Investisseurs institutionnels | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/investisseurs-institutionnels/ Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Mon, 15 Jun 2026 12:04:11 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9 https://www.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Investisseurs institutionnels | Finance et Investissement https://www.finance-investissement.com/tag/investisseurs-institutionnels/ 32 32 PGEQ : 10 ans à propulser la relève financière québécoise https://www.finance-investissement.com/nouvelles/pgeq-10-ans-a-propulser-la-releve-financiere-quebecoise/ Mon, 15 Jun 2026 12:04:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114444 Le programme a contribué à l’essor de 26 gestionnaires émergents et à la diversification de l’industrie québécoise de la gestion d’actifs.

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C’est sous le ciel de la métropole, sur la terrasse Ciel Ouvert, située sur l’esplanade de la Place Ville-Marie, qu’une partie du gratin de la finance québécoise s’est rassemblée le 9 juin pour célébrer le 10e anniversaire du Programme des gestionnaires en émergence du Québec (PGEQ). Dix ans après sa création sous l’impulsion de Finance Montréal, l’ambiance était autant à la fête qu’au bilan pour cet incubateur unique au Canada, devenu en une décennie la rampe de lancement du talent financier québécois.

En amont des festivités, Finance et Investissement s’est entretenu avec Caroline Bergeron, directrice principale ESG et solutions d’impact et cheffe du développement des affaires Canada, chez Innocap, firme technologique et financière spécialisée dans la gestion de structures d’investissement et la gestion des risques. C’est Innocap qui est responsable du volet technique et opérationnel du PGEQ.

Présente depuis les touts débuts, Caroline Bergeron supervise l’ensemble du groupe qui chapeaute le volet investissement du PGEQ et la création de nouveaux projets. Elle a rappelé la genèse du programme, dont l’idée initiale est venue de Vital Proulx (Priori-T Capital) et de Stéphane Corriveau (AlphaFixe) [qualifiés de « pères fondateurs »] lors d’un chantier sur l’entrepreneuriat organisé par Finance Montréal.

Les deux ont d’ailleurs rappelé au parterre d’invités que l’idée était en somme de « redonner au suivant en contribuant à la création d’une initiative qui allait offrir aux nouvelles firmes de gestion québécoises l’occasion de démontrer leur savoir-faire. »

« Ils cherchaient un moyen de connecter les investisseurs institutionnels avec les gestionnaires de portefeuille émergents », explique Caroline Bergeron. Cette dernière soutient qu’à l’époque l’un des objectifs était aussi de freiner la fuite des capitaux (et des cerveaux) vers Toronto ou New York en offrant aux talents locaux une structure crédible pour obtenir des mandats d’investisseurs d’ici.

« Une fois le concept établi, ils ont sollicité Innocap pour concevoir, structurer et opérer la plateforme, compte tenu de notre expertise auprès des investisseurs institutionnels. » Innocap agit donc comme le bras technique et opérationnel de tout le programme depuis le jour un. « On assure la gestion de portefeuille et la direction des opérations du fonds, puis délègue les activités de gestion aux 12 gestionnaires émergents actuellement actifs sur la plateforme. ».

Une décennie de résultats probants

Le PGEQ, seul programme du genre au Canada, a aujourd’hui dépassé les 600 millions $ d’actifs sous gestion. « Nous sommes très fiers du chemin parcouru, surtout que nous avons commencé avec 250 millions », souligne la directrice qui évoque aussi une croissance moyenne des actifs de plus de 225 % pour les firmes après leur sélection.

Elle précise qu’ils entendent poursuivre cette croissance, laquelle a eu droit à un sérieux coup de pouce de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). En 2023 celle-ci a annoncé un engagement à injecter entre 50 et 100 millions de dollars (M$) par année sur une période de cinq ans, ce qui représente un apport additionnel total de 250 à 500 millions de dollars dans le PGEQ.

Caroline Bergeron préfère éviter d’utiliser les mots « soutenir ou supporter » quand il est question de l’apport de leurs partenaires. « Au fond il ne s’agit pas de charité, ce sont de réels investissements basés sur la performance et la compétence de ces gestionnaires. » Elle reconnaît cependant que l’engagement de la Caisse a été capital. « Il a permis d’institutionnaliser le programme et de l’amener à un autre niveau. »

Odrée Ducharme, présidente du conseil d’administration du PGEQ, et première directrice, stratégie et exécution, Fonds d’investissement et gestion externe, à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), évoque un bilan éclatant du programme : « 26 gestionnaires ont été propulsés grâce au PGEQ, ce n’est pas rien. »  Le programme a aussi permis, selon elle, de lancer une grande variété de stratégies, « tant des stratégies traditionnelles et fondamentales d’actions et d’obligations que des stratégies alternatives, de crédit opportuniste, long/court actions et quantitatives. »

Quant au renouvellement de l’engagement financier (jusqu’à 500 M$) de la Caisse dans cette pépinière de talents locaux, la présidente du C.A. affirme que son organisation a fait, il y a trois ans, le constat que — malgré de très belles avancées —, elle souhaitait voir le programme « aller au prochain niveau et intégrer les meilleures pratiques de programmes de gestionnaires émergents que l’on voit dans le monde. »

« On voulait renforcer la gouvernance, avec un C.A. composé de profils diversifiés (entrepreneurs, investisseurs, experts de l’industrie), des comités d’investissement resserrés et composés d’une majorité d’investisseurs, mais aussi un meilleur alignement des intérêts avec les gestionnaires », a expliqué la première directrice à la CDPQ. Selon elle, des mandats d’au moins 50 M$ aux gestionnaires leur permettraient de s’approcher plus rapidement d’une taille minimale pour intéresser les investisseurs institutionnels.

« En donnant des mandats à des gestionnaires émergents, on souhaite agir comme un catalyseur de la croissance, de l’innovation, ce qui se traduira par des rendements pour les investisseurs. »

Outre la Caisse, l’engagement des autres grands allocateurs, comme le Fonds de solidarité FTQ et Fondaction, « trois investisseurs qui soutiennent le PGEQ depuis ses débuts », se porte fort bien selon Caroline Bergeron. « Presque tous nos investisseurs d’origine sont encore actifs autour de la table. Ils investissent leurs capitaux, mais accordent aussi beaucoup de temps. »

L’angle ESG

Pour pallier l’absence d’équipes dédiées aux critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) au sein des petites firmes, Innocap déploie un accompagnement structuré. « Notre organisation perçoit son implication au sein du PGEQ non seulement comme un investissement financier, mais également comme le vecteur d’un impact social direct sur l’écosystème local de la gestion d’actifs au Québec », explique Caroline Bergeron. Son équipe réalise ainsi une revue ESG approfondie auprès de chaque firme du protocole PGEQ.

« Un volet ESG est systématiquement intégré à nos appels de suivi opérationnel et d’investissement. Les petites structures se révèlent souvent agiles et innovantes ; elles intègrent parfois ces processus plus rapidement que de grandes organisations. »

Leur équipe optimise aussi l’accès aux pratiques de finance durable grâce à la mutualisation des ressources. « Une collaboration clé avec la firme d’engagement actionnarial Aequo a permis de répartir collectivement les honoraires professionnels entre toutes les entités du PGEQ ». Ce levier financier offre à chaque gestionnaire la capacité concrète de « mener des actions d’engagement actionnarial auprès des entreprises qu’elles détiennent », une démarche d’envergure qui, selon la directrice principale, s’avèrerait autrement financièrement inaccessible pour une petite firme de gestion isolée.

