Premier ­FNB d’options couvertes à être lancé en 2011, ­ZWB investit dans les banques canadiennes, de même que le fonds ­CIC. Disposant d’un portefeuille similaire à celui de ­ZWB et lancé la même année, le ­ZEB n’a pas recours à des options d’achat couvertes. Au terme de 11 ans, jusqu’au 30 juin 2023, ­ZWB et ­CIC affichent tous deux des rendements annualisés de 7,5 % et le ZEB, de 9,3 %.

Pour une période où le marché a fait du surplace, soit de décembre 2017 à octobre 2018, le ­CIC a affiché un rendement de -3,4 %, le ­ZWB, de -2,3 % et le ­ZEB, de -2,9 %. Et pour une période où le marché a décliné, soit de février 2022 à ­mi-juillet 2022, le ­CIC a obtenu un rendement de -20,6 %, le ­ZWB, de -21,1 % et le ­ZEB, de -22,0 %.

« L’expérience de la détention d’un ­FNB d’options d’achat couvertes dépend du cycle du marché, de la trajectoire des rendements et de la force et de la rapidité des tendances haussières », souligne ­BNMF.

L’analyse de ­BNMF de deux ­FNB dans le secteur des services publics, ­ZWU (avec options d’achat couvertes) et ­ZUT (sans options), illustre à quel point les distributions relativement élevées des FNB d’options d’achat s’accompagnent d’importants compromis.

D’octobre 2011 à juin 2023, le taux de distribution de ZWU a varié de 6 à 9 % et celui du ZUT, de 3 à 5 %. Par contre, au fil du temps, le montant distribué en dollars du ZUT a fini par rattraper celui distribué par ZWU. Ceci s’explique par le fait que la valeur liquidative de ZUT s’est appréciée, alors qu’elle a décliné pour ZWU.

Or, en renonçant à une partie des gains à la hausse, l’investisseur a également sacrifié les revenus futurs provenant de cette appréciation.

Ainsi, « un investisseur qui aurait injecté un même montant dans ­ZUT et ­ZWU en 2011 aurait reçu en mai 2023 les mêmes montants en distributions des deux produits », écrit ­BNMF.

Cela découle du fait que ­ZWU possède à terme moins de parts que ­ZUT, après que ­ZWU eut été occasionnellement contraint de vendre des actions lorsque les options ont été exercées.

Au cours des 12 mois précédant juin 2023, la distribution perçue pour le même investissement dans ­ZUT est de 0,90 $ et de 0,94 $ pour ­ZWU (6 % de plus). Entretemps, la position de 100 $ dans ­ZUT a augmenté pour atteindre 138 $, tandis que ­celle de ZWU s’est érodé à 72 $. « ­Du point de vue du rendement total, les deux ­FNB semblent offrir une performance corrélée, le ­FNB de vente d’options d’achat couvertes étant à la traîne en raison des conditions généralement haussières qui caractérisent la plupart des investissements en actions sur le (très) long terme », écrit BNMF.

Les analyses de ­BNMF s’appuient toutefois sur des stratégies d’options, des secteurs et des périodes de marché précis. Une étude du Chicago Board Options Exchange, rapportée par Investopedia, constate que, de 1986 à 2011, une stratégie d’options couvertes dans le cours (­at-the-money) avec le S&P 500 a donné un rendement de 830 % comparativement à un rendement de 807 % pour l’indice S&P 500.

Nombre d’analystes jugent que des ­FNB avec stratégies d’options visent l’investisseur qui cherche d’abord et avant tout du revenu, à plus ou moins court terme, plutôt que du rendement à long terme. L’investisseur qui veut bénéficier d’une fiscalité moins lourde sur ces distributions peut aussi y trouver son compte.

Pour l’investisseur qui veut accéder au monde des options, les ­FNB avec options apportent une simplification bienvenue : « ­Suivre tous les prix d’exercice, repérer la bonne stratégie et les bonnes options, cela absorberait beaucoup de temps », dit ­Erika ­Toth.