Firme Nymbus : une belle réussite

L’une des belles histoires de réussite du PGEQ est celle de Nymbus, qui s’apprête à graduer du programme, aux dires de Caroline Bergeron et de plusieurs autres intervenants. « C’était une toute petite firme à leurs débuts au PGEQ, et nous les avons vus évoluer, faire des acquisitions, embaucher et développer de nouveaux produits jusqu’à devenir un joueur établi au Québec. »

Gabriel Cefalconi, co-fondateur (avec Marc Rivet) et chef des placements chez Nymbus, parle maintenant d’un « Nymbus 2.0 », soit d’un avant et d’un après PGEQ. « Le programme a tout changé pour nous. Après un processus de près de deux ans, nous avons décroché notre premier mandat institutionnel externe de 25 millions de dollars au début de l’année 2019. C’est ce mandat qui a ouvert les vannes et propulsé la croissance de la firme. »

L’histoire de cette firme est née en 2014 sous la forme d’un projet de recherche. « L’objectif était de systématiser le processus de gestion en revenu fixe en y intégrant des modules d’intelligence artificielle », a rappelé Gabriel Cefalconi. Les trois premières années ont été financièrement difficiles pour la firme puisqu’elle gérait uniquement son propre capital interne ainsi que celui de quelques clients privés.

« Même si nous pensions être bien organisés, le programme nous a poussés à formaliser et documenter rigoureusement l’ensemble de nos procédures de conformité légale, opérationnelle, informatique et de cybersécurité. »

Le PGEQ leur a apporté ce précieux « sceau d’approbation » opérationnel. « En finance, l’investissement repose sur une relation de confiance, souligne le chef des placements chez Nymbus. Notre approche est très technique : nous sommes d’abord perçus comme une firme de technologie appliquée à la finance, où les décisions de portefeuille sont prises par des systèmes informatiques et non par des humains. Il fallait donc bâtir une confiance envers nos systèmes. »

De 1 million à 1,7 milliards d’actifs sous gestion

Avant leur premier mandat en 2019, Nymbus gérait entre 1 et 10 M$. Après l’impulsion initiale du PGEQ, la firme a réalisé une acquisition qui a gonflé ses actifs sous gestion à 200 M$. « Le bouche-à-oreille et la solidité de nos performances — qui se situent dans le premier quartile au Canada — ont ensuite accéléré les discussions directes. »

Ils ont par la suite obtenu des mandats directs avec des institutions publiques (comme le fonds de la FMOQ [Fédération des médecins omnipraticiens du Québec] et le fonds d’action Bâtirente). Aujourd’hui, la firme gère environ 1,7 milliard de dollars et leur équipe est passée de 2 à 16 personnes. En février 2026, Nymbus a remporté la catégorie Sociétés de gestion indépendante lors du Top des leaders de l’industrie financière organisé par Finance et Investissement.

Le PGEQ a créé un écosystème unique selon Gabriel Cefalconi. « En combinant le PGEQ (côté investisseurs) et le Conseil des gestionnaires en émergence (CGE, côté formation et mentorat), les gestionnaires apprennent non seulement à faire de la gestion de portefeuille, mais aussi à devenir de bons entrepreneurs. »

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Actifs numériques : l’institutionnalisation du marché s’accélère https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/actifs-numeriques-linstitutionnalisation-du-marche-saccelere/ Fri, 29 May 2026 12:11:06 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114083 ZONE EXPERTS — La conférence annuelle de l’AIMA à New York a mis en lumière la montée des investisseurs institutionnels, l’évolution réglementaire et les défis persistants liés aux cryptoactifs.

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Que faut-il retenir de la conférence

La 5e conférence annuelle de l’AIMA sur les actifs numériques s’est tenue à New York le 14 mai dernier, réunissant une nouvelle fois des centaines d’acteurs clés du secteur, notamment des gestionnaires d’investissement, des allocataires, des prestataires de services, des régulateurs et des décideurs politiques, pour une journée entière de discussions, de débats et de réseautage autour de l’évolution du paysage des actifs numériques.

S’appuyant sur les travaux du groupe de travail de l’AIMA sur les actifs numériques (« AIMA DAWG »), porte-parole mondial des gestionnaires d’investissements alternatifs dans le domaine des actifs numériques, la conférence s’est penchée sur la manière dont les institutions investissent dans les actifs numériques, tout en offrant de nombreuses occasions de nouer des contacts avec des pairs du monde entier.

Au cours d’une série de tables rondes, d’ateliers et de pauses de réseautage, les participants ont exploré bon nombre des enjeux les plus pressants qui façonnent aujourd’hui les marchés des cryptoactifs, tant aux États-Unis qu’à l’échelle mondiale. Les discussions ont porté sur l’adoption institutionnelle, la structure du marché, la conversion en jetons, les cryptomonnaies stables, les fonds négociés en Bourse (FNB), la réglementation, les litiges, la conservation et la gestion des risques, mettant en évidence à la fois les progrès réalisés dans l’ensemble du secteur et les défis qui subsistent à mesure que cette classe d’actifs continue de mûrir.

Aperçu des principaux thèmes

  1. L’institutionnalisation n’est plus une question théorique, mais bien une réalité opérationnelle

Au cours de presque toutes les sessions, le débat est passé de la question de savoir si les institutions allaient s’engager dans les actifs numériques à celle des infrastructures qui font encore défaut pour leur permettre de se développer en toute confiance. Les discussions ont maintes fois mis l’accent sur la conservation de niveau institutionnel, la gouvernance, la transparence, la résilience opérationnelle et les cadres de crédit, considérés comme la prochaine étape de la maturité du marché. Gestionnaires, allocataires et prestataires de services ont tous reconnu que les actifs numériques sont de plus en plus évalués selon les mêmes critères opérationnels et de risque que les marchés de capitaux traditionnels.

  1. La réglementation reste l’une des principales contraintes — et l’un des principaux catalyseurs — du secteur

Un thème dominant tout au long de la conférence a été la tension entre l’accélération de l’innovation et le manque de clarté réglementaire. Les intervenants ont souligné comment la fragmentation des régimes mondiaux, l’évolution des orientations de la SEC et l’application inégale de la réglementation continuent de façonner les modèles économiques, l’accès au marché, l’intégration des nouveaux acteurs et le lancement de produits. Dans le même temps, nombreux sont ceux qui ont considéré les projets de loi en cours d’examen, tels que le GENIUS Act et le CLARITY Act, ainsi que d’autres cadres réglementaires émergents à l’échelle mondiale, comme des catalyseurs essentiels pour une adoption institutionnelle plus large, en particulier en ce qui concerne les cryptomonnaies stables, la conservation et les fonds et actifs sous forme de jetons.

  1. La structure du marché s’éloigne d’un modèle axé sur l’effet de levier dans le secteur de détail

Les discussions qui ont suivi le 10 octobre ont confirmé une évolution structurelle plus large déjà en cours sur les marchés des actifs numériques. (NDLR : Un important krach du marché des cryptomonnaies et des actifs numériques est survenu le 10 octobre 2025. Cela s’est traduit par l’une des plus grandes vagues de liquidations de positions à effet de levier de l’histoire du secteur.) Les participants ont noté un recul de l’engagement des particuliers, une réduction de l’effet de levier spéculatif et une demande croissante d’instruments plus sophistiqués, notamment les produits structurés, les options et les actifs sous forme de jetons.

Le consensus était que la croissance future du marché dépendra moins de l’activité des particuliers stimulée par l’effet de levier et davantage d’une participation institutionnelle durable, soutenue par une gestion des risques plus solide et une infrastructure de liquidité plus approfondie. Les participants ont également discuté de l’essor du courtage interactif, avec l’entrée en bourse d’un nombre croissant d’entreprises axées sur la chaîne de blocs, et ont réfléchi à la valeur future des jetons.

  1. La chaîne de blocs et les structures financières traditionnelles continuent de se rapprocher

La conversion en jetons ne s’est pas simplement imposée comme une tendance en matière de produits, mais comme une refonte plus large de l’infrastructure des marchés financiers. Les tables rondes ont examiné comment l’émission et le règlement sur la chaîne, les structures de fonds, les cryptomonnaies stables et les dépôts convertis en jetons sont en train de redéfinir les marchés financiers et les « mécanismes opérationnels ». Bien que son adoption en soit encore à ses débuts et reste fragmentée, un consensus s’est progressivement dégagé sur le fait que l’importance à long terme de la conversion en jetons réside dans l’amélioration de l’efficacité, de la programmabilité, de la mobilité des garanties et de l’accessibilité mondiale, tant dans les systèmes financiers traditionnels que numériques.

  1. La gestion des risques et la surveillance des contreparties sont désormais des facteurs clés de différenciation

L’un des enseignements récurrents a été que la gestion des risques devient de plus en plus un avantage concurrentiel plutôt qu’une simple fonction de conformité. Qu’il s’agisse de la conservation des actifs, de l’exposition aux contreparties, des risques de litige, de l’intégration des nouveaux clients, des limites des couvertures d’assurance, de l’avènement de l’informatique quantique ou des épisodes de tension sur les marchés, les entreprises sont confrontées à des attentes bien plus élevées en matière de diligence opérationnelle et de gouvernance. Les participants ont systématiquement souligné que les plates-formes et les gestionnaires capables de faire preuve de contrôles rigoureux, de transparence et de crédibilité réglementaire commencent à se démarquer dans un environnement de marché de plus en plus institutionnalisé.

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LetkoBrosseau se tourne vers le marché des investisseurs particuliers https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/letkobrosseau-se-tourne-vers-le-marche-des-investisseurs-particuliers/ Fri, 29 May 2026 10:17:27 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=114210 La firme montréalaise entend travailler étroitement avec les conseillers afin de démocratiser ses stratégies de placement à forte conviction.

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Après près de quatre décennies à servir principalement des investisseurs institutionnels et des clients privés fortunés, LetkoBrosseau fait officiellement son entrée sur le marché de détail. Sa nouvelle offre se compose d’une gamme de fonds communs de placement destinés aux investisseurs particuliers et fortunés par l’entremise des conseillers en services financiers.

Pour la firme montréalaise fondée en 1987, cette initiative ne constitue toutefois pas une rupture stratégique. « Pour nous, ce n’est pas un tournant, c’est plus une évolution. », explique David Després, vice-président exécutif et associé, lors d’un entretien avec Finance et Investissement.

L’entreprise a d’abord développé ses activités comme gestionnaire auprès d’une clientèle privée fortunée avant d’élargir son expertise au milieu institutionnel. « En 1992, nous avons commencé à proposer des solutions aux institutions, dont les fonds de pension, les fondations et les family offices. Nous avons alors beaucoup développé ce volet de nos activités, si bien que pendant les quatre premières décennies, nous nous sommes concentrés sur ces deux segments », souligne-t-il.

Maintenant, cette évolution représente une suite logique pour l’organisation, estime David Després. « Le marché des fonds communs est un marché très important. […] Sa taille est comparable à celle des fonds de pension à prestations déterminées au Canada », avance-t-il.

En mai 2026, LetkoBrosseau gère environ 22,5 milliards de dollars d’actifs.

Miser sur les conseillers

La volonté affirmée de LetkoBrosseau de travailler directement avec les conseillers — qu’elle considère comme « un élément important de l’équation » — constitue l’un des éléments distinctifs de son positionnement.

Les marchés comme celui des institutions, des fondations, des family offices « reposent avant tout sur le conseil, et nous avons l’habitude de travailler avec des conseillers dans ces segments. Pour nous, c’est vraiment une extension naturelle de cette expertise que de travailler avec les conseillers pour les aider à ajouter de la valeur aux portefeuilles des particuliers », indique David Després.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la firme a choisi de ne pas lancer de fonds négocié en Bourse (FNB). « Avec un FNB, on ne sait pas exactement qui achète ton produit », dit-il.

La société entend plutôt bâtir une relation étroite avec les conseillers afin de leur expliquer sa philosophie d’investissement et son processus de gestion. « L’idée, c’est vraiment de travailler avec les conseillers […] d’être capable de s’asseoir, de les rencontrer, d’expliquer notre proposition de valeur, puis comment nous faisons les choses et pourquoi nous le faisons ainsi », explique David Després.

En prévision de cette nouvelle étape, LetkoBrosseau a engagé une équipe de wholesalers (démarcheurs). « Ils vont travailler pour nous à l’interne, communiquer avec les conseillers directement et les servir », précise-t-il. À terme, certains partenaires externes pourraient également être ajoutés à l’équipe.

Une approche de gestion fondée sur une recherche approfondie

Les nouveaux fonds proposés par LetkoBrosseau reproduisent exactement les stratégies institutionnelles qui ont fait sa réputation, la firme étant reconnue pour sa gestion de type valeur et sa recherche fondamentale très approfondie.

Une approche caractérisée notamment par l’embauche de profils techniques spécialisés. « Nous favorisons des gens qui ont une expertise technique, comme des ingénieurs, des géologues ou des ingénieurs miniers », explique-t-il. Le géologue et l’ingénieur minier vont ensuite identifier les meilleures opportunités dans le secteur minier. « Nous croyons que cela nous donne un avantage en matière de compréhension des industries dans lesquelles nous investissons. L’idée étant d’aller chercher l’expertise technique et la bonifier avec notre approche valeur à l’investissement », ajoute-t-il.

Les portefeuilles sont ainsi construits selon une approche fondée sur de « fortes convictions ». Cela explique pourquoi LetkoBrosseau revendique une grande indépendance à l’égard des indices boursiers. « Ça ne nous dérange pas de dévier du benchmark », affirme David Després. Il rappelle d’ailleurs qu’après la crise financière de 2008, la firme était devenue dès 2009, le principal actionnaire d’Air Canada, alors que le titre ne faisait même pas partie des principaux indices boursiers.

Finalement, le gestionnaire indépendant se distingue aussi par sa gestion du risque et sa vision à très long terme. « Toutes les situations d’investissement pour nous commencent par une compréhension du risque », évoque le dirigeant. Selon lui, l’objectif consiste à éviter les pertes permanentes de capital plutôt que de simplement minimiser l’écart par rapport aux indices. Ainsi, LetkoBrosseau adopte une philosophie de « propriétaire à long terme ».

Historique de performance transféré

Les huit fonds lancés par LetkoBrosseau couvrent presque l’ensemble des stratégies institutionnelles de la firme.

Parmi les solutions offertes figurent notamment des fonds :

  • d’actions canadiennes ;
  • internationales ;
  • de marchés émergents ;
  • d’infrastructures ;
  • équilibrés ;
  • et obligataires.

David Després indique que la firme a obtenu une dispense réglementaire de l’Autorité des marchés financiers lui permettant d’utiliser l’historique de performance à long terme de la firme pour les stratégies concernées. « Il s’agit de produits gérés exactement selon la même philosophie et par la même équipe. En fait, ce sont les mêmes stratégies, ce qui signifie que les conseillers auront accès à des stratégies déjà bien établies plutôt qu’à de nouveaux fonds sans historique », résume-t-il.