Les stratégies d’options entraînent évidemment des coûts et des désavantages, note ­BNMF : une participation à la hausse réduite, des coûts de transaction accrus liés au traitement des options et des écarts cours ­acheteur-cours vendeur plus grands, des frais de gestion plus élevés, une complexité de produit et de traitement fiscal plus importante.

Erika ­Toth émet quelques mises en garde. « ­Si les revenus semblent trop beaux pour être vrais, c’est probablement le cas », ­dit-elle. En effet, certains ­FNB affichent des taux de distribution de 14 %, 15 % et même 47 % ! ­Un regard sous le capot s’avère indiqué. La firme « ­est-elle capable de les [les taux de distribution] soutenir sans miner la valeur liquidative du fonds ? »

Elle a des réserves face aux ­FNB offrant un effet de levier. « ­En ajoutant du levier, vous amplifiez votre potentiel de perte, alors que votre capacité à la hausse est limitée. Les gains sont asymétriques. » ­CIBC renchérit sur ce point : « L’effet de levier porte un coût et il est susceptible de contrecarrer les avantages d’atténuation de la volatilité associés à la vente d’options. » ­De plus, avertit ­BMO, « le financement supplémentaire requis pour l’effet de levier peut nuire aux rendements.

Surtout, si un client a une perspective à long terme, ­Erika Toth le concède : vaut mieux oublier les ­FNB d’options d’achat couvertes. Par contre, à court terme, un ­FNB couvert peut faire l’affaire, par exemple « si vous requérez un certain pourcentage pour atteindre le niveau de retraits d’un FERR, ou si avez besoin de flux de trésorerie fiscalement efficaces dans un compte non enregistré », ­dit-elle.

Enfin, il faut avoir à l’œil « le niveau d’expérience et la durée du mandat de l’équipe de gestion, et le niveau de transparence du produit », ­propose-t-elle.

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Ausculter un FNB spécialisé https://www.finance-investissement.com/fi-releve/strategie-daffaires/ausculter-un-fnb-specialise-2/ Fri, 01 Sep 2023 00:15:00 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=95755 DÉVELOPPEMENT - Éléments d’une vérification diligente pour certains FNB.

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Avant de choisir un fonds négocié en ­Bourse (FNB) spécialisé, les conseillers devraient effectuer une vérification diligente du produit et de son émetteur. Voici des éléments de vérification pour certains types de ­FNB spécialisés qui ont été abordés à l’occasion de la ­Conférence sur les ­FNB organisée par le ­Cercle de la finance du ­Québec, le 31 mai dernier.

Liquidité

Lorsqu’on envisage d’investir dans un ­FNB spécialisé, on doit bien comprendre ce qui peut influencer sa liquidité. Notons d’abord que les ­FNB ont deux niveaux principaux de liquidité. La liquidité primaire du fonds, c’­est-à-dire la facilité avec laquelle on peut négocier ses actifs ­sous-jacents à un prix qui est juste. Il s’agit de la liquidité intrinsèque d’un ­FNB. Le deuxième niveau de liquidité concerne le marché secondaire du ­FNB ­lui-même, qui peut être négocié avec d’autres participants du marché, comme des investisseurs individuels, institutionnels ou des mainteneurs de marché.

« ­Même si un ­FNB n’a pas de marché secondaire actif, a peu de volume de transactions, parfois même n’a pas négocié depuis quelques jours et même si la taille de son actif sous gestion est petite, le ­FNB peut tout de même être très liquide, dépendamment de la liquidité du marché sous-jacent », a précisé ­Pierre-Luc ­Vachon, chef des produits, ­Stratégies de placement, chez ­Desjardins ­Gestion internationale d’actifs. En somme, un ­FNB est au moins aussi liquide que ses titres ­sous-jacents.

Parfois, un ­FNB peut également être considérablement plus liquide que ses titres ­sous-jacents, comme ça a été le cas en mars 2020 alors que certaines obligations de sociétés ont cessé d’être négociées, le marché étant en pénurie d’acheteurs.