LetkoBrosseau souhaite également offrir une structure tarifaire « très compétitive », mentionne David Després. Selon lui, les frais des fonds offerts se trouvent « bien en dessous de ceux des joueurs traditionnels du secteur des fonds communs ». Ils se rapprochent davantage « des frais associés aux FNB, tout en offrant une gestion active », affirme-t-il.

« Nous pensons que cela va ajouter de la valeur auprès des conseillers, surtout dans l’environnement de changements réglementaires actuel, avec la question entourant la transparence en matière de frais », ajoute le dirigeant.

Enfin, LetkoBrosseau mise fortement sur son identité québécoise et son indépendance. « Nos équipes sont basées à Montréal. Nous sommes une firme indépendante détenue par ses employés avec une vision très, très, très long terme », souligne David Després.

Et cette indépendance fait partie intégrante de la proposition de valeur de LetkoBrosseau. « Notre but est de rester indépendant. Il n’est donc pas question de nous vendre à une banque ou à qui que ce soit », affirme-t-il.

Selon le dirigeant, cette approche pourrait résonner favorablement auprès des conseillers québécois. « Nous sommes un pilier dans l’écosystème québécois et nous allons travailler avec eux pour créer de la valeur pour leurs clients », conclut-il.

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Sept enseignements tirés du Forum des investisseurs en crédit privé 2026 https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/sept-enseignements-tires-du-forum-des-investisseurs-en-credit-prive-2026/ Fri, 27 Feb 2026 13:04:50 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=112754 ZONE EXPERTS — Malgré les incertitudes macroéconomiques et politiques, les investisseurs voient dans la pression actuelle un test structurant pour la classe d’actifs.

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Le crédit privé a été l’un des principaux sujets de discussion de l’année jusqu’à présent, mais le ton du Forum des investisseurs en crédit privé 2026 était beaucoup plus réfléchi. L’incertitude macroéconomique, les changements politiques en cours, les impacts potentiels de l’intelligence artificielle (IA) et les rachats au détail attirent toujours l’attention des investisseurs, mais le sentiment qui prévalait parmi les investisseurs participant aux conférences était plus constructif qu’inquiétant. Cette période de pression est considérée comme un test utile pour cette classe d’actifs et comme un catalyseur pour l’ajustement des prêteurs et la dynamique du marché.

Voici sept thèmes qui se sont dégagés de notre journée de tables rondes plénières et de cours de maître :

Le stress peut être salutaire. La conférence s’est déroulée à un moment où plusieurs facteurs se conjuguent pour mettre le crédit privé sous les feux de la rampe. L’environnement macroéconomique incertain, le potentiel de perturbation de l’IA et la hausse des rachats par les investisseurs particuliers rendent le marché plus incertain qu’il ne l’a été à aucun moment au cours de la dernière décennie. Pourtant, l’ambiance générale n’était pas alarmiste. De nombreux participants ont décrit la période actuelle comme un « test de résistance salutaire » qui, à terme, renforcera la discipline et aidera les investisseurs à mieux différencier les gestionnaires.

Après des années de flux importants et de conditions de crédit globalement favorables, un examen plus minutieux s’avérera probablement utile pour promouvoir une croissance durable à long terme.

La souscription reste l’atout déterminant. Les intervenants ont souligné à plusieurs reprises que la résilience du crédit privé dépendait d’une diligence rigoureuse, d’un engagement direct des emprunteurs et d’un scepticisme instinctif de la part des commanditaires et des commandités à l’égard des chiffres communiqués. Dans ce contexte, la capacité à remettre en question les hypothèses, à valider les données et à conserver une image claire des flux de trésorerie sous-jacents devient essentielle pour la sélection des crédits et la gestion du risque de baisse.

Les transactions à prêteur unique, la transparence, une documentation plus solide et des approches proactives en matière de restructuration ont été considérées comme des moyens clés permettant au crédit privé d’offrir un meilleur contrôle aux investisseurs.

La disruption de l’IA dans le domaine des logiciels ne présente pas que des risques de baisse. La discussion sur la disruption des logiciels et de l’IA s’est appuyée sur l’idée que les résultats varieront considérablement selon le modèle économique. Les participants ont souligné plusieurs facteurs de différenciation qui, selon eux, devraient influencer les résultats des prêts accordés aux éditeurs de logiciels, notamment la position dans la pile technologique, les avantages liés aux données propriétaires, le contexte réglementaire, le degré d’intégration des services critiques et la diversification de la clientèle. Certains ont même osé affirmer qu’ils s’attendaient à ce que l’IA génère des gains de productivité, des améliorations de produits et de nouvelles occasions de revenus pour les entreprises de premier plan.

La tâche des commanditaires n’est pas d’éviter l’exposition aux logiciels, mais de la souscrire avec une segmentation plus précise et une diligence plus approfondie.

Les prêts aux entreprises aux États-Unis et en Europe constituent des propositions distinctes. Le volume des transactions aux États-Unis continue de dépasser largement celui de l’Europe (et de tous les autres continents), mais les participants ont souligné que les marges plus serrées, l’effet de levier plus important et l’exposition importante aux logiciels étaient les caractéristiques déterminantes de nombreux portefeuilles de prêts directs. Cette dynamique a contribué à l’opinion commune selon laquelle les prêts directs aux entreprises américaines ont une marge d’erreur plus faible qu’ailleurs, ce qui place la sélection des gestionnaires et la diligence raisonnable au premier plan pour les commanditaires alloués à ce secteur.

En revanche, l’Europe a été décrite comme un écosystème de crédit très différent de celui des États-Unis, avec une concurrence moins vive pour les transactions, une protection plus forte des prêteurs et moins de défis liés à l’IA, le tout dans un contexte de réduction continue des activités bancaires. Les allocations européennes offrent donc aux commanditaires un accès à des dynamiques de rendement structurellement différentes et ne doivent pas être considérées uniquement sous l’angle étroit de la diversification géographique.

L’ABF apparaît comme le moteur de croissance le plus évident pour 2026. Les gestionnaires ont décrit une expansion rapide des actifs sous gestion, pouvant atteindre 50 % en 2025, alimentée par une demande structurelle de capitaux dans les domaines du crédit à la consommation, du financement spécialisé et des actifs immobiliers. Pour les commanditaires, les structures adossées à des garanties, les flux de trésorerie plus visibles et la moindre dépendance aux cycles de levier financier des entreprises sont également attrayants dans le contexte actuel, beaucoup d’entre eux indiquant que leurs allocations à l’ABF devraient encore augmenter.

La vente au détail restera une question clé pour les commanditaires institutionnels. Les opinions des commanditaires étaient très partagées sur la question de savoir si le capital de détail renforce le crédit privé en élargissant la base d’investisseurs ou s’il le complique en introduisant des conflits de modèles potentiels.

Les partisans ont fait valoir que l’accès au détail est attendu depuis longtemps et que les véhicules semi-permanents peuvent fournir une base de capital plus diversifiée. Les détracteurs se sont demandé si les modèles institutionnels et de détail peuvent coexister harmonieusement au sein d’une même plate-forme, compte tenu des différentes attentes en matière de liquidité, des structures de frais et des exigences en matière de construction de portefeuille.

Plusieurs participants ont suggéré que les gestionnaires pourraient finalement devoir choisir une voie ou créer des plates-formes clairement séparées afin d’éviter les conflits et de préserver la confiance des investisseurs institutionnels.

Au-delà de l’« âge d’or » du crédit privé. La conférence a suggéré que le crédit privé entre dans une phase plus segmentée et plus disciplinée, que de nombreux commanditaires considèrent comme favorable à l’ensemble de la classe d’actifs. Le profil de risque et de rendement du crédit privé est très attractif depuis quelques années et bénéficie d’un contexte économique et structurel favorable. Ces facteurs ont conduit à une expansion significative de la base d’emprunteurs et d’investisseurs. Les prochaines années seront marquées par des conditions de croissance plus difficiles, ce qui permettra probablement aux commanditaires de mieux comprendre les facteurs de performance des différents gestionnaires et stratégies.

Au cours de cette prochaine phase, les gestionnaires les plus susceptibles de réussir seront ceux qui maintiendront une rigueur de souscription, investiront dans leurs processus et communiqueront clairement à leurs commanditaires leurs choix stratégiques quant à leurs domaines de concurrence et leurs méthodes.

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Finfluenceurs : les régulateurs encadrent, des zones grises restent https://www.finance-investissement.com/nouvelles/produits-et-assurance/finfluenceurs-les-regulateurs-encadrent-des-zones-grises-restent/ Wed, 14 Jan 2026 11:37:53 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111828 FOCUS FNB — Dans certains cas, les influenceurs devraient être encadrés comme des employés.

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L’augmentation du phénomène des influenceurs financiers, aussi désignés « finfluenceurs », et leurs auditoires croissants imposait que cette activité soit encadrée. C’est un tel cadre que les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) et l’Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI) proposent dans un avis émis le 11 décembre dernier.

Un « finfluenceur », ou influenceur financier, selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), est « toute personne qui crée du contenu diffusé en ligne (par exemple, sur des blogues, des forums de discussion ou divers médias sociaux) afin de donner des astuces ou des conseils sur la gestion des finances, l’investissement ou l’atteinte d’objectifs financiers. »

La hausse du phénomène coïncide avec celle des investisseurs autonomes (do-it-yourself ou DIY investors). « Des directives mises à jour sont nécessaires quand on considère la croissance rapide du secteur des investisseurs autonomes, surtout actifs en FNB, juge Banque Nationale Marchés financiers. Depuis 2011, l’investissement en FNB par les “autonomes” est en hausse accélérée ; Investor Economics calcule que ce segment est passé de 34,3 % de l’actif total au détail en FNB à 45,9 % en seulement 4,5 années. »

En effet, les régulateurs constatent « que les investisseurs individuels jeunes et peu expérimentés sont nombreux à puiser leurs renseignements en matière d’investissement dans les médias sociaux ».

L’interdit du conseil personnalisé

Un finfluenceur passe dans l’orbite de surveillance des régulateurs quand il traverse du territoire des avis généraux à celui des conseils personnalisés. Tant qu’il en demeure aux généralités, il bénéficie de « la dispense relative aux conseils généraux, qui prévoit que l’inscription à titre de conseiller n’est pas obligatoire si les conseils fournis ne visent pas à répondre aux besoins de la personne qui les reçoit ».

Un avertissement s’impose : « la personne dispensée qui a un intérêt financier ou autre sur les titres qu’elle recommande doit en faire mention ». Cette mention doit être « claire, bien en vue et suffisamment étoffée pour faire connaître au public la nature précise des honoraires ou de l’intérêt financier ».

Attention, il n’y a pas seulement le conseil personnalisé qui rend un finfluenceur susceptible d’enregistrement, fait valoir Valeurs mobilières TD (VMTD). « Si un finfluenceur fournit des liens permettant à ses abonnés d’acheter ou de vendre certains titres via une plateforme de trading

et reçoit une rémunération de la part de ses abonnés ou de la plateforme, cela constitue un acte visant à promouvoir une transaction. Dans ce cas, le finfluenceur serait tenu d’obtenir l’enregistrement approprié. »

Un finfluenceur, comme un employé

Avec l’avis actuel des organismes de réglementation, le phénomène des finfluenceurs devient un sujet de préoccupation très spécifique pour les personnes enregistrées et les émetteurs de produits. « Le finfluenceur qui reçoit quelque forme de paiement pour la commercialisation des services d’un courtier inscrit ou d’un conseiller inscrit, avertit l’AMF, pourrait être partie à une “entente d’indication de clients” et, de ce fait, être assujetti à des obligations prévues par la législation en valeurs mobilières. »

VMTD précise certains aspects plus subtils qui pourraient échapper aux personnes enregistrées. Ainsi, plusieurs investisseurs qui suivent des finfluenceurs sont des clients de courtiers chargés uniquement de l’exécution des transactions (par exemple, les courtiers à escompte/en ligne). Or, ces courtiers n’ont pas le droit de faire des recommandations à leurs clients. « Ils doivent donc s’assurer, avertit VMTD, qu’ils ne font pas indirectement de telles recommandations ou ne facilitent pas les activités enregistrables par des tiers non enregistrés à la suite d’un accord de recommandation avec un finfluenceur. »

Les émetteurs de titres doivent également traiter avec beaucoup de soin toute relation avec un finfluenceur, comme le détaille Marché des capitaux CIBC. Ainsi, « les émetteurs qui engagent des finfluenceurs pour susciter l’intérêt pour leurs titres doivent considérer le contenu des médias sociaux comme faisant partie de leur empreinte en matière de divulgation publique.

« Les organismes de réglementation attendent des émetteurs qu’ils veillent à ce que le contenu soit factuel et équilibré, sans fausses déclarations ni activités créant une apparence trompeuse de négociation ou un prix artificiel ; qu’ils évitent la divulgation sélective d’informations prospectives ; qu’ils veillent à ce que le paiement des relations promotionnelles soit clairement indiqué, qu’ils empêchent les pratiques frauduleuses ou trompeuses de leurs partenaires promotionnels. »

VMTD trace la ligne avec plus de sévérité encore : « En tenant compte des risques et responsabilités des émetteurs, ils devront évaluer de plus près les finfluenceurs et les traiter comme leurs propres employés. »

Dans l’avis des ACVM, les régulateurs recommandent aux émetteurs d’être proactifs lorsqu’ils font affaire avec un finfluenceur pour la promotion de leurs titres : « Ils sont censés prendre des mesures pour veiller à ce que ce dernier soit bien au fait des obligations relatives aux communications publiques qui leur incombent en vertu de la législation en valeurs mobilières. Ils peuvent notamment lui fournir de la formation et des indications appropriées. Nous attendons également des émetteurs qu’ils mettent en place des contrôles adéquats afin que les déclarations faites pour leur compte par les finfluenceurs soient conformes aux dispositions applicables de la législation en valeurs mobilières », lit-on dans l’avis des ACVM.

Éclaircissements nécessaires

VMTD salue l’initiative des régulateurs à l’endroit des finfluenceurs, tout en relevant certaines zones grises qui requerront plus de précisions. Par exemple, les conseils généraux implicites dans des portefeuilles modèles sans lien à un courtier strictement transactionnel constituent une zone floue, juge VMTD. Pourtant, souligne ce courtier, ces modèles sont un véhicule de choix par lequel les finfluenceurs ont un impact sur les investisseurs.

Certaines questions demeurent également pour un émetteur canadien relié à un émetteur qui œuvre dans plusieurs juridictions. Par exemple, demande VMTD, « si un émetteur ayant des activités à l’échelle mondiale rémunère un finfluenceur basé à l’étranger pour promouvoir ses FNB à partir de ses activités américaines, mais que la promotion ou les modèles incluent également des FNB canadiens, existe-t-il des exigences pour l’émetteur canadien ? »

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Financer l’économie en 2025 https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/aima/financer-leconomie-en-2025/ Tue, 23 Dec 2025 11:04:35 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=111613 ZONE EXPERTS — Principales tendances du crédit privé mondial.