Dans le secteur des ­FNB de titres à revenu fixe, on ne devrait pas porter trop d’attention au volume de négociation d’un ­FNB, mais plutôt examiner son écart cours ­acheteur-cours vendeur, dit Erika Toth, directrice BMO ­FNB, ­BMO ­Gestion mondiale d’actifs : « L’écart entre le cours acheteur et le cours vendeur constitue un bon indicateur de la liquidé d’un ­FNB. » ­Selon elle, pour bien des investisseurs, cet écart est souvent plus restreint que lorsqu’on tente d’acheter des obligations individuelles.

Par ailleurs, pour accéder à certains fonds spécialisés dans les dettes de pays émergents, il est parfois plus économique de passer par l’intermédiaire d’un ­FNB afin d’éviter des écarts trop élevés. « ­Si on voulait acheter à la pièce des obligations de marchés émergents, on devrait ouvrir des comptes dans chacun de ces pays, faire face à des fourchettes de prix très larges parce que ce ne sont pas des titres qui se négocient forcément et composer avec les enjeux de taxation et de paperasse », a indiqué Hadiza Djataou, gestionnaire de portefeuille, ­Placements Mackenzie.

Frais

En plus de l’écart cours ­acheteur-cours vendeur, qui entraîne souvent des frais importants à l’achat et à la vente d’un titre, on doit considérer les frais de négociation de FNB en tant que tel. Ces frais varient en fonction de la taille de l’ordre. Bien qu’on puisse se procurer des parts d’un ­FNB avec une somme modeste, ­celle-ci peut entraîner des coûts de négociation importants qu’on devrait aussi considérer, selon ­Pierre-Luc ­Vachon.

Le ratio des frais de gestion et le ratio des frais d’exploitation constituent également une mesure à prendre en compte, estime ­Erika ­Toth. Bien qu’il existe des ­FNB indiciels dont les frais de ce genre sont inférieurs à 10 points de base, c’est rarement le cas pour des ­FNB spécialisés, dont la fourchette de frais peut évoluer entre 30 points de base et 130 points de base.

Évaluer l’ensemble des frais est donc particulièrement important pour un ­FNB spécialisé. Durant la présentation, on a insisté sur l’importance de bien lire les documents des émetteurs de fonds afin de déterminer les forces et les faiblesses de la stratégie. Il importe aussi de tenir compte de l’expérience de l’émetteur du fonds ainsi que de son degré de transparence. Il a aussi été question de certaines vérifications propres aux ­FNB axés sur l’investissement socialement responsable et sur les stratégies d’options d’achats couvertes, soit deux stratégies qui ont été populaires en 2022 et 2023.

Comprendre l’ESG

Une autre tendance forte du marché des ­FNB concerne ceux qui sont axés sur les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Ce segment de marché représente des actifs de 13,2 G$ et des créations nettes de 1,6 G$ de janvier à avril 2023, selon ­Banque ­Nationale Marchés financiers. Ces ­FNB sont populaires, mais occasionnellement remis en question, parfois par manque de connaissance de la stratégie ­ESG.

D’abord, il faut comprendre qu’il y a une panoplie d’approches en investissement responsable. Certains fonds visent principalement à exclure des titres dans certains secteurs d’activité, par exemple le charbon, a expliqué Pierre-Luc ­Vachon. D’autres choisissent les meilleurs acteurs sur le plan ­ESG dans leur catégorie, sans exclure aucun secteur. Certains fonds visent des thématiques comme les énergies vertes.

« C’est important de maintenir cette diversité dans les stratégies et les approches pour répondre aux besoins variés des investisseurs. Je ne crois pas qu’on veuille nécessairement qu’une seule approche soit acceptée et que tous les fonds tendent vers celle-ci », ­a-t-il dit.

Hadiza ­Djataou a vu l’arrivée sur le marché d’une panoplie d’obligations dites vertes. Selon elle, il est donc d’autant plus important d’avoir l’expertise et l’équipe qui permettent de découvrir les failles dans la documentation. Par exemple, certaines entreprises vont émettre des obligations afin d’atteindre des cibles qui le sont déjà. Il est donc important de comprendre ce que l’entreprise fera avec les liquidités dégagées.