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Le Conseil du crédit alternatif de l’AIMA a récemment publié Financer l’économie 2025, la 11e édition de son rapport annuel sur l’état du secteur mondial du crédit privé. Les dernières conclusions montrent que le marché mondial du crédit privé a atteint environ 3 500 milliards de dollars américains (G$) d’actifs sous gestion à l’échelle mondiale à la fin de 2024, le marché ayant également enregistré des niveaux records de déploiement au cours de l’année 2024.

Le rapport met en évidence les principales tendances suivantes :

Le crédit privé affiche une croissance continue et importante

  • Nous estimons que les actifs sous gestion dans le domaine du crédit privé mondial s’élevaient à environ 3 500 G$ à la fin de 2024, soit une augmentation de 17 % par rapport à notre estimation de 3 000 G$ à la fin de 2023.
  • Le crédit aux entreprises est le segment dominant du marché du crédit privé, représentant 60 % des investissements actuels.
  • D’autres domaines tels que le financement de biens mobiliers, la dette d’infrastructure et la dette immobilière prennent de plus en plus d’importance et représentent la majeure partie des 40 % restants du marché.
  • En 2024, les répondants à notre enquête ont déployé environ 592,8 G$ dans des stratégies de crédit privé. Ce chiffre représente une augmentation de 78 % par rapport aux 333,4 G$ déployés en 2023.
  • Sur le plan géographique, les États-Unis restent le plus grand marché du crédit privé, représentant 65 % des actifs sous gestion, mais le marché européen connaît une croissance rapide en raison de sa forte proposition de valeur relative et d’un regain d’intérêt à l’échelle continentale pour les investissements dans les domaines de l’énergie, des transports, des infrastructures numériques et de la défense.
  • La concurrence entre les marchés du crédit privé et des prêts syndiqués à grande échelle (« BSL, sigle en anglais ») continue d’être un facteur clé de la fixation des prix et des conditions de prêt, même si la pression concurrentielle devrait s’atténuer.
  • 76 % des capitaux du crédit privé proviennent d’investisseurs institutionnels. La participation des particuliers a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie pour atteindre environ 24 % de la base d’investisseurs du crédit privé et devrait continuer à croître.
  • La collecte de fonds pour le crédit privé en 2025 a été forte, les investisseurs continuant à apprécier le rendement ajusté au risque, les faibles taux de dispersion entre les gestionnaires et le profil de distribution de cette classe d’actifs.

Des structures de fonds stables et résilientes

  • Les niveaux d’endettement dans le crédit privé restent modestes. Nous estimons que l’endettement total des répondants à notre enquête représente environ 32 % de leurs actifs sous gestion nets dans le crédit privé.
  • L’endettement moyen pondéré des fonds de prêt aux entreprises les plus importants ou phares des répondants à l’enquête représente environ 43 % de la valeur liquidative.
  • 37 % des fonds de prêt aux entreprises les plus importants ou phares des répondants à l’enquête ne sont pas endettés, tandis que près de 87 % des fonds fonctionnent soit sans endettement, soit avec un effet de levier inférieur à 100 % de la valeur liquidative.
  • Les banques restent les principaux fournisseurs de financement des fonds de crédit privé, mais les nouveaux entrants sur le marché ont accru la concurrence et amélioré les conditions d’emprunt pour les emprunteurs.
  • 80 % des capitaux engagés dans le crédit privé recensés dans notre enquête sont détenus dans des structures fermées. Les fonds de crédit privé qui offrent un certain degré de liquidité aux investisseurs utilisent des outils de gestion de la liquidité afin de garantir que la liquidité disponible reste conforme au profil de liquidité sous-jacent des actifs de crédit privé et à la stratégie du fonds.

Les indicateurs clés reflètent la qualité de crédit stable des investissements et le financement prudent

  • Les taux de créances douteuses pour les principaux fonds de prêts aux entreprises étudiés s’élevaient en moyenne à 2,2 % pour les fonds de prêts aux entreprises et à 1,8 % sur la base des actifs sous gestion pondérés. Seuls 10 % des répondants ont déclaré des taux de créances douteuses supérieurs à 5 %.
  • Malgré l’augmentation des tensions sur les portefeuilles ces dernières années, les principaux indicateurs de crédit sont restés stables en 2024. D’autres indicateurs couramment utilisés pour mesurer les défauts de paiement et les tensions sur les portefeuilles sont également en baisse par rapport à leurs récents sommets, même s’ils restent légèrement supérieurs aux moyennes historiques.
  • Seuls 10 % des répondants ont déclaré des ratios prêt/valeur dans la fourchette la plus élevée de 60 à 70 %, et 17 % des entreprises financées par les répondants à l’enquête avaient des multiples dette nette/EBITDA supérieurs à 6x.
  • La baisse des taux d’intérêt et l’amélioration des perspectives pour les secteurs clés des économies américaine et européenne devraient atténuer les tensions sur les portefeuilles et les défauts de paiement futurs.
  • La documentation des prêts est affectée par les pressions à la baisse sur les conditions de prêt, en particulier aux États-Unis.

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Actifs numériques : investisseurs professionnels intéressés, mais prudents https://www.finance-investissement.com/nouvelles/economie-et-recherche/actifs-numeriques-investisseurs-professionnels-interesses-mais-prudents/ Thu, 31 Jul 2025 09:56:15 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108716 Ils attendent plus de transparence et un meilleur contrôle des risques.

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Les investisseurs institutionnels et les gestionnaires de patrimoine se montrent de plus en plus curieux à l’égard des rendements offerts par les actifs numériques. Cependant, ils demeurent prudents face à ces investissements, révèle une étude mondiale menée auprès de 200 entreprises, dont des fonds de pension, des assureurs, des fonds spéculatifs, des bureaux de gestion de fortune et des gestionnaires d’actifs.

Près de 90 % des répondants à l’étude commandée par CrossLedger Capital, un fonds basé sur les stablecoins opéré par Brava, affirment rechercher des approches innovantes pour générer du rendement. Toutefois, 68 % se disent préoccupés par les risques associés aux actifs numériques.

Près du quart (22 %) d’entre eux se montre intéressé par les stratégies numériques à condition qu’un contrôle rigoureux des risques soit en place, tandis que 10 % se montrent sceptiques et préfèrent opter pour des solutions de crédit plus traditionnelles.

Selon l’étude menée dans 13 pays, la transparence et le cadre opérationnel figurent au cœur des attentes des investisseurs professionnels à l’égard des actifs numériques.

Une majorité (82 %) considère qu’il est essentiel de confier les aspects techniques et réglementaires à un partenaire externe de confiance.

Par ailleurs, 83 % estiment que la transparence des données et des indicateurs de référence indépendants sont indispensables pour se protéger des risques.

Parmi les facteurs clés de confiance envers les nouvelles plateformes, la transparence des actifs sous-jacents et des emprunteurs est citée par 73 % des répondants, suivie de l’intégration des obligations de conformité et des processus de connaissance du client (70 %).

En outre, près de 46 % des institutions jugent qu’un audit ou une évaluation externe des rendements renforcerait leur confiance.

Selon Graham Cooke, PDG et fondateur de Brava, « la gestion des actifs numériques et l’optimisation des rendements peuvent encore être complexes et difficiles pour les investisseurs institutionnels et les gestionnaires de patrimoine, et il est clair qu’ils sont toujours préoccupés par les risques. » D’où, ajoute-t-il, l’importance de s’entourer de partenaires de confiance avant d’intégrer de telles stratégies.

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La clientèle institutionnelle de Fiera Capital a une nouvelle cheffe https://www.finance-investissement.com/nouvelles/developpement-des-affaires/avis-de-nomination-developpement-des-affaires/la-clientele-institutionnelle-de-fiera-capital-a-une-nouvelle-cheffe/ Mon, 28 Jul 2025 11:34:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=108543 NOUVELLES DU MONDE – Sophie Lemieux est promue.

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Fiera Capital a nommé Sophie Lemieux au poste de Cheffe de la clientèle institutionnelle, pour le Québec. Elle occupait auparavant le rôle de co-cheffe pour les clients institutionnels canadiens.

Sophie Lemieux a occupé divers postes dans le secteur financier. Elle a notamment été directrice des relations d’affaires chez Optimum, conseillère en communication et analyste. Elle a également été journaliste-lectrice à la chaîne Argent du Groupe TVA de 2004 à 2016 et a été journaliste et chef d’antenne à LCN et TVA Nouvelles. Elle intervient également comme animatrice de conférences, de panels, de tables rondes et de galas.

Détentrice d’une maîtrise en finance de l’Université Laval, Sophie Lemieux siège au conseil d’administration de la retraite et des avantages sociaux du Québec (ARASQ).

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Évolution du rôle des actifs numériques dans les portefeuilles institutionnels https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/aima/evolution-du-role-des-actifs-numeriques-dans-les-portefeuilles-institutionnels/ Fri, 02 May 2025 11:14:13 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=107052 ZONE EXPERTS — Principales conclusions de la conférence sur les actifs numériques de l’AIMA à New York.

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La récente conférence de l’AIMA sur les actifs numériques à New York a réuni des investisseurs institutionnels, des gestionnaires d’actifs et des prestataires de services pour évaluer l’évolution du rôle des actifs numériques dans les portefeuilles institutionnels. Les discussions ont révélé une dynamique d’adoption mesurée, mais indéniable, ainsi que des obstacles structurels et opérationnels persistants.

Voici les principaux thèmes et points de vue qui façonnent les stratégies institutionnelles dans ce domaine :

L’appétit des institutions s’accroît malgré les obstacles structurels

  • Évolution du rôle du bitcoin dans les portefeuilles

L’intérêt des investisseurs institutionnels pour les actifs numériques ne cesse de croître, le bitcoin étant de plus en plus considéré comme une couverture macroéconomique dans un contexte de dédollarisation, d’instabilité géopolitique et de pressions inflationnistes persistantes.

Malgré cet intérêt croissant, l’adoption généralisée par les institutionnels reste tempérée par des priorités d’investissement concurrentes et l’inertie des cadres d’investissement traditionnels.

  • L’essor du capital-risque liquide

Les investisseurs institutionnels ont toujours du mal à catégoriser les stratégies liées aux cryptomonnaies liquides selon les classifications traditionnelles des fonds spéculatifs.

Un nouveau concept institutionnel — « capital-risque liquide » — émerge pour refléter les caractéristiques hybrides de ces stratégies : des expositions à forte confiance et à forte volatilité à des marchés axés sur l’innovation avec un ADN de type « capital-risque » profond, mais une liquidité en temps réel.

La segmentation en jetons passe du statut de concept à celui d’utilité institutionnelle

  • Les avantages opérationnels stimulent l’adoption

La segmentation en jetons des actifs traditionnels — y compris les bons du Trésor américain, le crédit privé et l’immobilier — est en train de transformer un cas d’utilisation théorique en une infrastructure mise en œuvre.

Les institutionnels constatent des avantages tangibles : règlement quasi instantané, amélioration de la liquidité, renforcement de la transparence et réduction de la complexité du service d’arrière-guichet.

  • Preuve de concept institutionnelle

De grands gestionnaires d’actifs mondiaux et des institutions financières ont lancé avec succès des véhicules d’investissement segmentés en jetons, démontrant ainsi leur viabilité.

La segmentation en jetons est désormais considérée non seulement comme une couche d’innovation, mais aussi comme un levier pour optimiser les modèles opérationnels et l’expérience des investisseurs.

Les risques de contrepartie et de liquidité restent au premier plan

  • Attentes en matière d’infrastructure après l’introduction du FTX

Alors que les solutions de conservation et de courtage de premier ordre ont évolué, les risques liés à la centralisation des échanges et à la fragmentation du marché continuent de susciter des inquiétudes.

Une transparence accrue, des informations solides sur les risques et une diligence opérationnelle plus rigoureuse sont désormais des éléments non négociables pour la participation des investisseurs institutionnels.

  • La recherche de la qualité et de la responsabilité

La gestion du risque de contrepartie devient de plus en plus proactive, les institutionnels privilégiant les fournisseurs offrant des audits vérifiables, une ségrégation des actifs et une visibilité opérationnelle totale.

Intégration progressive de la finance en chaîne

  • Un engagement lent, mais stratégique avec DeFi

Les investisseurs institutionnels commencent à explorer DeFi et la finance en chaîne pour des fonctions telles que la gestion du collatéral et l’approvisionnement en liquidités, mais avec prudence et de manière sélective. L’adoption reste largement limitée aux entreprises crypto-natives et à un sous-ensemble d’institutions traditionnelles qui expérimentent des solutions de trésorerie basées sur les cryptomonnaies stables.

  • Perspectives à long terme pour l’intégration de la chaîne

Bien que l’intégration complète dans les modèles opérationnels institutionnels puisse prendre une bonne partie de la décennie, les étapes fondamentales sont en cours. L’évolution sera progressive, mais transformatrice.

Les vents contraires démographiques remodèlent la demande future

  • La courbe d’adoption générationnelle

Les cohortes émergentes — la génération Z et la génération Alpha — sont intrinsèquement natives du numérique, avec une grande familiarité et une grande aisance avec les outils financiers basés sur la chaîne de blocs.

Leurs attentes en matière de propriété d’actifs segmentés en jetons, de portefeuilles numériques transparents et de règlements instantanés exerceront une pression croissante sur les institutions pour qu’elles fassent évoluer leurs offres en conséquence.

  • Les actifs numériques comme future infrastructure par défaut

Pour ces générations, la chaîne de blocs n’est pas un perturbateur, c’est une infrastructure. Les institutions qui cherchent à construire une pertinence durable doivent commencer à aligner leurs architectures de produits et leurs modèles de livraison numérique sur ce changement de paradigme.

  • Naviguer sur la voie de l’avenir

Pour s’aligner sur la prochaine phase d’intégration des actifs numériques institutionnels, les entreprises doivent donner la priorité aux impératifs suivants :

  1. Moderniser les cadres d’investissement : mettre à jour les systèmes de classification et les modèles de risque pour tenir compte des stratégies numériques émergentes telles que le « capital-risque liquide ».
  2. Renforcer l’infrastructure des risques : établir des protocoles de vérification des contreparties, de garde et de diligence opérationnelle de premier ordre pour répondre à l’examen minutieux des institutions.
  3. Investir dans la segmentation en jetons stratégique : tirer parti de la segmentation en jetons pour optimiser les opérations, réduire les frictions et répondre aux demandes des investisseurs en matière d’efficacité et de transparence.

Pour plus d’informations ou pour participer au groupe de travail sur les actifs numériques de l’AIMA, rendez-vous sur le site www.aima.org.