Selon ­Erika ­Toth, l’éducation des clients et la divulgation des émetteurs du fonds sont essentielles.

Options d’achat couvertes

Ces ­FNB ont été populaires depuis le début de l’année et en 2022. Par contre, il faut faire une bonne diligence raisonnable avant d’investir dans ces titres et saisir les stratégies mises en place par les émetteurs.

« ­Il faut comprendre la méthodologie du gestionnaire et comment [est généré] le taux de distribution », a souligné Erika ­Toth.

Un ­FNB d’options d’achat couvertes vendra une option d’achat à parité (at the money) de 2 $ sur une action se négociant actuellement à 100 $, et recevra 200 $ sur un contrat de 100 actions. L’acheteur de l’option paie une prime pour avoir le droit d’acheter au prix de levée de 100 $ le bloc d’actions. Le gestionnaire du ­FNB parie que, pour la durée de l’option, habituellement entre un et deux mois, le prix de l’action ­sous-jacente ne montera pas de plus de 2 $.

Si la valeur de l’action ­sous-jacente baisse, l’option ne sera pas exercée. Tant que le prix ne franchit pas le seuil de 98 $, le revenu de la vente d’option couvre la perte encourue. Or, si le titre tombe sous les 98 $, les pertes ne sont pas stoppées et le portefeuille est entièrement exposé à toute baisse supplémentaire.

À l’inverse, si le cours de l’action augmente, les gains sont plafonnés. En effet, ­au-dessus du prix de 100 $, la valeur de l’action augmente mais l’option sera exercée, ce qui nécessitera la vente de la  position à l’acheteur de l’option. Si l’action se négocie entre 100 $ et 102 $, la prime reçue fait plus que compenser l’augmentation du capital à laquelle on renonce. Or, une fois que les actions se
négocient ­au-dessus de 102 $, le ­FNB a renoncé à une partie de l’appréciation du capital.

En résumé, pour la stratégie de vente d’options d’achat couvertes, les gains à la hausse sont  plafonnés, et les pertes n’ont aucun filet de sécurité.

La portion du portefeuille du ­FNB qui fait l’objet de vente d’options d’achat varie selon le manufacturier et le produit. Par exemple, elle est de 50 % à ­BMO, de 33 % à Harvest et de 25 % à CI. Plus cette proportion est élevée, plus la part du portefeuille plafonnée en cas de gain est grande.

Lors de la conférence en ligne, ­Erika ­Toth a mis en lumière certains éléments à examiner : « ­Si le niveau de distribution semble trop beau pour être vrai – on parle de produits qui affichent un taux de distribution de 13 % ou 14 % – c’est probablement le cas. Il est possible que ces rendements ne soient pas durables et aient un impact négatif sur la performance à long terme. »

Un investisseur devrait aussi vérifier si le fournisseur utilise ou non un effet de levier pour augmenter son taux de distribution. « ­Nous recommandons d’éviter des stratégies d’options d’achat couvertes qui ont un levier. Ça peut augmenter le taux de distribution, mais en fait les covered call, c’est une stratégie défensive. Lorsqu’on utilise un effet de levier, les rendements sont amplifiés à la baisse. Et on n’est pas en mesure d’aller profiter pleinement de la hausse des titres à cause de la vente d’options d’achat. On n’utilise jamais un effet de levier dans nos ­FNB », a expliqué ­Erika Toth.

On devrait également savoir si les options sont vendues hors cours. « ­Pour nous, le choix du prix d’exercice de l’option dépendra de la disponibilité des primes et des conditions générales du marché. Nous faisons l’analyse sur chaque titre. Nous allons prendre des options qui sont davantage hors du cours quand la volatilité augmente et nous vendrons davantage des options plus près du cours lorsque la volatilité diminue. »

On devrait enfin tenir compte de l’échéance des options. Plus une option se rapproche de son échéance, plus elle perd de la valeur « et cela, c’est avantageux pour le vendeur de l’option et l’investisseur dans les stratégies de covered call », a fait observé ­Erika ­Toth.

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