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Au cœur du forum 2025 d’AIMA sur le crédit privé https://www.finance-investissement.com/zone-experts_/aima/au-coeur-du-forum-2025-daima-sur-le-credit-prive/ Fri, 07 Feb 2025 12:14:04 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105537 ZONE EXPERTS – On y a présenté les thèmes clés du secteur.

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Avec des actifs sous gestion dépassant aujourd’hui les trois milliards de dollars (G$), le crédit privé reste une source vitale de financement alternatif pour l’économie réelle, bénéficiant à la fois aux emprunteurs et aux investisseurs.

Le 27 janvier, l’Alternative Investment Management Association (AIMA) est retournée à Miami pour la quatrième édition de son forum annuel des investisseurs en crédit privé, réunissant des dirigeants du secteur à l’échelle mondiale afin d’examiner les dynamiques du marché et les prochaines orientations du secteur.

L’AIMA est la plus grande association de gestionnaires d’investissements alternatifs au monde. Elle compte plus de sociétés gérant plus d’actifs que tout autre organisme du secteur et, grâce à ses 10 bureaux répartis dans le monde entier, elle sert plus de 2 000 membres dans 60 pays différents.

Le forum a mis en lumière plusieurs thèmes clés qui façonnent le marché du crédit privé :

L’expansion du crédit privé se poursuit, car les investisseurs institutionnels recherchent des sources de revenus solides.

Avec des actifs sous gestion dépassant les 3 G$, le crédit privé s’est fermement affirmé comme une allocation de base pour les investisseurs institutionnels. Les capitaux se détournent des titres à revenu fixe traditionnels en raison des rendements ajustés aux risques attrayants, de la volatilité plus faible et des avantages en matière de diversification. Les domaines de croissance au-delà du prêt direct comprennent le financement adossé à des actifs, l’immobilier et la dette d’infrastructure, l’Europe étant en pleine maturité et l’Asie-Pacifique émergeant comme une région clé pour l’expansion.

L’intégration du crédit public et privé redéfinit les stratégies de portefeuille.

La confusion entre le crédit public et le crédit privé a conduit les investisseurs à opter pour des fonds permanents, des fonds à intervalles et des comptes gérés séparément afin de maintenir des allocations flexibles, mais disciplinées. Les primes de liquidité restent cruciales, ce qui nécessite un équilibre entre l’amélioration du rendement et une gestion prudente du risque. La transparence et la discipline en matière d’évaluation, y compris l’établissement de rapports fréquents, deviennent la norme.

Les intermédiaires de crédit et le financement par la valeur de l’actif net favorisent l’optimisation du portefeuille.

Les établissements secondaires de crédit ont atteint des volumes de transaction record, offrant aux investisseurs privés des solutions efficaces de rééquilibrage et de liquidité. Le financement par la valeur de l’actif net, qui était autrefois une stratégie de niche, est aujourd’hui essentiel pour les fonds d’investissement afin de restructurer les actifs, d’allonger les horizons d’investissement et d’optimiser le placement du capital, ce qui renforce son rôle en tant qu’outil de base du portefeuille.

Les financements garantis par des actifs, la dette immobilière et la dette d’infrastructure offrent diversification et stabilité.

Le financement basé sur les actifs (Asset-Based Finance : ABF) continue de se développer, avec des occasions de prêt dans le transport, la location de matériel, les avances de fonds aux commerçants et le financement structuré de la consommation. La dette immobilière et la dette d’infrastructure gagnent également du terrain, les investisseurs recherchant des actifs à long terme couverts contre l’inflation et une exposition à d’autres sources de flux de trésorerie stables et prévisibles.

Le crédit privé européen arrive à maturité, celui de l’Asie-Pacifique devrait suivre.

L’Europe représente aujourd’hui environ 30 % des actifs mondiaux du crédit privé, grâce à l’évolution de la réglementation et aux flux de capitaux institutionnels. Si les États-Unis continuent d’être le marché dominant, les investisseurs augmentent leurs allocations au crédit structuré et au financement d’infrastructures en Europe, tandis que l’Asie-Pacifique est en voie de devenir la prochaine grande région de croissance.

Le stress du portefeuille reste gérable, avec un effet de levier à des niveaux historiquement bas.

Alors que l’augmentation des défauts de paiement et des exercices de gestion du passif (LME) indique un stress croissant de la part des emprunteurs, les LME restent largement confinés au marché des prêts syndiqués (Broadly Syndicated Loan : BSL). Des taux de quotité du prêt relativement bas, une croissance régulière du bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (BAIIDA) et une gestion proactive des risques contribuent à la viabilité du marché. Les ajustements à la baisse des portefeuilles ont été compensés par des tendances économiques positives, ce qui permet au crédit privé d’être bien positionné afin de poursuivre sa croissance.

La consolidation du marché s’intensifie, créant des occasions pour les gestionnaires émergents tout en suscitant des inquiétudes chez les investisseurs privés.

Alors que 20 % des principaux dirigeants sont responsables d’environ 80 % du placement des capitaux, la consolidation croissante est en train de redéfinir l’industrie. Les investisseurs ne considèrent pas nécessairement la consolidation comme une tendance positive, citant les défis d’intégration, les changements culturels et l’évolution des structures d’incitation. Les gestionnaires de niche émergents trouvent des occasions de rivaliser en se concentrant sur des stratégies de crédit privé spécialisées et des secteurs de prêt non essentiels, offrant ainsi des options différenciées au-delà des grandes entreprises.

Les investisseurs institutionnels exigent davantage d’alignement, de transparence et d’analyse comparative.

Face à l’intensification de la concurrence pour attirer les capitaux, les investisseurs privés réclament un meilleur alignement des commissions, des possibilités de co-investissement et des commissions basées sur la performance. L’analyse comparative personnalisée et la nécessité d’identifier la véritable génération d’alpha deviennent des éléments clés de l’évaluation des gestionnaires, ce qui renforce l’importance d’une création de valeur démontrée.

Les allocations à long terme au crédit privé augmentent, mais la sélectivité reste essentielle.

Les investisseurs passent d’une allocation de crédit privé opportuniste à une allocation de crédit privé permanent, conscients de la stabilité de ce dernier à travers les cycles. Cependant, la compression des écarts et la concurrence nécessitent une sélection disciplinée des gestionnaires et une diversification des stratégies. Les stratégies « d’aménagement et d’expansion », les comptes gérés séparément et la flexibilité juridictionnelle sont aujourd’hui des éléments essentiels de la construction d’un portefeuille.

 L’innovation et la spécialisation définiront la prochaine phase du crédit privé.

Alors que le crédit privé évolue, l’innovation dans les structures de financement, la gestion des risques et la création d’actifs définira la prochaine phase de croissance. Les gestionnaires qui tirent parti d’une expertise spécialisée, d’un approvisionnement différencié et de stratégies adaptatives seront les mieux placés pour capter les capitaux institutionnels à long terme. Les investisseurs affinent leur approche afin d’équilibrer le risque, la liquidité et les occasions.

L’intérêt des assureurs envers le crédit privé va s’étendre aux offres soutenues par des actifs, mais il sera conditionné par les nouvelles réglementations.

Les assureurs devraient augmenter leur participation au crédit privé, en particulier dans les produits financés par des actifs de qualité. Les réglementations en matière d’investissement récemment finalisées et à venir par les régulateurs d’assurance des États pourraient avoir un impact significatif sur les préférences des assureurs pour certains titres financés par des actifs, en fonction de la forme finale des nouveaux modèles d’évaluation et des charges de capital.

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